lundi 6 août 2007

Fermer la clôture

Eh oui, il n'y a plus de trace dans mon village de la grosse fête de quatre jours plein d'effervescence. Tout, ou presque, est remis en place. Dès le lever ce matin, j'ai laissé tomber un « On l'a échappé bel ! » On aurait pu se faire laver par cette pluie mais j'aime croire que dame nature aime la littérature et brûlait de curiosité de lire par-dessus l'épaule des épistolières et épistoliers.


Tant mieux, l'échantillonnage des lettres pour le concours de la Poste restante n'en a été que plus varié. J'ai bien sûr assisté à la cérémonie de clôture et entendu l'écho des lettres des six lauréats ; deux hommes (ce qui explique maintenant mon épistolier !) et quatre femmes. Des lettres humaines, touchantes, très personnelles et franchement en connexion avec l'au-delà puisque souvent adressées à des personnes qui n'ont plus de corps. On dit aussi décédées mais je préfère dire des esprits, des âmes. À entendre la manière aimante et empreinte de réalisme avec laquelle un petit-fils ou une fille parle à son grand-père ou à sa mère, la réalité de l'âme s'ancre encore plus dans mon esprit.


J'ai aimé cette lecture de lettres d'une voix fière ou feutrée, selon la teneur. Francine Ruel et Bruno Lemieux ont lu les textes gagnants avec une sensibilité qui faisait même pleurer les lauréates assises sur la scène. Bonne idée d'ailleurs de leur offrir un siège, sinon elles se seraient peut-être effondrées d'émotion ! C'est la démonstration touchante qu'une lettre est un propos intime, dévoilant des événements et émotions si personnels que de les entendre lire avec des intonations tendres secouent l'auteur. C'est ce côté humain de l'événement des Correspondances que je privilégie. C'est l'essence même de la lettre que ces confidences, ces secrets qu'on osent parce qu'en communion avec soi et l'environnement ; parce que si beaux, si beaux ils étaient ces jardins !


J'aime aussi beaucoup les rencontres avec les auteurs, je serais bien malhonnête de le désavouer, ayant tellement pris de plaisir à boire chaque mot du très éloquent Robert Lalonde. J'assimile encore son enseignement et ce n'est qu'un début. Sa vision de l'écriture va faire plus que m'habiter, elle va changer mon attitude vis à vis le geste d'écrire, et de cela je suis certaine.


Nous en sommes donc à la décantation et au repos, pas encore au bilan général. En attendant, ce qui me ferait plaisir, si vous êtes venus faire un tour, stylo des Correspondances au cou, j'aimerai bien entendre votre écho à vous : Comment avez-vous vécu l'expérience ? Qu'est-ce qui vous a frappé, ému, déçu ? En mots tout simples... on est entre nous.

Venise

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