mardi 9 octobre 2007

La confiance de Marie Laberge

Le moins que l'on puisse dire est que cette Marie Laberge n'est pas du genre à s'asseoir sur ses lauriers. Pourtant, elle en a, des lauriers ! Elle ose, elle risque, elle ne se cantonne pas à du déjà écrit, déjà éprouvé. Sa trilogie romanesque "Le goût du bonheur" était un geste audacieux, prendre le pari qu'après en avoir lu un, son lectorat en voudra un et un autre.

Cette fois-ci, elle s'aventure sur le sentier du polar, genre qu'elle n'a jamais touché. C'est rare tout de même. Habituellement, on est "polar" ou on ne l'est pas. À ma connaissance, je n'ai pas vu tant d'auteurs qui, tout à coup, plonge dans cette eau noire. Pour l'aventure. Pour le défi. Pour le plaisir. C'est du Marie Laberge et moi, ça vient me chercher. Ça force mon respect.

Je l'écoutais converser avec Christiane Charette ce matin, elles avaient l'air de deux copines (en plein le genre d'interview de Charette) bavardant sur les rides et les cheveux blancs et elle est impressionnante sa lucidité à tout cran. J'essayais de détecter si Chistiane trouvait que l'écrivaine avait relevé le défi. J'ai quasiment eu l'impression que l'intervieweuse voulait lui faire comprendre que son roman n'était peut-être pas du polar à l'état pur. Remarquez, je me trompe peut-être mais j'avais cette impression. Eh bien, Marie Laberge lui offrait toujours comme barricade sa fière assurance. "Je me suis sentie libre d'en faire ce que je voulais de cette définition du polar, exception faite que je devais, absolument, connaître ma fin, c'est à dire le tueur" avançait-elle. Mais elle ne savait pas nécessairement comment y arriver à sa conclusion meurtrière, elle n'en connaissait pas le chemin et comme à l'habitude, ce sont ses personnages qui le lui ont indiqué.

Elle l'a la confiance et c'est même, d'après moi, son ressort pour écrire, la confiance qu'elle porte à son monde intérieur. J'ai failli dire que c'est une qualité essentielle pour un écrivain mais non, je me ravise, il y a des écrivains pour qui le levier est l'insécurité, le tremblement, la douleur, le vertige.

Je serais curieuse de savoir qui, parmi vous, suit Marie Laberge ou qui l'a déjà lu, au moins une fois. Qu'est-ce que vous aimez en d'elle ou n'aimez pas et question, particulièrement aux assidus (il y en a j'imagine) ; est-ce que vous avez hâte de lire "Sans rien ni personne" ? La suivez-vous en toute confiance dans ce nouveau genre ?

Quant à moi, je ne vais pas la suivre, je vais plutôt la précéder car ce sera mon premier livre de cette auteure prolifique, si j'exclue ses pièces de théâtre. Il est temps, ou bien je perds mon temps ?! C'est un peu poussé comme opposition mais je réalise de plus en plus combien les avis divergent en littérature. Oui, de plus en plus. Et j'aime ce constat, il me confirme combien chaque personne est différente et ça, pour moi, c'est toute la beauté du monde !

4 commentaires:

Lucie a dit...

Je n'ai pas lu sa fameuse trilogie mais ai beaucoup aimé Juillet et Annabelle. Je pense que tu aimeras son écriture. Je dois dire que ce nouveau « polar » m'intéresse pas mal. J'ai trouvé qu'elle avait une belle intensité à TLMP dimanche dernier, qui donnait le goût de se plonger dans son univers.

Danaée a dit...

Moi, j'aime bien Marie Laberge, la femme. Je l'ai vue jouer dans sa pièce Oublier, il y a longtemps, maintenant. Et je dois dire que j'ai lu tous ses livres... auxquels je reproche toujours quelque chose... SAUF Quelques adieux, de loin son meilleur, à mon avis. (Je l'ai d'ailleurs lu trois ou quatre fois!)

Je ne sais pas si tu l'as vue à Tout le monde en parle dimanche, mais elle était très lumineuse et éloquente.

Caro[line] a dit...

Hello !

Ah, Marie Laberge ! Je ne l'ai jamais vu, mais j'ai souvent croisé sa trilogie dans les librairies québécoises et j'ai été maintes fois tentée de l'acheter. Mais j'ai résisté ! Bah oui, ça faisait quand même 3 gros bouquins de plus dans ma valise qui était déjà bien lourde. ;-)
Mais cela ne veut pas dire que je ne la lirai pas ! Je sais que je peux aussi la trouver en France. :-) Et je suis vraiment bien tentée !!!

C'est aussi surprenant qu'elle décide de se lancer dans le polar car comme tu l'écris, en général, un auteur est "polar" ou ne l'est pas. J'attends de voir ce que tu en penses, surtout que ce sera son 1er roman que tu liras !

A bientôt !

Mandragore a dit...

Oui, je la suis, je suis allée emprunter Sans rien ni personne à la bilbiothèque, il est dans ma PAL... et ce n'est pas une brique celui-là! ;)