mardi 3 mars 2015

Dans de beaux draps en Italie - Mélanie Fortin

D’emblée, je ne suis pas attirée par ce genre de couverture, j’ai donc mis de côté ce roman. Plus d’un an plus tard, je l’ai repris entre mes mains et j’ai réfléchi. Dans la vie, je ne rejette pas une personne parce qu’elle est habillée de telle ou telle manière, pourquoi le ferais-je avec un roman ? J’ai décidé de le lire, surtout qu’il se passait en Italie.

Une mère de deux jeunes enfants découvre une lettre compromettante, ce qui met en cause la fidélité de son beau mari, pilote d’avion. Le genre très beau avec son costume de pilote, donc très convoitée par la gent féminine. La réaction impulsive de l’épouse cocue : s’enfuir deux semaines avec sa meilleure amie, sur le point de partir par affaires à Florence. Cette amie peintre, Katherine sera très accaparée par ses affaires, et laissera son amie en plan, seule à l’hôtel avec son désarroi. Celle-ci décidera de visiter Florence en solitaire et lors de ses escapades rencontrera un écrivain croisé au préalable à l’aéroport. Elle se redécouvrira sous le regard neuf de cet homme, par contre, elle sera rongée de culpabilité en pensant à son mari et ses deux enfants. Elle appréhendera son retour à la réalité.

Les 378 pages se résument rapidement car l’histoire est d’une grande simplicité à la base. Par exemple, si l’épouse trompée avait immédiatement confronté son mari, ou si la ville de Florence n’était pas si belle, et les doutes et remords d’Annabelle si abondants, nous serions en face d’une plaquette.

C’est une histoire qui décrit avec moult détails l’enfer des doutes d’une mère face à un possible déchirement de la famille … par sa faute. L’auteure met rapidement les cartes sur la table, ce qui fait qu’il devient évident pour le lecteur qu’Annabelle serait plus épanouie dans les bras de l’écrivain que dans ceux du pilote. C’est sans compter la réaction du mari, père des enfants qui mettra des bâtons dans les roues, à cause principalement de son orgueil écorché. C’est l'ex mari qui règlera l’heure et le jour, non pas de la séparation mais de la nouvelle union de la mère de ses enfants. Annabelle attendra cette bénédiction, mettant son nouvel amour sur le « hold », quitte même à le perdre pour ne pas mettre en colère son pilote, qui ira jusqu'à frapper l'amant de la mère de ses enfants. D'ailleurs, celui-ci ne se défendra même pas, comme s'il méritait ce châtiment. Cette mère mettra tout en œuvre pour que la séparation se passe dans l’harmonie pour ses enfants. C’est elle qui assumera le principal des sacrifices pour assurer la paix familiale.

Je n'ai pu m'empêcher de m'écrier : "Ah, les femmes et leur sentiment de culpabilité exacerbé !" On en fait une démonstration modèle dans cette histoire. 

J’avoue ici que j’ai eu mal à mon féminisme et que les relents de croyance judéo-chrétienne m’ont empêché de savourer chaque rebondissement.

Pourtant, il est facile de s’attacher aux deux personnages féminins et la première partie du roman est une partie de plaisir. Il fait bon de passer des moments avec elles dans la ville de Florence que l’auteure semble connaître sur le bout de ses doigts. Le personnage de l’écrivain est également crédible et attachant.

Je suis contente malgré tout de mon ouverture vis-à-vis ce titre, mais j’en conclu que je ne suis pas la lectrice ciblée pour ma difficulté à m’abandonner aux valeurs que le roman transmet, l’harmonie à tout prix.



7 commentaires:

Nomadesse a dit...

Et pourquoi c'est sur la femme que repose l'harmonie dans la famille et la séparation du couple? Après tout, tu ne disais pas qu'elle découvre l'infidélité de son mari dès le début? Moi aussi, ça me gêne ce genre de récits. Même quand je lis un manga maintenant, j'ai du mal!

Venise a dit...

Tu aurais très mal à ton féminisme, chère Valérie ! L'infidélité de l'homme n'est pas aussi claire que celle de la femme, voilà pourquoi. Genre, il n'a pas été jusqu'au bout... tsé.

C'est vraiment une question de valeur car sinon le roman va bon train. Un bon rythme et des personnages attachants. Que veux-tu ... hum.

Nomadesse a dit...

Et ça dépeint une réalité: cette culpabilité est encore fortement ressentie par les femmes, c'est encore le cas. Et ce roman la dépeint car ça existe malheureusement toujours.

On ne changera le monde que petits pas par petits pas.

amicalsupport a dit...

Merci pour cette belle description, Venise. Une fois de plus ça se pourrait bien que je me farcisse la lecture. Si je m'en fie à votre texte, car je me demande si vous n'avez pas oublié quelque chose, ça me semble trop simple, trop centré comme sujet, bien développé en tous cas, on ne peut pas passer à côté, j'admire la façon dont le sujet se développe, ça me semble en tous cas être clair, on parle de ça et c'est de ça que ça parle. Evidemment l'infidélité, je suis comme vous, je trouve légèrement dérangeant comme sujet, mais en même temps est-ce que la vie ça serait devenu simple tout à coup, esr-ce qu'on n'en a pas vécu des histoires compliquées, pour cette raison je serais tentée, le mot qui me vient à l'esprit, tentée, tentée d'en savoir plus, il me semble que je devrais en savoir plus avant de juger.

anne des ocreries a dit...

Mouais ; je comprends pas pourquoi elle s'en fait autant, après tout, c'est lui qui a commencé, elle lui rend la monnaie de sa pièce et c'est elle qui devrait payer ? Ah et puis quoi encore ? J'accroche pas pis ça m'agace, voilà. Un livre qui me ficherait en rogne toute les trois pages, je préfère éviter.

Venise a dit...

Amical Support : J'espère que tu pousseras ta curiosité jusqu'au bout. Tu n'as certainement rien à perdre ! Suis ton instinct, je sais qu'il te connaît bien.

Venise a dit...

Anne : Je t'annonce rien de bien sensationnel en te disant que ce roman n'est pas pour toi (clin d'oeil).