mardi 2 juillet 2013

Tokyo Imperial d'André Girard

Le personnage principal de Tokyo Imperial, Johanna, s’est laissé connaître auparavant dans de ce que l’auteur appelle sa « suite hôtelière » : Port-Alfred Plaza et Moscou Cosmos, ce que je n’avais pas réalisé au départ. Je dis Johanna, je devrais dire Étienne-Johanna, ce couple qui se donne rendez-vous dans les grandes villes de ce monde ; Moscou, Prague, Dublin, Paris. Ils vivent l’amour, très bien d’après ce que l’auteur en dit, à distance. Quelques semaines de fréquentation par année leur suffisent, et même attisent leur flamme.

À Tokyo, nous vivrons particulièrement en compagnie de Johanna, en pénétrant ses pensées dédiées à son père récemment décédé. Son paternel lui a donné le goût du Japon dès son plus jeune âge en lui apportant des mangas à la tonne.

Dans ce roman, la ville de Tokyo prend une place prépondérante, c’est un choix évident de l’auteur. Chaque chapitre représente un nom de station de métro, et tous les prétextes sont appelés à Johanna pour arpenter les venelles, les rues, les quartiers, en les décrivant méticuleusement au lecteur. Quand Étienne lui rendra visite, ils ne se rendront pas seulement Hiroshima mais iront à l’assaut de quartiers réputés, découvriront des restaurants, des places publiques en se déplaçant principalement en vélo.

Johanna a déjà tenu avec une amie un site fétichiste lucratif, la réputation s’étendant jusqu’au Japon. Elle se liera d’amitié avec Nao, une Japonaise aux mœurs sexuelles semblables aux siennes. J’ai dû chercher le mot bondage, ce qui devrait vous aiguiller sur le genre de propos échangés entre ces deux jeunes femmes. Johanna, ambitieuse Québécoise de vingt-neuf ans, nous entretient de son stage de gestionnaire de compte dans une grande entreprise, de son patron et son épouse, sur le même ton que ses hobbys sexuels. Ce qui fait tout de même un peu étrange. Par le dialogue avec son père passe un peu plus d'émotion chez Johanna.

J’ai certainement aimé aller de l’avant dans ma connaissance des mœurs nippones, en passant par le regard amoureux que pose Johanna sur ce pays. Je suis cependant restée sous le mode étonné tout au long des relations sociales de Johanna. Elle est tellement en contrôle qu’elle semble planer au-dessus de sa condition humaine. Cela lui donne, à mon avis, une couleur un peu artificielle. J’ai senti en son Étienne, l’écrivain bohème et vagabond, un être plus vivant, une chair plus humaine. Son amie Nao est un personnage autour duquel rode un mystère, il est intéressant de voir agir ses parents riches auprès de leur fille unique.

Admirable occasion de visiter le Japon, et pas qu'en surface, sans se perdre dans plusieurs histoires complexes de personnages.  


 

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