mercredi 27 mai 2009

Ils ont le punch !

Vite, vite je vole au temps une dizaine de minutes ... euh, je vais essayer de me limiter à dix minutes. Dites-le moi, si je dépasse ! C’est que le temps me glisse des doigts, les notes du clavier aussi, et je cours après l’aiguille des secondes. Bon, d’accord, j’exagère et ça gobe du temps d'exagérer, surtout quand une seconde plus tard on s’en confesse ! Direct. Allez, j'y vais directement, je suis capable : Go !

J’avoue en partant que j’ai pris mon inspiration sur Facebook. Oui, oui ... c’est surprenant parfois. En tout cas, voici quelques jours j’ai été surprise de la réaction à une affirmation. Ce n'est pas suite à une de mes affirmations, et j'ai averti la personne que je la lui piquerai (il s’en lance plein à la face du book). Elle faisait allusion à son exaspération devant les préfaces de romans classiques qui dévoilent les punchs* (c’est un anglicisme, l’équivalent est point de chute !). Je ne sais pas s’il avait prévu autant de réactions, mais les commentaires se sont enlignés. Bien sûr, je m’en suis mêlé.

Et je suis rapidement sorti de la préface pour aborder la 4ième de couverture, et ensuite les critiques de lecture. Pour vous donner une idée jusqu’à quel point j’aime garder toute la surprise à l’histoire, j’hésite à lire le quatrième de couverture. C’est grave hein ? Je sais, c’est légèrement excessif ! À ma défense, je suis une lectrice avec une imagination débordante qui bondit en avant des actions, transpose, transfère et travestit l’action des personnages. Je tiens donc à mes fausses pistes. C’est mon univers de lectrice. Vous imaginez combien je me fais déjouer, puisqu’en partant des mêmes personnages, chaque personne se fabrique une histoire différente. On part des mêmes ingrédients et on ne fait pas la même sauce à spaghetti, imaginez une vie ! On part avec soi comme personnage et on s’amène où ? À son lit de mort. Mais vous avouerez que le comment on s’y rend est de première importance !!!

Donc, je me protège de toute divulgation d’intrigue, je veux dire, pas seulement du grand dénouement final qui assez souvent me déçoit. On est rarement entièrement satisfait d’une fin, vous ne trouvez pas ? J’imagine qu’il va en être de même pour notre propre fin. Que l’on ne décide pas. On se plaît à croire qu’on ne la décide pas, mais ne sommes-nous pas présentement à la préparer ? ... Mais ceci est une autre histoire. La vôtre. La mienne. La nôtre ... que je mets de côté (mais si ça vous chante de deviser sur ce thème, il y a pas de gêne !) pour revenir à un principal sujet, le lecteur, devant l’intrigue d’une histoire. Certaines personnes dans Facebook (des personnes plongées tête première dans le milieu littéraire) ne sont pas le moindrement dérangées par le fait de connaître des clés d’intrigue, qu'elles soient dévoilées par une préface ou par un critique. C’est entièrement le comment l'histoire se raconte qui les intéresse.

Il faut de tous les lecteurs pour faire de la lecture, ce n’est pas la première fois qu’on se le dit, mais vous qui n’avez pas participer à cette discussion, comment le vivez-vous ?

Ça m’intéresse de vous connaître sous cet angle. Remarquez, que ça changera pas ma manière de rédiger mes commentaires, je me battrai toujours contre mes mots, donnerais dans la censure bien sûr, pour ne rien dévoiler de l’intrigue, ça complexifie la tâche c’est certain, mais je le fais avec cœur. Comment faire autrement ? Ma mère avait pour son dire « on ne fait pas aux autres ce qu’on n’aimerait pas qu’on nous fasse ! ». Obéissante petite, obéissante toujours (pas vrai pantoute, c'est pour le besoin de la cause !).

Maintenant, à vous la parole, chers ami-es ... Je me tais, j’ai dépassé mon 10 minutes. Bip.

* (Petit Robert) Définition de punch : Aptitude d'un boxeur à porter des coups secs et décisifs . "Ils ont le punch : l'utilisation correcte des muscles frappeurs, et la détente".

Il me semble que les auteurs sont parfois des boxeurs, non ? En tout cas, j’aime bien quand ils aient du punch, et même qu’ils nous laissent KO.

9 commentaires:

réjean a dit...

J'essaie de ne pas lire les quatrièmes de couverture (ou les critiques) qui m'apparaissent trop bavardes, car je lis (encore) pour me laisser surprendre. Un bon résumé doit rester suggestif et donner le goût de lire l'histoire qu'on cherche à nous vendre. Il faut piquer la curiosité, pas plus.

Lacaravane a dit...

Rien à ajouter, Réjean a tout dit! Sauf peut-être: ARRRGHH!!!!!!! quand on est auteur et que le TITRE même d'une critique dévoile le punch FINAL du livre... RE ARRRGH!!

helenablue a dit...

Je suis d'accord également avec Réjean et avec toi Venise, j'aime être surprise et donc ne pas trop en savoir à l'avance ...
Oui, il faut juste donner envie, interpeller, mais donner la fin d'un livre, le fameux punch final ...Bouh!

Néanmoins je dois avouer que j'ai déjà fait l'expérience de lire la fin d'un livre avant le début, et c'est très étrange ... Je n'ai plus recommencé !!
:-)

Da Laloup a dit...

Sur l'ensemble des critiques, deux (et un interviewer) déjà ont révélé mon punch, de façon anodine, comme si ça n'avait pas d'importance. Je trouve ça vraiment fâchant. Par contre j'ai personnellement déjà lu des oeuvres dont je connaissais le punch au préalable, et ça ne m'a étonnament pas dérangée tant que ça. C'est plus le voyage qui m'intéresse, les mots, la langue, les détails de l'histoire. Bref, connaître le punch n'est pas toujours un si grand drame!

Beo a dit...

En fait par ici: on dit juste la chute pour désigner la finale, je dis ça comme ça :)

Personnellement, je lis tellement d'articles lors de parutions qui parfois sont juste "à venir", que je ne risque pas de me gâcher le plaisir de la découverte.

Je préfère quand même une phrase choc ou deux, qui attisent le mystère à un long résumé.

Normalement, quand j'ai un livre en main: que je l'achète ou pas; je lis les quatrièmes de couverture.

Pour moi: c'est une présentation liée au visuel et à la sensation d'avoir le livre en main.

Donnes-moi une version électronique et ces réflexes n'ont plus aucunes raisons d'être: ça a donc à voir avec le physique du livre.

Je termine en disant que quand j'ai ENFIN le livre en main pour fins de lecture: je refais le tour des présentations physiques et ça ne m'a jamais vraiment vendu de punch, parce que dès les premières lignes... je suis plongée dans l'univers de l'auteur et j'oublie tout le reste!

Karine:) a dit...

Personellement, je préfère me laisser surprendre, c'est pourquoi je ne lis jamais les 4e de couverture, du moins, pas avant ma lecture! Par contre, je dois avouer que je souffre de la malédiction du je-devine-toujours-presque-tout alors disons que j'ai appris à apprécier un livre (même un policier) en me doutant très, très fortement de comment ça allait finir!!

Venise a dit...

J'ai découvert vos commentaires, hier, en arrivant tardivement de ma figuration et j'en étais très contente.

Comment résumer votre tout ? Il y a ceux qui font presque autant attention que moi, de ne pas trop en apprendre - et même sur la quatrième de couverture ! - ce qui m'a tout de même surprise. Des critiques, je me doutais qu'on se méfiait, pour la quantité d'indélicats (que le mot est délicat !) Tandis que vis à vis la quatrième, je me pensais unique avec ma méfiance. C'est sûr que pour l'achat d'un roman, sa lecture aide à soupeser l'attirance. Mais si le roman m'est référé, je commence à le lire et rapidement, je vois quand on tombe dans trop de dévoilement et je peux arrêter ma lecture en plein milieu.

Il y a l'option ambigüe (j'aime l'ambiguïté !) du je veux pas trop en savoir mais quand je l'apprend, j'arrive à l'oublier ou à ne pas en être trop dérangé. Je me reconnais aussi. Que voulez-vous, pas le choix, pour toutes ces fois où l'on se fait prendre ! J'arrive à l'oublier, si la plume de l'écrivain a du caractère et la trame de l'histoire est complexe, pas trop stagnante et, encore mieux, surprenante.

Maxime a dit...

(Un peu en retard).

Non non non! D'aucunes façons je ne veut savoir la fin d'un livre. Si ça arrive, bien souvent je ne suis plus du tout intéressé, je le boude. Par contre je m'essaie quand même parfois à lire la quatrième de couverture, mais si je me rend compte en plein milieu que ça devient trop précis, j'arrête tout!

Julie GravelR a dit...

Eh bien, moi dont le roman comporte quand même quelques éléments "clés" et dont le récit est bâti en fonction que le lecteur les découvre pas à pas, j'ai trouvé très malheureux les journalistes qui ont dévoilé ces "punchs", tout de go.

Mais bon. Je n'y pouvais rien et on ne lève jamais le nez sur une critique... Toute visibilité étant (semble-t-il) bonne à prendre.

Cependant, la quatrième de couverture, elle, laissait place au mystère.