lundi 3 septembre 2007

Ah, la lettre !


Hier, j'ai revu le film « L'incomparable mademoiselle C », suite de La mystérieuse mademoiselle C et cela m'a fait penser à la lettre. Ceux qui ont vu ce film comprennent, mademoiselle C est une factrice. J'avais plusieurs raisons de le revoir. Premièrement, ma tante, en séjour ici, aime mademoiselle C, pour ne pas dire l'énergie électrique de Marie-Chantal Perron. En plus, j'y incarne une joueuse de casino (anonyme) mais le plus important était de me rappeler à la lettre, en commençant par celles qui nous les apportent, les factrices. C'est fou mais je ne m'y étais jamais arrêté vraiment à ce factrice. Je devrais pourtant, pour une fois que le mot féminin est franchement féminin et non pas comme ceux à qui on rajoute un timide « e », n'étant jamais complètement certains de transgresser une mystérieuse règle masculine (qui remporte toujours sur le féminin). Dans ses « Remarques », Le Petit Robert consent aux précurseures* Québécois des «e» par-ci, par là :


Auteure


Rem. : La forme féminine est autrice [...] ; on trouve aussi une auteure sur le modèle québécois. « Nous avons fait actrice, cantatrice, bienfaitrice *, et nous reculons devant autrice. Autant avouer que nous ne savons plus nous servir de notre langue ». R.de Gourmont


* je rajoute factrice !


Écrivaine


Rem. : La forme féminine, une écrivaine est peu usuelle en français ; elle est courante au Québec, « Une chaîne invisible où se côtoient des artistes, des écrivaines, des héroïnes de roman » A. Ernaux.


Précurseure

Rem.: Au féminin, on écrit aussi parfois précurseure sur le modèle du français au Canada.


Je me suis mariée sous le chant de « La lettre ». Marc et moi, nous nous sommes unis au Mont St-Grégoire (cidrerie) et un ami nous a offert de chanter quelque chose de significatif pour notre amour. J'ai choisi « Cette lettre », chanson peu connue de Paul Piché :


Si je t'écris cette lettre, pour te dire, pour me commettre

c'est que plus rien ne m'arrête, plus rien ne me retient

ni les longs jours ni les chagrins qui seuls épouseraient l'amour

comme la pluie mes fenêtres


Si cet aveu te gêne, si cet aveu t'enchaîne

si cet aveu te semble les mots d'un étranger

pardonne-lui cette lettre que tu ouvriras demain

pardonne aussi à sa main qui a pour seul courage

de poser sur la page les mots

des mots sans abri

des mot qui se sont posés dans ma vie.


Ni les longs jours ni les chagrins

qui seuls épouseraient l'amour comme la pluie mes fenêtres


Comme il serait plus sage de froisser cette page

et ces mots, ces mots sans abri

je t'aime

voilà je te le dis


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