jeudi 3 juillet 2008

Les Hauts et les bas de Sophie Paquin

Attention, billet faussement littéraire. Ceux qui y sont allergiques, veuillez tout de suite vous prémunir de votre clic de souris. Demain, je devais normalement commenter soit, Le chant des mouches de Sébastien Chabot que nous terminons ce soir. Notez bien que le « nous » n’est pas une inclinaison soudaine à la pédanterie, puisque j’ai lu ce roman à haute voix pour Marc, nous faisons donc un vrai « nous » de nous-mêmes. Mon autre, lu à voix basse, comme une messe intérieure, est Le facteur émotif de Denis Thériault que je devrais terminer aussi ce soir.
La grosse nouvelle dans tout ça, ce qui est absolument anti-billet littéraire est que je ne les commenterai ni un ni l’autre demain. Pourquoi ? Je vous rappelle à mon titre qui signifie quelque chose (habituellement en tout cas !), je serai à Repentigny demain, dans un faux restaurant à faire une fausse cliente, pétillante, pour meubler le décor de la télésérie « Les hauts et les bas … » de miss petite bombe explosive, Sophie Paquin.
Je suis contente, un peu excitée même, je dois avouer que j’aime cette série et j’ai bien hâte de connaître mon sort de voyeuse ; qui vais-je voir à l’œuvre ? Les figurant(e)s, une bande de voyeurs finalement ! Des voyeurs rétribués pour faire semblant de parler. Il ne faut surtout pas entendre un son sortir de notre bouche en tant que clients. On fait les poissons et des poissons qui ont l’air de se dire des choses passionnantes. On fait aussi semblant de manger, en tout cas jusqu’à ce qu’on laisse les répètes. Il faut étudier soigneusement le contenu de son assiette, pour les raccords de scène, il faut manger avec concentration, et parfois dégoût, si l’on considère que les mets sont des accessoires. Figés, froids, oui. Frais ? On l’espère. Déformation professionnelle (!), je regarde maintenant les comédiens manger à la télévision et je surveille leur mimique. Est-ce que cela va paraître qu’il mange du ragout « Cordon Bleu » (quel bel pub !) ? Surtout que pendant les tournages, on nous gave. En dehors du plateau, s’entend. Dans les salles d’attente, on trouve moult nourriture. Il paraît que c’est une tactique, psychologiquement, l’homo sapiens est plus patient repu. N’oublions pas que sommes plusieurs, parfois des centaines, il ne faudrait pas qu'il y en ai un qui pète les plombs. Calculons qu’un tournage dure en moyenne 12 heures, c’est d’ailleurs ce qui est prévu demain, c’est long longtemps à attendre car là-dessus, si tu passes 2-3 heures sur le plateau, c’est beau. Sur le plateau, ça bouge, c’est là que ton métier est spécialiste écornifleuse et que tu dois te tenir à l'affût de tout signal. C'est très chorégraphique être figurant.
Demain, je suis chanceuse, il devait commencer à 6 h 45, et on m’a rappelé pour me dire qu’il commencera une heure plus tard. J’ai lancé un cri de joie, une fois le téléphone raccroché. Que c’est précieux ce sommeil du matin pour une couche-tard comme moi ! Donc, je partirai avec ma valise de cliente de resto, de type « Plateau Mont-Royal », portant de préférence du un peu chic sans en avoir l’air, coloré et pétillant, m’a recommandé le costumier. C’est rare la demande de pétillement chez les figurants de qui on s’attend plutôt de se fondre dans le décor afin que la vedette ressorte et brille de tous ses feux de vedette. Ça tombe bien, je suis une femme colorée, j’ai donc l’outillage nécessaire dans mon garde-robe, même si la demande m’a quelque peu déconcertée au départ. C’est toujours plus facile de répondre par réflexe : du classique, beige, brun, vert foncé. Voilà l’essentiel de la toilette d’une bonne figurante qui doit faire bonne figure. Le noir ? Dangereux, il y en a trop et nous devenons une masse noire, un décor sans fond. Le blanc, ça éblouit. Les motifs, attention, les motifs, ça égare l’esprit du caméraman qui, devient émotif ! Ça le fait sursauter, l’image bouge (je dis un peu n’importe quoi, mais c’est vrai que c’est accepté avec circonspection). Bref, une sobriété classique est généralement de rigueur mais, heureusement, qu’il y a des émissions éclatées qui nous permettent un peu de fantaisie. Et vive les Sophie et ses hauts et ses bas … rayés, picotés, pigmentés !
« Ce n’est pas une façon de dire adieu » est le livre que j’apporte pour meubler mes nombreuses et longues attentes, en dehors du plateau. Stéphani Meunier, une écrivaine jeune, finaliste du Prix des Collégiens, un style qui m’est apparu vivant, sans prétention par ces quelques lignes volées à la librairie. Et puis, Maxime Jobin a beaucoup aimé !
Je sais, ce n’est pas une façon de dire adieu, alors je vous dis : "à demain !" Et si vous êtes nombreux à vous montrer intéressés à un compte-rendu de tournage avant d’avaler les comptes-rendus de lecture, je me plierai à votre volonté sans me faire prier, parce qu’après tout, je ne joue pas pas à la vedette …

8 commentaires:

Je suis Pierre-Luc a dit...

Ce n'est pas une façon de dire adieu est un livre amusant, bien écrit, dont l'histoire n'est pas sans rappeler Guillaume Vigneault. Pas passionnant, à mon avis, mais intéressant. Écrit pas une fille. Ça peut avoir l'air con, comme détail, mais c'est important (je pense).
Je n'ai pas été impressionné, mais le temps ne m'a pas paru long !

Maxime a dit...

Quoi!?? Pardon!?! Tu vas être figurante dans Les hauts et les bas de Sophie Paquin!!!! (dis-je comme une adolescente voyant Guillaume Lemier Thivierge). Wow, c'est vraiment génial ça. J'adore cette émission, elle sort du lot, on ne peut pas dire le contraire. Je ne suis d'ailleurs pas surpris qu'on t'aie demandé de te vêtir de couleurs éclatantes, car c'est une émission éclatée, justement. En même temps j'apprends qu'il y aura une autre saison, super!

Si tu continues a en parlé dans tes billets, j'en serai un fervent lecteur.

Bonne chance!

Beo a dit...

J'ai pas besoin de dire que le compte-rendu du tournage m'intéresse grandement...

Rien ne garantie que je verrai les autres saisons du téléroman mais je croise les doigts!

Venise a dit...

Bon, j'avoue avoir manqué d'une denrée rare, le temps, avant de revenir sur les péripéties du tournage.

Ce qui m'a tout d'abord frappé se sont les décors. Ils sont impressionnants, tous les logements sont faux et monstrueusement gros. Comme en ce jour, toutes les scènes se passaient au resto "Le Porc épique", les logements de Sophie, de sa mère, du médecin, Martin, étaient mis au rancart. Chaque figurant a été faire son tour à la cachette. C'était facile de se cacher car ils ont tenus les 17 figurants que nous étions à la noirceur. C'est la première fois qu'une telle chose m'arrive d'ailleurs. Disons que c'est quelque peu endormant.
Pourquoi cette noirceur ? Parce que nous sommes dans un immense entrepôt et que les plafonds sont hyper hauts donc les décors ne s'allongent pas jusque là, tout ça pour dire qu'on entendu un froissement de feuille et que notre éclairage les dérange (je crois plutôt que c'est que la noirceur est propice à plus de tranquillité). Donc, c'est le silence complet quand ça tourne. Un silence de mort. ou d'endormis (j'ai d'ailleurs dormi, recroquevillée sur un fauteuil de décor).
Voilà le plus gros à dire sur le hors plateau. Sur le plateau maintenant, ce qui doit le plus vous intéresser, j'imagine. J'ai vu jouer Sophie Paquin, mais quelques minutes seulement, c'est elle que j'ai le moins vue. Quand elle ne joue pas, elle est aussi pétante de vie, dynamique, joyeuse. Finalement, elle ressemble drôlement beaucoup à son personnage.
La scène à laquelle j'ai le plus longuement assistée est une scène d'approche, de "cruise", de jalousie et de déceptions entre 3 homosexuels. Le barman, Bernard, a un oeil et un très gros, sur Martin (Éric B.), ce dernier attend son rendez-vous galant et la personne X?X est en retard de plus d'une heure. Quel est le nouveau prétendant de Martin ? Un juge. Personnifié par Denis Bernard.
Et bien là est mon autre très frappant, cette scène à la table du resto est excellente ... mais excellente !!! J'étais béate d'admiration et pas seulement moi, le réalisateur aussi. Il l'a même dit ... ce qui est plutôt rare. Mais j'avoue qu'ils avaient tous les deux une complicité irrésistible. Le barman, Bernard, venait les déranger, rouge de jalousie.
Ah oui, j'ai oublié de dire que la scène de Sophie est avec Mathieu, son parfait petit romantique. Il lui demande quand ils vont avoir un enfant ensemble ... je n'en dis pas plus !
Une belle équipe très concentrée, très respectueuse ; 11 heures de tournage pour 10 minutes d'émission. Si c'était du cinéma cela aurait été 11 heures de tournage pour 2 à 3 minutes de film. Voilà la différence entre une télésérie et du cinéma.
Les conditions étaient bonnes pour les figurants, ils nous ont donné la même bouffe que les comédiens, ce qui n'est pas toujours le cas. Assez souvent, il y a deux tables, et la différence est grande entre les deux.
J'avais apporté 3 robes pétillantes, comme demandé et mon troisième choix s'est trouvé à être le premier de la costumière à mon grand dam. Je ne comprends pas encore son idée mais enfin, comme elle était gentille, on accepte avec le sourire. Finalement, j'ai utilisé un seul "change" puisque dans les premières scènes, on m'a vu de dos seulement. La coiffeuse n'a pas ménagé mes cheveux qu'elle devait trouver trop écrasés sur la tête, elle s'est mise à me crêper ... le chignon. Je suis sortie de là les cheveux comme du crin, tellement elle a pitchpicher de la laque fixative.
Bon, au prochain tournage maintenant ...

Maxime a dit...

Génial. J'adore lire tes péripéties de figurante! Et je suis content de savoir que Suzanne Clément est aussi colorée que Sophie Paquin, cela confirme l'opinion très positive que j'ai de cette actrice!

Maxime a dit...

Voila, j'ai réussi pour le suivi Venise. ^^

Beo a dit...

Je te remercie beaucoup Venise pour ces impressions vues de l'intérieur.

C'est vraiment intéressant et je crois qu'à te lire tu es sur un tournage de grande qualité.

C'est drôle parce que c'est ce que je sens en voyant la série.

pgluneau a dit...

Cool!!!!!!

Chanceuse!!!!!

Merci pour ces impressions très éclairantes et pour les scoops!!!! J'ai déjà très hâte de revoir cette passionnante série... et de t'y voir passer!