dimanche 25 novembre 2007

Jusqu'au bout de La moitié d'étoile

Oui, j'ai résisté au lâche abandon, je suis arrivé au bout de ce périple, la lecture de "La moitié d'étoile". Sur le quatrième de couverture, on parle de roman « déroutant ». Carole (Les Écrivains québécois) a parlé de « étonnant » ... À étonnant et déroutant, je rajoute mélangeant. À force de mélanger les genres, le terre-à-terre et le étoile-à-étoile, j'ai perdu pied. Si vous aimez perdre pied dans vos lectures, vous avez là un livre précieux où l'égarement est pour ainsi dire garanti !


À visiter ainsi les mondes infinis, j'aurais pu être enlevée surtout que le style de Tourangeau est entraînant. Il a la plume déliée. Elle s'emporte, s'abandonne, s'excite à se donner le vertige vers le plus vaste que soi. Comme son personnage principal d'ailleurs ; un écrivain fou. Fou d'amour et de jalousie. L'auteur nous impose d'habiter la tête fêlée de ce grand écrivain amoureux de l'étoile de sa vie, Mira, sa Mira qu'il a sortie du gouffre du désespoir et de la prostitution. Je vous assure que ce n'est pas de tout repos de siéger au coeur de la tête d'un écrivain fou de jalousie, envieux de surcroît, et visant le "5 étoiles" (la perfection) que lui refuse un critique littéraire M. Tracemot.


Il y a tout d'abord le lassant de son délire jaloux où sa Mira est aussi froide que la plus froide des étoiles et par conséquent fait semblant d'être chaude avec lui. Il ne croît absolument pas à l'amour de celle qu'il aime follement et il devient forcément cruel comme tous les jaloux du monde. Malgré toute la redondance de cette jalousie maladive, ce propos terre-à-terre m'a tenu un peu captive de l'histoire, en tout cas plus que ces escapades vers les lointaines galaxies avec sa Stella, sa déesse inventée ou non inventée. Vous êtes face à un choix bien réel ; croire à la réalité de l'imaginaire ou non. Le monde imaginaire de l'écrivain est-il une réalité ? Est-ce ces questions que Pierre Tourangeau veut faire réfléchir sur le miroir de notre conscience ?


Peut-être. Si encore, j'avais aimé ces grandes envolées imagées et imaginées vers cet univers grandiose où les êtres ne ressemblent à rien que je n'ai déjà vus. Je ne suis pas du tout portée sur la « science-fiction » et ce n'est pas ce roman qui va m'amener sur ce sentier.


Je reste convaincue que l'auteur a l'imagination assez débridée pour plaire aux amoureux du genre. D'ailleurs, le quatrième de couverture nous en avertit : Un roman qui oscille entre la science-fiction et le terre-à-terre le plus réaliste. Ça oscillait un peu trop pour moi, voilà tout ! Le mal de Terre m'a pris dans ce tourbillon de vrai et d'invraisemblances. Dans le milieu d'un paragraphe réaliste, partir vers les contrées de l'imaginaire, me donne le tournis. C'est ma limite à moi et c'est là est une nuance extrêmement importante. Écoutez plutôt un amateur du genre, Tristan Malavoy-Racine, chef de pupitre, section littéraire du Voir :

Ça donne une caricature du milieu littéraire (Letendre publie aux Éditions des Imbuvables!) entrecoupée d'errements amoureux et de fuite à travers le cosmos avec un être immortel énigmatique - la muse qui mènera Letendre vers la demi-étoile tant convoitée? Chaque chapitre renvoie d'ailleurs à une étoile ou une galaxie bien réelle, dont la description est donnée en exergue.

C'est, en alternance ou en cocktail, flyé, libre, touffu, burlesque, épicurien... Jouissif, quoi.

Je donne le dernier mot à l'auteur, cliquez ici, vous allez lire une entrevue où P. Tourangeau défend très bien son oeuvre et du coup, ça équilibrera le manque d'enthousiasme de la non fervente de science-fiction que je suis.

1 commentaire:

Carole a dit...

Entre le déroutant, étonnant et mélangeant, on peut dire que ce roman titille la curiosité c'est sûr.