vendredi 10 août 2007

Monsieur Hors Champ ou Nicolas Dickner


Nicolas Dickner, dans sa chronique hebdomadaire « Hors champ » dans le magazine culturel Voir, y va de sa prédiction sur l'avenir des critiques et commentateurs. En voici une partie :
" Dans 15 ans, les journalistes culturels couvriront l'actualité et feront, à la rigueur, des suggestions de lectures plus pointues. La critique des livres courants sera tout simplement "crowdsourcée": on se contentera de publier une sélection de commentaires soumis par les internautes. Les cahiers Lecture deviendront de vastes vox pop. Ça coûte moins cher, et puis les gens aiment bien se fier à l'opinion de Monsieur et Madame Tout-le-monde."
J'ai tout de suite répliqué.
"J'abonde dans votre sens, on a de moins en moins besoin des critiques littéraires. Avec les de plus en plus nombreux blogues littéraires - et certains très bien présentés et abondamment nourris - nous trottinons sur la route de l'autosuffisance. Et je rajouterai presque : tant mieux ! Ne serait-ce que parce que Monsieur ou Madame Tout-le-monde ne se prend pas pour le nombril du monde, puisqu'il n'a qu'à fouiller les blogues similaires, pour réaliser qu'il un « ième » parmi une longue liste. Cela ramène l'égo à des proportions raisonnables ! Et puis, entre blogues littéraires, on se réfère les uns les autres, pour le noble principe de la solidarité, et pour le plaisir de partager une passion. On voit mal un critique avec son grand C, en faire autant d'un de ses collègues ; "Allez le lire, son avis est si pertinent" ! Le milieu est trop compétitif et le critique doit justifier ses livres gratuits et son salaire. Et défendre son égo aussi, au risque de le voir se dégonfler prenant l'air d'une baloune avant la fête ! Et c'est sans parler de l'élément quantité. Il y a beaucoup plus de commentateurs que de critiques. De là un plus vaste échantillonnage, on en pige un peu à gauche, à droite, n'oubliant pas le centre."

Quand j'ai découvert la blogosphère littéraire, j'ai été renversée par sa qualité, sa pluralité et sa diversité. Et puis, en Europe, le phénomène est encore plus répandu. C'est à espérer que ne produit plus ce qui est arrivé à mon fils qui désirait lire des recueils de nouvelles et qui s'en est remis au libraire qui lui a fait venir « Vous n'écrivez plus » de Laurence Cossé. D'ailleurs, mon fils m'a gentiment imposé un devoir, le lire ! Il veut mon avis. Je suis d'autant plus intriguée que le libraire n'a pu trouver un recueil déjà en magasin, obligeant mon garçon à attendre, puis retourner (il est à 40 minutes d'automobile d'une bonne librairie) et défrayer presque le double du prix. En plus, hier, il a essayé de le vendre à Montréal et on lui répondu "Impossible, de te l'acheter, il n'est pas répertorié !"

Les commentaires heureux d'apprendre que je ne dé-bloguais pas après « Les Correspondances » m'ont fait chaud au coeur. Vraiment beaucoup ; un gros, gros Merci !

Demain, (arrachant l'ordi à mon fils ou à mon chum de mari !) je vous reviens avec certaines retombées des Correspondances, des toutes personnelles ... (Mmmmm) et des plus générales.

Portez-vous bien et à demain !

2 commentaires:

Mireldar a dit...

Il existe peu de critiques litteraires finalement. Ce sont surtout des journalistes qui sont là pour diffuser l'information sur les sorties, les calendriers litteraires, etc. Rares sont ceux qui peuvent se permettre de laisser cour à leurs opinions. Les blogues littéraires permettent cette liberté. La profession est en train de se transformer. De nouveaux acteurs entrent en scène et obligent les médias conventionnels à s'adapter aux nouveaux médias. Les blogues de poussent comme de petits champignons et captivent l'intérêt du public. Ils obligent les critiques littéraires à s'améliorer. Certains consultent même régulièrement les blogues en complément d'information. Des journalistes développent en parallèle des blogues et se permettent un peu plus de libertés que dans la presse écrite. La profession est en mutation, et c'est pour le mieux.

Anonyme a dit...

D'accord avec Mireldar, d'autant que le terme d'"autosuffisance" mériterait d'être pour le moins étudié dans ses différentes acceptions...
Un ancien journaliste littéraire