mercredi 12 décembre 2007

"Les Accoucheuses" pendant "Babine"

Quel titre mystérieux je vous fait là ! Je m'explique. Hier, je jouais le rôle d'une laitière dans « Babine », le film de Luc Picard, scénarisé par nul autre que Fred Pellerin. Quittant Eastman, « aux aurores », selon la formule consacrée par René Homier-Roy (« morning-man à Radio-Canada), je suis revenue tard, très tard, il faisait noir comme chez le loup et le coq était couché depuis belle lurette. Il faut dire que les tournages, c'est long, c'est une question d'attente plus que de travail. La brique à lire est donc de rigueur et j'en avais justement une « Les Accoucheuses » d'Anne-Marie Sicotte (photo). J'en suis à la moitié, malgré quelques clous plantés pendant ma lecture, en carencée de sommeil que j'étais. Sans compter que l'ambiance sur ce tournage étant réjouissante, je n'avais pas le goût de m'en couper complètement.


Si vous en avez entendu parler, vous avez sûrement hâte de voir ce film, un conte en fait. Il y a de la magie humaine dans l'air et pour tout ceux qui se le demanderaient, oui, Luc Picard est un gentleman mais sans gant blanc, ni noir. Un gentleman à main nue, à la coudée franche et direct comme le sont souvent les gens d'action mus par de valeureux principes d'égalité. Si je le dis, c'est pour l'avoir observé depuis longtemps et c'est à croire que son rôle de Michel Chartrand lui est rentré dans le corps. C'est un défenseur au verbe haut et à la grogne sentie. L'intégrité suinte de tous les pores de sa peau et hier j'ai eu l'occasion de tester jusqu'à quel point il met ses principes en pratique. Dans la majorité des tournages, la hiérarchie fait loi en ce qui concerne la bouffe. Du côté des rôles importants et de l'équipe technique, les tables débordent de victuailles variées et d'excellente qualité, tandis que du côté des rôles moindres, le menu est différent, la table collation presque vide. Hier, aucune différence, tout le monde a mangé comme rois et reines, et en même temps. C'est tout à son honneur et par ce billet qui s'écarte un peu de la littérature, je désirais vous en faire part.


Mais je reviens Aux Accoucheuses, vous lançant un peu de poudre aux yeux pour que vous réalisiez moins ma diversion cinéma. J'aborderai mes impressions un tantinet seulement puisque je me réserve un commentaire plus complet à la fin de ma lecture. Je lui laisse à ce roman toute la chance de son épaisseur. Par contre, deux anecdotes ne feront pas de tort, quant à avoir parlé de « Babine », badinons un peu. Quelques hommes sont venus me demander qu'est-ce qui motivait ma lecture, faut dire que j'avais l'air assez gourmande, tenant cette pièce pesante. Cette question a donné l'occasion à un figurant de déclarer qu'il était le beau-frère de l'auteure, Anne-Marie Sicotte. Je suis restée coite un instant et puis lui ai demandé s'il l'avait lu. Non, m'a-t-il répondu, sa femme, oui par contre. Je n'ai pas été surprise pas ce« non », malgré qu'il connaissait l'auteure. J'ai de la difficulté à imaginer un homme (malgré que un, oui peut-être) dévorant 900 pages décrivant avec moult détails, accouchement après accouchement. Pourtant, la bataille entre médecins et sages-femmes y est bien menée et à travers l'affirmation d'une mère et de sa fille pour la cause des sages-femmes, on apprend beaucoup sur les moeurs du Québec au 19ième siècle. Mais je n'en dit pas plus, j'y reviendrai ! Je termine par une autre cocasserie qui m'a fait rêver une demie minute. Prenant le livre entre ses mains du côté du quatrième de couverture, une personne m'a demandé « C'est vous ça ?», comme j'avais compris « C'est à vous ça ? » , j'ai répondu oui ...

1 commentaire:

Mandragore a dit...

Tu nous le diras si tu l'as aimé!!!