jeudi 20 septembre 2007

SA bibliothèque ou LA bibliothèque ?


Là est toute la question ou en tout cas, toute une question ! Ah ces fameux livres, quel rapport entretient-on avec eux ? Il y en a qui les accumule, les donne, les partage, les prête, les vende, les revende, les entrepose, les oublie, les étale, les expose, les dorlote, les admire, les empile, les laisse tomber ...

Il y a une relation en tout cas. Une relation parfois complexe. La mienne, l'est, dans le sens qu'elle me fait vivre du doute, de l'indécision, de l'hésitation. Lequel j'achète pour mettre dans ma bibliothèque ou lieu de l'emprunter à la bibliothèque ? est déjà une vaste question. Mais elle comprend plein de sous questions comme, une fois acheté, lequel je garde ? Lequel je prête avant de vendre ? Lequel je vend avant de prêter ? Lequel je mets temporairement dans ma bibliothèque et surtout, où je mets cette bibliothèque ?


Cette dernière question n'est même pas réglée chez nous ! Un mur a été élu futur domicile de nos futurs livres. On a prévu l'espace du plancher au plafond parce qu'on les attend en grand nombre, on se connaît, on est reçevant ! À la vitesse où l'on se fait de nouveaux petits amis, il faut savoir y faire. En plus, on a remarqué qu'ils arrivent presque toujours par groupe, bizarre hein ? En fait, ils se comportent comme nos amis de chair, ils arrivent par couple ou par grappe, mais rarement seul.


C'est curieux, hein, mais c'est un exploit de revenir de la librairie avec un seul compagnon. Est-ce le complexe de l'adoptant, si je le dépose après avoir établi un premier contact, il va se sentir isolé, abandonné, rejeté ? Va-t-il se faire adopter par un autre parent plus accueillant, lui ouvrant les bras dès le premier coup d'oeil ? Et comme si ce n'était pas suffisant, il y a les lancements. Un lancement, c'est fait pour attraper. Je ne sais pas pour vous mais moi je tombe toujours sur un lancement. L'auteur est là, il tend la main, rempli de la gentillesse de l'espoir. Mais il y a pire que cette manière qu'il a d'être vivant sous mes yeux, il dédicace ! Comment s'en sortir ? Une fois qu'un livre est dédicacé, il devient une oeuvre d'art signé ! J'en suis presque à éviter les Salons du livre. Passer au salon, feuilleter seulement, pas d'obligation d'achats de la part de personne, absolument personne, excepté la pire : soi ! Et nous voilà qui repart, le bras tendu par le poids des livres dans le sac de plastique distendu qui traîne jusqu'au tapis.


Le poids des livres, il y en a qui ne peuvent le supporter. Il s'en soulage dès leur jeune âge. Ils optent pour la Bibliothèque publique, se pèsent régulièrement, pour être sûr qu'ils n'en conservent pas trop. Non mais je les comprends, rationnellement et raisonnablement, c'est très compréhensible. Je réalise qu'il faudra tôt ou tard une pièce supplémentaire dans la maison pour contenir les pages des histoires des autres et pour les pages du savoir et de la connaissance (section mari). Un espace pour nos bibliothèques, faute de ne pas se rendre à la Bibliothèque assez souvent.


Pour ceux qui ne veulent pas en arriver à cette extrémité, j'ai trouvé aujourd'hui une bonne façon de contourner l'obstacle. Aller chez Costco ! C'est la première fois que je mettais les pieds dans cet entrepôt nous renvoyant le pourquoi voir petit quand on est gros et là, mon oeil a accroché ce « À ciel ouvert » de Nelly Arcan qui me fait envie et pour lequel j'hésite encore, à cause du prix que je me disais. Là, je l'ai vu à neuf dollars moins cher qu'ailleurs. Quel effet cela m'a fait ? Je n'avais plus du tout le goût de l'acheter. À côté d'une manne de litière, de la caisse de céréales et de la meule de fromage, il avait l'air aussi piteux d'un tas de feuilles agencées ensemble avec un titre dessus. Un livre ça ?! Un ami, ça ?!


J'ai réalisé plus que jamais que les livres, c'est fait pour se tenir en gang. C'est là qu'ils prennent tout leur pouvoir !


3 commentaires:

Carole a dit...

Bonjour Venise,

Ma bibliothèque garnie un mur complet de mon salon. En fait, j'ai trois bibliothèques de six tablettes chacunes. Alors, mon mari et moi avons chacun notre bibliothèque et celle du centre sert aux livres de références. Je rêve d'avoir une pièce dédié à la bibliothèque ou les murs seront recouverts de livres. En attendant ce jour, je dois à l'occasion me départir de certains livres et cela m'arrache le coeur à chaque fois. Tout comme moi, tu dois avoir véçu les phénomènes suivants : chaque fois que je donne un livre dans les jours/semaines qui suivent une amie m'en parle et cela me donne le goût de le relire, je lis un article sur un passage précis sur ledit livre et j'aimerais y jeter un oeil, une autre amie me dit qu'elle aimerait bien le lire et je ne l'ai plus pour lui prêter...

Linges, souliers, bourses, bibelots sortent facilement de mon espace vital mais j'arrive difficilement à me séparer de mes livres.

JULES a dit...

Deux grandes bibliothèques au salon et une plus petite dans le bureau pour les livres non-lus. Je suis à la recherche d'un maison et c'est certain que mes livres auront une place privilégiée...

Mandragore a dit...

Je partageais ma bibliothèque (qui était aussi ma PAL en passant) de romans avec les livres "utiles" de mon chum. Il a fallu que je mette mes livres dans des boîtes parce que je vais déménager. Comme je m'en ennuie! Ça été presque un crève-coeur de les serrer, parce que je sais que je ne les reverrai pas de sitôt! J'en avais gardé une dizaine, pour ne pas connaître de disette, mais j'ai eu beaucoup de difficulté à décider lesquels je gardais. J'ai refait un tri dernièrement et toujours la même "angoisse de séparation". mdr

Je m'aperçois que la présence "physique" des livres m'apaise et me réconforte. Je vais encore plus à la bibliothèque (ma 2e maison) et je me console avec des "piles" temporaires de livres! mdr

Merci pour ton beau commentaire sur les bibliothèques!