samedi 22 novembre 2008

Ma visite au Salon du livre

Premièrement, c’est bête à dire mais ça commence par devoir payer sa cote pour entrer. Pour un couple, 16 $, ça fait presqu’un livre que l’on remet à l’administration du Salon. Ça fait un peu mal au cœur, surtout que j’ai appris de résidentes de Québec, que leur Salon se contente d’une pièce de 2$.

Une fois la tête levée de la carte du programme, à planifier une trajectoire à travers les rues de la Ville du livre, j'ai été émerveillée. Pas devant la ville, montage de toutes pièces assez clinquant, ni à sa rumeur couvrant ma palpitation cardiaque, mais devant les touristes arrivant en ville. Ça entre par flot de femmes, d’hommes et d’enfants, avec dans la figure l’avidité des loups qui visent le plus de proies possibles. Une phrase s’est alors inscrite dans ma tête : « Le livre au Québec se porte bien ».

Et laissez-moi mes illusions ! C’est mon tonique pour ne pas m’anémier :-) ...

Notre première course va vers Québec Amérique (ce n’est déjà plus une ville mais un pays !), un rendez-vous imprimé dans le temps pour débusquer les blogueuses, Laurence et Venise. Serons-nous aussi vraies que nos personnages ? Jusqu’à la rencontre dans la chair, nous sommes des images qui interagissons avec plein contrôle sur nos mots. On le sait, on en fait ce que l’on veut, des mots. L’audace est facile derrière un écran, les sympathies, archi faciles. Nos incarnations toutes en imperfection ont cliqué tout de suite ou, en tout cas, aussitôt que l’on m’a indiqué du doigt l'auteure de La danse de la méduse, Laurence Prud'homme, toute incapable que j’étais d’accoupler la photo à la femme vivante. Parce que vivante, elle l’est, et rousse aux yeux pers verts en plus. La voilà démasquée. Je l’ai fait travaillée, elle a dédicacée mon exemplaire déjà lu. J’y tenais mordicus.

Le après est une suite de déambulements, les yeux écarquillés, ma main de fer dans ma paume de velours, m’empêchant de saisir tout roman et de l’enfiler dans mon sac Boréal. Ça prouve jusqu’à quel point, le Salon, c’est à aborder comme un voyage, la carte et le plan d’achats en mains, le sac à dos et la semelle moelleuse. En ce sens, j’admire ceux qui partent avec leurs « chèques de voyage », ceux qui prévoient leur budget « livres » je veux dire. Moi, je ne n’en avais presque pas, puisqu’il s’avale de lui-même toute l’année durant.

Pareil au Salon de l’Estrie, nous nous sommes gentiment fait agripper (serions-nous des proies aux regards candides ?) par un auteur en mal de clientèle pour « L’essentielle errance » à classer parmi les beaux livres. L’auteur, Rémy Perras nous expliqua avec passion qu’il s’agissait d'un voyage introspectif sur les routes de l’Inde et de l’Europe, de lui et sa conjointe, qui avait donné ce recueil de chroniques à déguster à petites doses sucrées d’illustrations et de mots qui envoient errer les soucis dans la sphère du spirituel. C’est ainsi que je l’ai compris, mais j’ai quand même dû décliner l’offre pour le 40 $ qu'il aurait fait sortir de ma poche.

Je retiens aussi du Salon, une histoire de rencontres entre blogueurs et blogueuses qui se reconnaissent à grands coups de « C’est toi ?! » et d’embrassades. Pour la conférence-atelier « La relève intérieure », nous étions plusieurs : Catherine, Karine, Pimpi, Claudio Pinto, Lucie, Marc et moi à assister à l’exposé d’un trio féminin qui, dès leur premier roman, ont abordé des thèmes difficiles : Le viol pour Mélanie Gélinas dans Compter jusqu’à cent, le doute et la mort pour Julie Gravel-Richard dans Enthéos et l’anorexie pour Marie Lefebvre dans Les Faux-départs. L’animatrice, Anne Pascale Lizotte a fait remarquer qu’un autre point commun les ralliait, elles sont toutes des professeurs.

Pas facile ces rencontres de 25 minutes sous une gigantesque alcôve à plafond ouvert où persiste la bruyante rumeur du salon. Il faut savoir jeter rapidement un couloir entre l’assistance et l’estrade, ce qui n’a pas été fait. Le quatrième mur est resté épais. Au dernier « cinq minutes », l’animatrice a commencé à découvrir notre présence et c’est aussi durant ce segment que les écrivaines ont commencé à se réchauffer, oubliant l’incongruité de s’apprivoiser sur une scène.

Malgré tout, je considère ces rencontres « exposition » mieux que rien. Pour le pendant et surtout le après. Comme le prochain « spectacle » allait dans 35 minutes, les blogueurs se sont attroupés comme sur le perron d’une église auprès des auteures qui ont bien voulues demeurer avec nous. J’ai eu le bonheur de faire la connaissance de Claudio Pinto, un blogueur musicien que je connaissais à peine. Une rencontre marquante pour moi et Marc.

Quant à moi, j’ai abruptement quitté le perron jacasseur pour ne pas manquer une dédicace. On avait beau m’avoir dit que la séance serait probablement prolongée, je n’ai pris aucune chance là-dessus … et je ne l’ai pas regretté.

J’ai conclu avec moi-même de rédiger un billet sur la dédicace sous l’angle général et celui, particulier, de la dédicace de Jean Barbe sur mon exemplaire Le travail de l’huître.

Achats, non dédicacés :
Et je te demanderai la mer - Stéfani Meunier (pour une fois que le Club Bazzo est unanime !)
Le ciel de Bay City - Catherine Mavrikakis (je l'ai vu dans tellement de mains, qu'une blanche jalousie m'a envahie).

9 commentaires:

Lucie a dit...

Un plaisir de vous y avoir croisés, Marc et toi, hier... J'aime bien l'image du perron d'église post-rencontre... La grand-messe du livre!

réjean a dit...

Je suis impatient de connaître le contenu de cette dédicace...

Venise a dit...

@ Lucie : Décroisées aussi vite que croisées ! Qu'à cela ne tienne, on a tout de même eu le temps de réciter notre prière pour la sacrosainte cause du livre sur le grand perron de l'église !

@ Réjean : Encore là, rien de sensationnel, seulement du vécu accordé sur le mode intime.

Laurence a dit...

Mes soeurs sont les "vraies" rousses carotte, moi j'ai un petit fond dilué dans les gênes... héhé merci pour le portrait flatteur mais les gens vont penser que je suis super-canon, là, et c'est pas tout à fait le cas!! ;-)

Suzanne a dit...

Aaah quel beau billet, j'ai déjà hâte au contenu de «La dédicace».

Danaée a dit...

Chère Venise, j'ai beaucoup apprécié ta présence à l'atelier et ton passage au kiosque de Septentrion!

J'ai hâte également de savoir ce que t'a écrit Jean Barbe! Pour ma part, il est resté assez "général" dans sa dédicace. Mais j'ai cependant apprécié mon bref échange avec lui.

Claudio Pinto a dit...

Venise ! Gros merci pour tes mots. Ce fut un immense de vous rencontrer, toi et Marc. À bientôt !

Karine :) a dit...

Ca m'a fait très plaisir de te revoir, Venise!!! :) On se donne RV l'an prochain à Québec??

Venise a dit...

@ Karine : Québec, c'est un rendez-vous, et assurément, nous y serons !