samedi 12 septembre 2009

Service à domicile



Non, ce n’est pas le titre d’un roman ! C’est l’expression qui me vient quand je nous vois Marc et moi avec notre sac de Miam miam fléau dédicacés, allant les porter aux personnes qui les attendent. C’est bien de notre faute un peu, le manque de temps pour dédicacer la journée du lancement fait en sorte qu’il y a des personnes qui les attendent encore. Mais la mission est agréable, on ne se plaint pas.

Il y a quelque chose de rigolo quand même, d’aller acheter des albums pour ensuite les vendre. Pour faciliter la vie de chacun mais surtout pour la dédicace. C’est puissant la dédicace, en tout cas, je vais oser le dire, celle que Marc offre. Prenez par exemple la mère de nos voisins « amis », en séjour au Québec pour cinq semaines, elle a commencé par commander trois albums. Quand elle a vu les dédicaces, elle en a commandé cinq autres, ces cadeaux personnalisés pour chaque membre de la famille étant réglés. Elle a même envoyé un courriel avec des spécifications pour chaque destinataire. Un défi pour l’auteur mais dont il s’acquitte avec le sourire. Il n’aime pas la routine, ennemi no 1 de l’inventivité.

Les commandes continuent de rentrer pour ce service personnalisé : pour l'anniversaire du cousin de la mère d’une amie, pour un amateur de bédé, pour un jeune homme de 11 ans. Celui-ci a pris à cœur de nous transmettre son commentaire après avoir entendu Marc souffrir du manque de réactions. Ce fameux silence d'autant plus contrastant quand il suit tant de mots d’encouragement la journée du lancement. Son commentaire : "Il l'a lu deux fois, a bien rigolé, les monstres sont « crampants » et le roi bien drôle". Nous adorons les commentaires des enfants. Ils sont directs, font rarement de comparaison, et la formulation n’a pas d’importance, c’est le fond qui compte. J’aime les allures naturelles que ça confère à la lecture, un air de quotidienneté.

Comme en ce moment, je suis à vous écrire pendant que Marc est à dédicacer pour des rédacteurs de La Recrue que nous rencontrons dans quelques heures : Jules, Lucie, Catherine, Phil, Julie Gravel-Richard. Cette dernière s’est retirée de La Recrue dernièrement mais qu’importe, elle est encore plongée dans le milieu littéraire. Et puis, nous l’aimons !

Je voulais aussi porter à votre attention, au cas où vous ne l’auriez pas encore réalisé ; la section littéraire dans La Presse paraît maintenant le vendredi. Miam miam fléau y a reçu sa première critique consistante. Comme elle est concise, je vous la transcrit, même pas besoin de cliquer ... service à domicile !

Du bon manger - collaboration spéciale : Aleksi K. Lepage
A-t-on déjà vanté ici les nobles mérites de La Pastèque? Juste au moins 144 fois... Cette maison produit depuis des années, entre autres choses, certains des plus beaux albums de bandes dessinées fabriquées ici.

Ce Miam Miam Fléau est, visuellement, un objet magnifique, et l'auteur Marsi (alias Marc Simard, venu du monde de l'animation, qui se la joue un peu Hergé pour le pseudonyme) aura raison de s'en enorgueillir.

Comment raconter les prémisses et les fins insolubles de cette histoire abracadabrante, laquelle mélange sans complexe autofiction, science-fiction, chronique sur l'air du temps, fable et conte fantastique?

Il y a du Lovecraft, du Fred et du manga dans cette bédé étrange, indescriptible, aux dessins fabuleux, au scénario vaporeux.

Mais Marsi est un artiste véritable, qui respecte les codes de la bédé traditionnelle (personnages aux traits rudimentaires, facilement reconnaissables, phylactères classiques, dessin minimaliste, mais d'une grande élégance.) Très beau travail de la part d'un auteur qui connaît la technique.

10 commentaires:

Beo a dit...

Plus personnalisé comme service tu meurs!

Bravo à vous deux pour cette initiative qui doit vous prendre bien du temps et de l'énergie quoiqu'agréable.

Bravo à vous deux et bravo à Marsi pour cette excellente critique.

PG Luneau a dit...

Ma chère Venise, il faudra dire à Marsi qu'il se prépare une petite signature de visite, ou une petite tête de perso sur une carte d'affaire ou sur un bout de papier car, s'il vient en classe, c'est sûr que j'ai 23 petites frimousses qui lui demanderont une autographe... et malheureusement sans acheter directement la BD (car, comme tu peux t'en douter, on ne peut rien vendre aux jeunes à l'école!!). Si Marsi passe 15 minutes par élève, il en a pour plus de 5 heures!!! Et mon but n'est pas de montrer à mes élèves un dessinateur à l'oeuvre pendant 5 heures, mais de leur permettre d'interroger un dessinateur sur son métier, et de l'entendre parler de sa passion. Si, après la présentation de 30 ou 60 minutes, Marsi se ramasse à devoir passer 5 heures dans un coin, à gribouiller (et, sans le vouloir, à servir d'agent de distraction pour mes élèves!), on ne sera pas sortie du bois!
Peut-être devra-t-il trouver un dessin, rapide à exécuter, et se résigner à faire à peu près le même pour tout le monde? Ainsi, il pourrait produire ses 23 dédicaces... durant le 15 minutes de la récré?!?! Méchant défi, pour lui, non? On s'en parle!

s.gordon a dit...

Je lève mon verre à Marsi!

Et à propos des dédicaces... je me demandais : sont-elles spontanées, ou préparées un peu d'avance?

Je dis ça parce que je me demandais vous voyez. J'en ai eu une, une fois, et j'ose espérer qu'elle fût instinctive. Instinctuelle même. Je dis ça d'même.

Venise a dit...

@ Béo : Comme ça, tu penses que l'on ne devrait pas aller plus loin que ça dans la personnalisation ? C'est que l'on ne voudrait pas mourir, nous !!! ;-)

Oui, ça prend du temps et de l'énergie mais quand à avoir mis 2 ans et demi sur un projet ...

Venise a dit...

@ PG Luneau : Il travaille fort de la tête présentement afin de moins travailler des doigts lors de cette visite en classe. Il va y arriver. Ensuite, il va probablement caser l'événement dans une exception, à ne pas refaire dans un autre contexte.

Qu'est-ce que tu veux, donner le meilleur de son meilleur est son défaut le plus grand en tant que illustrateur de son état d'être !

Venise a dit...

@ s.gordon : Sur place, par exemple au lancement, elles étaient entièrement spontanées. Il ne prépare même pas quelques schémas à l'avance. Chaque bédéiste aurait sa manière mais j'ose croire que lorsque le courant passe, un bon dessinateur, donc un dessinateur sensible saute sur l'occasion pour créer.

Fais confiance à ce que tu sens :-), c'est un trésor à bien soigner ce que l'on sent de l'intérieur.

Jules a dit...

À deux vous changerez le monde! La preuve, c'est que c'est bien la première fois que j'ai hâte de lire une BD!! Contente de vous avoir revus...

Venise a dit...

@ Jules : C'est vrai que des lecteurs, ça se gagne un à un. Il y a la lecture avec sa tête, et parfois lire avec son coeur. En tout cas, nous y mettons le nôtre en entier et quand nous entendons que tu as hâte de la lire, ça nous en donne une petite chaleur !

Malgré que l'on aie toujours l'impression de ne pas dire le quart de ce que l'on voudrait, nous avons beaucoup apprécié de te revoir et vous (2) voir.

Karine:) a dit...

Je ne l'ai pas encore trouvée... mais je vais le faire, c'est certain! Et je la garderai en réserve pour me la faire dédicacer un jour!!

Venise a dit...

@ Karine : Une question comme ça, quand tu dis que tu ne l'as pas encore trouvée, tu veux dire à la librairie près de chez toi ?

Et pour la dédicace, nous serons aux Salons de Montréal et de Québec ... Québec ? Un peu loin dans les dates. J'espère que l'on se verra avant !