dimanche 17 février 2013

La célibataire - India Desjardins & Magalie Foutrier

On m’a fait plaisir à Noël en me donnant la bande dessinée « La Célibataire », texte India Desjardins, dessin Magalie Foutrier. En fait, il me la fallait aussitôt que je l’ai tâtée à la librairie Raffin. Cet album exerçait (et exerce encore !) un attrait irrésistible sur moi par l'aspect extérieur : son format, sa couverture matelassée, ses pastels pimpants. C’est littéralement un coup de foudre !

Je ne suis pas la clientèle ciblée, j’en suis plus que consciente, puisqu’il est question d’une jeune femme que l’on devine dans la vingtaine en quête du mâle idéal. On comprend rapidement que l’héroïne vient de se faire larguer par un bel étalon. La voilà de nouveau sur le marché de la drague, marché dont elle connaît les rouages par le coeur. La jeune femme fonce dans toutes les potentielles occasions de chasse à l’homme. Elle mise sur son enrobage, la voilà donc abonnée au Gym avec des attentes un brin farfelues.

Ces tranches de vie de La Célibataire nous sont présentées en une page, certaines fois, deux. Les planches débordent des situations de la vie courante de la célibataire, vivant sa condition à fond, et misant sur ses atouts extérieurs. Les inconvénients du célibat se transforment en de la matière à rigoler. La laissée pour compte tient absolument à ce que son ex sache qu’elle vit dans l’allégresse depuis leur séparation, ce qui donne lieu à de bonnes risées. Le principal thème de ces amusants sketchs est la résistance à la dépendance amoureuse. Le comportement extérieur de la belle est en complète contradiction avec son intimité en pleine détresse pour trouver un prétendant (ou un remplaçant !) le plus rapidement possible. Elle veut sauver sa face, principalement à sa propre face ! Bien entendu, il s’agit que tu sois célibataire pour que les couples heureux défilent dans ta mire 24 heures sur 24, ce que la couverture représente admirablement bien.

D’où me vient cette affection pour l’œuvre ? La présentation y est pour beaucoup. Et pourquoi pas, puisque le thème est justement l’apparence ! Dès le premier coup d'oeil sur la couverture, ensuite en découvrant l’album en le feuilletant, j’ai apprécié que soit poussé à fond le côté « filles ». On n’y va pas à moitié, c'est entièrement assumé, la meilleure manière de se démarquer est de pousser un genre dans ses derniers retranchements. Les clichés pleuvent et on les exploite sans vergogne. Encore là, le fait que les clichés soient assumés transforme le défaut en qualité. India Desjardins semblant connaître la matière sur le bout de ses doigts arrive à extraire le meilleur du cliché, c'est condensé et donc efficace, ce qui lui donne une force de frappe. Quand il y a un deuxième degré, qu'on se moque subtilement du cliché, je suis preneuse.

Le plus admirable dans cette bande dessinée est l’alliance parfaite entre l’auteure des mots et l’auteure des images. On ne saurait dire qui a influencé qui. On dirait vraiment, magiquement (!), que les illustrations sont apparues simultanément au texte. L’illustratrice a un talent fou d'avoir répondu à cette commande avec autant de brio.

Pour un public averti, prêt à se moquer du célibat au féminin.

7 commentaires:

PG Luneau a dit...

Wow!!!Que de passion!! Ça me fait tellement plaisir de te voir t'enthousiasmer pour une BD!! Ah! Si ça pouvait arriver plus souvent!! ;^)

Ginette a dit...

J'allais poser la question est-ce qu'il y a une différence entre la bande dessinée et le roman photos.
En l'écrivant j'ai réalisé que oui.
La bande dessinée est dessinée et le roman photos, ce sont des photos.
J'ai beaucoup lu de romans photos quand j'étais plus jeune. En fait je lisais tout.
L'un est-il plus noble que l'autre, je ne saurais dire.
Mais si je disais aujourd'hui que je lis des romans photos, je crois qu'on me dirait que je ne lis pas grand chose.
Pourtant la photo est un art aussi.
Qu'en pense-t-on?

anne des ocreries a dit...

Y a pas, faudra soit que je me le trouve à Paris, soit que je....revienne le lire ! :D

Venise a dit...

Pierre-Greg : On dirait que je m'enthousiasme souvent pour les bandes dessinées. En fait, j'aime beaucoup le genre. C'est juste par manque de temps si j'en lis si peu.

Venise a dit...

Ginette : Je me suis informée à Marsi. Ma première réaction était de déclarer que les bandes dessinées dépassent les romans photos pour ce qui est de l'art. Mais Marsi n'est pas d'accord, ça dépends comment c'est fait. Par contre, ce que je connais de romans photos de ma jeunesse, c'était pas très fort.

Venise a dit...

Anne : Elle va t'attendre très patiemment. Ce n'est pas un livre que je vais écouler, eh que non. D'ailleurs, j'écoule rarement les livres illustrés.

Topinambulle a dit...

Du bonbon cette BD. Ton billet est très juste.