dimanche 30 novembre 2008

Je fais ouf !

Depuis vendredi, je suis dans un Salon d’Art, derrière la table, pas devant. Quelle expérience ! Ma première journée a été catastrophique, un genre de malstrom émotif. Premièrement, ce que je devais vendre, je ne l’avais pas. Ça part mal un bal, sans sa robe finalement.

Ma première motivation pour m’y inscrire était de vendre un calendrier conçu et dessiné par Marc. C’est la deuxième année que nous tentons l’expérience et jaugeant un peu le genre de clientèle de Salon de Noël, j’ai suggéré à Marc de concevoir un calendrier un peu commercial, dans le but de plaire à cette majorité, pas silencieuse du tout quand elle détient le gros bout du portemonnaie. Il a fini par accepter, même si ça semblait l’emballer plus ou moins (j’aurais dû me méfier !). Pour moi,
ça s’appelle faire des concessions pour gagner sa croûte, pour pas seulement en manger.

Ce que je n’avais pas prévu, et il n’a aucunement aidé à ce que je le prévois, c'est que la nature de mon chum prenne le dessus. Le calendrier en est un, littéraire, il y a d’inclus une petite histoire, poétiquement vôtre, sur le temps. Elle est tout simplement adorable l’histoire, mais c'est un peu surprenant sur un calendrier. En plus, il s’est arrangé pour que je ne lui demande pas d’en faire un autre l’année prochaine (!) puisqu’il couvre 30 ans. Il est spécial, et je parle pas seulement du calendrier ! Je ne saurais pas cette fin de semaine si, malgré sa spécificité, il trouvera preneur puisque Marc est arrivé avec un seul exemplaire vingt minutes avant la fin du Salon. Au moment exact où les gens se remballent, et leurs affaires aussi.

Comment lui en vouloir ? Il a travaillé aussi fort que pour être à temps. Sur un calendrier sur le temps. Tiens, tiens, je commence à comprendre le message, les calendriers devraient toujours avoir 30 ans avec mon chum d’artiste. Le message est clair.

Mais c’est bien beau tout ça, mais qu’est-ce que j’ai vendu en lieu et place ? J’avais les galets de mer de ma belle-sœur transformés en famille de coccinelles de toutes les formes et couleurs. Des sacs en tissus cousus par ma toujours belle-sœur enceinte jusqu’aux yeux, idéal pour transporter des livres. Quels livres ? Un album pour enfants « Un morceau d’étoile filante » et un recueil de poésie « Éventail & Motif » illustration de Marc et mots de Venise. Mais ce n’est pas facile à vendre des livres artisanaux d’auteur et illustrateur inconnus. Alors, le samedi, quand une dame m’a tendu le recueil de poésie en déclarant « Je le prends" j’ai répliqué « Vous êtes sûre ? », ce à quoi elle m’a répondu « Je n’ai peut-être pas l’air profonde comme ça, mais … ».
Ne vous en faites pas, je me suis racheté et elle l’a acheté. Elle est même revenue me voir deux heures plus tard me disant, je l’ai presque fini (elle l’a lu sur place dans un genre de petit café du Salon). J’espère qu’elle et moi partageons la même définition de la profondeur. Je porte une étiquette « femme lumineuse » mais la profondeur fait parfois descendre dans les bas-fonds.

Je ne vous l’ai pas encore dit mais samedi, j’étais franchement déprimée en sortant de là. J’avais l’impression que la famille de coccinelles s’était agrandie, au lieu du contraire, ce pourquoi j’étais là. Et tout le monde autour avait assez bien vendu. Évidemment, qu’à ce moment-là, on se demande : est-ce qu’il y a quelque chose que je fais de trop ou de pas assez ?

Le lendemain (aujourd’hui), je suis arrivée avec une énergie neuve, j’avais même demandé à mes anges de m’accompagner, vous savez, ceux-là qui n’ont pas besoin de tabouret. Et ça s’est beaucoup mieux passé. La famille coccinelle a perdu des petits de sa portée, j’ai vendu un sac et des albums. Ma technique pour les albums ? Je me suis mise à raconter l’histoire aux adultes, quitte à risquer l’attroupement … j’allais chercher leur cœur d'enfant en ouvrant le mien. Gens timides, prière de s'abstenir.

À la fermeture du Salon, il y a eu un tirage parmi les « vendeurs ». J’ai gagné un mini massage.

Je l’ai pris comme un message.

11 commentaires:

Laurence a dit...

Pas facile, d'être assise derrière le comptoir! On passe par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel émotionnel, que l'expérience soit bonne ou mauvaise!! Lâche pas la patata, comme on dit par chez nous!
;-)

Venise a dit...

Ah, Laurence, quel plaisir de te revoir ici ! En plus, tu dois être à peu près la seule à ne pas écouter "Tout le monde en parle" (ce sont les commerciaux).

Pas facile, tu as raison, et je ne lâcherais pas la patata car la fin de semaine j'y serai de nouveau, à Eastman cette fois-ci.

Mistral a dit...

Stie de Marc à marde. J'espère qu'il connaît sa chance, spèce de bandeur dessiné.

Venise a dit...

Mistral : Dans ton cas, je ne conclus pas que tu n'es pas devant ton téléviseur, je te soupçonne d'être capable de faire au moins, oui, au moins, trois choses en même temps.

Euh ... pour Marc, faudrait bien que je lui demande un jour :-)

Venise a dit...

J'étais crampée de rire pour la prise du Petit Paquet. Quel courageux Dany ! ll a gagné son cachet, il n'a plus besoin d'intervenir de la soirée.

Mistral a dit...

Right! Sacré Dany. Il en a toute une paire.

Beo a dit...

Spécial le calendrier de 30 ans! À chaque année j'en achète un d'une association de peintres du pied, comme on a chez nous.

Dessus, au dos en fait; ils nous disent de ne pas le jeter et ils énumèrent les années où il sera juste. C'est sur des séquences de 11 ans, 11 ans, 6 ans et ça repart= 11-11-6; ce qui donne 28 ans. Et Marsi qui en a fait un de 30 ans!

Intriguée je suis!

Mistral a dit...

Marc dessine avec ses pieds?

Venise a dit...

Béo : Le calendrier a un système assez ingénieux. J'espère que je vais pouvoir le démontrer un peu ici. Et les superbes illustrations va s'en dire. Nous avons enfin un appareil photo numérique, mais il est en dormance. Nous n'avons pas eu le temps de lire son mode d'emploi et puis d'installer le logiciel mais une fois cela fait, j'aimerais bien y montrer la binette à ce calendrier et sa perpétuité de 30 ans.

linerouge a dit...

J'en veux un.

Venise a dit...

Linerouge : Vous m'étonnez. Les yeux fermés, d'une foi vibrante, vous en voulez un !

C'est beau la foi. Malgré tout, je vais tenter de vous en présenter les personnages comme la superbe Marie Saint-Cro. Et si votre foi ne vous a pas trompé, nous verrons bien ce que nous pourrons faire :-)

J'ai déjà été vous visiter chez vous parce qu'il n'y a pas à dire, vous avez réussie à m'intriguer.

Non, mais vraiment, j'aime les personnes qui suivent aveuglément leur instinct de vie et bienvenue ici !