mardi 22 janvier 2013

Ne dites pas à ma mère que je suis vivant - Lyne Richard

L’histoire commence par l’éclatement d’une famille de quatre personnes ; parents, garçon et fille. La mère surprend le père et la fille en train de faire l’amour, les deux explicitement consentants. Le lecteur n’est pas seul à être sous le choc, la mère, incapable d’assimiler ce qu’elle vient de voir, perd instantanément la mémoire. J’ai apprécié que l’auteure ne se soit pas attardée sur le fait mais plutôt les conséquences sur le fils et la mère.

Dix années s’écoulent et nous reprenons le fil par les yeux de Thomas, le fils. Il a voulu en finir avec la vie et on le retrouve dans une clinique soignant les problèmes psychologiques, et pas n’importe quelle clinique ! Madame Lyne Richard s’est fait plaisir en nous présentant l’endroit idéal pour guérison de maux psychologiques. Cette clinique à l’Ile d’Orléans est entourée de beauté. Les arts, une nature splendide, de la liberté, et des psychiatres non conventionnels sont en place pour panser les blessures de l’esprit. Thomas et sa mère en bénéficient, la mère depuis 10 ans, le fils depuis peu. C’est le père qui défraie leurs soins.

L’histoire d’une infirmière de la clinique, Mathilde, se lit en parallèle de celle de Thomas. On entre dans l’intimité de la relation amoureuse de Mathilde et son conjoint. L’intense appétit des sens de la jeune femme est laissé en plan depuis des années avec son mari qui l’adore mais qui a une relation sexuelle mensuelle. C’est un pianiste, désincarné de ses besoins physiques et fermé aux besoins de son épouse. Celle-ci en souffre beaucoup et a accumulé tant de frustrations qu’elle lui en veut terriblement.

Nous suivrons les destins de Thomas et Mathilde et celui de la mère également. Ceux du père et de la sœur seront laissés à notre imagination. J’ai vu deux parties au roman, la première se déroule à la clinique où Thomas rode aux alentours de la demeure de Mathilde et l’autre partie en Gaspésie. Ce voyage dans la péninsule a pour but d’éclaircir un fait qui pourrait aider la guérison de sa mère.

Les prémisses, assez longues mais sans trop de longueurs, ne laissent pas présager la complexité à venir des intrigues. La persistance du lecteur est récompensée par un enchevêtrement de destins à démêler. En exagérant un peu, c’est presque de l’ordre du roman policier !

Comme je tiens à taire les intrigues, il n’est pas évident de communiquer mon appréciation. Je peux par contre révéler que le style aérien aux empreintes poétiques m’est apparu idéal pour magnifier la beauté sous toutes ses formes, et particulièrement la peinture. Madame Richard porte avec efficacité et distinction le thème majeur de cette œuvre : l’art guérit, même les âmes les plus chagrines. J’ai pas mal moins accroché à la souffrance de Mathilde et ses sens aux abois. Je n’ai pas beaucoup cru à son plaidoyer de victime du manque de désir de son mari. Les appétits peuvent différer d’une personne à l’autre et il me semble qu'en présence d'amour véritable, on peut arriver à un terrain d’entente. Lyne Richard désirait probablement encenser le plaisir des sens, et le rendre primordial, mais par cette histoire maladroite, le message n’est pas passé pour moi.

Une histoire riche où Lyne Richard nous fait plonger dans les eaux troubles des affres psychologiques, en nous ancrant suffisamment pour qu’on ne parte pas à la dérive. Et puis, cette clinique idéale, qui sait, elle existera peut-être un jour !

***
Une primeur, je vous envoie à la critique littéraire Danielle Laurin pour ce titre.  J’aurais pu prendre plusieurs de ses idées et les transposer ici en mes mots, puisque je les partageais. Je me suis bien sûr abstenue, puisqu’avant de la lire, je n’ai pas été capable de les verbaliser.

9 commentaires:

RAINETTE (l'énigmatique) a dit...

je ne sais pas si je le lirai. Il n'y a pas que le sexe dans la vie, il y a le biffe !

Sérieusement, ça me semble un peu terre à terre ce roman. Tu as fait une bonne critique, assez bonne pour savoir que cette histoire ne m'intéresse pas. Merci Venise.

anne des ocreries a dit...

Ouh, ça m'a l'air torturé ce truc là.....faut voir, mais si ça me faisait bâiller, je m’octroierai le droit de ne pas finir.....

Nomadesse a dit...

"Les appétits peuvent différer d’une personne à l’autre et il me semble qu'en présence d'amour véritable, on peut arriver à un terrain d’entente. Lyne Richard désirait probablement encenser le plaisir des sens, et le rendre primordial, mais par cette histoire maladroite, le message n’est pas passé pour moi."

Quelle belle description de l'amour Venise! Lire une de tes critiques n'est pas seulement une façon de connaitre un livre, mais aussi de te connaitre toi. Magnifique.

Venise a dit...

Rainette : C'est toujours apprécié de se faire dire que l'on a bien fait son travail. Merci !

Venise a dit...

Anne : Non, je ne pense pas que tu bâillerais. Ce style poétique n'est pas ennuyant du tout.

Venise a dit...

Nomadesse : C'est curieux, quand je lis une citation de moi, j'ai toujours l'impression que c'est quelqu'un d'autre qui l'a écrite !

Merci de tes beaux compliments, je les mets dans un sac aux trésors.

Danielle a dit...

De toute évidence, il n’y a pas que les appétits qui peuvent varier d’une personne à l’autre. Les impressions sur cet ouvrage qu’on pourrait presque qualifier de recueil aussi. D’abord recueil par sa constitution de personnages dont les émotions sont dépeintes dans une prose indéniablement poétique. Mais aussi recueil dans son sens le plus intrinsèque de recueillement, de méditation et de réflexion. On sent ici que l’auteure y a mis toute son âme et toutes ses convictions. Et s’il est certain que les êtres y sont terriblement torturés, ils sont également tout aussi dévorés par une soif de vivre qui les pousse irrésistiblement vers la lumière.

Pour ma part, j’ai beaucoup aimé et je trouverais dommage qu’on dédaigne ce livre sous le couvert de fausses impressions. On est très loin ici du terre-à-terre appréhendé par Rainette. En fait, si le mot « terre » doit être évoqué, c’est plutôt pour y plonger les doigts ou pour trouver une autre façon de décrire son fil conducteur à l’image d’un printemps vécu sous terre, d’où quelques plants apparemment moribonds jailliront bientôt comme des geysers à l’air libre.

Venise a dit...

Danielle : Ah, que j'aime le mot recueillement. Tu as mis le mot juste ! Tu défends très bien ce roman, et avec une belle plume en plus, ce que l'auteure mérite.

Tu fais bien de préciser à Rainette que ce n'est pas un roman terre-à-terre, loin de là d'ailleurs.

Ça me fait plaisir que tu aies aimé et je ne doute pas une seconde que ça va faire encore plus plaisir à l'auteure !

Anonyme a dit...

PEINE D'AMOUR A L'ÎLE D'ORLEANS


COUPLET 1

sur demers.qc.ca
y a mon roman
l’île de l’éternité
de l’instant présent

dans le prologue
t’as pris l’curseur
t’as descendu
jusque dans l’bas
du blog

à lire mes mots
t’as vécu un
immense
coup d’coeur

REFRAIN

t’es parti de l’Abitibi
moi de la rivière Moisy
y est 9h06
j’t’attend d’un édifice

j’espère que c’est l’bon terminus
j’ai hâte de voir ton autobus

aucune idée à quoi tu peux r’ssembler
aucune idée à quoi tu peux r’ssembler

COUPLET 2

sur un film
que deux tres
belles jeunes filles
tournent sur moé

les 4 saisons
de Pierrot
le vagabond

on est l’automne
on va r’tourner
dans la forêt
filmer où t’as dormi
dans l’même sleeping
que moé

à matin
l’ile d’Orléans
me fait mal par en dedans

COUPLET 3

42 milles
de choses tranquilles
disait Felix Leclerc
sur l’tour de l”Île

moi j’ai dormi toute la nuit
sur le ciment sur ma douleur
en arrière de la grosse cabane
ou l’on entend passionnément
la belle chanson du p’tit bonheur

c’est la ière fois
depuis un an et demie
que mes ampoules aux pieds
me font moins mal
que les battements d’mon coeur

tes 38 ans
on fait d’mes 60 ans
un fou d’l’île d’Orléans

REFRAIN FINAL

T’es partie de l’Abitibi
moi d’la rivière Moisy
y est 9h06
j’t’attend d’un édifice

j’espère que c’est l’bon terminus
j’ai hâte de voir ton autobus

aucune idée
comment j’va faire
pour t’oublier

aucne idée
comment j’va faire
pour t’oublier

Pierrot
vagabond céleste


Pierrot est l'auteur de l'Île de l'éternité de l'instant présent et des Chansons de Pierrot. Il fut cofondateur de la boîte à chanson Aux deux Pierrots. Il fut aussi l'un des tous premiers chansonniers du Saint-Vincent, dans le Vieux-Montréal. Pierre Rochette, poète, chansonnier et compositeur, est présentement sur la route, quelque part avec sa guitare, entre ici et ailleurs...

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Simon Gauthier conteur

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