mercredi 25 mars 2015

Histoire d'un bonheur de Geneviève Damas

J’ai tant aimé « Si tu passes la rivière », comment pouvais-je passer à côté de ce titre ! On s’en doute, ce n’est pas l’histoire banale d’un bonheur ou, si ce l’est, c’est en surface et il est factice.

On découvre Anita, une bourgeoise à la retraite, drôle à force de fonder sa vie sur des leurres. Je me suis attachée à ce personnage, trop d’ailleurs, j’ai été frustrée de quitter ses pensées. J’ai adoré résider dans sa tête où la candeur fraye avec la peur. Sa peur de l’inconnu. Elle nous fait réaliser jusqu’à quel point une bourgeoise craint le changement, la moindre fluctuation dans son univers aseptisé.

Deuxième personnage : Noureddine. C’est un adolescent délinquant qui tente d’étudier le soir, malgré ses conditions de vie précaires et sa famille dysfonctionnelle. Personne ne lui a jamais donné sa chance. Troisième personnage : Nathalie, la voisine d’Anita. Une mère qui se croit heureuse en ménage jusqu’à ce qu’elle découvre la trahison de son mari. Le quatrième est Simon, le beau-frère d’Anita, un homme défiguré par un accident. Anita ressent une inexplicable sympathie vis-à-vis lui, probablement par reconnaissance d’un être qui vit, comme elle, seul sur son île.

L’auteure a donné à tour de rôle le micro à chacun des quatre personnages. Ils sont ou seront liés, ce qui est à découvrir. Absolument à découvrir. Je l’ai dit, Anita reste ma préférée, malgré ma sympathie pour les trois autres. Sa vulnérabilité en fait un personnage presque risible. Et puis, elle est en crise. Le drame qui vient de bouleverser sa vie ; apprendre que son fils, qu’elle plaçait sur un piédestal est homosexuel.

Noureddine est tout un numéro ! Il ne se plaint pas de sa vie qu’il a pourtant très dure. Il fait connaissance avec Anita qui endosse auprès de lui un rôle d’aide au devoir. Il verra en elle une compagne de mauvais sort. Grâce à son apport, il entrevoit qu’apprendre peut être intéressant. Il lui en sera éternellement reconnaissant, et cette loyauté le mènera loin ! Nathalie arrive dans le duo Anita/Noureddine comme un cheveu sur la soupe. Sa vie est en crise, autant que celle d’Anita. Noureddine se retrouve entre les deux. Arrivera Simon qui viendra supporter le trio.

Il faut savoir qu’en changeant de voix narrative, Geneviève Damas change de style, de ton, de langage, même de son de voix (que j'ai imaginé !). J’ai éprouvé de la difficulté à partir avec Noureddine, son langage chantant et son argot prononcé m'a projeté sur une ligne d'horizon opposée à celle d’Anita.

Nathalie est peu typée, on reconnait le talent de l'auteure de nous y intéresser à part égale avec Anita et Noureddine. Mais son drame touche. Beaucoup. Peut-être parce qu’elle est une victime assumée et qu’elle vit son désarroi en pleine conscience. Simon est le personnage mystérieux, le plus solide, je pourrais même dire, le sauveur.

Imaginez-vous cet amalgame de personnages différents qui finissent par danser ensemble ! Et pas nécessaire de seulement l’imaginer, vous pouvez le vivre, le lire, c’est à votre portée.

J’ai aimé ce roman lumineux qui débutent dans les entrailles du terre-à-terre pour viser plus haut. L’évolution des relations se déroulent rapidement en restant crédible. Un tour de force. La drôlerie de cette histoire est de nous faire avaler la vulnérabilité de la bourgeoisie !

jeudi 19 mars 2015

Le Puits de Daniel Lessard

Avec Le Puits, Daniel Lessard réitère dans le roman historique en y rajoutant un fond d’enquête policière.

On se retrouve dans le même village Saint Benjamin, devant le même tableau champêtre, représentant un curé borné et un maire méprisable en relation avec une femme qui se serait enlevé la vie. Jusqu’ici, c’est similaire à la saga de Maggie. Les différences maintenant. Le suicide de cette femme sexuellement désirée par à peu près tous les mâles du village suscite de sérieuses interrogations, particulièrement de la part des femmes de la paroisse. La posture du cadavre sans vêtement est pour le moins saugrenue : tête première dans un puits, noyée depuis quelques heures. Quel pourrait être le mobile de ce suicide, d’autant plus que Rachel n’a jamais été aussi amoureuse de sa vie. Après une relation torride, son Ryan est parti faire la guerre et ils s’écrivent des lettres passionnées.

Il y a de quoi mener une enquête en règle mais plusieurs hommes s’y opposent et en seraient dérangés : les voisins, le curé, le maire et un vil commerçant soupçonné de vols à répétition. Chacun pourrait avoir une raison de l’avoir tuée.

Au retour du fiancé, une enquête sera menée par un policier plutôt timoré, tandis que le soldat Ryan et son meilleur ami, accompagné de la sœur de la défunte partiront eux aussi à la quête d’indices pour trouver le meurtrier, désirant effacer l’hypothèse du suicide.

Comme dans Maggie, les personnages sont colorés et typiques et les relations amoureuses relatées avec juste ce qu’il faut de mystère et de romantisme. Daniel Lessard sait manier l’histoire amoureuse. D’ailleurs, ce que j’ai préféré dans ce roman est la période où les amants se fréquentent. Nous assistons à l’apprivoisement (les différences de langue et de religions), le cœur de l’étreinte et ensuite le départ et ses lettres enflammées. Ces passages sont les meilleurs. Rarement ai-je cru à ce point à un amour torride dans des lettres.

Le personnage de Rachel est mystérieux et par là, devient fascinant. Elle est considérée sauvageonne par la plupart des villageois ou à tout le moins lente d’esprit. Jeune, elle est arrivée seule pour s’acheter une maison dans le village et cela émoustille les mâles en manque de sexe. Une femme ne peut vivre sans un homme, et tous ses attributs, est la prémisse du désir ardent de ces mâles en rut. J’avoue que l’auteur ne fait pas une belle part aux habitants mâles d’un certain âge dans cette histoire. Les personnages féminins du même âge (35-55 ans) sont toutes plus sages, qu’on se le tienne pour dit.

Le soldat est attachant et crédible jusqu’au moment où il apprend la mort de celle qu’il adulait. Sa douleur est si rapidement effacée pour les besoins de l’enquête que je me suis sentie dans un roman. Dans la « vraie » vie, une période d’effondrement aurait immobilisé l’homme ou à tout le monde aurait donné des ratés dans sa performance. Voilà un homme valeureux, on peut presque parler de superman.

J’ai aimé suivre de près les dédales de la relation des deux sœurs, les non-dits et la culpabilité sous-jacente. Nous retrouvons dans ce roman la même force que dans Maggie, la présence intense d’un esprit de village. C’est palpable et apprécié des citadins que nous sommes à l’époque individualiste qui sévit présentement.

Et je vous avise qu’une fois le livre terminé, vous aurez un furieux goût de déguster des topinambours.

samedi 14 mars 2015

C'est le coeur qui meurt en dernier - Robert Lalonde

J’ai une histoire d’amour inachevé avec Robert Lalonde. Certains romans, je les ai quittés, avec la conviction d’y revenir un jour. Ce jour où je serai dans l’humeur de lire de l’intériorité riche et intense. Riche, parce qu’intense à chacune des phrases. Peu de pause accordée par la légèreté d’un dialogue par exemple. Il nous amène visiter les couches profondes de sa pensée où il ne règne pas toujours une clarté éclatante.

Cette fois, sujet intime entre tous ; sa mère. Si voulez connaître un homme, vraiment connaître ses revers moins évidents, faites-lui parler de la relation avec sa mère. C’est efficace. Autrement dit, et dans le cas qui nous occupe, Robert Lalonde se révèle énormément dans ce roman, plus à mon avis que dans n’importe quelle biographie en bonne et due forme.

Il fait un portrait vivant et détaillé de sa mère, hors du commun. Sa mère et le portrait sont hors du commun, en tout cas sous la lunette de son fils.

Une fois le livre fermé, je me suis demandé si maintenant, je l’imaginais mieux, cette mère surprenante. Si j’arrivais à la cerner assez pour l’imaginer dans la vraie vie. Non, pas tant que ça, malgré les 168 pages qui la décrivent sous plusieurs angles. Mais la relation entre la mère et le fils, oui je l’imagine mieux. Une de ces relations étroites, où la manipulation de la mère aimante force le fils à une acrobatie émotive quotidienne. L’amour entre ces deux êtres, que leur caractère en apparence n’incline pas à se rapprocher est à suivre comme une danse où lorsque trois pas sont esquissés vers l'arrière, deux autres sont à prévoir vers l’avant. La tentative de fuir de la toile tissée de cette mère araignée est flagrante, pour échapper à l’étouffement de l’amour de cette femme à l’émotion toujours à fleur de peau. Une de ces femmes qui a dédié entièrement sa vie pour ses hommes : mari et fils. Qui a sacrifié leur vie. En revanche, elles exigeaient impérativement de la reconnaissance. Au contraire des femmes émancipées, elles ne laissaient pas la liberté à leurs hommes, surtout pas à leurs fils pour qui elles s’étaient inquiété.

Robert Lalonde a une mère de cette trempe et en plus, pas une molasse, une fantasque, comme on disait à l’époque. S’abandonner à être elle-même, cet être aurait pu justement être une artiste de la scène, ce que son fils a accompli pour elle, mais beaucoup avec moins d'extravagance.

L'histoire est intéressante, ai-je besoin de le préciser, maintenant que vous réalisez qu’il m’a fait réfléchir aux relations humaines, dont les toxiques. Robert Lalonde s’en est sorti dans la mesure où l’on arrive à se sortir d’une relation aussi intense avec sa mère quand on est un fils unique. Et un unique fils. Sa mère d’ailleurs ne se pâmait pas devant le statut d’écrivain de son fils qu’elle secouait de ses remarques acérées avec une part de cette justesse qui ferait réfléchir tout être bien-pensant.

Le roman m’a d’autant plus touchée que moi aussi je me suis réconciliée avec ma mère sur le tard. Quand elle était mal en point, plus vulnérable, plus accessible. Robert Lalonde s’est protégé de sa mère une bonne partie de sa vie d’adulte, et à la fin quand il se sent enfin capable de l’aimer sans étouffer, il s’en approche et découvre un être fascinant, plus sage qu’il n’y paraissait. Bref, un portrait fascinant d’une mère qui rend la vie tout, sauf ennuyante.

Il y a une émotion intempestive dans ce roman que j’aimerais retrouver plus souvent chez cet écrivain tout en retenue.

mardi 10 mars 2015

L'Horloger de Félix Villeneuve

L'Heure du conte

J’ai habituellement de la difficulté à me souvenir des histoires brèves et nombreuses. Pourtant, celles proposées par Félix Villeneuve sont venues s’ancrer dans mon inconscient, se sont adressées à une part de moi qui sonde les mystères de la vie par la symbolique.

Tout au long de ma lecture des sept nouvelles, je suis retournée aux contes de mon enfance avec leur lot de cruauté, de géants, de guerres, de princesses, de sang et de sorcières. Dans les contes, autant que dans les nouvelles de Félix Villeneuve, la vie se marbre de courants de violence déposés sur fond de bienveillance. Qui s’y penche le moindrement est assuré de perdre une vision rose de sa vie qui occulterait les forces du bien et du mal.

Je frémis habituellement devant les éclats de violence, je peine à les voir se projeter sur ma psyché et pourtant, j’ai cohabité presque sereinement avec « Le Sombre », ce barbare qui tue sa progéniture mâle. Ma cuirasse? La distance créée par l’excès de ces personnages imaginés, se tenant loin de mon quotidien.

Nous avons toujours une nouvelle qui s’isole par l’émotion unique qu’elle nous fait vivre, ce fut étonnamment « L’ami fidèle », moi qui n’ais jamais eu de compagnon canin.

« L’Horloger », celle que l’on suggère comme le fil attachant les six autres n’a pas su satisfaire complètement ma faim des sens. Elle m’a plutôt confirmé que certaines propositions m’ont échappée ou étaient adressées à un autre filtre que celui de mon rationnel.

Le style franc de Villeneuve sert assurément le genre « nouvelle », en allant directement au but. Avant tout, j’ai découvert un peintre croquant les couleurs de l’imaginaire avec talent.

Lu dans le cadre de La Recrue du mois, vous avez donc 4 opinions au lieu d'une. Et une entrevue avec l'auteur. Et sa revue de presse (très sommaire, pas évident les premiers romans dans cette jungle)

mardi 3 mars 2015

Dans de beaux draps en Italie - Mélanie Fortin

D’emblée, je ne suis pas attirée par ce genre de couverture, j’ai donc mis de côté ce roman. Plus d’un an plus tard, je l’ai repris entre mes mains et j’ai réfléchi. Dans la vie, je ne rejette pas une personne parce qu’elle est habillée de telle ou telle manière, pourquoi le ferais-je avec un roman ? J’ai décidé de le lire, surtout qu’il se passait en Italie.

Une mère de deux jeunes enfants découvre une lettre compromettante, ce qui met en cause la fidélité de son beau mari, pilote d’avion. Le genre très beau avec son costume de pilote, donc très convoitée par la gent féminine. La réaction impulsive de l’épouse cocue : s’enfuir deux semaines avec sa meilleure amie, sur le point de partir par affaires à Florence. Cette amie peintre, Katherine sera très accaparée par ses affaires, et laissera son amie en plan, seule à l’hôtel avec son désarroi. Celle-ci décidera de visiter Florence en solitaire et lors de ses escapades rencontrera un écrivain croisé au préalable à l’aéroport. Elle se redécouvrira sous le regard neuf de cet homme, par contre, elle sera rongée de culpabilité en pensant à son mari et ses deux enfants. Elle appréhendera son retour à la réalité.

Les 378 pages se résument rapidement car l’histoire est d’une grande simplicité à la base. Par exemple, si l’épouse trompée avait immédiatement confronté son mari, ou si la ville de Florence n’était pas si belle, et les doutes et remords d’Annabelle si abondants, nous serions en face d’une plaquette.

C’est une histoire qui décrit avec moult détails l’enfer des doutes d’une mère face à un possible déchirement de la famille … par sa faute. L’auteure met rapidement les cartes sur la table, ce qui fait qu’il devient évident pour le lecteur qu’Annabelle serait plus épanouie dans les bras de l’écrivain que dans ceux du pilote. C’est sans compter la réaction du mari, père des enfants qui mettra des bâtons dans les roues, à cause principalement de son orgueil écorché. C’est l'ex mari qui règlera l’heure et le jour, non pas de la séparation mais de la nouvelle union de la mère de ses enfants. Annabelle attendra cette bénédiction, mettant son nouvel amour sur le « hold », quitte même à le perdre pour ne pas mettre en colère son pilote, qui ira jusqu'à frapper l'amant de la mère de ses enfants. D'ailleurs, celui-ci ne se défendra même pas, comme s'il méritait ce châtiment. Cette mère mettra tout en œuvre pour que la séparation se passe dans l’harmonie pour ses enfants. C’est elle qui assumera le principal des sacrifices pour assurer la paix familiale.

Je n'ai pu m'empêcher de m'écrier : "Ah, les femmes et leur sentiment de culpabilité exacerbé !" On en fait une démonstration modèle dans cette histoire. 

J’avoue ici que j’ai eu mal à mon féminisme et que les relents de croyance judéo-chrétienne m’ont empêché de savourer chaque rebondissement.

Pourtant, il est facile de s’attacher aux deux personnages féminins et la première partie du roman est une partie de plaisir. Il fait bon de passer des moments avec elles dans la ville de Florence que l’auteure semble connaître sur le bout de ses doigts. Le personnage de l’écrivain est également crédible et attachant.

Je suis contente malgré tout de mon ouverture vis-à-vis ce titre, mais j’en conclu que je ne suis pas la lectrice ciblée pour ma difficulté à m’abandonner aux valeurs que le roman transmet, l’harmonie à tout prix.



samedi 21 février 2015

L'Homme de la Saskatchewan de Jacques Poulin

Je le dis en partant, ce billet ne mérite pas de s’appeler “critique”. C’est vraiment un commentaire et, même un commentaire incomplet.

L’auteur, je peux l’avancer sans crainte de représailles, puisqu’il est notre fantôme national, ne m’en voudrait pas. Vous le savez, puisqu’il le clame aussitôt qu’on lui en donne l’occasion ; il n’a pas besoin que l’on parle de lui. De ses écrits ? Beaucoup plus, j’imagine, car il doit aimer vivre de sa plume. Même s’il est maintenant à l’âge de la retraite, ça reste le chouchou littéraire du Québec.

À chaque fois que je le lis, je me cale dans un moment de détente et de tendresse… disons, fruitée. De la tendresse fruitée, c’est ça.  Cette fois, l’intrigue est mince, plus mince encore, tellement qu’il m’en reste que des images et quelques sensations. On dirait que cet auteur s’amuse au jeu des situations inquiétantes.  "S’amuse" est le mot à retenir dans cette phrase. La menace dans ce roman est un personnage qui ressemble à Mad Dog Vachon, un boxeur maintenant décédé. Son spectre ne ferait même pas mal rêver un enfant hyper sensible à toute matière cauchemardesque. C’est de la prose inoffensive et, j’imagine, qu'elle fait du bien de temps en temps. Un genre de tonique à l’eau de rose.

Cependant, comparés à ceux de la littérature à l’eau de rose, les thèmes ne sont pas vides : la lecture, l’écriture, les bibliothèques, les librairies, la langue. Cette fois, on rajoute un thème populaire au Québec ; le hockey.

Le personnage écrivain, Jack Waterman de son grand nom, n’a pas le temps, ou n’est pas inspiré, je vous laisse choisir, d’écrire la bio d’un joueur d’hockey célèbre. Il refile le travail d'écriture au noir (ou fantôme) à son petit frère, Francis qui devra se mettre dans la peau du hockeyeur. Le hockeyeur en question est un métis dont les ancêtres ont été décimés par la milice anglaise en Saskatchewan. Il a des idées sur la place que la langue française devrait occuper dans ce club. L’auteur a saisi ce prétexte pour parler de la sauvegarde de la langue française dans le milieu du sport.

Le lecteur assiste de près à la rédaction de cette bio, par-dessus l’épaule du petit frère qui, bien entendu, panique de temps en temps, va chez son frère et lui demande conseil. Celui-ci, comme une  éminence grise, préfère ne pas être déranger, il a d’autres chats à fouetter.

Francis est subjugué par une jolie demoiselle surnommée sauterelle pour ses longues jambes. Elle conduit et réside dans une Westfalia. Elle y habite avec son chat. Voilà où est le chat, car il en faut toujours un. D’où vient-elle ? Que fait-elle ? Eh bien, vous allez être déçus, je ne m’en souviens plus. Une vague amie, j’imagine, puisque cela reste vague dans ma tête. Si Jacques Poulin n’était pas une sommité avec sa cour de lecteurs, j’aurais été relire certains chapitres pour me remémorer de quoi il en retourne mais, cette fois, et j’espère que vous me le pardonnerez, j’ai opté pour laisser parler mon amnésie. Celle-ci s’exprime : c’est l’ambiance qui prime, non pas les faits. La jeune femme est une marginale, on peut l’appeler une « granola », une bohème, une nomade qui entrainera Francis dans une escapade mémorable.

Mais n’oublions pas l’homme menaçant, celui qui ressemble à Mad Dog Vachon. Il guette et se profile parfois dans les parcs. Il semble surveiller le petit frère. Il aurait un rapport avec la biographie, il représente un genre de comité qui prend au sérieux le fait que l’on dévoile ou critique le Grand Club de hockey. Mais, je n’y ai pas cru. Pas du tout. Cet espionnage m’a semblé facile, comme dans un conte où l’imagination se débride.

J’imagine que maintenant, avec le cœur de plus en plus bon enfant de l’auteur, c’est l'attitude qu’il est bon d'adopter ; lire comme si c’était un conte. Est-ce que les contes ont besoin d’être plausibles ? Non. Est-ce que l’on s’empêche d’en lire et d’en aimer parce qu’ils ne sont pas plausibles ? Non.

Tout ce que j’avais à en dire est dit. Ceux qui ont lu ce titre, ne vous gênez surtout pas de rajouter votre grain de sel, sinon même la salière entière.

N.B. : Dieu m’en garde, ce n’était pas un service de presse !

mercredi 11 février 2015

Retour en force du Vrac !

Librairie Pantoute à Québec

Ramenez un inconnu pour la St-Valentin !
Cette initiative est trop charmante. Vraiment. Il fallait y penser et c’est la librairie Pantoute qui l’a fait. Pour moins de 20$ vous ramenez un inconnu entre vos murs ! Si votre amoureux est avec vous, lisez-lui un passage. Chacun votre tour. L'image vaut mille mots (ci-contre)



  Honte ou Fierté
Êtes vous parmi les dix pires ou les dix meilleures?
Quel est le pourcentage de livres québécois qu’offre votre bibliothèque publique? Repérez le rang de la vôtre sur le tableau complet. La mienne, à Magog exige une amélioration certaine, elle se classe parmi les pires. Vous vous sentez impuissants ? Non, ne le soyez pas. Un roman québécois vous tente et n’est pas offert par votre bibliothèque ? Demandez qu’on le fasse venir. C’est majoritairement un « oui » que vous recevrez à cette demande. Et savez-vous que, du coup, vous rendrez un fier service à l’auteur ? À chaque mois de février, ceux-ci reçoivent une redevance tirée du programme du droit de prêt public. Plus l’œuvre est disponible dans le plus de bibliothèques possibles, plus le montant est consistant. Ne vous gênez surtout pas ! Il arrive même que ce montant soit plus intéressant que le droit d’auteur.

Venise au milieu du livre (concours)

Un professeur de théâtre du Séminaire de Sherbrooke m’a demandé d’aller exposer les grandes lignes de la route du livre, ou chaîne. Expérience inoubliable. Je réitérerais n’importe quand ! Je me condenserais par contre, et j’aurais des documents à l’appui. Belle écoute de cette dizaine d’étudiants. À un moment donné, je leur ai lu un texte que j’ai pigé à même la description d’une maison d’édition. Laquelle ? Parmi les personnes qui trouveront le nom de la maison d’édition, je ferai tirer un livre. Allez, on s’amuse !
« Nous accordons une place importante aux influences des littératures de l’imaginaire et accueillons des textes dont le souffle et la portée frôlent les limites d’un cadre réaliste. Nous apprécions la curiosité, le dépaysement, les histoires plus grandes que soi, l’étrange, l’humour, le flou et ses contours, les récits qui transportent, remuent ou émeuvent, bousculent les conventions et font germer les songes. Nous apprécions beaucoup d’autres choses, mais ça, c’est à vous de le découvrir »

Finalistes Prix des libraires
Mais où suis-je et que lis-je ? Je n’ai lu aucun titre des cinq finalistes. J’aimerais lire L'Angoisse du poisson rouge. Est-ce que le Feu de mon père va gagner ? Il a fait beaucoup de bruit et en fait encore. Deux chances sur cinq que ça soit un Boréal,
  • Le Feu de mon père, Michael Delisle (Boréal)
  • Forêt contraire, Hélène Frédérick (Verticales)
  • Ma vie rouge Kubrick, Simon Roy (Boréal)
  • Azami, Aki Shimazaki (Leméac)
  • L'Angoisse du poisson rouge, Mélissa Verreault (La Peuplade)
Place à la poésie !
Le prix des libraires englobe maintenant la catégorie POÉSIE. Même si j’en lis peu, la nouvelle m’a fait plaisir. Déjà de lire les titres, on est projeté hors de nos prosaïques quotidiens :
  • Les planches anatomiques, Jean-Philippe Bergeron (Poètes de brousse)
  • Les jours sans tain, Benoît Chaput (L’Oie de Cravan)
  • Ciseaux, Roxane Desjardins (Les Herbes rouges)
  • Mes ancêtres reviendront de la guerre, François Guérette (Poètes de brousse)
  • Outrenuit, Benoit Jutras (Les Herbes rouges)
  • L’année des trois printemps, Isabelle Lamarre (L’Oie de Cravan)
  • Salut Loup!, Laurance Ouellet Tremblay (La Peuplade)
  • Poissons volants, François Rioux (Le Quartanier)
À la journée de la poésie, le 21 mars, la liste se resserra à quatre titres.