lundi 10 mai 2010

La promeneuse du Cap - Louise Portal

J’ai osé commencer par le deuxième, quitte à revenir à « Cap-au-Renard », le premier. Je ne crois pas que ce fut une bonne idée. Il m’a certainement manqué son départ de vie pour m’attacher à Murielle, cette femme meurtrie d’une soixantaine d’années. La magie de la rencontre n’a pas opérée chez moi, malgré un attachement indéniable aux lieux qu’elle parcourt, contemple, observe, la fameuse côte gaspésienne.

Cette femme est à unifier son passé à son présent pour compléter une guérison déjà bien amorcée. Nous sommes conviés à la suivre dans son pèlerinage d’exploratrice d’émotions qui décollent du fond de son être, dans le but d’un jour mieux accueillir son avenir. S’infiltre du silence entre les mots, tellement il y a de recueillement dans les observations qui nous sont rendues un peu à la manière d’un journal tenu par une femme portée sur la contemplation. En tout cas, c’est furieusement tranquille ! Peut-être n’étais-je pas d’humeur à envisager une si importante quiétude d’esprit, j’y ai presque trouvé de la langueur à certains moments.

Plusieurs personnages croisent Murielle, ou ressurgissent de son passé. Par exemple, un couple très beau chez qui elle séjourne quelque temps. La relation entre les deux êtres est exquise, malgré le cancer avancé de l’un, une relation parfaitement harmonieuse. Trop parfaite peut-être ? J’ai presque l’air d’insinuer que les gens heureux n’ont pas d’histoire ...et pourtant, je ne crois pas cela.

Murielle porte en elle un passé infernal, des souvenirs tragiques. Pourtant, dès les premières lignes, au niveau émotionnel, j’ai eu la sensation que tout était déjà réglé, qu’il ne s’agissait plus que de finaliser la guérison en posant des gestes un après l’autre.

Ce récit m’est apparu comme la thérapie de Murielle rendue à la manière d’un journal intime, une conclusion détaillée du premier tome, probablement intéressant pour ceux qui ont lu (ce qui n’est pas mon cas, je le répète) et aimé Cap-au-Renard. J’ai cependant apprécié la visite de lieux que je connais bien, de reconnaître par exemple « Café Couleurs » à Barachois m’a apporté une belle émotion, d’autant plus que j’ai lu la principale partie du roman en Gaspésie. Une manière de faire une tournée de la Gaspésie, puisque Murielle s’y déplace allègrement, et sans la fatigue du voyage !

La promeneuse du Cap de Louise Portal (site officiel) - Éditions Hurtubise, 176 pages.

2 commentaires:

Suzanne a dit...

J'ai lu, à sa sortie, Cap-au-Renard. Comme il y a un bout, j'ai peu de souvenirs. Alors je veux le relire avant de poursuivre avec La Promeneuse du Cap.

Venise a dit...

Ah que je reconnais là ta sagesse ! J'aurais dû, j'aurais donc dû :-)