mercredi 29 août 2007

Un Plume qui fait couler de l'encre


J'ai fait une promesse de Plume et les promesses de plume, il ne faut pas les prendre à la légère sinon, gare, elles s'envolent ! Je vous l'ai dit que notre tour de la Gaspésie a été signé par Plume ?

Allez, suivez-moi, on part !

À Petite-Vallée, première escale, Plume donne un spectacle à l'endroit même où on niche. Des billets sont encore disponibles, nous réfléchissons un peu, et puis décidons de passer notre tour. Nous ne sommes pas fans, et vous allez voir que je l'ai prouvé haut la main. Le lendemain, au déjeuner, je m'interroge sur la localisation d'un certain Café annoncé sur une pancarte. Un peu en retrait, un homme me répond, d'une manière un peu bourru (certains diraient viril !). Une fois sorti de table, mon conjoint, Marc, plus physionomiste que moi, m'annonce que j'ai parlé à l'illustre Plume Latraverse. Surprise de l'approche, je me promets de le reconnaître à l'avenir !

Ce que je ne savais pas encore est que l'avenir serait plus près que je ne le croyais. Le surlendemain, deuxième escale, L'Anse-à-Beaufils (plage garnie d'agates !). Plume donne un spectacle à La Vieille Usine, salle de spectacle de la place. Oui, je suis d'accord, il en a le droit, c'est son métier ! Mais regardons-y de plus près. Nous sommes hébergés au Gîte La Rêvasse à Percé. Nous apprenons au déjeuner que Plume Latraverse a habité une des chambres (genre de suite) et cela de nombreuses années, suffisamment pour que cette chambre lui soit dédiée. Et, ô surprise, c'est notre couple ami qui loge dans la dite chambre. Il ne manquerait plus qu'il vienne y faire un tour ! Évidemment, on blague. De retour de notre expédition « agate », nous apprenons que effectivement Plume est venu au Gîte et qu'il a demandé à visiter la fameuse chambre. Déclarant, et toujours de manière très virile, que cette chambre n'était pas la bonne. La tenancière en sera quitte pour se faire rabrouer chez elle, oui, mais aussi en plein spectacle le soir même où il relate l'incident de la « mauvaise chambre ». Nous l'avons su puisque la tenancière y assistait ! D'ailleurs, je me suis demandé si tout Percé n'y était pas. Quant à nous, nous étions quittes pour faire de plus en plus de blagues, nous imaginant son apparition soudaine sur la route. Et bien, croyez-le ou non, nous l'avons croisé sur un chemin de terre, il déambulait, le corps grand et la chevelure hirsute. Il s'est penché, nous a jeté un regard perçant, pour ne pas dire gelant. On nous expliqua que cet oeil "radar" s'expliquait par le fait qu'il cherchait des personnes qu'il connaissait, ayant jadis habité le coin. Mais le destin ne s'arrêta pas à l'orée d'un chemin. En soirée, nous voulons réserver une table à notre Bistro préféré à Barachois, à 40 kilomètres du spectacle. Nous appelons pour réserver à 19 h 00, impossible, exceptionnellement le Café ferme plus tôt, cause de la plus haute importance ; les restaurateurs vont voir Plume et tous les employés aussi. Oui, messieurs-dames, Plume, de son petit nom !

Quatre jours plus tard, nous quittons Percé, et ses agates ... et son Plume. Prochaine escale, le village Nouvelle et quand on va coucher à Nouvelle, il est recommandé d'aller souper à Carleton-sur-mer, les tables y sont plus alléchantes. En arrivant, nous apprenons que Plume joue à Carleton en soirée. Cette fois-ci, nous ne l'avons pas vu, ni dans notre soupe, ni ailleurs.

Avouez-le, nous aurions planifié notre coup et notre tour de la Gaspésie pour le suivre, que nous n'aurions pas fait mieux. Ainsi va la vie et ses petits clins d'oeil !

Demain, je reviens à la plume. Vous savez celle qui écrit ? Vous vous rappelez qu'une plume ça peut faire couler de l'encre ?

Non, mais, je voulais juste être sûre.

lundi 27 août 2007

Pays d'agates – Concours biblioLys – Bref bilan


Pays d'agates - Me voilà de retour au pays ! C'est la première expression qui m'arrive entre les deux oreilles et je la laisse passer, et cela malgré le manque de rigueur pour la géographie québécoise. À chaque année (quatre, consécutives), j'éprouve la sensation d'avoir habité un autre pays, la Gaspésie. Je reviens les tympans fouettés de vent, les yeux éblouis de lumière et les mains pleines de beaux cailloux. Mon chum de mari, lui, a des pochettes débordantes de pierres semi précieuses, de son nom pour les intimes : agates. Son oeil laser les détecte de mieux en mieux et il en ramène de plus en plus ! Cette collection va éventuellement se hausser d'un cran. C'est ce dernier périple qui nous l'a révélé. Tout a commencé par l'anniversaire de Sarah qui faisait le voyage avec nous. Pris de court en apprenant la date de son anniversaire la veille, nous nous retrouvions les bras ballants, des bisous comme seul cadeau. L'idée a alors germé ; transformer une des chères agates dénichées dans les nids de roches, en bijou. Pour ce faire, nous avons visité l'atelier d'une famille d'artisans et là, un monde s'est ouvert à nous. C'est fascinant. L'agate discrète et toute simple, après un polissage expert, se révèle au grand jour, offrant une robe rayée et translucide, dévoilant ses nuances, ses contrastes, ses yeux.

Il n'y a pas à dire les agates sont discrètes sur le bord de la mer mais entre les mains d'un artisan, elles irradient de beauté. Elles sont coquettes, c'est seulement une fois embellies et polies, qu'elles acceptent de se mettre de l'avant, sur une monture de bague (pour Sarah !), ou au bout d'un cordon de cuir (pour moi !). Vous comprenez qu'avec des souvenirs aussi tangibles dans nos bagages, on ne peut jamais oublier la Gaspésie, elle se rappelle à nous à longueur d'année.

Il fallait que je vous en parle, plus que tout, mais pas plus que Plume. Non, ce n'est pas une erreur, il faut vraiment un P majuscule. Notre tour de la côte gaspésienne s'est déroulé sous l'empreinte d'un Plume. Je parle ici de Plume Latraverse. Je vous raconte l'anecdote demain puisqu'elle est longue et fournie, approuvée par le sceau du destin, hasard, synchronicité ; optez pour le mot qui vous convient !


Concours BiblioLys déménage

Voici le message que j'ai trouvé à la suite de mon billet « Température ou littérature », qui expliquait les tenants de ce concours où cinq oeuvres québécoises sont au menu :
Suite à un malheur qui accable notre amie blogueuse Carole, j'ai décidé de changer l'adresse du concours BiblioLys. Celui-ci se déroule maintenant sur le blogue de Lecteurs Québécois que vous trouverez à cette adresse http://www.sffq.org/lecteursquebecois, La date pour envoyer vos commentaires sur les 5 livres sélectionnés est repoussée au 22 octobre.

Bref bilan (lecture)

J'ai terminé le déjà entamé : Vous n'écrivez plus ? recueil de nouvelles de Laurence Cossé. Contexte et ton très « À la française », décrivant des personnages et des situations embourgeoisés. Un unique thème autour d'écrivains qui, pour une raison ou l'autre (11 nouvelles, 11 raisons), ont abandonné la course au début, au milieu ou en fin de parcours. Certainement bien écrit, l'auteur est habile pour raconter mais le thème a, à la longue, quelque chose de déprimant. Lire onze avortements littéraires, en gardant le moral, c'est dur. Pour lecteurs seulement, écrivants et écrivains s'abstenir ... ;-) Terminé aussi Cher Émile. La littérature québécoise, chère à mon coeur mérite plus que quelques lignes, donc je vous reviens avec ce roman épistolaire d'Éric Simard. Toujours en cours : Le monde sous le flanc de la truite, Hadassa, Ensemble, c'est tout (à voix haute à Marc). Vous vous rappelez, j'ai aussi apporté La révision linguistique en français, eh bien, je ne l'ai pas ouvert. Il ventait trop fort sur le bord des plages et comme je préfère tourner les pages à mon rythme ! Et j'avoue que ma matière grise s'est permise une grève de zèle sur la grève ... À demain, pour le billet « Plume et plus » !

vendredi 17 août 2007

Vacances en Gaspésie


Oui, demain, à la première heure qui, pour nous (!), est 8 h 00 nous serons en route pour la Gaspésie. En ce moment, je vis autant d'énervement que de hâte ; trop de choses à penser, à ne pas oublier !

Évidemment que la nourriture livresque est déjà dans les bagages : Hadassa, Myriam Beaudoin, Vous n'écrivez plus ? de Laurence Cossé, un recueil de nouvelles que j'achève, Cher Émile, d'Éric Simard que j'achève aussi. Heureusement, il y a la La révision linguistique en français de Ginette Lachance que j'ai à peine entamé et Le Monde sur le flanc de la truite de Robert Lalonde, livre que je me réservais expressément pour la Gaspésie, suite à une suggestion très convainquante de Lucie - Clavier bien tempéré (oui, oui, Lucie !).

Et j'ai très peur d'en manquer (je pars 9 jours 8 nuits !) ; est-cela que l'on appelle de la gloutonnerie ? Faut dire, que je devais mettre la main sur "Facteur émotif" de Denis Thériault, celui-là même qui a écrit cet Iguane que j'ai tant aimé, et puis, je ne l'ai pas (longue histoire). Je n'ai pas mentionné "Ensemble, c'est tout" d'Anna Gavalda pour la simple et bonne raison que je ne peux pas le lire à mon rythme, je le lis à haute voix à mon chum de mari, avant d'éteindre la lampe pour dormir.

Au pire, je m'en achèterais un ... ça doit pouvoir se faire, non ? Si on oublie sa brosse à dent, on s'en procure une, non ? Bon d'accord, vous me rassurez. Et là, je vous quitte, sinon il va manquer plus que ma brosse à dent dans cette valise !

Lisez bien, écrivez bien, portez vous bien ... et ... et ... allez, je me lance ... je vous aime, mes lecteurs et lectrices ! Revenez-moi !

jeudi 16 août 2007

Les Six Brumes


Un jour que j'épluchais le magazine « Le libraire » (gratuit dans les librairies indépendantes), un passage, ma foi assez bref, attira mon attention sur une nouvelle maison d'édition à Sherbrooke, Les 6 brumes. Je trouvais le nom joli, un bond de mon imagination et voilà que je la pensais dédiée à la poésie. Eh non ! Malgré que le monde fantastique ou fantasy peut très bien s'avérer poétique. Même si ce domaine m'intéresse moins (pour le moment mais j'entrouvre la porte), je suis allée fouiller le site de fond en comble. J'y ai découvert tant de générosité que j'ai soupçonné des passionnés à l'oeuvre. Je me rappelle avoir envoyé un commentaire pour exprimer comment je trouvais leurs conseils pertinents pour les futurs écrivains. Le mieux est encore de vous y rendre et vérifier par vous-mêmes. On aborde généreusement et sur un ton très vivant ces sujets :
Découvrez le milieu de l'édition :
La relation avec l'éditeur :
Avant d'envoyer vos manuscrits - (exemple) :
  1. Ai-je corrigé, recorrigé et re-recorrigé mon texte? Bien que cette question puisse sembler agaçante, nous recevons incessamment des textes bourrés de fautes, à un point tel qu'ils sont souvent refusés dès la première page.
  2. Ai-je fait lire mon manuscrit à plusieurs personnes? Constituez-vous un comité de lecture personnel. Celui-ci peut vous corriger, vous conseiller et, en prime, vous parler de votre récit. Est-il intéressant? Compréhensible? Logique? Magique? N'oubliez pas que vous publiez, au final, pour les autres, et non pour vous-mêmes.
  3. Est-ce que je vise le bon éditeur? Dans le cas des Six Brumes, nous recherchons des romans et des nouvelles dans les genres suivants : fantastique, fantasy, science-fiction, horreur, policier et inconnu (lisez nos définitions plus bas).
Voilà les 6 genres de la maison. Et si, comme moi, vous êtes un peu embrouillée, voici leur définition :
HorreurL'action se situe dans le monde réel. L'horreur est caractérisée par des scènes sanglantes, violentes ou d'épouvante. L'histoire peut se dérouler dans le passé, le présent ou le futur.
FantastiqueL'action se situe dans le monde réel. L'avènement d'un phénomène surnaturel en est la caractéristique principale. Le doute est permanent dans le fantastique. L'histoire peut se dérouler dans le passé, le présent ou le futur.
FantasyL'action se situe dans un monde irréel. Les phénomènes surnaturels sont présentés comme naturels dans la fantasy. L'histoire se déroule généralement au passé.
PolicierL'action se situe dans le monde réel. Il n'y a aucun événement surnaturel. L'intrigue policière peut se présenter sous forme d'enquête, de poursuite ou de résolution d'énigmes.
Science-fictionL'action se situe dans le monde réel ou dans un monde irréel. La science-fiction est caractérisée par la projection d'une technologie avancée. L'histoire se déroule dans le futur.
Inconnu...L'Inconnu mélange tout ou rien. Le temps existe ou non. C'est un genre indéfinissable par nature, mais il mérite sa place.
Ces derniers jours, la maison d'édition autogérée est sur la sellette. La Presse et Le Soleil lui consacrent un article par l'entremise de ses dynamiques fondateurs, Jonathan Reynolds et Marki Saint-Germain. Depuis 2001, ils ont publié 10 titres dont un, Allégradia et le serpent d'argent, Dominic Bellavance a gagné le Prix Aurora 2006.
Ils me donnent le goût d'avoir le goût ! Et en passant, si comme moi, vous ne savez par où commencez pour entamer votre initiation, le blogue du Journal de Miraldar (lien à droite) est fortement conseillé par Les 6 Brumes !

mardi 14 août 2007

Un écrivain et ses coupures


J'ai rapatrié le C, il refait partie de mon bataillon alphabet et je l'apprécie plus qu'avant, on est comme ça l'être humain !


Et la vie continue, et ses lectures, et ses découvertes, et ses questionnements. Là, je suis à me questionner sur moi-même face à Robert Lalonde et ses Espèces en voie de disparition. Je l'ai terminé depuis quelques jours et je mijote mes pensées à feu doux. Je ne suis peut-être pas comme les autres, ai-je parfois tendance à conclure un peu vite. J'ai adoré l'homme, tandis que l'écrivain, je l'admire. Un style unique, oui unique et même à commencer UN style, certains n'en ont pas, comme disait Pierre Monette, mon modèle critique dans le billet « La critique littéraire ». Me suis-je cachée sous cette critique ? Oui. Temporairement. Aujourd'hui, je me dévoile et plus que jamais, mes commentaires sont à prendre au je. Je ne suis qu'un je.


À ma grande surprise, j'ai éprouvé un peu de difficulté à m'attacher à ce recueil de nouvelles. Les hauts et les bas assez prononcés, pas de la montagne russe, mais s'y approchant un peu. J'ai beaucoup apprécié le style d'écriture malgré une difficulté certaine à me situer parmi les personnages. Mais a-t-on besoin de se situer dans un texte ? On peut aussi remettre en question cette nécessité. Ces nouvelles se présentent comme des photographies d'ambiance où les personnages se mettent en action. Personne pour nous pointer du doigt les relations entre eux. Il faut croire que j'aime me faire dire : voici, des frères, ils se détestent, des amants, un se meurt du sida, ceux-ci sont de la même famille ou se connaissent à peine, ou trop, n'importe quoi qui situe les uns face aux autres. Les personnages ne nous sont pas présentés, à nous de les découvrir en suivant des fils invisibles. Qu'est-ce qui les fait agir d'une telle manière ? Je ne comprends pas et m'attarde à mon manque de compréhension. Bien sûr, la chose a de bon que je ne devine rien à l'avance, l'action vit sous mes yeux, sans aucune préparation ou préambule, le propre de la nouvelle de toutes manières. Le "hic" pour moi, je dis bien pour moi, de la difficulté à m'attacher. Déjà qu'un personnage passe si vite dans la vie d'une nouvelle, je m'attends à un choc amoureux à divers degrés mais à un choc tout de même. Voyez, comme ce n'est pas simple ma relation avec ces espèces en voie de disparition ! Ce qui m'a tenue captive est définitivement le style et un magnétisme dégagé par l'histoire mais pas vraiment les personnages, l'exception confirmant la règle puisque certains sont restés ancrés dans ma tête. Et pourtant, Pierre Monette vantait la fameuse part des personnages, de là un peu de déroute de ma part ; suis-je normale ?


Cela pousse mon envie encore plus loin de lire un roman de Robert Lalonde. Il le faut absolument, je me l'exige et suis contente de me l'exiger. J'entends encore les mots bus de la bouche de l'auteur à propos de son dernier-né : « Ces nouvelles accumulées dans mes tiroirs au fil des ans faisaient dans le plus de 400 pages ... j'ai coupé, coupé, coupé, coupé, coupé... laissant l'essentiel.


J'aimerais fouiller dans sa poubelle, trouver et lire son secondaire, comme il ne m'y invitera pas, une conclusion s'impose ; l'essentiel varie d'une personne à l'autre ! Un grand principe de la vie, à mon sens. J'apprends aussi sur moi-même. Pourquoi lire et autant lire que nous le faisons ? Une des raisons est certainement de mieux se connaître. Disons que je commence à mieux me cerner mais je ne veux pas non plus me cerner au point de me tenir dans un petit coin à me sentir cerner !


Je préfère le principe absolu que l'essentiel varie d'une personne à une autre ou encore mieux ; dis-moi ce que tu coupes et je te dirais quel écrivain tu es !


dimanche 12 août 2007

À la lettre ... C


Il me tardait de vous parler des retombées des Correspondances. Je commence par les miennes ! Jeudi, je suis allée à ma boîte à lettres et j'en ai ramassé six ! Même si deux étaient destinées à mon chum de mari, vous avouerez la rareté de la chose, six d'un coup ! Mon fils, qui n'a pas tout de suite saisi qu'il s'agissait de la manne des Correspondances d'Eastman, s'est exclamé : « Mais c'est Noël coudon! ». Cela était presque du domaine du choc ... Et il en viendra peut-être d'autres, la saison de la récolte est jeune ! Remarquez que ma cueillette en resterait là que je serais tout de même très satisfaite, voyez vous-même pourquoi : une lettre d'amour et la lettre d'une amie me demandant de devenir marrainne de son premier enfant à 41 ans. La marrainne de celui qui s'appelle temporairement le « petit proutte » (ils ne veulent pas savoir le sexe). Je suis comblée !


Maintenant, les retombées dans son sens large : 2,680 visiteurs, dont 1000 épistoliers ont rédigé 1770 lettres, dont nombre 125 destinées au concours de la Poste restante. Le nombre de pays visés pas les épistoliers, le même que l'année passée : 33. Le Concours des écoliers a été cherché pas moins de 130 lettres. Fait remarquable, la fréquentation des spectales et Cafés est passée de 86% à 98 %. Fameux ! L'événement est possible grâce à 125 bénévoles. Même si ces chiffres sont une première approximation, la marge ne devrait pas être trop large et si jamais un écart consistant se révélerait, je vous en avise, pour sûr !


Si vous avez porté attention au titre, il manque toujours une explication : la lettre C. Je suis en période de complète pénurie de C . Je vous assure que j'apprends par l'agacement combien de C comprends le français (et de ç). Je ne m'en doutais tellement pas, est-ce qu'on a voulu que je le réalise, le « on » restant un pronom très indéfini ? En tout cas, j'ai le loisir, mais pas le plaisir, de le constater. Mon clavier me nargue, refusant obstinément d'imprimer cette lettre, un simple défaut de fabrication du clavier, nous a assuré le vendeur. Il ne nous a pas rassuré s'il risquait le scorbut, après tout le c agissant peut-être comme vitamine, peu de recherches ont été faites à ce sujet. Je suis donc un peu inquiète, mais pas trop puisque dès lundi, nous aurons entre les doigts un clavier neuf, en attendant, je fais des opie-oller ou sinon ... vous voyez e que ela donne ?


À quand le défi du livre sans c, faisant la lippe au roman lipogrammatique « La disparition » de Georges Perec ? En tous cas, comptez pas sur moi !!!


vendredi 10 août 2007

Monsieur Hors Champ ou Nicolas Dickner


Nicolas Dickner, dans sa chronique hebdomadaire « Hors champ » dans le magazine culturel Voir, y va de sa prédiction sur l'avenir des critiques et commentateurs. En voici une partie :
" Dans 15 ans, les journalistes culturels couvriront l'actualité et feront, à la rigueur, des suggestions de lectures plus pointues. La critique des livres courants sera tout simplement "crowdsourcée": on se contentera de publier une sélection de commentaires soumis par les internautes. Les cahiers Lecture deviendront de vastes vox pop. Ça coûte moins cher, et puis les gens aiment bien se fier à l'opinion de Monsieur et Madame Tout-le-monde."
J'ai tout de suite répliqué.
"J'abonde dans votre sens, on a de moins en moins besoin des critiques littéraires. Avec les de plus en plus nombreux blogues littéraires - et certains très bien présentés et abondamment nourris - nous trottinons sur la route de l'autosuffisance. Et je rajouterai presque : tant mieux ! Ne serait-ce que parce que Monsieur ou Madame Tout-le-monde ne se prend pas pour le nombril du monde, puisqu'il n'a qu'à fouiller les blogues similaires, pour réaliser qu'il un « ième » parmi une longue liste. Cela ramène l'égo à des proportions raisonnables ! Et puis, entre blogues littéraires, on se réfère les uns les autres, pour le noble principe de la solidarité, et pour le plaisir de partager une passion. On voit mal un critique avec son grand C, en faire autant d'un de ses collègues ; "Allez le lire, son avis est si pertinent" ! Le milieu est trop compétitif et le critique doit justifier ses livres gratuits et son salaire. Et défendre son égo aussi, au risque de le voir se dégonfler prenant l'air d'une baloune avant la fête ! Et c'est sans parler de l'élément quantité. Il y a beaucoup plus de commentateurs que de critiques. De là un plus vaste échantillonnage, on en pige un peu à gauche, à droite, n'oubliant pas le centre."

Quand j'ai découvert la blogosphère littéraire, j'ai été renversée par sa qualité, sa pluralité et sa diversité. Et puis, en Europe, le phénomène est encore plus répandu. C'est à espérer que ne produit plus ce qui est arrivé à mon fils qui désirait lire des recueils de nouvelles et qui s'en est remis au libraire qui lui a fait venir « Vous n'écrivez plus » de Laurence Cossé. D'ailleurs, mon fils m'a gentiment imposé un devoir, le lire ! Il veut mon avis. Je suis d'autant plus intriguée que le libraire n'a pu trouver un recueil déjà en magasin, obligeant mon garçon à attendre, puis retourner (il est à 40 minutes d'automobile d'une bonne librairie) et défrayer presque le double du prix. En plus, hier, il a essayé de le vendre à Montréal et on lui répondu "Impossible, de te l'acheter, il n'est pas répertorié !"

Les commentaires heureux d'apprendre que je ne dé-bloguais pas après « Les Correspondances » m'ont fait chaud au coeur. Vraiment beaucoup ; un gros, gros Merci !

Demain, (arrachant l'ordi à mon fils ou à mon chum de mari !) je vous reviens avec certaines retombées des Correspondances, des toutes personnelles ... (Mmmmm) et des plus générales.

Portez-vous bien et à demain !

jeudi 9 août 2007

Garage Molinari

Garage Molinari maintenant que je traiterai de roman « bonbon-bonheur », malgré l'adversité. Quand j'ai lu sur le dos du livre « Ce lot de phrases qui sont autant de contrepoids, de petites forteresses dressées contre la fragilité des choses et qui font qu'on sort de ce roman avec un goût de vivre accru » - Jean Fugère, je me suis passé la remarque « Tiens, est-ce que Jean Fugère avait justement besoin d'un goût de vivre accru ? » Quand Réginald Martel de La Presse, a déclaré « Soubreveste ! Quel roman ! [...] On pense au Petit Prince, mais en mieux !» ... Je me suis dit ; ne serait-on pas en train d'exagérer, là ? J'ai maintenant ma réponse : si c'est une manière d'insinuer que la poésie est omniprésente à qui sait s'ouvrir les yeux, qu'un regard candide pur embellit et améliore les liens entre les gens et les événements, doublé d'un « on me conte une belle histoire et j'y crois » passant par-dessus le rationnel et la logique pratique ... alors il n'y a aucune exagération !


Je dirais même plus : est-ce suffisant ? Il y a le destin et la vie quotidienne, pas faciles, et l'auteur ne le cache pas. Ce côté sombre est écrit noir sur blanc. Mais les pensées, elles, celles de Jérome et sa continuelle référence à la nature et ce quelque chose de poétiquement enfantin est inscrit en italique (concrètement parlant !), déjouant le sort et la typographie normale. Combien de fois ai-je été émue aux larmes dans ce livre ? En fait, j'avais continuellement la larme à fleur de yeux, enchantée par la beauté de l'image et de l'imaginaire. Je vais vous faire un terrible aveu : je suis entièrement et totalement jalouse ! Quant à écrire sur la beauté de la nature humaine, végétale et animale, j'aurais aimé qu'elle sorte des entrailles de mon cerveau, mot pour mot, comme dans Garage Molinari !


Un petit coup de déprime ? Un mauvais coup du destin ? Vite « Garage Molinari » de Jean-François Beauchemin !


mercredi 8 août 2007

De l'eau pour les éléphants

Ce n'est pas parce que « Les Correspondances » avait cours (le avant intensif et le pendant) que j'ai arrêté de lire pour autant ! La littérature, c'est 365 jours par année, un blogue aussi ! J'ai donc terminé coup sur coup : Garage Molinari de Jean-François Beauchemin et hier soir, j'ai fermé De l'eau pour les éléphants, cette encoche de 400 pages à mon impulsion de lire Québécois.
Ce dernier, un best-seller américain, écrit par une illustre inconnue, Sara Gruen, qui ne l'est évidemment plus aujourd'hui. Une structure de roman intelligente et par là franchement originale. Un style courant, précis, atteignant son but : faire avancer l'histoire. Pas de littéraire dans le sens noble du terme. L'histoire, elle, est accrocheuse pour qui aime le héros jeune, humain et imparfait. Pour qui aime aussi les histoires d'amour qui se languissent et de la méchanceté humaine vengée. Ajouté à cela une bonne rasade de curiosité pour les animaux et le fonctionnement d'un cirque ambulant en 1930 et ce roman est pour vous. Vous aurez même en bonus, un attachement irréductible à Rosie !
Elle n'est pas rose, Rosie, elle est grisâtre, c'est l'éléphante du cirque. Jean Fugère, critique à Radio-Canada avait avoué s'être extraordinairement attaché à l'animal. C'est mon mari qui avait entendu cette remarque et quand je lui avouais, au deux tiers du roman, que je fondais devant le charme de cette Rosie, il me confia que je n'étais pas la seule. Depuis, je vois des Rosie partout ! Tous les éléphants sont maintenant des Rosie et je les aime toutes ... C'est un des effets pervers, ou « perrose » du roman ! Parmi d'autres thèmes abordés, il y a la vieillesse et la facilité de mettre les personnes usées au rancart. Ce propos est tenu intelligemment, c'est une partie très humaine de l'histoire. C'est un peu mystérieux ? Désolé, mais vous en dire plus serait trop en dire !

lundi 6 août 2007

Fermer la clôture

Eh oui, il n'y a plus de trace dans mon village de la grosse fête de quatre jours plein d'effervescence. Tout, ou presque, est remis en place. Dès le lever ce matin, j'ai laissé tomber un « On l'a échappé bel ! » On aurait pu se faire laver par cette pluie mais j'aime croire que dame nature aime la littérature et brûlait de curiosité de lire par-dessus l'épaule des épistolières et épistoliers.


Tant mieux, l'échantillonnage des lettres pour le concours de la Poste restante n'en a été que plus varié. J'ai bien sûr assisté à la cérémonie de clôture et entendu l'écho des lettres des six lauréats ; deux hommes (ce qui explique maintenant mon épistolier !) et quatre femmes. Des lettres humaines, touchantes, très personnelles et franchement en connexion avec l'au-delà puisque souvent adressées à des personnes qui n'ont plus de corps. On dit aussi décédées mais je préfère dire des esprits, des âmes. À entendre la manière aimante et empreinte de réalisme avec laquelle un petit-fils ou une fille parle à son grand-père ou à sa mère, la réalité de l'âme s'ancre encore plus dans mon esprit.


J'ai aimé cette lecture de lettres d'une voix fière ou feutrée, selon la teneur. Francine Ruel et Bruno Lemieux ont lu les textes gagnants avec une sensibilité qui faisait même pleurer les lauréates assises sur la scène. Bonne idée d'ailleurs de leur offrir un siège, sinon elles se seraient peut-être effondrées d'émotion ! C'est la démonstration touchante qu'une lettre est un propos intime, dévoilant des événements et émotions si personnels que de les entendre lire avec des intonations tendres secouent l'auteur. C'est ce côté humain de l'événement des Correspondances que je privilégie. C'est l'essence même de la lettre que ces confidences, ces secrets qu'on osent parce qu'en communion avec soi et l'environnement ; parce que si beaux, si beaux ils étaient ces jardins !


J'aime aussi beaucoup les rencontres avec les auteurs, je serais bien malhonnête de le désavouer, ayant tellement pris de plaisir à boire chaque mot du très éloquent Robert Lalonde. J'assimile encore son enseignement et ce n'est qu'un début. Sa vision de l'écriture va faire plus que m'habiter, elle va changer mon attitude vis à vis le geste d'écrire, et de cela je suis certaine.


Nous en sommes donc à la décantation et au repos, pas encore au bilan général. En attendant, ce qui me ferait plaisir, si vous êtes venus faire un tour, stylo des Correspondances au cou, j'aimerai bien entendre votre écho à vous : Comment avez-vous vécu l'expérience ? Qu'est-ce qui vous a frappé, ému, déçu ? En mots tout simples... on est entre nous.

Venise

dimanche 5 août 2007

Superbe journée, superbes jardins d'écriture !


C'est la dernière journée ! Il fait si beau à Eastman, c'est paradisiaque. Venez écrire dans les merveilleux jardins, ou participer à des Cafés littéraires avec des personnes du milieu littéraire. Assister au spectacle de clôture (16 h 30 - Église St-Édouard) où les lauréats de la Poste Restante seront lues par Francine Ruel, notre porte-mémoire. Le tout agrémenté de musique et on m'a dit aussi, de belles surprises.

Sans compter, les expositions de photos (l'histoire des femmes d'ici), peinture (Galerie Riverin-Argolos, livre objet (Créatio ... se livre !). Des ballades littéraires sur le sentier de la Route verte ; se promener la tête dans les nuages, écoutant des lettres accompagnées de musique. Il y a même un Salon des artisans (17) cette année. Des objets en rapport avec l'écriture à rapporter chez soi pour se rappeler qu'écrire est un geste libérateur.

Ne manquez pas cette occasion de vous libérer l'esprit dans les treize splendides (le mot n'est pas trop fort !) jardins d'écriture. Dans ce cadre enchanteur, l'inspiration vient, comme une douce brise vous rafraîchissant. Les mots viennent à vous, vous n'avez qu'à les cueillir.

C'est rare tout de même, les activités de plein air qui se déroulent dans une aura de joyeuse sérénité. Si vous venez une fois, je vous garantis que les années prochaines, Les Correspondances seront un rendez-vous inscrit à votre agenda. Vous trouvez peut-être cela prétentieux ce que j'avance, mais je l'ai trop vu se concrétiser pour ne pas y croire ! Pour les détails d'horaire, cliquez ici

* * *
Hier, j'ai assisté à la lecture des Lettres de Fadette avec Francine Ruel et Andrée Lachapelle, mise en lecture, André Melançon. Je vous en reparle, dans la minute présente, je vous quitte ; je m'en vais à la rencontre de l'inspiration dans nos jardins !

samedi 4 août 2007

Étancher sa soif avec Robert Lalonde


Décidément, c'est mon année d'émotions fortes et d'apprentissages choc aux Correspondances. Cette fois-ci, j'arrive de que qui a été appelé « Les entretiens du club de lecture d'Eastman ». Je m'attendais donc à beaucoup de commentaires et de questions du club de lecture quant en fait, j'ai eu droit à 95% de réponses sur 5% (à peine !) de questions et commentaires. Les questions s'évanouissaient d'elles-mêmes, tellement Robert Lalonde est un homme loquace, volubile et généreux de son expérience de vie et de sa vision de l'écriture.

La meilleure définition de l'écrivain que Robert Lalonde a trouvé est un nez fourré partout et un panier percé ! Celui qui écrit, épie. Un ne va pas sans l'autre. Monsieur Lalonde a l'habitude d'illustrer ce qu'il avance, ce qui l'a amené à nous parler du vacarmeur. Qui est-il, que fait-il ce vacarmeur ? (Ne cherchez pas le mot dans le dictionnaire, plutôt parmi les titres de roman de Lalonde). C'est un rôle qu'il a joué étant petit pendant les parties de chasse de son père. Il devait faire du vacarme afin de faire fuir le gibier qui s'envolait. Ainsi son père pouvait l'abattre. Le vacarmeur ne voyait jamais la « victime » mais il savait qu'il jouait un rôle dans le résultat final. Ainsi en serait-il du rôle de l'écrivain qui attire l'attention en émettant une rumeur de mots. Le rôle s'arrêterait là. Le bruissement d'ailes entendus dans la tête du lecteur ne lui appartiendrait pas.

Il a abondamment parlé de plans, de structure, des idées projetés pour un roman (il enseigne encore, si j'ai bien compris), alors que l'on a même pas encore écrit une ligne. Il n'y croit pas. Cet échafaudage de projections serait même un empêcheur de tourner en rond. Vaut mieux plonger dans le bain plein de sa mouvance émotive et ce faisant, la chose littéraire se forme, se crée. Voilà le principe même de la naissance et de la croissance rapide ou lente, des personnages.

Un écrivain, un vrai, selon les vues de Robert Lalonde écrit des tonnes de pages pour en garder très peu. Quand tu es forgeron, tu aimes forger et tu forges longtemps et souvent. Quand tu es écrivain, tu aimes écrire et tu écris des tonnes de pages, c'est limpide pour l'auteur qui a à son actif une quinzaine d'oeuvres publiées. Il nous a aussi confié que l'inspiration vient du manque, de la carence de quelque chose. Il s'est donné en exemple. La nature est ultra présente dans tout ce qu'il écrit, assez que certains de ces lecteurs la considèrent comme étant le personnage principal sur lequel repose le récit. Une personne en a passé la remarque dans l'assemblée, nombreuse. Donc, tout le monde, moi aussi d'ailleurs, l'imagine vivre en plein bois. Et pourtant, il habite le coeur d'une grande cité. Son ennui de cette nature qu'il a tant appréciée lui manque au point où il peut en parler avec tant de passion.

Pour lui, l'écriture est né de sa délinquance. Il n'arrivait pas à décoder les codes dans les groupes, se tenant à côté des règles, il a été expulsé de sept collèges. Enfermé dans l'enceinte de béton de ces collèges où l'on vous obligeait à respirer au même rythme que les autres, il s'est évadé dans son imaginaire transposé en mots.

Un autre de ses tuyaux garant de succès mais pas du tout à la mode du jour où la performance et l'efficacité sont les leitmotiv de ce siècle pressé de vivre - et donc, de mourir !-, c'est l'acceptation d'écrire pour rien. Le rien étant ici la page qui va se cacher dans une poubelle ou un tiroir et qui ne sera pas numérotée tout de suite, ou même jamais.

Il nous a aussi parlé de la mémoire sensorielle. Quand on perpétue un crime, tuer quelqu'un par exemple ou un insecte, ou sa mère ou son conjoint en pensée, c'est la mémoire sensorielle de l'émotion du crime qui s'inscrit à jamais dans les cellules du corps. C'est elle que l'on doit débusquer à travers la forêt feuillue de nos étincelles intellectuelles. Irais-je jusqu'à dire que l'intellect est le pire ennemi du sensoriel ? À essayer en tout cas, pour mettre sur la sellette le sensoriel et bien sentir ce qu'il a à écrire.

J'en avais long à dire et évidemment je suis loin d'avoir tout dit. Et l'homme aussi n'avait pas terminé de s'entretenir avec nous. Il est une source intarrissable inépuisable. Ça tombe bien, nous étions tous très assoiffés.

J'ai aussi trouvé très juste son affirmation : on ne termine jamais un livre, on le quitte seulement.

Robert Lalonde, un gros merci pour votre générosité !


vendredi 3 août 2007

La marche, le doute, l'amour


J'ai bien fait de suivre le conseil de Richard Séguin qui, hier, nous a conseillé la lecture-spectacle échanges épistolaires et poésie de Gaston Miron, au Théâtre de la Marjolaine, ce soir à 19 h 30.

Trois comédiens sur scène et un musicien. Robert Lalonde a principalement défendu l'échange de lettres, la comédienne Éveline Gélinas et Sébastien Ricard, comédien et chanteur du groupe Loco Locass, la voix du poète.

J'aime la poésie mais à petites doses. J'ai toujours peur de ne pas être une bonne spectatrice. De passer outre une lecture vécue de l'intérieur, de faire fi d'un être humain qui se démène devant moi pour me transmettre la beauté des mots et des émotions. Pour « La marche, le doute, l'amour », je n'aurais pas dû avoir peur. La mise en lecture de Martin Faucher est allée droit dans le mil. Juste ce qu'il faut de support musical ; il s'agissait en fait d'un fond sonore au service des mots qu'on a laissés frapper fort. Faut dire que Martin Faucher avait devant lui trois messagers mus par une intensité hors du commun.

J'ai aimé l'idée de l'échange de lettres lu avec avidité par un Robert Lalonde qui a su trouver la fluidité du poète. Une lettre a un rythme qui lui est propre et l'homme de théâtre a trouvé et suivi un filon. Il a bien senti l'homme derrière les mots, se tenant si près de son souffle que l'impression de voir Miron s'incarner dans la chair de Lalonde battait la mesure du temps.

Le grand intérêt du spectacle est que par ces lettres signées Miron, nous rencontrions l'homme dans son intimité. Par ces lettres écrites à un grand ami nommé Claude (si quelqu'un sait qui est ce Claude qu'il se lève et parle !), il s'est dévoilé impudiquement. Une lettre intéressante dévoile toujours un pan d'intimité de toutes manières. Ses émotions passaient par la colère, la lassitude, le doute mais surtout la quête et toujours la quête de sa mission ici sur terre ; pourquoi écrire, et même bien écrire et pourquoi la poésie, si c'est pour rater sa vie et ne pas être aimé d'une femme ?

Et au-dessus de ces lettres, sondant le souterrain d'un soi, se tenait vivant et vibrant, le poète grand. Le poète immense. Porté haut par la bouche de trois comédiens qui nous en ont mis plein les oreilles faisant fondre nos âmes à vue d'oeil. Une salle remplie aux deux tiers, foudroyée par cette mélopée scandée de mots qui hurlent une fureur de vivre, voilà ce que j'ai vu, de mes yeux vus.

J'en suis encore bouleversée.

Première saucette d'écriture


Eh oui, entre deux menaces d'orage, nous nous sommes fait notre petite place dans la verdoyante nature. J'étais avec deux très bonnes amies, des habituées du stylo des Correspondances.

Aujourd'hui, vendredi, étaient ouverts cinq chambres d'écriture au village. Mais attention, pas les moindres ! Le Jardin des poètes nous a accueilli avec ce petit quelque chose de romantique ; un pont, d'immenses papyrus, un hamac, bancs de parc, ombrelle, fauteuils, tables, autant de petits recoins aménagés pour les épistolières. Oui, je me permets de féminiser jusqu'au jour où nos jardins se rempliront de la gent masculine. En ce moment, ils se font rares ... Oui, oui, messieurs, je n'invente pas, venez-y voir ! Il est temps que vous preniez votre place dans nos jardins d'écriture !

Évidemment, je n'ai jamais le temps d'écrire autant de lettres que je le voudrais. Demain, je vais me reprendre, je me le promets ! Par contre, je suis contente pour une chose, j'hésitais cette année à concourir à la Poste Restante. Manque de temps, et peut-être me dis-je, manque d'inspiration. Finalement, je me retrouve dans le jubé de l'Église St-Édouard. Une bénévole gentille et attentionnée m'explique les instructions. Je prends le formulaire en me disant, on verra bien. Au pire ou au mieux, je continuerais à correspondre à mes proches, sans la pression d'un concours. Et puis, me voilà à lire les cinq pistes d'écriture. Deux textes très inspirants complètent ces pistes, laissant de la place à l'expansion de l'imaginaire. Je choisis la cinquième et je laisse partir ma plume, elle semble savoir où elle s'en va, je la suis. Et puis, je mets le point final sur mon brouillon. Il ne me reste qu'à copier, mes amies arrivent, me demandent si j'ai fini puisqu'à 15 h 00, on désire assister à une lecture de Robert Lalonde à la Galerie Riverin-Arlogos. Après ma transcription, très fière de moi, je remets ma copie. Je suis d'autant plus contente, plusieurs personnes participent.

Finalement, Robert Lalonde est trop populaire, il ne restait plus de places ! Je voue en avise, il faut réserver tôt. Même si ce n'est pas inscrit sur le programme, ne prenez pas de chance, à l'accueil sous le chapiteau au coeur du village, ne vous gênez pas de poser toutes les questions désirées si vous tenez à une activité.

Demain, ma copine se laisse tenter par une ballade littéraire. Sous le thème lettres d'amour ou artistes peintres. Il y a aussi écrivains français ou québécois, Femmes de lettres, poètes, elle a le choix de l'environnement sonore (agrémenté de musique) dans laquelle elle prendra sa marche sur le sentier de la Route verte. Les départs se font à des heures précises, places limitées, réservez donc à l'avance. Voyez, la littérature s'adapte, on peut s'imbiber de belles pièces littéraires et musicales, tout en gardant la forme.

Ah oui, j'oubliais ce qui m'a grandement impressionnée : le Salon des artisans. Vraiment, il y a du talent au pied carré. Les exposants offrent des objets très diversifiés, pour toutes les bourses. C'est vraiment joli tout plein. Bâtiment Club de l'âge d'or. Ça vaut vraiment le coup d'oeil !

Ce soir, je m'offre un échange épistolaire de Gaston Miron avec Éveline Gélinas, Robert Lalonde, Sébastien Ricard, comme hier soir, à la Marjolaine (19 h 30). Mais aujourd'hui, pluie aidant, il fait moins chaud.

Je vous reparle aussitôt que je le peux, je quitte pour aller souper au Petit Eastman !

P.S. : Demain, dame nature nous fait le cadeau d'une journée ensoleillée (100% soleil) mais pas trop chaude. Il faut absolument que vous en profitiez, ces journées-là sont si rares au Québec. On vous attend !

À chaud !


Je vous parle à chaud ; j'arrive du spectacle de Richard Séguin. La salle était pleine à craquer, on a même rajouté des chaises. Le Théâtre La Marjolaine est très typique, charmant et extrêmement chaleureux. Oui, très chaleureux ... particulièrement ce soir où malgré les portes laissées ouvertes (au risque de l'apparition d'un raton laveur curieux), malgré les éventails au plafond ou à la main, l'ambiance était surchauffée.

Mais ce Séguin, que je voyais pour la première en spectacle, ne déçoit pas. Il arrive qu'un album soit aussi bon, ou pire encore, meilleur qu'un spectacle. C'était loin d'être le cas du spectacle ce soir ! Une chose parfaitement impossible avec l'intensité de cet homme qui sent chaque mot qu'il dit ou chante. Et en plus, il sait le transmettre. S'il y avait un mot, un seul, pour qualifier le spectacle dans son ensemble, je prendrais entre tous : complicité. Celle avec le public, oui, car l'homme est vrai et ne fait jamais semblant. Il fait chaud, c'est un peu difficile, on ne s'y attarde pas mais on s'éponge et on en parle. Cela crée une synergie, nous étions tous dans le même bateau et l'eau coulait à flot ! Et cette complicité plus que évidente avec ces camarades musiciens. C'est sciemment que j'utilise le mot camarade, au lieu d'ami. Il se dégageait de leurs regards en coin, leur sourire victorieux devant une entourloupette musicale particulièrement réussie, beaucoup de connivence masculine. Richard Séguin nous a fait un aveu en catimini : C'était la première fois qu'il donnait ce spectacle à trois. Oui, oui, deux musiciens seulement ... sérieusement, les yeux fermés je voyais un orchestre au grand complet ! Et on pouvait gager qu'ils l'avaient déjà promené partout, ce spectacle à trois lurons. Le chef de cet orchestre est Séguin car même si la camaraderie est tangible, il rayonne de leadership. Est-ce la paix qui anime son âme mais même la rébellion, chez lui, se vit aussi sereinement que férocement.


Il a choisi un amalgame bien dosé de ses classiques les plus entraînants, avec ses petites nouvelles ses « Lettres ouvertes ». Celles-ci sont empreintes d'un souffle fort et doux. « Comme une flamme » m'a coupé le souffle, je respirais en même temps qu'eux, s'entendait l'écoute dans ce sain silence. « Si près, si loin », la lettre chantée à sa fille, et tant de fois recommencée, nous a-t-il confié, est touchante de simplicité. La lettre à sa soeur, Marie-Claire Séguin « Où va l'instant », ces mots tel un pont jeté entre deux rives, remplie du regret d'avoir manqué d'écoute rejoint tout le monde pour toutes les fois où cela nous est arrivé. Toutes ces lettres soufflées par la musique m'ont émue et le miracle fût : j'ai frissonné ! Pourtant, je n'avais pas encore été enlevée par « Les héritiers ». N'y a-t-il que lui qui puisse faire monter progressivement et d'une manière contenue l'intensité d'une émotion avant qu'elle n'éclate en voix et en sons ? Ceux qui étaient là comprendront qu'il a introduit la chanson en paroles, de plus en plus gravement dites, jusqu'à son apogée où le trio a mordu dedans à pleines dents.

J'espère que malgré ma fatigue, je suis arrivée à vous transmettre un peu du bon, beau et chaud de ce spectacle grandiose de simplicité.

Il est tard, presque minuit et une journée très fourmillante m'attend demain ; remplie de mots, de jardins, de rencontres. Il faut que j'aille faire de la place dans ma tête.

Je ferme les paupières, le rideau tombe.

mercredi 1 août 2007

La jeunesse laisse ses empreintes


Nous voici enfin à « demain ». J'ai parfois les « demains » au lendemain de vos demains ... ne vous penchez pas trop sur la limpidité de cette déclaration ! De toutes manières, l'important est que je me dépose enfin, une plume qui virevolte, finit toujours par s'immobiliser !

J'avais pourtant hâte de vous parler de la Mémoire des fossiles, cette activité offerte par les animateurs du Parc archéologique de la Pointe-du-Buisson, en collaboration avec Les Correspondances d'Eastman. Ces guides, spécialistes en la matière, ont la gentillesse de venir atterrir dans un pré, à Eastman, le temps qu'il faut pour offrir aux jeunes de 8 ans et plus un atelier où ils pourront réaliser un moulage de leur empreinte fossile. Une initiation sur mesure pour la paléontologie ! Les jeunes aiment les activités de plein-air et, en plus, ils ont l'occasion de s'initier à tout un monde.

: À la Chambre des jeunes, dans un pré (Serres Simard)

Quand : Samedi, 4 août de 11 h à 17 h

Gratuit : Aucune inscription nécessaire

Exposition et vente de fossiles provenant de partout dans le monde. Les entrailles de la terre ouvrent son coffre aux souvenirs.


Quant à surfer sur le courant jeunesse, j'en profite pour parler des plumes primesautières ; les lauréats des écoles. Le primaire a glissé ses souvenirs dans « La tirelire aux souvenirs », tandis que le secondaire nous a raconté « La première fois où ... ». J'aime beaucoup le choix des thèmes, ça titille l'imaginaire et le crayon nous démange. Il n'y a pas à dire, l'écrivaine, Denise Neveu a été inspirée pour stimuler la verve de ces jeunes épistoliers. Faut dire qu'elle sait y faire, donnant régulièrement des ateliers d'écriture, elle a l'habitude d'élargir les effluents de l'imaginaire.

Si vous voulez voir et entendre cette jeunesse pleine de talent qui a interrogé sa jeune mémoire, c'est un rendez-vous sur le parvis de l'Église, jeudi, 2 août à 17 h 00. Si vous voulez en savoir plus long, cliquez ici, vous aurez accès aux informations du communiqué de presse (il y a des mines de renseignements sur le site des Correspondances).

Quoi de mieux que la jeunesse pour le lancement officiel de l'événement ? Si on y pense bien, c'est par la jeunesse que tout commence et recommence ?