mercredi 16 octobre 2013

Cher trou de cul de Annie Quintin

Déjà avec un tel titre, on sait que l’on doit s’attendre à une bonne dose d’humour, léger et un peu facile, avouons-le d’emblée. Cette histoire se classe sans l’ombre d’une hésitation dans le genre chick litt pur et dur .

Nous retrouvons, parait-il, les mêmes personnages que dans son premier roman, Désespérés s’abstenir que je n’ai pas lu. Un trio tissé serré, un homosexuel, Yan, Mélodie, l’amie effacée, et l’héroïne, la spectaculaire Clara. Celle-ci, on s’en doute par le titre, est en colère puisqu’elle a été « flushée », et par Internet en plus. Après 72 jours d’une relation idyllique et fusionnelle avec Damien, celui-ci parti au loin à cause de son travail, la congédie de sa vie. Un homme pas très en moyen financier, tendre et patient, et rien pour gâter la sauce, vedette dans un groupe de musique. Il m’a semblé presque parfait, comparé à la chère Clara, au caractère pas évident du tout. Si celle-ci n’avoue pas aisément ses faiblesses, contrairement à Damien, elle occupe un travail la mettant à l’abri du besoin, et c’est le moins que l’on puisse dire. Contrairement aux coutumes littéraires de la chick-litt, où c’est généralement l’homme qui a de la difficulté à s’engager, ce sont des lèvres de Clara qui ne sont pas capables de prononcer le « Je t’aime » d’usage lorsque l’on voue un amour dévorant pour l'autre.

Des chapitres dispersés étalent, jour après jour (jour 1, 2, 3 jusqu’à 72) la folle romance de Clara et Damien, la passion euphorisante des premiers moments. D’autres chapitres nous renvoient à la rancœur de Clara qui rejette la trahison de Damien par tous les pores de sa peau. On voit la jeune femme passant par plusieurs phases, tentant d’évoluer en même temps que sa douleur cuisante. Ses amis l’entourent, même si au départ Yan la laisse tomber, il restera toujours la discrète Mélanie, cette cachottière amie.

Les ex joueront leur rôle : venir mettre des bâtons dans les roues du couple vedette. La vie de famille à l’italienne de Clara noircira plusieurs pages. La jeune femme dans la vingtaine avancée, n'habitant pourtant plus le toit familial, rejette en bloc sa mère, aussi férocement que n’importe quelle ado de 15 ans. Parmi tout ce chaos, l’organisation du shower de sa sœur ainée lui est confiée.

Ce roman mené avec dynamisme et entrain est inondé d’un humour bon enfant (pour ne pas dire bonne jeune fille !) mais prière de ne pas s’attendre à de grosses surprises. Le côté le plus inhabituel viserait la dernière partie que l’on pourrait appelée la réhabilitation. C’est rare que l’on prend l'option d’exposer la phase de raccommodage des morceaux dans un tel souci du détail. Ceux qui aiment savourer les fins s’en feront une joie.

Je ne suis décidément pas la candidate de ce genre de roman convenu où la vie de couple est abordée uniquement sous l’angle des débuts exaltants, parce que dangereux, ou dangereux parce qu’exaltants. Ces histoires où il serait facile de tirer sur une ficelle pour dénouer l’impasse, par exemple avec une conversation mature liquidant les malentendus un à un. On étire ce moment jusqu’à la fin parce que sinon, il n’y aurait plus, ô malheur, d’histoire à raconter. 

1 commentaire:

anne des ocreries a dit...

Faut des petits romans légers, comme ça, à lire dans les salles d'attente pour dégager l'angoisse.

Parce que, d'après ce que tu en dis, c'est un bouquin de ce type. Il en faut, de ces petits livres légers à adapter aux circonstances. Il en faut.