jeudi 17 juillet 2008

Lettres au crocodile

Lettres au crocodile, il y a de quoi intrigué, vous ne trouvez pas ? J’ai fait une recherche Internet (qu’est-ce qu’on faisait avant d’avoir Internet !?) et j’ai déniché un extrait explicatif et subjectif du chroniqueur Bernard Frank du Nouvel Observateur. Cela m’a situé et surtout donné le goût d’assister au spectacle dans le cadre des Correspondances d'Eastman (détails à la fin) :

«C'est du Simone de Beauvoir, du pur Simone de Beauvoir, traduit de l'anglais et annoté par sa fille d'adoption, Sylvie Le Bon-de Beauvoir. C'est sous-titré «Un amour transatlantique, 1947-1964». Elle avait 39 ans (et lui 38) quand ils se sont rencontrés, ce qui était un bon âge. Elle en avait 56 quand elle lui envoyait sa dernière lettre. «Donnez de vos nouvelles, chère vieille bête, dit-elle en conclusion, à moins que vous ne soyez trop occupé à vous habiller beau. Comme toujours, avec grand amour. Votre Simone.»

La préfacière nous indique que les lettres de Simone de Beauvoir à Nelson Algren, écrites en anglais (Algren ignorait tout du français quand il l'a connue et ne devait pas en savoir beaucoup plus quand il l'a quittée), ont été acquises par l'Université de Columbus, dans l'Ohio, après la mort de l'écrivain américain en 1981. Simone de Beauvoir, qui avait gardé toute la correspondance de N. A., fut touchée, presque surprise que l'Américain ait conservé ses lettres.

Une grosse correspondance, ces trois cent quatre lettres à «Nelson, mon amour», «mon crocodile bien-aimé», «mon mari», «mon chéri, mon très doux». On retrouve dans cette correspondance tout Simone de Beauvoir. Cette spontanéité qui la rendait si peu philosophe et en même temps qui rendait sa philosophie un peu comique. Cette façon de se jeter à l'eau. Elle disait parfois n'importe quoi mais elle le disait vite, sans barguigner. Elle nous faisait comprendre à toute allure ce qu'elle aimait et ce qu'elle n'aimait pas. Sans appel. Avec lui, Simone de Beauvoir a un merveilleux public, quelqu'un à qui il faut tout expliquer. Il est le grand public qui ne connaît rien des Sartre, de l'existentialisme, de la littérature, de la France, du monde, sauf l'article qu'il a pu lire dans un malheureux journal. Elle va lui expliquer avec tout son talent, tout son coeur. Elle est motivée. C'est l'amour, la séduction qui la guide. Et dans un sens les «Lettres à Nelson Algren», c'est la même chose mais en bien mieux que «l'Amérique au jour le jour», «les Mandarins», les Mémoires. C'est le moteur de l'affaire".

La chronique de Bernard Frank - Source : «Le Nouvel Observateur» le 18/03/1999

Simone de Beauvoir : Lettres au crocodile

Spectacle littéraire. Théâtre La Marjolaine, vendredi 8 août, 20 h 00 - Extraits de la correspondance de Simone de Beauvoir à son amant américain Nelson Algren, à qui elle adressa des centaines de lettres entre 1947 et 1964. Un voyage au cœur des amours transatlantiques du « Castor » parisien avec un « Crocodile » de Chicago. Avec Monique Mercure et Brigitte Poupart. *Jessica Vigneault, chant et piano*. Mise en lecture : Alexia Bürger. Collage : Marc-Antoine Cyr. Recherche : Suzanne Roy.
Admission : 28 $ régulier / 25 $ étudiants et aînés / 23 $ Amis des Correspondances

Le spectacle sera suivi d’une réception pour ceux et celles qui ont acheté un billet « Soirée bénéfice » disponible au coût de 150 $.

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