vendredi 8 janvier 2016

Le manège de Monsieur Grimm - Stéphane Choquette

Pourquoi Le manège de monsieur Grimm » s’est ramassé entre mes mains ? Parce que j’avais adoré son premier titre  « La romance des ogres ». Vous savez ce genre d’auteur qui fait décoller un lecteur de la terre de son quotidien pour le faire atterrir dans une histoire ? C’est également le genre de texte où tu ne sens pas la trace de vécu ou de l'égo qui transpire entre les phrases. Stéphane Choquette est de cette race de conteur imaginatif. Un autre point le caractérise ; l’audace. Il va pousser son histoire loin, au péril de tous les excès. J’ai senti en lui un irrépressible besoin d’abandon à son monde imaginaire. Bien évidemment, il y a de fortes chances que si l’auteur se laisse entrainer par son histoire, le lecteur le suivra.

Tentons maintenant de rendre hommage à l’histoire. Nous passons quelques jours en compagnie d’un jeune garçon rempli de bonne volonté, Lucas Sinclair. C’est un élève modèle, très à son affaire, peut-être trop pour certains rebelles qui l’envient et veulent massacrer son bien-être et son vélo. Un point important caractérise Lucas, c’est son exceptionnel talent en dessin. Il préfère le cacher pour ne pas attiser la jalousie. Il cumule des dessins dans un cahier. Parce qu’il dessine, on suppose cet enfant de douze ans être doté d’une vive imagination, aussi lorsqu’il découvre dans son entourage une famille aux comportements violents et bizarres, le lecteur peut commencer par se demander si ce sont des scènes réelles ou imaginées.

Bien camouflé derrière un cabanon, Lucas découvre des scènes morbides dont l’étrangeté le perturbe (et perturbe le lecteur !). En se sauvant, il a laissé tomber son sac à dos qui contient son précieux cahier et un livre ésotérique prêté par un ex-professeur. Il devra retourner épier ce couple d’adultes et un enfant, afin de récupérer son bien. Les scènes qui se dérouleront sous ses yeux dépassent l’entendement, ressemblant en touts points à votre pire cauchemar à vie ! L’attraction de voir est incontournable pour Lucas, même s’il tremble de peur. Son imagination est stimulée et il retourne les épier dès le lendemain soir. Il va finir par entrer en contact avec eux, malgré leurs comportements menaçants. Il faut dire que la femme du couple est particulièrement gentille, elle saura comment amadouer Lucas. Elle désire un compagnon pour son petit garçon atteint d’une maladie bizarre.

Et monsieur Grimm et son manège dans tout ça ? Nous y arriverons en cours d’histoire. Ce personnage prend des allures de magicien de conte malsain. Monsieur Grimm est fascinant par son ambigüité et enferme la clé de plusieurs énigmes. À noter que toute l’action se déroulera la nuit car c’est le quart de travail de la mère infirmière de Lucas à qui ce dernier veut tout cacher de cette mésaventure. Cette mère de nature inquiète ne réalisera pas tous les dangers que son précieux et unique fils encourt.

Je le dis, si jamais vous ne l’aviez pas déjà pressenti, c’est un suspense haletant où l’on tourne les pages en tremblant de hâte. Malgré tout, j’ai préféré le Lucas du début, « mort de peur », à celui intrépide. Peut-être parce qu’il passe d’un à l’autre un peu trop brusquement. Il devient un héros, ce que je n’ai pas vu venir, surtout que l’action se déroule en à peine quelques jours. Faut dire que j’ai perdu complètement la notion du temps dans cette histoire. On aurait pu me dire qu’elle a duré des mois, je l’aurais cru. Cela participe à l’étrangeté du roman, même si cela m’a dérangé sous certains aspects, cela a modifié certains autres. J’en viens à la sauce à la saveur « horreur » qui se dépose un peu partout, cela n'en fait pas une histoire prétexte à l’horreur, par contre, petites natures, veuillez vous abstenir ! Quand il est question d’ambiance sur le mode « horreur », j’embarquais entièrement mais j’aurais fait sauter certaines scènes redondantes, reprenant les mêmes éléments que nous avions compris. Elles viennent diluer la force de frappe.

La fin, on l’a gagne, tellement plusieurs fins préliminaires défilent auparavant. La fin finale est bien tournée, je n’ai pas été déçue par son ouverture.

Un roman trépidant qui exploite le cœur d’un héros enfantin et le dévouement total de deux mères, où l’imagination foisonne et, dans la tête du gamin et, dans la tête de l’écrivain. On n’en vient à ne plus savoir qui croire !

Si vous désirez lire quelques extraits, c'est ici.
N.B. : Format de livre très agréable à tenir. 


2 commentaires:

anne des ocreries a dit...

Mmm...J'hésite, parce que l'horreur, c'est pas du tout mon truc, mais j'ai l'impression que ce livre est très bizarre et doit être une curiosité du genre. Alors, je ne sais pas.

Venise a dit...

Je te trouve admirable de t'ouvrir, Anne. Même chose pour moi, l'horreur me rebute à prime abord et, malgré tout, j'ai aimé ce roman.

Quand on a confiance en l'auteur, ça aide !