lundi 11 mai 2015

L'éphémère de Stéphanie Deslauriers

Au lendemain de la fête des mères, quelle bonne idée que de parler de ce roman (premier) sur une femme qui s’interroge si elle va garder l’enfant qu’elle porte. Lorsque je dis qu’elle s’interroge, elle y va à fond. Elle est heureuse en couple jusqu’à ce moment où elle s’arrête pour faire le point : veut-elle vraiment être une mère ?

Dès le début de l’histoire, nous la trouvons en quête d’un gîte car elle vient de quitter son domicile suite à une dispute avec son conjoint au sujet de sa grossesse. Elle a soulevée la question, si elle veut le garder ou non.

Réfugiée chez un couple qu’elle fréquente, elle prend d’assaut la chambre d’ami et entreprend une cure d’introspection et de sommeil. Nous la verrons sortir de son antre quelques fois, visiter une grande amie et la mère de celle-ci, qu’elle a élue mère d’adoption. Elle sonde son passé, son présent, se présente comme un point d’interrogation sur deux pattes. Ah oui, et son frère veut lui parler au sujet de sa mère. Elle veut s'échapper à cette conversation, ce qui laisse supposer le pire entre sa mère et elle. Au fil des jours, elle attendra de plus en plus un coup de fil de son amoureux et ami depuis toujours. Elle se confie à l’homme du couple chez qui elle réside, lequel est sous son charme, ce qui commence à créer de la discorde dans le couple.

C’est une histoire de relations subtiles entre êtres humains où les actions sont réduites. Mes enfants parleraient « d’une tranche de vie ». Je n’ai rien contre les tranches de vie mais cette fois, j’ai manqué le bateau de l’attachement à la protagoniste principale. Je ne suis pas arrivé à l’aborder comme une femme vulnérable qui se pose de vraies questions sur la maternité. Je ne suis pas entrée en relation avec cette femme que j'ai trouvé plutôt froide et assez centrée sur elle-même. J'ai par conséquent eu du mal à croire aux relations qu’elle entretient. Je n’ai pas développé d’affinité avec cette Éva, contrairement à Lucie de Clavier bien tempéré. C’est vraiment ce qui m’a manqué. Lorsqu'on s'attache à un personnage, on apprécie ses jeux d’ombre et de lumières, toutefois s’il nous laisse indifférent, ou pire nous énerve, ses remises en questions peuvent nous ennuyer. Cela a été mon cas, surtout au début, où abondaient les tête-à-tête avec Eva. Lorsque d’autres personnages sont entrés en scène, je me suis réconciliée avec le style ferme et déterminé qui dévoile habilement ses sujets, couche après couche. Il y a eu une nette progression de mon intérêt, je me félicite donc d'avoir poursuivi ma lecture.

La fin nous surprend, nous chamboule, nous confronte.

Et ensuite, on se dit, et pourquoi pas.

Ce n’est pas un coup de cœur cette fois-ci mais il est certain que je vais être curieuse de visiter son deuxième qui, je l’espère, suivra de près L’éphémère.


4 commentaires:

anne des ocreries a dit...

Mouais...je crois que je vais la laisser se triturer toute seule, la brave femme.

Claude Lamarche a dit...

Comme j'ai été absente ces derniers semaines, je viens de jeter un coup d'oeil à tes derniers billets.
Très en retard donc, félicitations pour tes huit années d'assiduité, de billets sur les produits "locaux" comme tu dis. Une présence réelle, appréciée, presqu'indispensable.
Bonne chance dans tes projets plus personnels d'écriture. Je serai dans tes premières lectrices, sois-en assurée.

Venise a dit...

Anne : Tu me fais rire, la "brave femme" ! Tu as du respect pour un personnage que tu as rencontré à travers mes mots. Tu es impayable, tu le sais ça !

Venise a dit...

Merci Claude pour tes voeux de reconnaissance !

Moi aussi, j'ai hâte de te lire. Les têtes bouclées sera sur ma table de chevet aussitôt que possible.