samedi 15 mai 2010

J'écris parce que je chante mal - Daniel Rondeau

Vous êtes gâtés, vous avez huit autres avis à La Recrue (eh oui, déjà le 15 du mois !). Ne vous fiez surtout pas au mien seulement. Quand c'est une Recrue, je situe moins, en comptant que nous sommes plusieurs à le faire. Ce recueil de nouvelles où des micros côtoient des longues est captivant. J'en ai admiré l'intelligence, ne serait-ce que pour la pluralité des sens. Un condensé d'essence de mots, juste, précis, pas un n'est superflu.

Comme l’auteur tient un blogue, je m'attendais à des chroniques. J'ai eu une certaine difficulté à me situer au départ. Vous savez, cette manie que l’on a tous (ou presque tous) de vouloir situer, caser, étiqueter ... peut-être pour être sûr de bien comprendre ?

J’ai fait un premier essai de lecture à voix haute, mon conjoint était curieux. Faut dire que le titre est amusant, le livre attirant pour l’œil, tout pour plaire. Mais, après une quarantaine de pages, Marc n’embarquait pas vraiment.

J’ai abandonné ma lecture et un mois plus tard, j’ai repris du début et cette fois suis entré en contact avec l’homme qui me chantait ses maux. Il se fait mieux entendre sans voix. Ses lignes, ses textes, ses histoires prennent plusieurs sens. Ici, on ne voyage pas à sens unique. Ça donne l’occasion de jongler, échappant des idées, les relançant, les laissant tomber ou les ramassant pour rejouer. On peut glisser en surface ou plonger un peu plus profond, j’aime quand un auteur m’offre ce choix.

Des textes longs suivent des courts, des forts suivent des faibles, il m’est arrivé d’aimer les textes courts, les mots alignés sous tension, mais en général, j’ai préféré les longs. Daniel Rondeau donne le goût d’entrer dans un univers pour s’y laisser vivre un moment. Cette chose importante étant dite, j’ai réalisé qu’il y a un bon et un mauvais côté à chevaucher des hauts et des bas, on vit de l’insécurité. Cette instabilité dérange une navigation calme, ces soubresauts m'ont dérangés. J’aurais aimé m’abandonner !

Voilà pourquoi j’ai hâte que cet auteur nous écrive un roman au long souffle. En attendant, je sais ce que je vais faire ; aiguiser ma conscience pour être en mesure d’en saisir toutes les subtilités.

6 commentaires:

Kikine a dit...

Je suis le blog de Daniel Rondeau depuis un peu plus d'un an et je savourais ces billets au fur et à mesure de leur diffusion. J'imagine que cela doit être un beau recueil dont la lecture peut être faite en piochant par ci par là quelques réflexions...
Je me laisserai volontiers tenter la prochaine fois que j'irai chez Monet :)

PG Luneau a dit...

Intrigant, ce livre... La critique qu'en a faite Maxime (Jobin) m'a aussi titillé. Il en donne plusieurs extraits que j'ai assez appréciés...

Arsenul a dit...

Effectivement, la couverture, le titre, la couleur tout est là pour intéresser! C,est bien la facture, mais encore faut-il que le contenu plaise. Tu incites Venise!

Venise a dit...

C'est une bonne idée Kikine puisque tu auras le plaisir de constater un important travail de direction littéraire. En effet, Éric Simard et Daniel Rondeau ont travaillé fort pour perfectionner ces écrits et en faire ressortir tout le suc.

Ça se voit, ça se sent, c'est réussi !

Venise a dit...

Avec les 8 autres opinions à La Recrue, il y a de quoi se donner une bonne idée. De toutes manières, je te prête si tu veux. Les vacances s'en viennent ...

Venise a dit...

Arsenul : Ne sous-estimons pas l'aspect d'un livre, c'est le fun quand c'est un bel objet, agréable à tenir. Et comme c'est 60 nouvelles, les micros côtoyant les macros, on y trouve son compte. Un livre à déguster par petites cases (hi hi !), tu ne viendras pas dire que je ne sais pas comment prendre les amateurs de bandes dessinées !!