dimanche 21 octobre 2007

Le Slam : la poésie de l'instant

Slam par ci, slam par là, vous êtes-vous finalement demandé de quoi il en retournait au juste ? Moi, si. Surtout que le mot se mêle avec le mot poésie. Ça finit par intriguer la pseudo poète que je suis. Qui n'a pas écrit au moins un poème dans sa vie ? Qui n'est pas sensible à la prose poétique ? À la beauté du monde ? Parce que j'ose espérer que la poésie suit de près les mouvements de la vie.


Le Slam est une initiative née du désir d'ouvrir la poésie sur plus large, qu'elle ne donne plus l'impression d'appartenir à une quelconque élite. L'intention est louable, réunir tous les styles de poètes autour de la poésie et réunir tous les genres de public autour des poètes. J'ai bien aimé cette sentence glanée sur le site du fondateur « ce n'est pas parce que tout est possible que l'on peut faire n'importe quoi ».


L'idée du Slam est partie d'un certain américain, Marc Smith en 1980 et récupérée par tous ceux aiment faire claquer les mots pour qu'ils provoquent un impact. Il faut dire que Slam vient de l'argot américain : la claque, l'impact. Slam a door : claquer une porte. Une soirée Slam, dans les règles de l'art ne se déroule pas n'importe comment. Le principal se résume dans une phrase : six slameurs donnent une performance de trois minutes, sans accessoire, texte original en français, appris par coeur ou feuille à la main, dont les performances seront jugées par cinq personnes du public choisies au hasard.


Ces règles ne sont pas prises à la légère. Le trois minutes est de rigueur car une fois, le dix secondes de grâce écoulées, on retire des demi-points. Je ne vous expliquerai pas les règles au complet, c'est jamais très palpitant à transcrire des règles, mais ne vous gênez, cliquez de bon coeur, le fondateur du Slam au Québec, Ivy, va vous l'expliquer bien mieux que moi.


Si vous vous demandez, comme moi, qui est ce Ivy et pourquoi Ivy ? C'est un ami anglais qui l'a un jour baptisé Ivy, qui signifie « Lierre ». Ça tombe bien, Philippe Renaud de LA PRESSE l'a traité de « jardinier des mots » qui, selon Claude André de ICI, trempe sa plume à l'encre de Ferré, bon comme un arrivage de laitue encore trempe, rajoute notre imparable Richard Desjardins qui n'a jamais aussi bien porté son nom ! Ivy propose l'idée que nous sommes tous des porteurs de poésie. Il tient à maximiser la relation avec le public pour que la poésie sorte de son corset qui la serre ou lieu de la servir.


Si, après cet exposé, vous avez encore de la difficulté à vous imaginer la teneur et l'ambiance de ces Slam session, je vous comprends donc ! Mais j'ai la solution ! Présentez-vous à une PREMIÈRE de Slam à Sherbrooke au Tremplin à 20 h 00. Seront présents en première partie des slameurs dont Mathieu Lippé, Queen Ka et nul autre que Ivy. Je vous laisse sur quelques vers de Ivy ... en attendant d'aller l'écouter devant un verre.


Si « un corps s’envole / comme une feuille morte », c’est pour se déposer « au sommet de la tour du silence ». L’ensemble construit une maison ouverte, non sans jubilation ni inquiétude.


Tiré du recueil « Les corps carillonnent » - Avril 2005, Noroît, 14.95 $

2 commentaires:

Lucie a dit...

J'irai certainement assister à une des soirées du lundi soir (à Montréal) de slam. Je connais quelques slammeurs anglophones mais n'ai jamais eu le plaisir de le vivre « live » et en français. Se mettre les mots en bouche, en oreille...

Venise a dit...

Lucie, si tu y vas un certain soir, j'aimerai beaucoup avoir tes impressions. Ça m'intrigue beaucoup.