mercredi 11 novembre 2009

De la nouvelle fraîche

Trop de bonnes nouvelles pour me confiner au silence. De toutes manières, vous n’entendrez pas ma voix nasillarde déformée par une sinusite carabinée (les antibiotiques travaillent fort !).

Premièrement, moi qui aie terminé Paul à la pêche hier (c’était mon Prix de consolation d’être malade !), j’apprends que Paul à Québec est en nomination, en plus du Prix du Grand Public du Salon du livre de Montréal – La Presse, pour un deuxième : Le Grand Prix du livre de Montréal. D’après le dernier billet de Chantal Guy, ce serait une première pour un album de bande dessinée d’être en nomination pour deux importants prix littéraires. Ce serait le cas parce que l’album peut aussi se présenter sous la nouvelle appellation « roman graphique ». Qu’importe l’appellation, que je me dis, en autant qu’il y ait une histoire étoffée, c’est un roman, s’il s’y rajoute des dessins, eh bien, c’est merveilleux ! Un plus.

Il a de la compète à sa mesure, le Michel Rabagliati :
Michael Delisle (Prière à blanc, Noroît)
Dany Laferrière (L’énigme du retour, Boréal)
Monique LaRue (L’œil de la Marquise, Boréal)
Hélène Monette (Thérèse pour joie et orchestre, Boréal)

Nous ne supputerons pas trop longtemps sur le possible gagnant puisque son nom sera dévoilé dans 5 jours, soit le 16 novembre à 11 h dans une cérémonie à l'Hôtel de Ville de Montréal.

Des nouvelles fraîches de Marie-Sissi Labrèche qui sort son quatrième roman à La Courte Échelle « Psy malgré moi ». Son histoire s’adresse aux ados et je conçois très bien qu’elle ait trouvé le ton juste, tout en gageant que les adultes y trouveront leur compte. Il sera en librairie le 24 novembre, en attendant, je vous invite à l’écouter - et à la voir - (2 min.11) nous le présenter avec ses mots, ses mimiques et ... sa bedaine (oui, oui, elle est enceinte !).

Dernière nouvelle, comme dans une lettre, je termine sur nous (non, non, pas le nouvel album Nous de Daniel Bélanger !), Marc et moi serons à Nouvelle, en Gaspésie, aux alentours du mois de février pour présenter Miam miam fléau. Je vous en reparlerai d'ici là, mais aujourd'hui, c'était irrésistible, le mot nouvelle me transporte à Nouvelle.

lundi 9 novembre 2009

Cartes postales de l'enfer de Neil Bissoondath

Cartes postales de l’enfer est un titre qui se veut accrocheur, cartes d’identité aurait été aussi approprié ! Le titre en anglais n’a aucun rapport : The Soul of all Great Designs (C’en est presqu’inquiétant, y aurait-t-il de ces subtilités disparues dans la traduction ?)

La première carte d’identité est celle d’Alec, enfant unique, dont les parents exercent une forte emprise sur lui. Il a trouvé une solution commode ; vivre dans le mensonge pour donner à ses parents le fils qu’ils désirent. Même le jour où il ne sera plus nécessaire de le faire – est-ce devenu à ce point une seconde nature ?, il continuera. Et il ira très loin.

Le deuxième portrait nous présente Sumantra, une jeune indienne très attachante. Elle aussi, enfant unique, ses parents lui font porter une pression énorme. Les conventions sont extrêmement strictes, entre autres, ce sont les parents qui ont à l'aiguiller vers son futur mari. Celle qu’on surnomme Sue est vivante, rebelle et sensuelle mais ne présente pas du tout ce profil à ses parents. Mais, contrairement à Alec, elle étouffe dans le mensonge.

Troisième partie : les deux cartes postales se croisent. C’est ici que je dois laisser planer le mystère, parce qu’il y en a. C’est intéressant de voir ces deux êtres s’enchevêtrer dans leurs mensonges, se mentir ou se démentir. Le moins que l’on puisse dire est que l’auteur n’a pas eu peur de pousser le moteur de l’intrigue au maximum.

* * *
Je suis un peu surprise d’avoir pris autant de plaisir à cette lecture, malgré mon scepticisme devant l’ambition outrancière d’Alec. Plus je faisais connaissance avec cet être et plus je l’aurais jeté de force sur le divan du psychanalyste ! J’ai donc beaucoup aimé croire à l’humanité de Sumatru où chez elle, le déséquilibre me semblait plus plausible.

Cet auteur sait manier son histoire et ses lecteurs, il y a de l’habileté dans l’air, et tant mieux. Il rase les frontières de la normalité et l’anormalité ... qui se prononcent pareillement d’ailleurs ! J’ai apprécié d’en apprendre plus long sur les mœurs indiennes, les scènes sensuelles sont réussies, les parents de Sumatru, surtout le père, sont intéressants à rencontrer. Pour ceux qui aiment les vieilles autos de luxe, ils seront gâtés, ceux qui aiment le design, l’esthétisme, l’apparence. J’aimerais bien en discuter avec l’auteur, mais j’ai eu l’impression qu’il a voulu faire un roman sur le pouvoir de la façade. Le carcan étouffant de ne jamais se permettre de la ternir, même d’une égratignure. En même temps, le cœur de son sujet se laisse distraire par le côté excessif (maladif !) d’Alec, alors je me demande s’il y est arrivé.

La remarque que je me suis faite en refermant le livre, voilà un romancier comme je les aime, qui met de l'avant une histoire. Nous ne sommes pas dans de l’introspection et les personnages, crédibles ou pas, palpitent de vie.

Cartes postales de l'enfer, Neil Bissoondath, Boréal, 245 p.

mercredi 4 novembre 2009

Dé-Chiffrer

Je suis prêt à conquérir Montréal !
À tout seigneur, tout honneur, clamons-le haut et fort, Dany Laferrière a remporté le Prix Médicis. Ce n’est pas rien, ça fait 43 ans que cet honneur accompagné d’une bourse importante de 47,000 $ n’a pas été gagnée par un Québécois. La dernière fois, c’est Marie-Claire Blais avec une Saison dans la vie d’Emmanuel.

Heureusement que Dany Laferrière n’a pas écouté sa lassitude en 2001, année où il a avoué sa tentation d’abandonner l’écriture. Est-ce le fait d'en parler qui a été bénéfique, lui retirant un peu de pression, mais le fait est qu’il a pondu 5 livres depuis !

J’ai déniché une vidéo où l’écrivain fait la leçon – et la démonstration - dans une entrevue d’environ 1 minute qu’il faut absolument frapper l’imaginaire pour ne pas passer inaperçu, discours qu’il termine par un « Je suis prêt à conquérir Montréal ! ». Eh bien, j’espère qu’il est maintenant prêt à conquérir le monde !

Verre trempé
Ma curiosité a été piquée en lisant ce qui suit : « La BaNQ est actuellement aux prises avec un déficit accumulé de 3,7 millions de dollars. La perte inattendue de lames de verre dans les premiers mois et des manques dans la gestion de la masse salariale ... » La perte inattendue de lames ? dit en ces termes, ça m’a paru un peu bizarre. J’avais entendu parler de ce bris de lames mais delà à creuser un tel trou dans un budget. J’ai cherché et j’ai compris. Pourtant, à prime abord, 12 lames sur 6200 tombées sans que personne ne se coupe, il n’y a pas de quoi verser un torrent de larmes, encore moins se ruiner, mais ceci est sans compter le paramètre de sécurité. Celui-ci comprend des marquises, une clôture et des arbustes denses ! Comptons qu’en 2015, cela ne sera plus nécessaire puisque c’est le temps nécessaire - 10 ans - au verre trempé pour se stabiliser. Si j’étais une animatrice de l’émission « La facture », je demanderais : combien ce permanent paramètre de sécurité a-t-il coûté ? ... Je vous le donne en mil : 750.000 $

Une Recrue de 19 ans
10 rédacteurs de La Recrue ont décidé que, quelque soit le nom du lauréat, en janvier, nous nous penchions sur la lecture du Prix Robert-Cliche. C’est finalement une jeune femme de 19 ans, Olivia Tapiero qui a gagné avec « Les murs ». Elle sera notre Recrue de janvier 2010.

Le livre, une affaire de famille
Dans 14 jours s’ouvrira le 32e Salon du livre de Montréal avec en tête la famille « Le livre, une affaire de famille ». Le Salon célèbre le 100e anniversaire de naissance de la grande Gabrielle Roy et le 50e anniversaire de la mort de l’indémodable Boris Vian. Vous voulez encore plus de chiffres ronds ? 10 invités d’honneur, 10 Prix littéraires décernés pendant le Salon. Ça fait pas mal d’écrivains sur les dents ! Un de ces Prix, le Grand Prix du Public, très important à mon sens car reflétant le goût des visiteurs (qui votent sur place), et des acheteurs, étant donné que les nominés sont cueillis parmi les meilleurs vendeurs recensés par l’Association des libraires du Québec. Un tonitruant bravo à Michel Rabagliati qui est du nombre pour son excellent « Paul à Québec » de La Pastèque. Et quant à parler de La Pastèque, je connais un bédéiste – MARSI - qui sera de l’autre côté du kiosque cette année pour offrir les dédicaces de Miam miam fléau :

Samedi 21 novembre : 17 h à 18 h 30
Dimanche 22 novembre : 15 h 30 à 17 h 00

lundi 2 novembre 2009

33, chemin de la Baleine - Myriam Beaudoin

Après Hadassa, voici 33, chemin de la Baleine. Une adresse ... j’aurais dû me douter qu’il s’agirait de correspondance. C’est une histoire d’amour, une grande, une forte, une mélodramatique. J’ai tellement embarquée ! ... incroyablement, à en perdre ces questions que je me pose au fil de mes lectures sur le « comment » l’histoire est écrite, pourquoi j’y réagis, l’analyse quoi ! J’ai été une réaction sur deux pattes. Cette histoire d’amour inassouvie m’a atteinte. J’en suis sortie rapetissée ... Ça mérite explication mais, avant tout, je vous situe.

L’histoire d’amour se déroule sur deux époques, les années 50 et maintenant. Le maintenant est la rencontre avec Éva, une femme esseulée, amoindrie, vivant dans une résidence où l’on prend bien soin d’elle, ne serait-ce que parce qu’elle est tout à fait charmante. Le vrai charme, candide, sans calcul ou aux calculs si gros que le clin d’œil à la complicité s'impose. Tout part d’un visiteur qui arrive avec un cadeau, une mystérieuse correspondance qui deviendra le livre de chevet de vie de cette Éva au cœur tendre. Elle s’accrochera à la lecture que le visiteur lui fera de ces lettres, les entendant comme du «déjà vu », poignant, un genre de film se déroulant sous ses yeux ébahis ... en même temps que les nôtres bien entendu.

Comment vous en dire assez, mais pas trop, je me méfie un peu de mon enthousiasme. Revenons à la question essentielle ; pourquoi ai-je tant embarqué ? Pour les émotions vécues, intenses, devant le suspense de l’attente si bien décrite. J’ai attendu, cru, espéré, me suis insurgée, j’ai été bouleversée, ébranlée par la vigueur de l’inépuisable sentiment d’amour de cette femme, que l'on classerait maintenant dans la catégorie de « femme qui aime trop ». Voyez une femme vivant que pour l'amour de son homme, et n’entendez aucune voix moralisatrice essayant de la raisonner, voyez-la fonçant sans la moindre logique, ou brin de raison. En 1950, qui se souciait des femmes qui aiment trop ? Elles étaient pour ainsi dire la norme ou, en tout cas, cet excès d’effacement derrière l’homme, pouvait passer pour une vertu. Surtout quand l’homme "aimé trop" est un écrivain riche, prolifique, réputé au point d’en être une vedette. Les femmes se l’arrachent et, pourtant, il l’a choisie pour la marier, elle, Éva, cette jeune et peu cultivée femme de bas étage. Elle a des atouts, que l’on devine, voilà le charme discret de cette correspondance qui nous entre en catimini dans les couloirs de leur intimité, nous laissant complète liberté de se faire une opinion. À travers ces lettres, libre à nous de juger, de dénigrer, de condamner. Ou de compatir.

Si je me suis fait bien comprendre, la correspondance date de 1950, tandis que le maintenant se déroule dans la chambre de la vieille femme. Les remarques d'Éva font partie du charme, rajoutent des informations et en même temps, nous fournissent un recul, je dirais, nécessaire. J'ai apprécié ce dosage, d'entrées et de sorties, à bon escient. Je rajouterais que Jacques, l'homme qui lit a un lien avec cette correspondance. Pendant un certain temps, une soignante aimante y assistera et un lien naîtra entre le lecteur et la soignante, cette histoire est restée secondaire pour moi.

La correspondance se présente avec une très habile progression, devenant de plus en plus déconcertante. Lorsqu’une lecture nous kidnappe, j’imagine qu’elle va chercher des émotions troubles en nous. Cela doit être le cas ici, je n’irai pas jusqu’à me psychanalyser, mais il faut bien que je revienne au mot que j’ai laissé tomber « rapetissée ». Si je me suis fondue en Éva - c'est la faute au talent de Myriam Beaudoin (!) - en vivant de trop près ce qu'elle vivait, j’ai été engloutie par le mystère : va-t-il revenir ? Est-elle folle ? (on dit bien, folle de lui ?).

Est-ce que cela veut dire que ce roman n’a que des qualités ? Bien sûr que non. Il n’est pas si original, la voie empruntée est courante et je m'interroge un peu sur la pertinence de l'histoire secondaire (lecteur et soignante). La raison est probablement que l'intrigue principale m'a comblée. Mais, qu'importe, quand la plus grande qualité est d’embarquer au point de perdre son sens critique !

J’imagine qu’être écrivain, c’est ce que je me souhaiterais ; que tous mes lecteurs perdent leur sens critique !!!

33, Chemin de la Baleine, Myriam Beaudoin, Leméac, 192 p. (avec une belle couverture en plus !)

jeudi 29 octobre 2009

Un monde mort comme la lune - Michel Jean

Allons-y avec la quatrième de couverture : Jean-Nicholas Legendre, grand reporter pour la télévision québécoise se rend en Haïti pour y suivre la trace des narcotrafiquants colombiens et enquête sur leurs liens avec les gangs de rue de Montréal et le régime du président haïtien. Et qui a écrit cette histoire ? Le journaliste Michel Jean, co-animateur de l’émission J.E. qui a couvert plusieurs sujets dont la guerre en Iraq et la crise en Haïti. C’est son premier roman.

Je fais le parallèle entre l’histoire et l’auteur parce que, justement, c’est au départ ce qui m’a dérangé. Dès les premières pages, nous sommes à Port-au-Prince sous le régime de Jean-Bertrand Aristide, et ce mixte de la réalité (utilisant les vrais noms) avec la fiction m’a empêché de plonger. Comprenez-moi, ce n’est pas la sempiternelle question du vécu ou non, c’est plutôt cette impression de suivre un reportage, aussi palpitant soit-il, qui m'a tenu dans un état de lectrice de journaux, sollicitant mon côté rationnel. Et pourquoi pas, puisque c’est tout probablement un choix de Michel Jean ? À ce compte-là, j’avoue que c’est une affaire de goût ...

La deuxième partie est venue me chercher un peu plus. À son retour au Québec, à la sortie du vidéo choc qu’il a tourné au risque de sa vie, le journaliste Legendre subit des secousses sismiques dans sa vie personnelle et professionnelle. Au travers des dédales de cette sensationnelle affaire de trafic de drogues, j’ai aimé que l’auteur fasse une place de choix à son amour infini pour sa femme et sa fille, autant qu’il a fait état de son attirance pour Bia, une haïtienne énigmatique, prostituée de luxe. Je me suis un peu rapproché du journaliste, mais pas au point d’être fusionnel, loin de là. Pourquoi cette distance qui a perdurée jusqu’à la fin ? Comme dans la vie, c’est une question d’atomes crochus, pourquoi prendre à cœur les déboires d’une personne et seulement compatir avec ceux d’une autre ? Pourtant, quand le personnage principal prend autant de place, ça peut se voir comme une invitation de s'en rapprocher, surtout quand celui-ci partage généreusement ses émotions et ses sentiments. Les plus fortement décrits sont l’attirance sexuelle et le rebond vital de la vengeance. Laisser palpiter son coeur sous la pulsion sexuelle fait circuler le courant de vie en nos veines, la vengeance encore plus. Par la rage dans laquelle la vengeance puise. J’ai plus ou moins embarqué dans cette rage folle, au même titre que j’ai loupé des rendez-vous avec certaines circonstances très hasardeuses, comme l’accident de Bia. C’est beaucoup en mettre sur le dos du destin.

Je crois que j’aurais préféré que l’auteur s’oublie, s’efface derrière son personnage de journaliste. Je ne l’ai pas senti assez emporté par son histoire. Pourtant l’habileté de raconter est présente et certaines envolées confirment un amour infini des mots. Par exemple, les descriptions de Montréal sous la neige m’ont frappée par leur justesse.

J’ai apprécié l’épisode « rédemption », c'est que personnellement, je crois à ce genre de phénomène un peu inexplicable. Le parallèle de similitudes d'énergie entre ses deux « familles femmes » est audacieux, loin du cliché, mais j'ai dû fournir un effort pour y croire. Il y avait là de la matière (de la belle matière d’ailleurs !) à en faire tout un roman, mais diluée dans une spectaculaire enquête à puissantes retombées mondiales, le côté surprenant pourrait prendre le dessus pour certains.

Une fois la couverture et la poussière retombée, j’ose conclure qu’il apparait difficile de vivre à fond son élan de romancier en se tenant si près de son vécu.

Un monde mort comme la lune – Michel Jean. Libre Expression. 254 p.

mardi 27 octobre 2009

Dany Laferrière remporte un prix littéraire de 10,000 $

Dany Laferrière a remporté le Grand prix littéraire international du Festival Metropolis bleu 2010, d'une valeur de 10 000 $. L'auteur d'origine haïtienne recevra le prix au cours de la 12e édition du Festival littéraire international de Montréal Metropolis bleu, qui se tiendra du 21 au 25 avril. Les plus récentes oeuvres de Dany Laferrière incluent Je suis un écrivain japonais et L'énigme du retour, qui est en lice pour le prix Médicis et le prix Fémina 2009. Parmi les derniers lauréats du Grand prix littéraire international Metropolis Bleu, on compte A.S. Byatt (2009), Daniel Pennac (2008), Margaret Atwood (2007) et Michel Tremblay (2006).
La Presse Canadienne

Sûrement un homme heureux en ce moment ! De mon côté, je suis de plus en plus inconfortable avec le fait que je ne l'ai pas encore lu ! Je vais commencer par son petit dernier. Je l'achète pas plus tard que demain.

Je ne peux m’empêcher d’être contente pour lui. J’ai réalisé aux Correspondances d’Eastman combien c’est un homme collaborateur, courtois, bref, il a une belle attitude. Et il travaille fort, vous avouerez. Et on ne peut pas l'accuser d'être banal ! Et ses yeux pétillent plus que jamais !

Voyons voir, 10,000 $ ... c’est l’équivalent de combien de romans vendus ? ...
J’ai fait le calcul, juste pour le plaisir ... 4,000 romans L’Énigme du retour ! Je lui souhaite en plus ces 4,000 romans vendus mais ... j’ai comme des doutes.

Recevez toutes mes félicitations monsieur Laferrière !

Photo tirée du site : www.air.villagillet.net

dimanche 25 octobre 2009

Butinons le butin

C’est mon vrac. Je m’en ennuyais, vous aussi j’espère ! Ça me laisse de la latitude et j’ai besoin parfois de sortir de l’encadrement des commentaires de lecture et aller folâtrer un peu partout qui, je le réalise, tourne toujours autour de l’humain.

L’inconnu
Assez souvent, le premier réflexe devant l’inconnu ; regard suspicieux, petit pas en oblique, quand ce n’est pas le braquage. Un réflexe des plus humains. Prenez Le discours sur la tombe de l’idiot, de Julie Mazzieri, en lice pour le GG, j’étais moins attirée pour la seule raison que je ne la connaissais pas. Dans le domaine littéraire, on s’entend que ne pas connaître veut surtout dire « ne pas en avoir entendu parler ». Eh bien, ça y est, j’en ai maintenant entendue parler ! Une bonne samaritaine m’a aiguillée : Julie Mazzieri aurait suivi son cours littéraire avec Yvon Rivard, est une Montréalaise « exilée » en Corse par amour depuis quelques années. La messagère, digne de confiance dans le sens qu’elle n’a aucun intérêt à promouvoir cette auteure, m’a révélé que cette lecture a été son grand coup de cœur toutes catégories confondues : « C’est un roman sobre et fort, lucide, à la langue extrêmement maîtrisée, d’une grande intelligence et tout en finesse, une très belle découverte ». Ça m’a donné le goût de me jeter dans les bras de l’inconnu ! Cette lecture devient incontournable pour moi. On s'en reparle !

Andrée Ferretti récipiendaire du prix Alfred-Desrochers 2009 – Tiré Le Libraire
(Marsi et moi y étions ! En fait, nous étions à proximité des trois écrivaines en lice, voyant l’espoir miroiter dans leurs yeux).

Andrée Ferretti n’est pas repartie les mains vides du dernier Salon du livre de l’Estrie. L’écrivaine a remporté le prix Alfred-Desrochers 2009 remis par l’Association des auteures et auteurs des Cantons-de-l’Est, grâce à son roman Bénédicte sous enquête (VLB éditeur). Meilleure chance la prochaine fois pour Michèle Plomer (HKPQ, Marchand de feuilles) et July Giguère (Rouge presque noire, Hexagone). « Le roman d'Andrée Ferretti a été un coup de cœur pour tous les membres du jury », a souligné le président du jury, Antoine Sirois. Ce texte raconte la découverte d’un ancien manuscrit dans une maison tricentenaire de Neuville. S’ensuivent questionnement, recherches et surprises.

L’écrivain et le rejet
L’écrivain abouti, ou potentiel, a à vivre avec le refus. Quand un écrivain en lice n'est pas choisi pour un Prix, il a à gérer une forme de rejet. Je l’apparente à celui de la démarche pour offrir le premier manuscrit. Presque tout écrivain, y compris les maintenant célèbres, n’ont pas été publié dès leur premier envoi. On leur a retourné leur espoir accompagné d'une lettre circulaire. En France, par exemple, 1 manuscrit se publie sur les 1,000 reçus de la manière la plus anodine qui soit, la poste. Imaginez les piles et les piles de manuscrits !

Il y a plusieurs histoires sur le sujet, j’ai retenu celles-ci (article du Nouvel Obs.com)

Sorj Chalandon reçoit un mot écrit d'une belle encre bleue: «Dans ce texte, il y a tout et il n'y a rien du tout. Il faut travailler, travailler, travailler. Il faut que l'enfant pose la plume et que l'adulte la prenne.» Cette réponse est signée Dominique Fernandez. Le futur académicien est membre du comité de lecture de Grasset. Pendant vingt ans, Chalandon ne retouche pas son manuscrit. Quand il le renvoie, profondément remanié, en 2005, il est accepté. Par Grasset.

Qui se douterait, par exemple, que Vincent Message, 26 ans, l'un des plus jeunes primo-romanciers de cette rentrée, a envoyé son premier manuscrit au Seuil il y a dix ans déjà? Depuis l'âge de 16 ans, il a bénéficié auprès de Louis Gardel d'une sorte d'accompagnement éditorial qui lui a permis de mûrir ... Et de finalement être publié !

Je serai drôlement curieuse d’apprendre la proportion au Québec : un manuscrit sur 100, 200, 300 ? De quelques éditeurs, j’entends surtout que les bons manuscrits manquent à l’appel (À lire certains premiers romans, je serai porté à le croire). Je me suis plu à imaginer un bouquin qui rassemblerait l’expérience du « premier manuscrit » de nos auteurs et quelques éditeurs qui se prononcent. Comme disait ma mère « ça tomberait dans ma talle ! »

Je vous laisse sur ce dessin qui m'a bien fait rire ...

Source:www.blogapart.info