lundi 18 juillet 2011

Carnets d'une désobéissante - Geneviève St-Germain

Cette journaliste et animatrice a l’habitude des présentations. Elle se présente donc dans son prologue, et tellement justement, que je lui laisse la parole. Ces carnets (sont) un peu comme des pages arrachées à un journal intime ... Je n’essaie pas de couvrir les faux pas, les erreurs, ni les moments d’errance [...] sans autre certitude que celle que la vérité libère et que le mensonge enchaîne.

Je n’avais pas l’intention d’acheter ce livre, même si j’avais trouvé Geneviève St-Germain particulièrement intéressante quand elle est passé à Tout le monde en parle. L’occasion fait le larron, je suis passé devant son stand au Salon du livre de Montréal, je l’ai vue disponible, j’ai suivi mes pas qui m’ont menée droit devant elle.

J’ai été frappée par notre bref échange, non tant par les mots que par la prise de contact direct que j’ai eu avec elle, sans le filtre d’un égo confondu à son rôle de chroniqueuse, animatrice ou journaliste. Avant tous ces rôles, elle est l’être humain.

Maintenant que j’ai lu ses carnets, je m’explique mieux la qualité de ce contact. Du vécu a passé son égo à la moulinette des expériences, dont celle d’une dépression, que je qualifierai de majeure, surtout pour la charge importante des prises de conscience qui l’ont suivie. Bien avant ce neuvième chapitre « Une longue nuit noire de l’âme » qui en traite sans un soupçon de victimisation, il y a une quantité de matière hautement humaine intelligemment classée sous treize chapitres. Cette matière est assez inflammable, venant d'un être chargé d’un tel désir de vivre dans le vrai à chaque seconde de sa vie, et même en relation avec les autres ! Elle pouvait difficilement échapper à cette halte nécessaire (la dépression) pour réfléchir sa vie dans le miroir du temps. J’ose rajouter, et surtout quand tu es une femme avec du caractère si facilement confondu avec "mauvais caractère" aux yeux de certains.

Tous les sujets que Geneviève St-Germain aborde sont traités comme si elle allait mourir demain. Entendons-nous, ce n’est pas du tout le cas, dieu l’en garde. Ce que je veux signifier par là est que le récit s’avance sans pudeur, sans peur de heurter la pensée convenue, comme si elle n'avait rien à perdre. Ce qui donne force à son récit. Par exemple, quand elle aborde le chapitre de « La boite à grimaces », traitant du milieu des médias qu’elle a bien connu avant sa dépression, elle ne ménage personne (sans nom, ce n'est pas de la vengeance !)

Cette animatrice au caractère intensément intègre a appris au fil du temps, et ce sont de leçons de la vie dont elle nous entretient avec une telle franchise que c’en est désarmant. Ses réflexions vivantes sont ancrées dans la terre d’une réalité particulièrement féminine, ce qui en fait le livre idéal à donner en lecture à un groupe pour en discuter par la suite. Je suis certaine que cette discussion serait entrainante, pour ne pas dire enflammée ! Pour ceux et celles qui préfèrent approfondir en solitaire, ils seront bien servis et peut-être même, devront-ils le lire plus d’une fois.

Je termine sur l’exergue placé en avant-propos qui, à mon avis, cible ce récit en plein dans le mil : « Si vous ne dites pas la vérité à propos de vous-même, vous ne pouvez pas la dire à propos des autres » Virginia Woolf, Lettre à Leonard Woolf

16 commentaires:

anne des ocreries a dit...

« Si vous ne dites pas la vérité à propos de vous-même, vous ne pouvez pas la dire à propos des autres » ----> et pan ! ça c'est envoyé ! et pour arriver à se la dire, faut fracasser pas mal de barrages internes, et parfois même, soi-même. Voilà quelqu'un que je lirais très volontiers, c'est sûr !

Suzanne a dit...

De prime abord, je n'aurais pas été tentée par cette lecture mais tu m'as convaincue chère Venise.

PG Luneau a dit...

J'aime beaucoup cette Geneviève Saint-Germain. Je suis sûr que si j'avais à travailler avec elle, un jour, on se prendrait les cheveux et elle me ferait tourner en bourrique plus souvent qu'à mon tour... mais elle me semble humaine et tellement sincère que je la respecterais quand même. J'ai aussi aimé son passage à TLMEP, où elle m'a semblé pas mal plus paisible que quand elle animait Deux filles le matin. Je conçois bien l'attirance qui t'a poussée à marcher vers elle, au Salon du livre, et celle qui t'a amenée, après discussion avec elle, à te procurer son livre. C'est vrai qu'elle a l'air vrai!! Je l'apprécie beaucoup, finalement!

Suzan a dit...

J'aime cette dame et j'attends juste de recevoir son bouquin et un peu de temps pour le lire à mon tour.

RAINETTE a dit...

moi je dis comme Nina


Plus sérieusement, voilà un livre que j'aimerais lire. Pour moi G. St-Germain est une féministe, une femme très moderne, de qui on a beaucoup à apprendre.

Si je trouve assez de volonté pour moins être sur Internet et lire comme avant, c'est un livre que je lirai !

J'ai bien aimé ton billet Venise

Venise a dit...

Anne : Je gagerais deux becs sur la joue qu'un jour tu le liras.

Venise a dit...

Suzanne : Eh bien ça alors, vous venez de me donner 100 piasses de content-ement !

Venise a dit...

Pierre-Greg ... Et elle te respecterait tellement qu'elle te demanderait directement, sans complexe et sans ambages, qu'est-ce qui te fait tourner en bourrique. Et vous auriez des conversations honnêtes qui vous feraient évoluer tous les deux. On a toujours intérêt à fréquenter des personnes vraies !

Venise a dit...

Eh bien, Rainette, vite une panne de l'Internet ;-)que tu t'installes sur une feuille de nénuphar (hamac) au-dessus d'un étang d'eau (piscine) et vlan, lis-le d'une feuille à l'autre, et re-vlan, 2 heures à peine d'envolées et des années de sagesse gagnées ... pour bondir et rebondir plus haut !

Venise a dit...

Rainette : Tu me fais un vrai plaisir quand tu viens bondir jusqu'ici :-)

RAINETTE a dit...

Merci ma petite sauterelle ! Mais avec Google+ en plus de tout, faudra que je fasse des choix éclairés : les blogues et les livres. Et un peu de FB. ET....bon assez.

helenablue a dit...

Voilà tout à fait un livre qui m'attire et la manière dont tu en parles m'a convaincue. Dire la vérité à propos de soi-même, toute une gageure!
Je vais me le programmer dans ma pile à lire.

Venise a dit...

helenablue : Tu sais et sens bien ce qui te conviens, ton flair ne te trompe pas. Je mettrais bien une cane de sirop d'érable en jeu pour ma gageure que tu vas en retirer quelque chose de potable à long terme.

Arsenul a dit...

Bien que ce livre ne m'intéresse pas du tout, mais alors là vraiment pas du tout, je trouve que tu le rends bien. J'espère que l'auteure pourrait lire ton billet, elle serait flattée d'un portrait si humain de ta part. J'aime particulièrement le 3 ou 4 Paragraphe (zut, je ne peux retourner sur la page) Mais bon celui où tu commences à donner ton opinion, c'est très senti. Bon billet!

Anonyme a dit...

Merci,
votre livre est très beau et enfin compréhensible aux âmes sensibles. Je vous trouve généreuse et courageuse d'avoir fait ce livre. Je l'ai lu sans efforts. Je lis très peu et votre livre est vraiment humain,tellement bien écris. J'espère que vous en ferai un autre car cela m'aide à reprendre la lecture et à comprendre les autres et moi-même. Une activité que je fesais de moins en moins.

Marie

Anonyme a dit...

vrai...
boulversant...
dérangeant...
merci de mettre sur la dépression
desmots significatifs et juste
pour les femmes moins habile pour le faire que j'aime cette femme !
merci Geneviève j'ai 70 ans et
j'ai passé par là
(la renommée en moins )Clairedou.