samedi 16 août 2008

Un 15 en différé ... Comptez jusqu'à cent

Coucou !

Je trouve ça bien drôle de vous parler en ce moment et d'être en Gaspésie ! Nous avons laissé notre maison "La Jeanne" à des amis et nous sommes sur la route avec le but d'arriver à Petite Vallée à la Maison Lebreux et nous sustenter de leur fameuse bouillabaisse.

Au gré des branchements possibles, par exemple à Percé au gîte La Rêvasse cela devrait être possible de vous envoyer des commentaires de lecture. Ils vont donc se rédiger sur le bord de la mer, mon style va peut-être s'en trouver transformé, qui sait ! Je termine tout bientôt mes deux lectures en cours : Sans coeur et sans reproche et "Petite histoire du tracteur en Ukraine". Ensuite, j'entame "Le froid modifie la trajectoire des poissons" en espérant que ce titre n'est pas un pronostic et qu'il va faire chaud, étant certaine que le froid modifie la trajectoire des humains aussi ...

En attendant, il y a mon commentaire "Compte à rebours" de"Compter jusqu'à cent" de Mélanie Gélinas, la Recrue du mois d'août.
Ce roman ne peut se lire comme un roman, donc je ne peux rédiger mon commentaire comme un commentaire. Je dois tout de suite dissocier l’écriture du propos et pour moi c’est essentiel. En même temps que je l’écris, je me pose la question ; peut-on vraiment le faire ? Dans le but d’être mieux comprise, je vais répondre oui. Il y avait d’un côté cette écriture qui m’amenait sur des sentiers jamais empruntés, de l’audace dans la tournure, du mystère parce que de la profondeur et du symbolisme et un abandon total à l’instinct du mot. J’en mangeais d’un côté et j’en rageais de l’autre, contre la source de ces mots, contre cette douleur apaisée seulement parce qu’exposée, car sinon toujours aussi vive.

Un tête à tête avec la douleur, c’est étouffant. J’aurais aimé pouvoir me débattre et m’éloigner. Personne n’aime la douleur, en tout cas moi de celle-là, je n’en pouvais plus. Je prenais une dose à chaque soir et chaque soir le souvenir de la veille m’étreignait. L’auteure est si talentueuse qu’elle possède l’art de tenir le Lecteur prisonnier de sa toile tissée de maux où parfois passe de l’air, pas souvent, et seulement pour lui faire réaliser qu’il en manque. Une expérience que j’ai trouvée difficile, je l’avoue, malgré et à cause de la valeur de l’œuvre. Si l’écriture n’était pas aussi intense, impliquée, évocatrice, j’aurai pu me faufiler, me glisser par la bande.

Alors, j’ai souffert avec elle, ou avec Anaïs qui est « elle ».

Au risque de paraître superficiel en regard d’un propos aussi grave, j’ai beaucoup aimé le concept, chaque chapitre qui se compte jusqu’à cent et même le volume du roman, carré, que l’on appréhende pour le posséder entièrement. Le cent avait donc beaucoup d’importance puisque toute la question était d’y arriver. Avec le cent, il y avait la fin, il y avait le vide. Je ne l’ai pas vécu longtemps, ce vide, puisque la postface invite le Lecteur en deuil à poursuivre. J’y suis entrée pour me consoler et aussi par curiosité. J’en suis sortie très rapidement et j’aurais aimé plus rapidement encore. J’ai perçu cette analyse comme trop rapide pour moi et je préfère dans le cas d’une œuvre palpitante de vie de ne pas la soumettre à une autopsie, aussi savante soit-elle.

Je laisse à l’auteure les mots de la fin :

"Maintenant quand mes doigts se recroquevillent sur la plume, je suis en danger de mots. Je ne peux écrire que ma mort. Je suis condamnée à investir un bijou dont l’issue est un éternel achèvement, un recommencement perpétuel, une rechute inassouvie dont la finalité est le deuil d’un parfait équilibre. Or, le temps est venu de dire que ce soir-là, je ne devais pas mourir seule dans la neige. Je devais vivre ! L’écriture me garde en équilibre sur le seuil de la vie et de la mort. Alors il me faut écrire au Lecteur"
.

1 commentaire:

Suzanne a dit...

Ah Petite Vallée et ses chaleureux habitants... Bon séjour et surtout beau et bon temps. (Si vous passez pasr Matane, une petite pensée pour moi...)
Quant au parcours de Cmpter jusqu'à cent, je m'y mets bientôt.
À très vite.