mardi 26 août 2008

Le froid modifie la trajectoire des poissons - Pierre Szalowski

Bon, ramassons nos idées, il est temps de parler de ce sympathique roman, sans prétention aucune. Pour le résumer beaucoup, on pourrait dire que LA tempête de verglas de 1998 sort le voisinage d’un enfant de 10 ans de sa trajectoire de vie, comme le froid fait dévier la trajectoire des poissons. Une ligne en caractère gras sera tirée entre le « avant » et le « après » la tempête. Et vive la tempête, pourrait-on conclure !

Le cœur de l’histoire part justement du cœur d’un enfant de 10 ans, jamais nommé, qui découvre que ses parents veulent et vont se séparer. Il implore le ciel et qu’est-ce que le ciel fera pour l’aider ? Une tempête de verglas. Eh oui, ni plus, ni moins !

Plusieurs histoires de plusieurs personnes se chevauchent, se réunissent sous la chaleur d’une ampoule allumée ou d’un cœur qui bat la chamade de l’amour universel. C’est d’ailleurs de la nature humaine à son meilleur dont il est question, ce qui en fait une histoire très optimiste. Bon enfant même. Quelques séances de défoulement sur le divan du psychanalyste qui l’héberge pendant la panne d’électricité transformeront un père amer et vulgaire en homme posé et aimant. Il y a des histoires qui sont venues me chercher un peu plus, comme celle du Russe qui fait des expériences avec les poissons en compagnie d'une belle voisine danseuse nue. Cela vient peut-être de l’idée que l’amour qui entre en trombe dans une vie vient la bouleverser aussi sûrement qu’une tempête de verglas.

Mais je vous parle des voix mitoyennes à la voix centrale, celle du bambin qui pleure la séparation de ses parents et quand je dis « pleure » c’est au sens littéral. Plusieurs personnes pleurent dans cette histoire, je le note car je dois avouer que c’est un détail qui m’a énervé à la fin. Je ne percevais pas vraiment d’émotion sous le pleur, faut-il dire, peut-être parce que le ton voulant rester léger, naviguait à la surface des événements et des personnes.

Il est devenu clair pour moi que Pierre Szalowski voulait arriver à ses fins : démontrer combien les enfants sont des pions que l’on bouge sans y prendre garde lors d'un divorce. C’est peut-être moi qui suis trop sensible à l’idée de me faire « vendre » une quelconque idée dans un roman, qu’elle soit très valable ou non, mais le tissu était cousu de gros fils blancs.

Malgré tout, cette histoire appelle à l’indulgence pour le baume heureux qu’elle pose sur les misères humaines, dès le départ, tout est en place pour que ça aille bien et ça se sent. En tout cas, moi, je l’ai senti comme l’on sent fleurir la fin heureuse d’une comédie romantique. J'ai quand même trouvé que la fin et ses dénouements heureux s'étirait en longueur. Cela m'a fait réaliser combien la nature humaine est ainsi faite qu'elle est captivé par le duel, l'opposition, le paradoxal, le nébuleux, le mystère quoi !

Tout bien considéré, je me dis qu'il fait bon de s’offrir de ces petites réconciliations avec la vie, non ? En autant que les attentes soient ajustées en conséquence d’un roman à laisser fondre sur la langue comme du tendre nougat au miel.

7 commentaires:

Karine a dit...

J'ai failli l'acheter un nombre incalculable de fois, celui-là (en fait, je pensais que je l'avais... mais non)... mais avec ce que tu en dis, malgré que tu sois positive... je pense que je vais passer mon tour. Le truc des pleurs, c'est tout à fait le genre de chose qui peut m'exaspérer!

Venise a dit...

@ Karine : Je sais, pour lire assez souvent tes commentaires de lecture, que certains "Tics" de langage peuvent venir qu'à te mettre les nerfs en boule. Mais, ceci est le côté le plus personnel de la lecture, peut-être que ce qui m'a agacé passerait inaperçu pour toi. C'est vraiment très, très personnel ces histoires-là.

Si tu aimes les histoires légères, les comédies romantiques, les gens heureux qui ont une histoire, il ne faudrait pas te priver de ce roman pour quelque chose qui m'a agacé, moi.

réjean a dit...

Bonjour Venise,

Je profite de votre blogue pour vous informer que ARTV propose, depuis la semaine passée, une nouvelle série d'émissions sur la littérature : Les nouveaux mondes. Pendant une demi-heure, un artiste part sur les traces de son auteur préféré. La semaine dernière, nous avons eu droit à Marie Tifo et Anne Hébert. Cette semaine, c'est Sylvie Drapeau et Gabrielle Roy. Je sais que cela risque de vous intéresser. Les heures de diffusion sont les suivantes : Jeudi 19h; vendredi 4h(du matin); vendredi 16h. Au fait, avez-vous vu le merveilleux documentaire que Léa Pol a fait sur Gabrielle Roy il y a quelques années ?

Venise a dit...

@ Réjean, Je commence à me mordre les doigts de ne pas capter ARTV. Bientôt, nous allons y être obligés mais en attendant, je manque des émissions qui me passionneraient. Il faudrait que je mette la main sur cette copie du documentaire de Léa Pol sur Gabrielle Roy. Peut-être à la cinémathèque à Montréal ?

réjean a dit...

Le documentaire de Léa Pool s'intitule «Gabrielle Roy, les chemins de l'écriture» et peut être emprunté ou visionné sur place à la Grande Bibliothèque de Montréal. Un petit tour dans la métropole pour bientôt ?

Lau(renceV) a dit...

J'ai bien aimé ce livre plein de douceur et d'espoir. Oui, il y a des pleurs (mais pas trop). Mais c'est normal, non ? C'est une agréable et douce lecture qui met du baume au coeur.

Caro[line] a dit...

Bonjour Venise, je sors de mon silence car je viens de finir ce roman, il y a à peine une demi-heure. Je suis d'accord avec toi : l'histoire est plutôt cousu de fil blanc, on sent venir les choses, tout est bien qui finit bien, c'est plein de bons sentiments. Mais contrairement à toi, je n'ai ressenti aucune longueur, j'ai savouré cette fin comme une fin de comédie romantique et tout cela m'a fait énormément de bien !!! Je suis très contente d'avoir fait cette lecture. :-)