mardi 14 août 2007

Un écrivain et ses coupures


J'ai rapatrié le C, il refait partie de mon bataillon alphabet et je l'apprécie plus qu'avant, on est comme ça l'être humain !


Et la vie continue, et ses lectures, et ses découvertes, et ses questionnements. Là, je suis à me questionner sur moi-même face à Robert Lalonde et ses Espèces en voie de disparition. Je l'ai terminé depuis quelques jours et je mijote mes pensées à feu doux. Je ne suis peut-être pas comme les autres, ai-je parfois tendance à conclure un peu vite. J'ai adoré l'homme, tandis que l'écrivain, je l'admire. Un style unique, oui unique et même à commencer UN style, certains n'en ont pas, comme disait Pierre Monette, mon modèle critique dans le billet « La critique littéraire ». Me suis-je cachée sous cette critique ? Oui. Temporairement. Aujourd'hui, je me dévoile et plus que jamais, mes commentaires sont à prendre au je. Je ne suis qu'un je.


À ma grande surprise, j'ai éprouvé un peu de difficulté à m'attacher à ce recueil de nouvelles. Les hauts et les bas assez prononcés, pas de la montagne russe, mais s'y approchant un peu. J'ai beaucoup apprécié le style d'écriture malgré une difficulté certaine à me situer parmi les personnages. Mais a-t-on besoin de se situer dans un texte ? On peut aussi remettre en question cette nécessité. Ces nouvelles se présentent comme des photographies d'ambiance où les personnages se mettent en action. Personne pour nous pointer du doigt les relations entre eux. Il faut croire que j'aime me faire dire : voici, des frères, ils se détestent, des amants, un se meurt du sida, ceux-ci sont de la même famille ou se connaissent à peine, ou trop, n'importe quoi qui situe les uns face aux autres. Les personnages ne nous sont pas présentés, à nous de les découvrir en suivant des fils invisibles. Qu'est-ce qui les fait agir d'une telle manière ? Je ne comprends pas et m'attarde à mon manque de compréhension. Bien sûr, la chose a de bon que je ne devine rien à l'avance, l'action vit sous mes yeux, sans aucune préparation ou préambule, le propre de la nouvelle de toutes manières. Le "hic" pour moi, je dis bien pour moi, de la difficulté à m'attacher. Déjà qu'un personnage passe si vite dans la vie d'une nouvelle, je m'attends à un choc amoureux à divers degrés mais à un choc tout de même. Voyez, comme ce n'est pas simple ma relation avec ces espèces en voie de disparition ! Ce qui m'a tenue captive est définitivement le style et un magnétisme dégagé par l'histoire mais pas vraiment les personnages, l'exception confirmant la règle puisque certains sont restés ancrés dans ma tête. Et pourtant, Pierre Monette vantait la fameuse part des personnages, de là un peu de déroute de ma part ; suis-je normale ?


Cela pousse mon envie encore plus loin de lire un roman de Robert Lalonde. Il le faut absolument, je me l'exige et suis contente de me l'exiger. J'entends encore les mots bus de la bouche de l'auteur à propos de son dernier-né : « Ces nouvelles accumulées dans mes tiroirs au fil des ans faisaient dans le plus de 400 pages ... j'ai coupé, coupé, coupé, coupé, coupé... laissant l'essentiel.


J'aimerais fouiller dans sa poubelle, trouver et lire son secondaire, comme il ne m'y invitera pas, une conclusion s'impose ; l'essentiel varie d'une personne à l'autre ! Un grand principe de la vie, à mon sens. J'apprends aussi sur moi-même. Pourquoi lire et autant lire que nous le faisons ? Une des raisons est certainement de mieux se connaître. Disons que je commence à mieux me cerner mais je ne veux pas non plus me cerner au point de me tenir dans un petit coin à me sentir cerner !


Je préfère le principe absolu que l'essentiel varie d'une personne à une autre ou encore mieux ; dis-moi ce que tu coupes et je te dirais quel écrivain tu es !


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