lundi 6 octobre 2008

Entre écrivaines


Je me suis souvent fait dire que j’aimais les livres, c’est vrai, mais j’aime encore plus les écrivains qui les écrivent. C’est un geste que j’admire au point d’en avoir les larmes aux yeux quand j’y pense. C’est un peu trop, je sais, mais c’est comme ça.

Ils s’avancent vers nous, confiants, tremblants quelquefois, remplis d’espoir que l’on va aimer leur œuvre. Ils y ont mis leur âme, tellement de temps, d’amour et d’énergie. Vous allez me dire, il en est ainsi de tous les créateurs et encore là, rien de plus vrai. Entre en jeu, Venise, dans ce qu’elle a de plus profond niché au creux de son cœur, l’amour des mots. L’amour de la phrase juste qui projette ailleurs parce qu’elle a su décrire le personnage, la situation, l’émotion. Tous les arts qui touchent le mot m’interpellent.

Que dire de la relation entre deux écrivaines maintenant. Je m’y suis arrêté très récemment en découvrant le blogue La Caravane de Laurence Prud’homme parlant avec franchise de son intérêt pour Soleil d’Encrier, de Julie Gravel-Richard. La première en est à son deuxième roman La Danse de la méduse (que je vais lire après « Les Accoucheuses »), tandis que Julie GR en est à son premier Enthéos.

Laurence a suivi la démarche de Julie de très près et faut dire que moi aussi parce que c’est simple comme bonjour, il s’agit de cliquer chez Soleil d’encrier (en haut à droite) sur Démarche d’édition pour y retrouver toutes les étapes en commençant par les rapports de lectures de différentes maisons d’édition, le 22 mai 2007 jusqu’à L’objet livre, le 7 août 2008. Quatorze mois bien sonnés de péripéties. C’est fascinant. Un billet de Laurence l’exprime avec chaleur ici.

La vidéo d’Antoine Tanguay a soulevé une kyrielle de commentaires sur mon billet Le Pré-roman et l’abandon (suite) et suite à cette amorce de réflexion, Laurence Prud’homme s’est inventé un jeu, se façonnant une énumération des atouts de la maison d’édition idéale (ici). Faut bien rêver dans la vie ! En tout cas, ce genre de rêve tire vers le haut, pas vers le bas, Mettre des mots, préciser ses limites, ses attentes font que les choses arrivent.

C’est le point commun entre ses deux écrivaines de vouloir mettre en mots l’histoire de la publication de leur histoire ; le avant, pendant, après. Le « avant » est abordé par JGR d’une manière très complète, le pendant aussi. Pour le après, Julie est ensevelie par son « après » présentement, il est plus difficile d’en parler. Tandis que Laurence l’aborde en y révélant une sincère émotion, ce qui est plutôt rare.

En vérité, un sujet inépuisable dont on n'a pas fini de parler.

10 commentaires:

Beo a dit...

Merci Venise de m'avoir fait connaître La caravanne et son auteure.

C'est tellement vrai que la vie d'un livre pour son auteur ne s'arrête pas à la publication.

Je savais Danaée prilégiée mais pas à ce point! C'est donc chose courante de laisser l'auteur se débrouiller ensuite?

La démarche de Septentrion me semble pourtant tellement naturelle, allant de soi.

Venise a dit...

@ Béo : C'est important d'y voir un concours de circonstance aussi. L'auteure Laurence Prud'homme est présentement en Europe, depuis 7 ans en fait. Elle revient au Québec tout bientôt. Je suis contente que tu aies aimé "La Caravane", un blogue de littérature très intéressant en effet.

Beo a dit...

Ah! Si je comprends bien... elle a été publiée en France!

Je veux dire par une maison d'édition de France....

Moi qui la pensait à Montréal et qui me retenais de faire une comparaison entre Québec et Mtl, hihihihihihi!

Lacaravane a dit...

Bonjour Venise, bonjour Béo,

Non, non, mes livres ont été édités au Québec, chez Québec-Amérique. Wow Venise, je ne m'attendais pas à ce que tu parles de moi dans un billet comme ça! J'en suis toute remuée! Je suis très contente de vous avoir trouvées, toi et Julie: on est parfois un peu seul face à son écran quand on écrit et le fait de partager sa passion, ses inquiétudes, ses espoirs avec des femmes (et des hommes aussi!) comme vous, c'est vraiment précieux! Je sens qu'il y a un véritable salon littéraire virtuel qui se développe sur Internet et j'en suis ravie! Pour ce qui est de la relation écrivain-éditeur, j'ai voulu en parler sincèrement: parler des bons coups et des petits "hic", en sachant que l'équipe de Q-A est ouverte et généreuse. Merci :-)

Venise a dit...

@ Laurence : Tu as bien fait de rétablir la donne car ça portait à confusion. On peut être en Europe, temporairement, et être édité dans une maison d'édition québécoise. Ouf ! Nous avons échappé belle le malentendu ;-D

Lacaravane a dit...

Oui, en effet, je crois que les maisons d'édition n'ont pas de frontières: tant que tu écris dans la langue de publication de la maison, peu importe où tu vis et d'où tu viens... mais je me trompe peut-être, si un éditeur passe par ici, il pourrait nous éclairer.

Lacaravane a dit...

En passant Béo: génial, ton blogue sur les tisanes!!!

Beo a dit...

Merci, merci Lacaravane. Faut que je prenne le temps de mettre ton blog dans mes liens!

Phil a dit...

Venise, j'aime beaucoup ta relation avec les livre et leurs auteurs. À te lire, on sent que ça vient te chercher dans les tripes, c'est impressionnant.
Je n'ai pas la même relation avec les auteurs. J'ai moins d'émotion et j'ai une certaine distance mais je suis toujours impressionné par ce que les écrivains sont capables de transmettre avec des mots.

Danaée a dit...

Chère Venise, C

C'est en effet très touchant de voir à quel point tu vis avec intensité ta relation avec tes lectures et les auteurs que tu lis. Je suis bien émue de lire ton billet.

J'ai un peu de mal à bloguer ces temps-ci, ça me manque. Même mon blogue ne sert que de vitrine à mon dossier de presse... alors qu'en moi tant d'émotions sont remuées par les événements qui se précipitent.

Bref. Merci d'avoir pris la peine de venir m'avertir de la parution de ton billet. Ça valait la peine!