mardi 23 juillet 2013

La commanderie - André Jacques

Pourquoi vouloir lire André Jacques ? Je pourrais dire parce qu’il est reconnu pour ses polars de bonne tenue (il doit plancher sur son cinquième présentement), et cela serait vrai, mais si je rajoute que j’ai suivi deux ateliers d’écriture avec lui, la réponse sera plus complète.

Un hasard, c’est le deuxième, La Commanderie, qui m’est tombé entre les mains. Faut dire que le titre m'intriguait. Déjà, je me sentais à une autre époque, dans un autre monde.

Il faut tout d’abord que je vous présente l’enquêteur, qui n’en est pas un officiellement, puisqu’il est tout d’abord antiquaire. C’est à ce titre qu’une vieille et riche dame l’appelle. Elle l’attire par des œuvres à évaluer, et même à éventuellement posséder, et puis, hop, elle lui parle de sa petite-fille dont elle n’a plus de nouvelle. Tout semble bien ordinaire jusqu’à date, mais bien entendu, sous la roche grouille un nœud de vipères.

Alexandre Jobin est du type bon vivant, comme à peu près tous les enquêteurs. Incroyable la quantité d’alcool ingurgité dans ce roman, cela en devient lassant ! Les commandes de la vieille dame, pour laquelle il s’est bien sûr fait prier avant d’accepter, l’amèneront à Paris et en Haute-Provence pour l’évaluation d’un énigmatique tableau. C’est là d’ailleurs qu’il retrouvera une coéquipière avec qui il couche.

Vous vous doutez bien que des deux buts c’est de retrouver la petite-fille qui tiendra le lecteur en haleine. Si je dis en haleine, pour pousser l'image, ce serait suite à de la marche rapide, pas de la course. Les événements se déploient et les nœuds se dénouent à un rythme que certains considéreraient peut-être lent, tandis que pour moi, ce rythme est parfait. Comme André Jacques prend grand soin de son écriture, la forme important pour lui, il tient à installer méticuleusement ses ambiances. Par conséquent, il ne m’est jamais arrivé de penser que l’on m’avait monté un bateau. Et pourtant, l’on se retrouvera dans une galère assez complexe, une secte ésotérique dégageant de fortes odeurs de pourriture, possiblement mêlée à des intérêts politiques d’extrême droite. 

Le personnage de la nièce est plus énigmatique, ses aspérités un peu moins clichées que ce cher Alexandre Jobin que l’on aime malgré son côté prévisible de bon vivant, buveur, coucheur, qui brille en toute modestie. La relation avec sa coéquipière ajoute de l’intérêt et est pratique pour dévoiler les pensées de l’homme au lecteur.

Il y a du rebondissement, l’histoire n’est pas parfaitement prévisible, c’est ce que je demande à du polar. En plus, s’ajoute une touche raffinée pour dessiner des tableaux hauts en couleurs, dans la campagne française et à Paris. J’ai senti que l’auteur se délecte à écrire, et s’il y a un mot que je retiens, c’est plaisir.

Je l’ai lu en vacances, moment idéal puisque jamais il ne m’a mis sur le « gros nerf » par trop de sensationnalisme. Tout dépend de ce qu’on attend d’un roman policier, si ce sont des émotions fortes, très fortes, peut-être peut-on se tourner vers un autre auteur, mais si c’est une histoire intelligente dont la trame solide est servie par une noblesse de langage, eh bien, on en redemande. Il est certain que je vais relire André Jacques, son dernier titre, De Pierres et de sang m’attire.

2 commentaires:

Richard a dit...

André Jacques est un des très bons auteurs de polars du Québec !
Tu en as fait un portrait très juste !
Je t'encourage à lire "De pierres et de sang" ... Alexandre se verra imerger dans le monde des tailleurs de diamants.
Bonne lecture !
Amitiés !

Venise a dit...

Je tarde de le lire ce petit dernier ... ah, il me faudra m'acheter du temps en quelque part !

Ton passage ici me fait un grand plaisir, Richard.