jeudi 4 août 2011

Relation père-fils au premier Café des Correspondances d'Eastman

Je reviens du Café littéraire avec les deux David, Gilmour et Homel devant une foule très rieuse, et essentiellement féminine (environ 97% !). Ces écrivains ont abordé la relation père-fils dans leur livre respectif L’école des films et Le Droit chemin.

David Gilmour, à près de 50 ans, perd l’emploi qu’il occupait depuis 18 ans, le jour où son fils de 15 ans refuse catégoriquement d’aller à l’école. Il lui propose le pacte de regarder 3 films par semaine pendant deux ans avec l’entente d’échanger après. C’est ainsi qu’il a appris à connaître l’étranger qu’était son fils et, du coup, comprendre que ne pas aimer l’école n’est pas une maladie.

Faut dire que pour dans le cas de Gilmour, son père est resté un étranger jusqu’à sa mort. Il ne voulait surtout pas reproduire ce modèle. Malgré son vif désir de se rapprocher de son fils, il a tenu à jouer un rôle de père, pas celui d’ami.

C’est le fils qui a donné l’idée à son père d’écrire ce livre. Par contre, il a déchanté en lisant le récit de leur relation. Il appréhendait qu’on le perçoive comme un faible, un raté, et même un cancre. Le père a alors fait l’entente de lui remettre 15% des droits d’auteur. S’il avait prévu que le montant devienne aussi consistant, il ne l’aurait pas fait. Il est convaincu que ce n’est pas bénéfique pour un jeune de dépenser de l’argent qu’il n’a pas gagné, pour l’escalade du plaisir que ça veut enclencher.

Le fils a maintenant 25 ans et a décidé de devenir écrivain. Sa fille a 33 ans, et malgré de longues études vient de décider d’exercer le métier d’écrivaine. Le père aurait aimé leur éviter une telle souffrance ! L’écrivain exerce, selon lui, un métier qu’il traite de dangereux : risquer deux ans d’efforts sans assurance d’en cueillir les fruits. Une vie d’instabilité.

L’inscription « roman » sur la couverture, au lieu de récit, est une erreur. Perrine Leblanc, qui était dans l’assistance, et faisait alors partie du comité d’édition a déclaré que le texte a été traité comme un récit.

Il a été le premier surpris, par exemple quand la Russie ou l’Allemagne, l’ont appelé pour des droits de traduction. Il ne s’explique pas encore un tel succès.

Pour David Homel (photo ci-contre - parlant au micro), le titre Le Droit chemin a été proposé par la maison d’édition, peut-être une personne catholique, mais quoiqu’il en soit, il l’aime parce qu’il marche !

Son roman est autobiographique mais pas autant que celui de Gilmour. À la question pourquoi le sujet père-fils, il nous a abondamment parlé de Montréal, ville qu’il habite, pour finalement conclure qu’il n’y a rien à en dire ! Parce que pour écrire un roman, il faut un conflit, et qu’à Montréal, il n’y en a pas. Si j’ai bien compris, c’est son face à face de fils de 50 ans avec son père de 85 ans, devenu caractériel, c'est-à-dire têtu au-delà du raisonnable, qui est le déclencheur. Son père est devenu à sa portée, confiné par son état. Dans les relations père-fils existent une rivalité (il a employé le mot « concurrence), par exemple qui est le plus populaire auprès des femmes (Don Juan). Il a voulu se distinguer de ce « jeu » compétitif en écrivant sur le sujet. « Sortir son père de la retraite des ombres pour jouer avec lui » est une phrase que j’ai saisie au vol.

Il a révélé que dans la maison paternelle, il y avait une absence de vocabulaire pour parler d’amour. Mais, depuis la mort de son père en 2000, ce langage chez sa mère se développe. Pourquoi c'est seulement maintenant que sa mère entre en possession de ses émotions ?

Danielle Laurin a fait allusion à une phrase romantique placée à la fin du roman, que c’est avec sa femme que finalement, il souhaite vivre toutes ses aventures. Il a réagit vivement, obstinant l’emplacement où se trouvait cette déclaration, plutôt à la page 84. Il a parlé d’une blague souvent faite entre écrivains « Bon, à quelle page on va placer la scène d’amour ? », sous-entendu qu’il faut absolument de ces scènes pour les femmes.

Mes impressions
Donc, on a deux relations père-fils d’hommes de 50 ans. Un est le père de 50 ans et, d’une certaine manière, confine son fils à vivre une relation intense avec lui. L’autre est le fils de 50 ans et confine son père à vivre une relation intense avec lui. Les deux en ont fait un livre important pour eux. Je crois que nous sommes avides d’entendre parler des relations pères-fils, ça fait changement des relations mères-filles.

Le fait que le français n’est pas leur langue maternelle a rendu un peu ardue la compréhension de certaines complexités. La chaleur sur la scène, littéralement le soleil qui plombait sur leur dos, les a incommodés peut-être assez pour parfois chercher les mots justes ou leurs émotions. Je parle particulièrement de David Homel que j'ai eu de la difficulté à suivre dans ses réponses faites à l'animatrice.

4 commentaires:

PG Luneau a dit...

Vraiment intéressant, ce monsieur Gilmour! Son livre me tente bien!

ClaudeL a dit...

Ah! que tu es bonne pour écrire des comptes-rendus, j'y étais presque. Et il était temps que j'apprenne que la Danielle Laurin, journaliste, n'est pas la Danielle Laurin, comédienne, fille de Denise Filiatrault. Me semblait aussi.

Bizarre, je lis présentement HKPQ de Michèle Plomer entendue l'an dernier, à pareille date.

anne des ocreries a dit...

et lequel de ces livres pourrais-je faire lire à celui de mes frères encore en vie, quinquagénaire ? il n'a eu que des filles.....celui de David Homel, peut-être, serait plus adapté ?

Quel dommage que notre père ne soit plus des nôtres....je lui aurait fait lire ce (ces ?) livres, et je me demande ce qu'il en aurait dit....mais c'était un "taiseux", mon père. Il lisait, refermait le livre avec un "ouais...", et à nos questions nous disait "bah, c'que tu veux qu'j'en dise...c'est un livre...." - *soupir* ! :)

Anonyme a dit...

Ici Pierrot,
un "Rêveur équitable" du Québec

magnifique article sur la colloque relation père-fils
merci :)))))))

Dans le cadre du vagabondage poétique
d'un "Rêveur équitable"
blogues-musée pertinents mais aléatoires
pour mon oeuvre littéraire
pertinente mais aléatoire,

permettez-moi
de vous offrir
une de mes chansons

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MONTE-ME VOIR MON GARS

COUPLET 1

tu m’dis qu’l'économie va mal
mais qu’tu tiens l’coup à Montréal

qu’ça vaut pas la peine d’en parler
qu’ça va aller mieux à fin d’l'année

au téléphone juste par le ton d’ta voix
je l’sais qu’t'as perdu ton emploi


REFRAIN

un beau soir
monte me voir
ton vieux père a encore son poêle à bois
le vieux shack du temps ou t’étais p’tit gars
ou ça prenait juste un bon feu
pour être heureux nous deux
monte me voir mon gars

mon gars... mon gars...
mon gars... mon gars...

COUPLET 2

comme nous deux on est pas parleux
j’ai tout écrit dans un refrain frileux

la prochaine fois qu’j'te téléphones
j’aurai mon texte entre mes mains p’tit homme

une couple de bières dans le gosier
au cas ou ça voudrait bloquer

COUPLET 3

hier chu tombé su l’répondeur
j’ai eu comme un très gros pincement au coeur

ta voix disait je suis parti
marcher toute la beauté de la vie

j’espère que ça pas trop paru
les 7-8 bières que j’avais bues

REFRAIN FINAL

monte me voir
monte à soir, si tu peux, à soir
ton vieux père a lavé le poêle à bois
y a pu d’poussière dans le shack du p’tit gars
j’ai même préparé un bon feu
pour être heureux nous deux
monte à soir mon gars

mon gars... mon gars...
mon gars... mon gars...

ton vieux pére
avait écrit
su l'bout d'papier
c'te belle phrase-là

mon coeur me dit
d'te dire que j't'aime
mon grand gars

Pierrot
vagabond céleste


www.enracontantpierrot.blogspot.com
www.reveursequitables.com

sur google,
Simon Gauthier, conteur, video vagabond celeste

www.demers.qc.ca
chansons de pierrot
paroles et musique

Pierrot
"Rêveur équitable" du Québec

merci:)))