samedi 7 août 2010

Spontanéité en feu ...

ou Clémence Desrochers aux Correspondances d'Eastman.
Marsi et moi, et quelques amis, nous considérons privilégiés d’avoir assisté à cette prestation de Clémence Desrochers dans le cadre des Correspondances. Un moment unique dans le sens de hautement original, et aussi dans le sens qu’on ne peut pas reproduire.

Danièle Bombardier, assise sur scène, nous introduit celle qui est sa bonne amie de toujours, Clémence Desrochers. Cette Clémence arrive droite, petite soldate dans sa tunique blanche, fonce vers nous, nous parle comme si on était tous ensemble dans un grand salon, nous interpelle, fanfaronne, improvise. C’est joli de la voir s’étonner de nous étonner, à chaque détour d'improvisations, elle surprend son amie, Danielle qui rit sous cape ou en éclat. Clémence est un ressort qui rebondit, on ne sait jamais d’où il part, et où il va atterrir.

Danièle Bombardier est déjà une animatrice d’expérience qui sait donner liberté et latitude à ses invités mais quand ils sont ses amis, c’est encore plus vrai. Elle a encadré Clémence, tout en lui laissant la scène. Clémence, que je soupçonne avoir été ce soir-là dans une forme particulièrement inspirée, allait au gré de son inspiration, et de sa mémoire. Se souvenant d’un poème, d’un bout de chanson, de monologue, elle s’y jetait. Et si le fil de la mémoire venait à casser, l’ambiance restait amusante puisque, telle la funambule du mot qu’elle est, elle se rattrapait d’une entourloupette. Et bien sûr, la présence presque tendre de Danièle Bombardier, toujours là, pour relancer la verve de Clémence.

Le charme de cette femme qui a cinquante années de métier dans le corps est de savoir rigoler d’elle-même autant que des autres. Nous dégustions sa dérision aigre-douce par ruisseau de rires. Cette impitoyable moqueuse sait s’acoquiner son monde et nous amène dans ses univers avec la complicité d'une coquine. Elle possède l’art de s’adresser au public, d’égal à égal, avec cœur et franchise. Quand quelque chose la dérange, elle le dit. La rangée vide en avant l’a dérangeait, elle l’a déclaré haut et fort, également mis le holà aux flashs des appareils photo pendant un monologue.

C’est la personne que j’ai vu ajouter le plus de parenthèses au monde ! Elle en ouvre tant, et qui surclassent le texte, qu’elle finit bien sûr par perdre son fil à tisser, s’empare vite d’un autre, et avec l’habileté d’une grande fileuse, nous brode des histoires. Sa spontanéité se vit à vif, l’abandon est sa trame de fond. Un spectacle d'une fraîcheur qui nous a rajeuni tous, tout en nous émouvant. Tout le monde est sorti de là, de la chaleur dans le coeur et la spontanéité à vif, parce que oui, Clémence, elle est contagieuse.

Et quand je pense qu’elle se demande encore qu’est-ce qu’on peut bien lui trouver à sortir ainsi du confort de notre foyer pour aller la voir au Théâtre La Marjolaine !

Je rajoute un lien d'importance, ClaudeL, qui est venue aux Correspondances, j'adore la suivre, pour son regard observateur ... de l'extérieur.

15 commentaires:

PG Luneau a dit...

Qu'est-ce que j'aurais aimé assister à cette prestation!! J'ai au moins le petit plaisir de l'avoir vu passer en voiture à un mètre de moi, sur le chemin menant au théâtre!! Merci pour ce superbe compte-rendu, très inspiré.

Françoise a dit...

Bonjour,
je découvre ton blog . Ce que j'aimerai avoir près de chez moi un café une terrasse où on se rencontrerait aussi pour parler d'un voire deux livre lus.C'est pourquoi je me plonge dans le tien pour te lire .Allez j'y retourne .
Bonne journée.

Ginette a dit...

Vous m'épatez!

Comment arrivez-vous si tard en soirée à écrire un billet aussi intéressant?

Andrée P. a dit...

Merci Venise, de ce compte-rendu qui semble, ma foi, aussi passionnée que l'ardente Clémence. Tu nous donnes l'impression d'y être!
Andrée

Beo a dit...

Et toi Venise, tu nous communique très bien cette folle énergie dont Clémence a le secret!

Venise a dit...

Un gros, gros MERCI à vous qui me suivez et même me complimentez. Vous me donnez des ailes !

Je vole ... je vole ... mais ne m'envole point, soyez en sûr, je vous reviendrai avec chacun de mes compte-rendus de Cafés et spectacles, en différé, voilà tout.

Ce soir, j'espère trouver du temps qui traine en quelque part, et au moins couvrir 2 événements ! (je vole et je rêve !)

Suzanne a dit...

Ah merci Venise pour ce très beau billet sur Clémence. Une très grande dame.

Venise a dit...

Contente de savoir que vous appréciez, merci beaucoup.

Aujourd'hui, mon objectif est de rédiger deux billets. Comme l'an passé, ma démarche rédactrice est en différé mais comme, les écrits restent. Surtout dans le web, ils se cherchent, se trouvent, et restent, je me sens donc à peine en retard puisque tout est au présent dans le web.

Julie GravelR a dit...

J'ai raconté cette expérience à ma mère, grande fan de Clémence depuis longtemps... et elle nous envie d'avoir pu la voir dans cette ambiance intimiste. Quelle pétillance, quel esprit, que notre Clémence! Et quelle sensibilité, surtout.

anne des ocreries a dit...

est-ce qu'il y a des extraits de ses spectacles sur le web ? histoire que j'aille voir ce que j'ai manqué....:)

RAINETTE a dit...

Je les aime tellement "Nos" femmes, Clémence, Denise Bombardier, etc.

Venise a dit...

Julie : Je suis pas loin de penser que nous avons été privilégiés. C'est que cette pétulante dame ne refait jamais deux fois le même spectacle.

Encore meilleurs sont mes souvenirs d'avoir pu les partager avec vous.

Venise a dit...

Anne : Y a pas d'extraits sur le web à ce que je sache. Pas encore. Ça se fait dans l'intimité d'une montagne ... pour le moment !

Venise a dit...

Rainette : Je veux bien pour Clémence. Quand tu dis Denise Bombarbier, tu ne voudrais pas dire, par hasard, Danièle Bombardier, sa soeur, animatrice et amie des Correspondances ;-)

amicalsupport a dit...

Quand je pense que j'ai manqué ça. Je n'ai jamais vu Clémence en spectacle, et je commence à me dire que j'ai du temps à rattraper (j'ai déjà écrit que j'avais laissé les livres; peut-être pour faire la place à des prestataires tels que Clémence, et d'autres). Quand je dis que Venise c'est ma bonne étoile!