dimanche 23 mars 2008

Tout m'accuse

Drôle de timing, je vous arrive avec mon « Tout m’accuse » de Véronique Marcotte le jour de la résurrection. Il aurait été de meilleur aloi de vous le présenter Vendredi Saint. D’autant plus vrai que vous vous doutez bien que le « Tout m’accuse » contient son lot de culpabilité et pas de la légère, du « poids lourd ». Chacun, ou à peu près, a son geste regrettable qui pèse sur sa conscience.

Véronique Marcotte m’a donné l’impression d’une grande maîtrise de ses joueurs, euh … ses personnages. Elle les fait avancer ou reculer d’une case – ou plusieurs – sur l’échiquier avec, toujours, une menace d’échec et mat qui plane.

Ce qui m’a frappé dans cette histoire est la manière naturelle avec laquelle l’auteure nous présente d’importants travers psychologiques. J’appuie sur le mot « naturel » car il nous évite, à mon avis, un roman noir et déprimant. On navigue sur les eaux troubles de la psyché humaine en y voyant clair, si vous me permettez le paradoxe. Le déséquilibre est abordé normalement, déjà là, c’est une expérience à lire et d’autant plus intéressante que j’ai découvert une écrivaine en pleine possession de ses moyens. Un style clair, sans bavure, sobre, qui va droit à son étape qui mène à l'autre. Pas de fioritures inutiles, du rythme, pas de longueurs, à moins que trouviez ennuyant au départ la psychologie d’êtres humains en instance d’interagir entre eux. À éviter alors, vous allez être déçu. Une originalité certaine, elle a intercalé entre les chapitres, au besoin, des dialogues entre amies qui révèlent des bribes d’informations, tout en conservant précieusement le punch final.

À un moment donné, face à la situation installée, assez particulière, (suspense…) j’ai vu arriver mon réflexe de soupeser le degré de plausibilité, je m’en suis gardé et je suis fière de moi, j’avoue. Cela m’aurait certainement empêché d’apprécier cette histoire à sa juste mesure. Comme mon cerveau s’apaise quand je lui offre une petite case, je lui en ai offert une : roman réaliste à la fiction excessive. Allez comprendre, il s’en est montré satisfait !

De toutes manières, et tenez-vous le pour dit, il est facile de jouer le jeu et d’embarquer dans ce navire où vogue les mères ultra possessives, les troublés à l’obsession compulsive, le voyeurisme aigüe, la lâcheté assumé, le barricadé dans son « fort » intérieur et la peinture d’art en toile de fond !

Belle découverte (merci Éric Simard) et je n’aurai aucune hésitation à lire ses œuvres déjà publiées et celles à venir. Et sur ce, JOYEUSES PÂQUES !

2 commentaires:

Éric a dit...

Ah, je suis content que tu aies apprécié ce roman autant que moi. Il te reste à lire "Les revolvers sont des choses qui arrivent".

Virge a dit...

Il y a aussi «Dortoir des esseulés». Je les ai tous adorés!

Ta critique représente bien ce que j'en ai pensé alors n'hésite pas à lire ses précédents!