vendredi 4 mai 2007

De l'âne au coq


Quand l'intention est d'aborder un sujet et puis l'autre, sans suivre d'ordre, quelle importance de placer le coq avant l’âne, voulez-vous bien me le dire ? Je suis certaine que vous n’y verrez que du feu ! "N'y voir que du feu", une autre expression courante. Je me jette sur mon dictionnaire … Mon dieu, à cet instant, combien j’apprécie que le français soit ma langue maternelle ! Une page et demie de dictionnaire pour « feu », combien cela vaut-il de pages en caractère lisible ?! Bien entendu, j’ai du lire tout, absolument tout, pour arriver à la fin à un « n’y voir que du feu » : ne rien y voir (dans le sens d’éblouir). Tout cette lecture pour ça ! Soit que je change de dictionnaire, soit que je m’adresse à quelqu’un qui a plus d’imagination, ou de connaissance, ou un meilleur dictionnaire. Parce que ici, nous faisons au moins un feu par jour (n’ayez crainte dans un foyer de masse !) et je n’ai jamais été ébloui par le feu. Je peux partir dans la lune en le fixant longtemps oui, mais éblouie jamais. M’échappe la filiation du mot. Y aurait-il un détective de la lettre à l’écoute ... ? En attendant, puisqu’il faut bien attendre, j’ose une conclusion intempestive sur l’extrême adaptabilité de la langue. Comme pour le principe du jeu du téléphone, les expressions se transforment à l’usage, et rapidement à part ça, et nous avons la surprise de réaliser qu’à la source l’expression n’avait pas ce sens. Et pourtant, tout le monde comprend le nouveau sens adapté. C’est pour dire que se sont les utilisateurs d’une langue qui ont le dernier mot.

Mais ce n’était pas là mon dernier _ _ _. Le paragraphe précédent était de l’imprévisible, il est donc grand temps que je m’attaque à mon prévu qui était à saveur de coq à l’âne, vous vous rappelez ? Quant à être dans les mots, parlons mot de passe dans le Passe-mot. Une personne m’a raconté sa tentative d’ajouter son commentaire au Passe-mot ce qui est, à mon avis, très très louable ! Quand il lui a été demandé son « Mot de passe », elle a figé (j’ai beaucoup d’imagination) et a tout interrompu. Elle ne connaissait pas « notre » mot de passe ! Elle a eu l’impression (toujours l’imagination) de ne pas faire partie de la gang des amoureux de la lettre puisqu’elle ne connaissait pas LE mot de passe. Il est temps que je dise un mot sur le sujet, et pas un mot de passe, même si c’est le Passe-mot. Il n’y a pas de « Mot de passe » prédéterminé. Imaginez-en un ! Votre auteur préféré mettons. Ou le nom de votre chat, s’il a une connotation littéraire … je blague. N’importe quel mot qui vous inspire, excepté « feu » … J

Pour terminer, même si je n’ai pas abordé tous les ingrédients de mon coq-à-l’âne (ils l’écrivent comme ça aussi dans le Larousse) je ne peux passer sous silence la lecture sur scène par Jean L’Italien et Bernice Hamel (initiatrice du projet) d’un échange de lettres « Le grand amour Monet-Chartrand » à l’Église de Richelieu. J’ai réalisé en l’écoutant combien ces lettres m’ont marqué dès une première lecture dans « Ma vie comme rivière ». Elles se sont ancrées en moi. Un hommage mérité et respectueux pour cette grande dame, Simonne Monet. Un incident m’a particulièrement touché, Michel Chartrand, dans toute la fragilité de ses 90 ans, s’est levé de son banc un peu avant la fin et de son propre-chef a décidé d’aller donner la main à chacun des participants. Ceux-ci accueillaient ces remerciements l’air un peu éberlué. Une bonne âme lui a tendu le bras pour aller le reconduire et ainsi pouvoir donner le mot de la fin.

Quant à moi, c’est Michel Chartrand qui l’a eu le mot de la fin.

Sachons accueillir l’imprévisible, de toutes manières, les événements de la vie se présentent de l’âne au coq !

Venise

2 commentaires:

roger a dit...

Bonjour Venise
Trouvé sur "l'internaute"

Cette expression serait un dérivé de celle datant du XIVe siècle : "saillir du coq à l'asne". Au XIIIe siècle, le mot "asne" désignait une cane. "Saillir" quant à lui n'a pas changé de sens, il signifie toujours "s'accoupler". Or, il semble que les coqs essaient parfois de se reproduire avec des canes. "Saillir du coq à l'asne" serait donc devenu "passer du coq à l'âne" par déformation du mot "ane" sans accent. Cette expression signifie que l'on parle d'un sujet puis d'un autre alors que ceux-ci n'ont pas de liens directs.
Pour ce qui est du feu, s'il n'y a pas de fumée... à quoi bon ?

Amicalement

Venise Landry a dit...

Eh bien ! J'étais loin de me douter que l'expression coq-à-l'âne avait un petit quelque chose de coquin. Est-ce une connexion qui ne se fait pas sur mon disque dur mais en lisant "coq-à-l'âne", avec ses tirets, mon réflexe était de saliver devant un mets alléchant.
Ceci dit, je vous remercie beaucoup, grâce à votre recherche, nous serons nombreux à être plus savants. Peut-être suffisamment pour être tenté de participer à "Que le meilleur gagne !". Il s'agit simplement d'écrire une anecdote en moins de 1,000 caractères, aller remplir un formulaire ultra simple sur www.radio-canada.ca. Cliquez TÉLÉVISION, ensuite ÉMISSION. Le tour est joué !
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