mardi 5 avril 2016

Hangar No 7 de Paul Mainville

Paul Mainville ? Connais pas. Hangar no 7 ? Titre peu attirant. Mais ce livre est entre mes mains, et je ne sais pas pourquoi, je suis poussé à l’ouvrir. Ça parle de cirque. Je n’aime pas particulièrement le monde du cirque mais ce livre demeure dans ma main. Il insiste.

J’apprends sur le quatrième de couverture, qu’au départ il se destinait à se présenter en un long-métrage et, puis, l’histoire s’est couchée sur des feuilles. Je ne sais pas pourquoi, il a abouti en livre, et cela aurait été dommage que ce soit seulement un film, nous aurions manqué une bonne lecture. Il m’a tenu en haleine et j’ai souffert en même temps que ses personnages auxquels j’ai beaucoup cru.

L’histoire se présente sous forme d’entrevue, la journaliste se faisant tout d’abord discrète par ses questions à Albert. Elle veut entendre parler ce directeur de la troupe Cirque des montagnes bleues qui, malgré ses 65 ans, a monté un spectacle dans sa ville, en l’honneur des survivants de cette troupe décimée.

Cet Albert raconte bien. Il plonge dans ses souvenirs qui se déroulent sous nos yeux, comme un film justement. Je les ai tous vus, chacun des membres de cette troupe a existé. Et intensément existé. Faut dire qu’assez rapidement, ils sont placés dans une situation de crise aigüe. C’est la guerre et ils sont capturés et amenés dans un camp. On pense tout de suite aux camps de concentration nazis. Les conditions sont aussi mauvaises, le dédain aussi fort, l’autorité aussi cruelle, écartant les femmes et les enfants des hommes, les faisant geler avec le strict minimum de nourriture et d’hygiène.

Mais la troupe sera traitée différemment des autres prisonniers. Est-ce vraiment une chance ? La question se pose. Les membres de cette troupe tissée serrée doivent divertir leurs supérieurs, pour ne pas dire leurs tyrans, en leur préparant, avec des moyens minimalistes, d’excellents spectacles. Sinon, gare aux sévices, les haut-gradés seront sans pitié.

Albert a été le directeur de cette troupe, accompagnée de sa femme qui porte un enfant dans ces conditions inhumaines. Bien entendu, nous savons qu’il y a eu survivance puisque l’histoire nous est racontée, mais le « comment » est semé de rebondissements inattendus. Il m’est arrivé de retenir mon souffle, tellement j’avais peur pour eux. Chaque personnage est crédible et l'on s’y attache solidement.

Curieusement, j’ai mieux saisi les personnages entourant Albert, que lui-même. Celui-ci reste plus hermétique, un peu dans l’ombre de son humilité. Il y a une grosse surprise à la fin. C’est plaisant les surprises, même celles que l’on sent venir.

J’ai nettement préféré le premier deux-tiers du roman, plus intense, les gestes posés pour la survie sont si exacerbés que lorsque l’on retourne à du quotidien, on perd de cette dose d’adrénaline de lecteur. Ça fait un fort contraste, disons.

Mais dans l’ensemble, mon cœur a assez palpité pour le recommander chaudement. Imaginez les amateurs de troupe de cirque maintenant ! Ils vont certainement en raffoler.



2 commentaires:

anne des ocreries a dit...

Tu nous en dis juste assez pour nous donner envie de le lire !!!

Venise a dit...

Tu me fais plaisir, Anne. C'est comme si tu me disais que j'avais bien fait mon travail (sourire). Un gros merci !