Faites comme chez vous

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jeudi 31 mai 2012

Débranchement

Bonjour à tous !

Le temps me manque pour rédiger mes habituels commentaires de lecture. Aujourd’hui, je stoppe le temps, délaisse les boites à remplir (déménagement oblige !), pour vous aviser que dans environ une heure, je serai débranchée d’Internet jusqu’au 6 juin. Axion, mon câblo-distributeur offre ce service une seule fois par mois, à la fin de celui-ci. À noter que le 6 juin, je vous écrirai de Cowansville.

Nous avons vendu officiellement la maison aujourd’hui, nous achetons l'élue de notre coeur officiellement lundi et déménageons mardi, le 5 juin. Monsieur Vidéotron viendra nous brancher le 6. Voilà ! Vous voyez que ces temps-ci, notre vie se résume en chiffres plus qu’en mots ! D’ailleurs, pour en ajouter un, un chiffre, nous en sommes à 80 boites et nous atteindrons le chiffre fatidique de 100 boites, c’est certain. Voilà ce que ça donne d’avoir 5 bibliothèques dans une maison !

Je lis toujours, presque autant qu'en temps normal, c’est le temps de rédiger qui me manque. J’ai pris du retard dans mes commentaires, plus qu’il n’y parait car, en plus des 3 titres à droite, j’ai terminé Tous les corps naissent étrangers, premier roman de Hugo Léger et Quelque chose comme une odeur de printemps, premier roman de Annie-Claude Thériault. En ce moment, je suis à lire le deuxième roman de Nadia Gosselin, L’amour n’est rien.

Ensuite, je me payerai la traite avec deux auteures de la région, entamant le deuxième de la trilogie Dragonville « Encre » de Michèle Plomer, puis, suivra de près, Yukonnaise de Mylène Gilbert-Dumas.

Cowansville est une ville à la limite de l’Estrie et de la Montérégie, 12,000 habitants, un hôpital, un lac, une prison, une rivière, une rue partiellement patrimoniale (nous l’habiterons dans sa partie non patrimoniale), une MRC, un Palais de justice, deux vignobles, un Festival de musique, un golf, un centre de la nature, des arbres centenaires.... et hop, le reste, nous le découvrirons !

J’ai très hâte de vous réécrire, ce qui voudra dire que le plus gros du cafouillis, barda, bouleversement, sera dernière nous, et surtout ce fameux stress d'arriver en même temps que les camionneurs !

J'ai hâte de me déballer, car incroyable, comment c'est plus emballant ! On construit, au lieu de déconstruire.

Ah oui ! J'oubliais. L'actualité m'interpelle beaucoup ces temps-ci ...hum, pas la seule n'est-ce pas ? Un texte @Voir Chez Venise "Plusieurs mains sur le volant".

À bientôt chers amis lecteurs !

samedi 31 mars 2012

Un village, Eastman

Je l’habite depuis 6 ans et demi. Je suis partie de la ville de Montréal, j'ai monté un petit mont en face d’un autre, majestueux, nommé "Mont Orford". Il me regarde ou je le regarde, c’est selon l’angle de la maison ou de la saison.

Le village d'Eastman, qui compte environ 1700 habitants a une pharmacie quand habituellement, un village se mérite sa pharmacie quand il en a 5,000, une épicerie qui s’est agrandie, une quincaillerie qui vend trop cher, quelques restos de trop, puisqu’ils ferment leurs portes en basse saison pour parfois de ne plus les rouvrir. Certains durent et perdurent, et je nommerai ici un Café de village, Les Trois Grâces auquel je suis fidèle depuis qu'il est né. Un autre, Le Petit Eastman est un café théâtre, tandis que le réputé théâtre La Marjolaine a son café et son Piano Rouge en haute saison. Impossible de mentionner le mot Eastman sans parler de ses fameuses Correspondances qui m’ont attirée ici, entre autres attraits, et qui en sont à leur 10e édition en août. Ne les manquez pas, ça vaut le détour !

Eastman, c’est aussi 3 lacs, dont un d’Argent, celui que je vois par mes fenêtres, le même qui a enseveli les corps de 43 personnes handicapées quand un autobus a plongé en ses eaux. On y pense encore, même si ça date de 1978, quand on fait notre marche pour atteindre les boites de casiers postaux où je trouve souvent – avec surprise et plaisir - des livres.

À Eastman, les activités ne manquent pas, et il en faut car ce petit village abrite deux Pâtisseries. Une beignerie, appelée Dora, en l’honneur de celle qui a eu l’idée de vendre ses beignes « maison » à partir de sa maison. Au-dessus de la porte d’entrée, on se laisse convaincre par l'adage « L’abus n’exclut pas l’usage ». Il s’y vend maintenant à peu près tout ce qui se mange : de la fève au lard au creton, de la tourtière à la lasagne, les confitures, et hop plein de gâteaux et de pâtisseries. Aux Avelines, la pâtisserie se fait plus Européenne, le produit vient de plus loin que chez la voisine. Les deux, avec leurs spécialités sont aussi bonnes une que l’autre. Pensez-y, dans un petit village : DEUX commerces pour les gloutons !

On dénombre bien sûr à Eastman plusieurs gîtes, jolis, tranquilles, accueillants et pas dispendieux mais, à mon avis, « Entre Cimes et Racines » cet écogîte en forêt se distingue entre tous. On ne vous y offre pas qu’un toit mais un domaine où le retour dans le passé se fait le plus naturellement du monde. Vous expérimenterez ce que vos ancêtres prenaient pour la vie, sans la traiter de pure ou de dure. J'ai visité ce domaine pendant les Correspondances d’Eastman mais je me promets d’habiter une de ses maisonnettes, idéalement la Troglo, pour Hobbit seulement ;-). Attention, celle-ci fait fureur, il faut réserver quelques mois à l’avance !

Quelques magasins d’antiquité vous font de l’œil et à tous les mois d’octobre, depuis vingt ans, une exposition d’antiquités attire juste ce qu’il faut de monde pour que Eastman fasse la belle. Revient à chaque année pendant le temps des fêtes le Salon du cadeau, Les Fioritures en offre à l'année et Le plus fou des deux fait dans le meuble sur mesure. En parlant du sur mesure, Letiga habille élégamment l'homme sous ses pantalons. Vous ne perdez pas de vue que nous sommes toujours dans le même village de 1700 personnes ? D'accord, on continue.

Eastman s'est nanti dernièrement d'un terrain de tennis l’été, d'une patinoire l’hiver. Après le sport, c'est le SPA. Vous n'avez pas oublié le réputé SPA Eastman dont le nom projette dans un bien-être instantané ? Comme si ce n’était pas assez, nous avons une cabane à sucre et son activité saisonnière Arbres Aventures. C’est vrai, j'oubliais qu'une charmante boutique de produits naturels en vrac « Au poids Vert » vous offre de prendre soin de votre santé.

Même si c'est déjà beaucoup pour une si petite population se rajoute une entreprise, et non la moindre, la dynamique savonnerie artisanale, la Savonnerie des Diligences. Un couple d’entrepreneurs a compris que pour attirer la clientèle, il faut innover, prendre des risques, imaginer et surtout donner un produit de qualité irréprochable. Leur dernière idée est de baptiser chaque savon par un personnage qui se raconte. À chaque savon, son personnage (dessiné par Éric Chouteau), à chaque personnage, sa légende. Je ne connaissais pas ce couple en arrivant ici, ils sont devenus des amis. Comment ne pas s’accoquiner avec des gens qui encouragent les artistes ? Marsi, bédéiste qui s’adonne aussi à être mon mari a dessiné une série d’étiquettes exclusives pour des savons à l’odeur de chacun des personnages de son album BD Miam miam fléau.

Je ne vous dirai pas qu’il y a un bureau de poste (ouvert le samedi et le dimanche pendant les Correspondances !), une église, un Club de l’âge d’Or, une maison des jeunes, mais je vous dirai que nous bénéficions d’une bibliothèque grâce au bénévolat de quelques personnes dévouées. Parce qu’il y a un club de lecture à Eastman, village des lettres oblige !

J’ai aimé les six années et demi que j’y ai vécues et je compte y revenir souvent en tant que visiteuse. Vous aussi, je l’espère !

jeudi 29 septembre 2011

Un peu de "je"

J’en étais à commenter “Sous la glace”, mais je ne le ferai pas aujourd’hui, même si certains ont hâte de savoir qu’est-ce que j’en ai pensé. Je saisis le premier prétexte venu pour bavarder au « Je ». Un commentaire de lecture se doit d’être formaté et lorsque j’en rédige en continu, j’ai parfois l’impression – fausse je l’espère ! – de perdre le contact avec vous. Oui vous, mes précieux lecteurs, sans qui Le Passe-Mot n’est rien ! Évidemment, je m’avance masquée d’un prétexte et quant à jongler avec des prétextes, aussi bien en choisir un charmant.
Durant trois fins de semaine, je suis derrière une table qui déborde de savons et de crèmes. Qu’y a-t-il de proprement littéraire là-dedans ? Je vous voir venir et avant que vous trouviez mes prétextes trop palots, j’arrive à ma littérature. Vous avez déjà entendu parler de la bande dessinée Miam miam fléau ? Si vous répondez « non », je vous dis « bienvenue au Passe-Mot ! », vous me visitez probablement depuis peu. J’ai tellement parlé de cette bande dessinée signé MARSI, mon mari. Cette BD a une longue vie puisqu’elle a maintenant ses produits dérivés. Eh oui, trois savons fabriqués, je pourrais même dire « cuisinés » par La Savonnerie des Diligences d’Eastman. Le petit dernier est le savon d’automne qui illumine l’événement La flambée des couleurs. Et c’est Pouette qui remplit l’étiquette de sa joie de jouer dans les feuilles multicolores. Auparavant, il y a eu le savon de printemps avec le gargantuesque Borbo et celui d’été avec le galopant Coco Météore. Vous avez sûrement compris le principe, il ne manque que le savon d’hiver. Mais, entre nous, ce n’est pas si pressant de le sortir ! Qui sera le personnage sur l’étiquette ? Je ne vendrais pas le punch, mais je vous promets qu’il sera royalement beau.
Devant crèmes et savons artisanaux fabriqués avec le plus grand respect de notre mère la terre s’élève une pile d’albums. Marsi s’est fait attraper pour des dédicaces dimanche passé. Remarquez, il ne s’en plaint pas, même si son plan était de venir me reconduire et repartir d’un même trot, pour travailler sur Colis 22, un roman graphique qui sera publié début avril à La Pastèque. C’est beaucoup de travail, ce Colis 22 est volumineux,150 pages environ, de format plus petit. Nous parlons d’une comédie policière mais « chut ! » si vous rencontrez l’auteur, ne mentionnez pas le mot comédie, vous le verrez reculer, avoir un malaise, un doute l'envahira et cela jusqu’au jour où il vous entendra rire à gorge déployée. Pour connaître l’histoire, j’y ai tout de même travaillé, ce n’est pas hilarant à rire gras, mais c’est souriant. Il y a toujours ce petit côté pas sérieux chez Marsi qui se délecte de regarder par le prisme de la drôlerie. Et qu’on se le tienne pour dit, toute l’action se déroulera dans la splendide ville de Québec !
On sait tous que la vie des livres québécois sur les étagères des librairies est brève. Un coup de vent quoi ! Aussi, cette collaboration avec une savonnerie d’Eastman qui fabrique des produits que j’adore et utilise à tous les jours est une histoire heureuse. Une histoire de collaboration entre individus qui encouragent le labeur un de l’autre.
En cette période d’Halloween, on trouve même de la chair de citrouille dans les savons, euh ... un savon. Dessus, une sympathique sorcière vous ensorcelle de son sourire, un personnage de Marsi, pas encore couché dans un livre celui-là. Quand je vous dis que mon bédéiste voit par le prisme de la drôlerie, vous ne trouvez pas que cette sorcière est la plus adoptable de la Terre ? Ceci dit en toute subjectivité (congé complet de critique n’est-ce pas ?).
Si jamais vous venez en Estrie vous rincer l'œil pour la flambée des couleurs, arrêtez me voir à la mairie d’Orford. L’exposition « Signé Orford » vous recevra avec des tablées d’œuvres d’artistes et d’artisans. On y trouve bonne quantité d’inventivité au pouce carré et à des prix, et c’est une consommatrice avertie qui le dit, des plus abordables.
Cette fin de semaine (1 et 2 oct) de 10 h 00 à 17 h 00
Fin de sem de l’Action de Grâces (8, 9, 10 oct) de 10 h à 17 h 00
Mairie d’Orford _ 2530, Chemin du Parc

mercredi 27 octobre 2010

Écriture quand tu nous tiens

Bon, me voilà ! Pas mal occupée ces temps-ci, je me suis enfin attelée à un projet d’écriture personnelle. Et ce ne sera pas un roman, plutôt un récit, appelons ça un témoignage. J’en ai pour au moins un an à l’écrire et il y a une excellente raison pour cela, que je ne peux et ne veux pas dévoiler tout de suite. Un peu comme l’embryon dans le ventre, certaines mères l’annoncent haut et fort dès les premiers jours du « oui », d’autres attendent et c’est souvent des personnes qui ont peur de la fausse couche. J’ai peur de la fausse couche. Pour une fois que je suis décidé à coucher mes mots dans un projet de longue haleine !

Et de un !

De deux, je me suis jointe à un atelier d’écriture avec Michèle Plomer. Quand une de tes écrivaines préférées, habitant à une quinzaine de kilomètres de ta demeure part un atelier intitulé « Terre à terre », d’une durée de six semaines, tu ne te fais pas prier. En plus, j’ai un bonus, Marsi y participe aussi ! En cette première soirée de rencontre hier, Marsi a été le bonus mâle pour huit femmes. Les femmes sont lectrices et sont écrivaines, les femmes aiment les mots, qui dira le contraire !

Pour mon plus grand plaisir, Marsi s’est senti très à l’aise. Submergé par un projet de roman graphique, ça tombe en plein dans ses préoccupations du moment. Et puis, il faut le dire, le groupe est très sympathique. Des femmes allumées ! Certaines forment déjà un groupe qui se rencontrent régulièrement pour s’encourager, s’aider mutuellement, et c’est chacune leur tour qu’elles remplissent le rôle d’animatrice. J’ai aimé voir le respect se dégager des unes envers les autres.

Et l’auteure, elle, Michèle Plomer ? Elle a une manière de nous faire travailler, en ne nous martelant pas son savoir, nous aidant plutôt à aller chercher nos réponses. Elle réussit à passer son message, comme si on l’avait trouver toutes* ensemble. Ainsi, je me dis que l’info risque d’aller s’imprimer sur les méninges et d’y rester. En conclusion, je suis très contente de ce que j’ai vu et appris, qui s’annonce très différent de l’atelier « Comment entreprendre son premier roman » avec l’auteur, André Jacques , spécialiste du roman policier. Lequel j’avais aussi beaucoup apprécié. L’occasion de voir sous deux angles différents, c’est ce qui me plait.

En quittant pour mieux vous revenir, je précise que je mettrais bientôt en ligne ma critique sur Nos échoueries de Jean-François Caron. C’est La Recrue du mois d’octobre, mais je ne l’ai pas encore amenée par ici comme je le faisais auparavant. C’était mon astuce pour vous amener à aller vous balader sur notre site renouvelé de fond en comble. J’ai terminé la lecture de la prochaine œuvre sur la sellette le 15 novembre, nous devons maintenant remettre nos « papiers » deux semaines à l’avance. Le suspense demeure entier, webzine oblige !

* pour la circonstance, je fais gagner le féminin sur le masculin !

mercredi 13 octobre 2010

Abandon de lecture (et Marsi à Pyramide)

J’ai branlé dans le manche avant de vous écrire ce billet. Premièrement, par manque de temps, l’excuse classique. Et là me voici à l’extrême limite ; dans moins d’une heure, une des nouvelles sera passée date ! Alors, celle-là, je vous la dis tout de suite : Marsi passe (ou passera) à l’émission Pyramide à 17 h (nous sommes mercredi, le 13 octobre). Il est un des concurrents, alors si ça vous tente de lui voir la binette quand il est stressé, vous avez beau !

Ma deuxième nouvelle peut prendre des tournures de sondage. Êtes-vous au courant que certains blogues littéraires, comme le mien par exemple, reçoivent des livres en service de presse ? Si vous vous en doutez sans en être certains, je vous le confirme là, tout de suite, dans l’instant, c’est oui.

Si j’en parle aujourd’hui, c’est qu’après réflexion, j’ai une question à vous poser : est-ce que ça vous intéresserait que je rajoute cette info à la fin du billet : « service de presse » ? Bien plus que ça, je devrais, toujours si ça vous intéresse, rajouter « service de presse approuvé » (par moi), puisque je reçois aussi des surprises, ce qui fait une nette différence pour moi. Quand il est approuvé, c’est que le livre m’attire, quand il ne l’est pas, je serais probablement passé à côté. Je fais des trouvailles intéressantes bien sûr, mais l’inverse est aussi vrai, je peux être déçue, entendre par là que je peine à terminer le roman. Je suis peut-être plus catholique que le pape mais je me suis toujours fait, jusqu’à date, un honneur de lire chaque service de presse. Mais ... mais... je commence à penser à me rajouter de la latitude ; quand je n’ai pas approuvé un service de presse, j’ai l’intention de me donner la permission de l’abandonner, si la lecture est le moindrement ardue. Je vais vous dire pourquoi. Pendant ce temps, certaines de mes lectures choisies ou reçus en cadeau et certains services de presse approuvés attendent sur une tablette qui commence à caler vers le bas, courbée dans un dangereux rictus. Pauvre tablette ! ...

Je ne transposerai pas toute l’émotion sur ma tablette ... non, il y a aussi du « pauvre moi », de ce moi qui tient à conserver intact son plaisir pour la lecture, et le commentaire de lecture.

L’abandon en soi est une forme de commentaire de lecture, malgré tout, je compte y rajouter le « pourquoi » qui ouvre sur l’horizon de possibles lecteurs qui seront stimulés de vérifier s’ils partagent ma vision. Je n’ai pas vraiment apprécié ma dernière lecture, vous l’avez probablement remarqué, mais avez-vous aussi remarqué que ça a donné à deux personnes l’envie d’aller vérifier si elles partageront mon avis après l'avoir lu. J’ai particulièrement apprécié ces prises de position qui sont venues compléter l’amorce de ma réflexion. Et c’est sans compter ceux et celles qui auront terminé ce roman, que moi j’aurais abandonné, ça offre l'espace pour l’exprimer.

Donc voilà, tout ça pour vous dire que je vais commencer à me permettre l’abandon de certains livres. Savez-vous que ça va me demander un effort, au début à tout le moins ? J’ai mis tellement d’énergie à terminer certains romans parfois, en me répétant que c’est le respect que je dois à un livre que je traite comme une personne, et je ne choisis bien sûr pas de couper la parole à une personne. Alors voilà pourquoi mon dilemme n’était pas facile à résoudre.

N’oubliez pas de vous exprimer à savoir si l’info « Service de presse approuvé (par moi) » vous intéresse !

Bon, j’avais un autre sujet, j’y reviendrais car sinon, mon premier sujet « Marsi » à Pyramide sera non pas passé date, mais passé l’heure ...

Merci de me suivre assidument, je l’apprécie, et à tous les jours.

mercredi 18 août 2010

Intermède vacances

Première nouvelle, comme à chaque année, nous voici à notre première escale : Nouvelle, en Gaspésie. Pour la précision, nous sommes à quelques kilomètres de Nouvelle, à Escuminac au Gite Wanta-Qo-Ti, endroit idyllique. Et je ne choisis pas le mot « idyllique » pour faire beau !

Je pense qu’il est à peu près temps que je vous situe sur mes lectures ... secrètes. Mais auparavant, je rectifie le tir, je n’ai pas terminé ma couverture des Correspondances d’Eastman. Il reste une journée très importante pour moi : le dimanche. Dernière journée que j’ai avalée comme un dessert. Les deux Cafés littéraires surtout, et l’événement s’est terminé sur une note populaire, un hommage à madame Marie Laberge.

Mais je reviens à mes lectures. J’ai lu en cachette ... de vous, c'est-à-dire que je non annoncé sur le Passe-Mot : La mort attendra d’André Malavoy qui se trouve à être le grand-père du rédacteur en chef du Voir, Tristan Malavoy-Racine, et donc le père de la politicienne Marie Malavoy. C’est son histoire, l’histoire d’un Résistant français de la guerre 39-45, qui a résisté .... à la mort. Son passage dans plusieurs prisons, dont celle de Fresnes en France, avant le camp de concentration, nous fait nous demander « mais de quel bois se chauffait cet homme ?! ». On l’apprend en lisant cette nouvelle édition TYPO où « La fin heureuse » a été rajoutée par ses descendants. J’y reviendrais bientôt. Ensuite, la lecture annoncée ci-contre « Ceci est mon corps » , je ne l’ai pas apportée dans mon bagage. Elle se fait à voix haute, pour Marsi, et c’est un peu embêtant dans un gîte n’est-ce pas ?

Mais alors que diable suis-je à lire, et je rajouterais même, à achever ? Les Troutman volants de Miriam Toews (Boréal). Une Canadienne anglaise traduite par un couple québécois, Lori Saint-Martin et Paul Gagné. Devons-nous considérer cette lecture comme une incartade de ma mission québécoise ? Peut-être, mais en vacances, j’ai entendu dire qu’on peut se le permettre, et de toutes manières, j’en mets la faute au blogue de la librairie Vaugeois qui en a parlé avec tant d’enthousiasme.

Pour me racheter, les autres livres emportés ne font qu’une exception à la règle, et c’est un album de bandes dessinées. Les fervents de lecture comprendront cette insécurité qui nous tombe dessus quand, sur le point de partir, on a à faire des choix. C’est pareil ou pire à une femme devant son garde-robe avant une soirée chic ; quoi apporter pour être confortable et (se) plaire.

Je vous présente donc ma garde-robe de livres :

Monsieur Julot – Marie-Christine Bernard (récemment acheté)
Quelques adieux – Marie Laberge (très récemment acheté)
Agaguk – Yves Thériault (donné par une amie)
J’ai eu peur d’un quartier autrefois – Patrick Drolet (donné par Marsi)
Tuer Lamarre – Simon Girard (en attente depuis longtemps)
Les fous de Bassan – Anne Hébert (acheté dans une bouquinerie)
Le Cristal qui pousse – Steve Proulx (jeunesse) – Très curieuse de lire ce journaliste que j’admire
Lydie – Jordi Lafebvre et Zidrou – bande dessinée pour adulte (pas québécois) – Parce que choisie, comme une grande, sans l’aide de personne. Elle attend mes vacances depuis quelques mois.

Je ne sais pas si vous avez remarqué, s’y retrouvent deux classiques, lesquels j’ai moins l’occasion de lire au courant de l’année.

Il me reste 6 jours de vacances. Vais-je arriver à tout lire ? ... hum, hum ... bien sûr que non ! Mais est irremplaçable le sentiment de plénitude (de lourdeur aussi, mais ça ...), je suis certaine de ne pas en manquer, selon goût, humeur, temps et température.

Et puis, il faut le dire, on aime donc ça se casser la tête à choisir sa prochaine lecture ! J’ai donc traîné mon embarras du choix dans mes valises.

vendredi 30 avril 2010

BD chaleurs sous l'angle "adulte"

Une promesse que nous ne regretterons jamais
Pour ceux qui tombent ici en suivant le fumet d'un roman québécois, et qui ne savent pas comment cette tournée « Livres en fête » a été déclenchée, c'est l’an passé par un coup de foudre amical dans un resto à Nouvelle. Nous ne connaissions pas les proprios, Paul Hashey, ni Geneviève Philippe, nous avons mis les pieds à « La Petite école », authentique école de village convertie en resto gastronomique où les produits du terroir sont les vedettes. Un échange de blagues et d’idées surprenantes pendant le repas ne nous faisait tout de même pas deviné qu’à la caisse, il y aurait échange de promesses « Nous lirons votre BD et nous vous inviterons ». Et nous de répliquer : « Certainement que nous viendrons !

Conférence en duo
En cette soirée thématique BD, nous nous sommes épivardés en quatre parties, de l’entrée jusqu'au dessert. L'écoute des convives devant nous était frappante. Peu de questions, plutôt cette écoute fine avec un soupçon d’étonnement dans l’œil, et quelques remarques amusées par ci et par là. Une concentration si parfaite que l’idée m’a parfois traversé que c’était de la politesse.

Pendant que nous savourions des plats inspirés de l'univers BD ...
  • Ravioles à la truite nappées d'une crème citronnée – Magasin général de Loisel et Tripp
... nous ajustions notre discours. N’oublions pas que c’était notre premier exposé devant des adultes. Marsi était particulièrement nerveux, allez savoir pourquoi, il se sent toujours plus susceptible d’être jugé par des adultes !

Le tout s’est terminé par le tirage d’une œuvre inédite des personnages de Miam miam fléau que Marsi a sorti à trois exemplaires (l’original maintenant avalé par un virus informatique). Après le repas, il s’est installé derrière l'ancien pupitre, devant le tableau, deux vestiges de la vieille école, avec son coffre à crayons ancestral. La difficulté consistait à bien distribuer les six albums qui nous restaient. Beau problème ; il en manquait ! Ces tête-à-tête nous ont fait réaliser combien notre conférence avait été appréciée, chacun y allant de commentaires reconnaissants.

Délectables souvenirs nichés sous le palais de nos mémoires

Viens voir dans ma cave –
Une initiative de Rock Harvey, le propriétaire de la librairie indépendante Liber de New Richmond. La bande dessinée pour adultes est un créneau qui gagnerait à être connu, voilà l’essence même de cette initiative. Et quand je dis pour « adultes » ce n’est pas dans le même sens que les films ! Il y a de tout, vraiment tout, et mes yeux de néophytes ne savaient plus à quelle ouverture s’écarquiller pour englober ces murs tapissés de bandes dessinées de toutes les couleurs et de tous les formats. Titres conjointement sélectionnés par Dany Arsenault et et monsieur Harvey. C'est la première fois que ce dernier faisait descendre ses clients dans sa cave qui a un air authentique de cave, avec ses piliers de métal couleur rouille, ses murs de ciment bosselé, sa petitesse et sa luminosité de caveau, ce qui lui confère une étrange ambiance clandestine. J’en témoigne ! Quelques cruchons de bière « Le Nauvrageur », bière artisanale de Carleton-sur-mer couchés sur un lit de glace désaltéraient les gorges chaudes. Des passionnés, surtout des hommes, avides de toucher, de tourner des pages et d'ensuite déposer précieusement le butin sur son étalage. Je voyais se coller peu à peu de petits post-it jaunes sur les couvertures avec la mention « vendu ». Rien à vendre, tout à convoiter !

Marsi a déambulé comme le pur inconnu qu’il est, son album Miam miam fléau bien accoté sur le ciment. Je me retenais bien sûr de clamer « C’est lui, l’auteur, c’est lui ! » Un autre auteur était présent, tout aussi anonyme, mais plus identifiable parce que de la région : François Miville-Deschênes.
Un étrange souvenir. Et il en faut !

Comme si c'était la leur
J’ai égaré une veste en lycra noir à l’effigie de l’Université de Sherbrooke. Et cette veste, j’y tenais. J’ai appelé les deux restos que nous avons fréquentés, ils l’ont cherchée comme si c’était la leur. J’ai finalement rejoint la bonne école, Le Bois Vivant de New Richmond et la secrétaire a fait des pieds et des mains pour la trouver. Elle l’a finalement dénichée dans une classe, suspendue à une chaise droite depuis une semaine. Elle a elle-même été la porter à la librairie Liber et delà, une personne ira la chercher pour me la remettre à notre prochaine visite au mois d’août. J’ai trouvé franchement exceptionnel qu'une personne prenne à cœur ce qui arrive à l’autre à ce point. L’être humain a un bon fond et j'ose croire, pas seulement en Gaspésie !

lundi 19 avril 2010

Destination Livres en fête

Je ne peux pas croire que je peux enfin vous parler chers lecteurs ! C’est que j’avais hâte. J’espère que ça vous rassure, je ne me suis pas éloignée, je ne suis pas tanné, et j’aime toujours autant vous parler de littérature québécoise sous tous ses angles, doux et plus pointus. Mon silence s’explique par d’intensifs préparatifs ; Marsi et moi partons pour vivre une expérience qui s’annonce palpitante : Livres en fête en Gaspésie.

Cette histoire, parce que c’en est une, a commencé l’été passé quand nous avons été soupés au charmant resto « La petite École » à Nouvelle dans la Baie des Chaleurs. Son nom n’est pas une fantaisie, c’est réellement l’ancienne école du village qui a été transformée en resto. À ce moment-là, la mutation s’était opéré à peine depuis deux mois. Les audacieux propriétaires, que nous ne connaissions pas ni d’Ève, ni d’Adam puisqu’ils se nomment Geneviève et Paul (!), nous ont jasé un peu. Aussitôt qu’ils ont appris que Marsi sortait un album où il serait fortement question de bouffe, avec une batterie de chef cuisiniers, ils se sont allumés encore plus. Une promesse fut faite ; quand votre album sortira, on vous courriellera pour essayer d’organiser une tournée ici si l’expérience vous intéresse.

Eh bien, cette fameuse et surprenante Geneviève a tenu parole ! Quelques mois plus tard, nous voilà à la veille de notre départ pour donner des ateliers à saveur de bulles et de phylactère à trois écoles primaire (4e 5e 6e) de la région, une à Nouvelle, l’autre à New Richmond et finalement à Maria. Le jeudi, une rencontre amicale – thème BD - à la librairie Liber de New Richmond, et toujours à cette librairie indépendante une séance de dédicaces le samedi après-midi.

Mais je ne vous ai pas encore parlé du clou de notre escapade : le souper thématique BD à La petite École où Marsi sera l’invité spécial. Le menu célèbre certains mets typiques de certaines bandes dessinées, et pour l’occasion Marsi a dessiné des napperons où les convives pourront laisser aller leur imagination, s’ajoutera plein d’autres petits clins d’œil. Ah oui, j’oubliais, Venise va s’en mêler ! Pendant que je vais être serveuse, Marsi va mettre la main à la pâte auprès du cuisinier, l’expérience sera être complète. En passant, c’est nous qui avons proposé ses rôles, pour être au cœur de l’action. C’est bien la meilleure façon pour les convives se sentent à l’aise de nous aborder et poser toutes les questions qui leur viennent en tête.

Je voulais vous en parler car dans les jours qui suivront, je ne sais pas trop à quelle fréquence je vais être en mesure de vous poster des billets. Premièrement, je ne sais pas si le gîte où nous créchons donne accès à l’Internet à ces invités. Je peux toujours compter sur les Cafés Interne, alors vous allez peut-être avoir de mes nouvelles ... de Nouvelle !

Surtout que j’ai hâte de vous parler de Miss Pissenlit. Je ne me couche pas ce soir sans savoir le fin mot de cette histoire.

Alors, chers amis, je vous laisse le bonsoir ... on se lève tôt demain !

À bientôt !

samedi 9 janvier 2010

Branches blanches, feuilles blanches

Cette feuille-ci n’est déjà plus blanche puisque je vous écris, les branches à nos fenêtres, elles, le restent (photo ci-contre : vue de notre balcon). Nos arbres ne ploient pas, ils tendent leurs bois pour accueillir les flocons lumineux. Au retour d’un Montréal gris hier, j’ai été surprise et me suis dit, on dirait deux pays éloigné, pourtant à une heure et demie de route.

Mais tout ça ne dit pas où en suis-je dans mes lectures. C’est que je vois bien que je suis au ralenti dans l’envoi de mes billets. Suis-je suspendue sur une branche comme un motton de neige gelée ? Non, c’est presque le contraire, je bouge beaucoup en corps et en esprit, butine des lignes ici et là (des albums BD, des livres pour enfants), ce qui fait que ma lecture principale avance lentement. Je suis en ce moment avec « Les murs » d’Olivia Tapiero, jeune auteure de 19 ans. Il y a de ces lectures qui ne s’avalent pas goulûment, surtout si elles traitent de l’anorexie. Vous en saurez plus long bientôt puisque ce Prix Robert Cliche 2009 est la vedette du mois - La Recrue.

Je ne vous parle pas de La Recrue bien, bien souvent. Et pourtant, elle ne tourne pas toute seule cette vitrine pour les premières œuvres fictives québécoises, d’innombrables consultations et discussions ont cours par courriels entre la dizaine de rédacteurs que nous sommes. Pourtant, certains rédacteurs ne se sont jamais rencontrés en chair et en os (Anick habite la Gaspésie, Caroline, Paris !), bientôt une réunion aura cours et cette situation changera pour certains. Si vous n’avez jamais été vérifié comment nous fonctionnons, je le jette tout cuit dans votre bec d’oiseau curieux puisqu'après deux années et quart d’existence, ce mois-ci, le bulletin de L’UNEQ (Journal de l’union des écrivaines et des écrivains québécois) parle de nous par la bouche d’un des rédacteurs, Philippe :

" La Recrue Du Mois, c’est une équipe de dix personnes bénévoles qui ont toutes un intérêt marqué pour la littérature et en particulier pour la relève littéraire québécoise. Nous choisissons chaque mois de mettre en avant un auteur et sa première œuvre de fiction (roman ou recueil de nouvelles). Nous votons parmi les publications récentes et la recrue du mois bénéficie d’une visibilité sur notre site pendant un mois. Nous mettons des liens vers les commentaires et critiques déjà parus. Nous publions un questionnaire auquel l’auteur-e a accepté de répondre. Nous avons parfois la possibilité de réaliser une entrevue avec l’auteur-e. Enfin, le 15 de chaque mois, chaque membre de notre équipe publie un commentaire sur le livre en question. Nous avons aussi une catégorie que nous appelons le repêchage. Il se peut que certains livres ne rallient pas les suffrages de la majorité de l’équipe. Dans ce cas, les personnes intéressées peuvent tout de même lire et commenter le livre en question. Donc, même si un auteur ne bénéficie pas du statut de recrue, il peut avoir une certaine visibilité via le repêchage. "

Isabelle Gaumont, responsable de l’article a demandé à Philippe ce qui l’avait incité à participer : « J’ai récemment découvert la littérature québécoise (je suis un immigrant français) et elle compte énormément de talents. C’est pourquoi j’ai eu envie de contribuer à ma manière à la relève littéraire en apportant mon regard sur de nouveaux auteurs. Et je dois dire que je ne suis pas déçu, le niveau des livres que j’ai lus dans le cadre de la Recrue Du Mois est très bon. »
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C'est une mozaille de bonne habitude à prendre de suivre le site de La Recrue du mois, et pas seulement le 15, aussi pour ces diverses catégories :

  • Commentaires de lecture - Repêchage
  • Les entrevues
  • Les médias en parlent
  • Notre site fait parler de lui
  • Nouvelles et Actualités
  • Sur les autres blogues.

Bon, je retourne à ma lecture, Les Murs, que j’achève, et ensuite ce sera le difficile et excitant choix de l’heureux élu parmi la trentaine d'impatients romans québécois qui poireautent sur une tablette de moins en moins planche !

jeudi 24 décembre 2009

Merci aux Mères et Pères Noël !

Une autre tague, de Noël cette fois, et transmise par Karine :). Je réalise combien la tague est contagieuse. Alors, je me suis dit pourquoi ne pas profiter de cette pause littéraire pour y répondre, surtout que ça parle de courses de veille de Noël, de réveillon, d'imaginaire ...

Q : Nous sommes le 24, il fait froid, il pleut, il vente, il neige. Vous êtes dans les transports, sur le point d'arriver chez vous après une dure journée de courses de dernière minute. Enfer et damnation ! Vous vous apercevez du fait que vous avez complètement oublié le plat principal et le livre collector en édition ultra limitée dont vous rêviez depuis des mois et qui est sur le point d'être épuisé. L'ennui, c'est qu'il ne vous reste qu'une heure pour préparer le réveillon et que vous aurez tout juste le temps de faire l'une des deux courses. D'ailleurs, rien n'est moins sûr ! Et puis, il faut avouer que votre journée vous a achevé(e). Que faites-vous ?

R: J’appelle toute de suite mon Père Noël personnel sur le cellulaire, et je deviens deux. Ça s’appelle communément la vie de couple.

Q : Vous voilà enfin chez vous ou chez les personnes chez qui vous réveillonnez. Cette année vous avez décidé que l'oncle Fred ferait le Père Noël. Malheureusement, il vient d'appeler pour vous dire qu'il avait rencontré l'amour de sa vie à 80 ans et partait en Indonésie pour sa lune de miel, avec une dulcinée connue deux mois auparavant à son entrée en maison de retraite. Heureusement, vous connaissez des gens célèbres, acteurs, chanteurs, sportifs ou autres (morts ou vivants) qui se couperaient en quatre par amitié pour vous. Qui choisissez-vous pour jouer Santa Claus ?

R : Au risque d’insulter un ami, René, qui fait un des plus beaux « vrai » Père Noël que je connaisse, par ses yeux pétillants de joie et sa joue rebondie et rose, je ferai venir d’outre-ciel, le Capitaine bonhomme. Et tant pis pour ceux qui seront confondus dus dus dus dus .... HO HO, j’adore jouer des tours !

Q : C'est l'heure de distribuer les crackers (biscuits de fortune) je me demande ce qui est inscrit sur le vôtre...

R : « Vous aurez besoin de respirer par le nez – même bouché – pour rester calme pour arriver à Noël en même temps que tout le monde».

Q : Les enfants sont enfin couchés ! Après avoir bien bu et bien mangé, vous décidez de finir la soirée en beauté en faisant une petite séance de spiritisme. Vous commencez en riant bien, mais soudain le tonnerre gronde, la lumière s'éteint, une lueur bleue vaporeuse s'élève au dessus de la table et vous sentez quelque chose de froid et mou se poser sur votre épaule. Que faites-vous ?

R : Je suis d’une banalité sans nom puisque je défonce le tympan de quelqu’un en hurlant sur une note stridente. Tout le monde décampe, en se bouchant les oreilles, laissé à moi-même, je ris jaune foncé. Et pour finir, j’essaie d’atteindre l’interrupteur (de tourner en rond), et m’enfarge dans les pieds du snoreau qui m’a joué le coup du rouleau de pâte à tarte sur l’épaule.

Q : Et au fait, on pourrait connaître l'identité du fantôme, vrai ou farceur ?

R : Le bonhomme Pillsbury.

Q : Enfin vous voilà le 25 au matin et vous allez déballer les cadeaux qui vous attendent depuis quelques heures sous le sapin. Quel est le cadeau inespéré que vous ne pensiez jamais recevoir et qui est là, devant vos yeux ébahis ?


R : C’est dans une enveloppe enrubannée rouge, je l’ouvre, très intriguée, pensant peut-être à des billets en destination de Venise et je découvre ce que je n’attendais plus : une garantie d’un an sur mon enveloppe corporelle avec en bonus l’assurance d’un système immunitaire boosté, repoussant tous virus ou microbes, me donnant de l’énergie à revendre et à dépenser pour continuer à aimer tangiblement tout mon entourage immédiat : bloguesque, amical, familial ... et même planétaire !


JOYEUX NOËL ! À TOUS, EN COMPAGNIE DES PERSONNES QUE VOUS AIMEZ. Je vous souhaite pas seulement un échange de cadeaux, un échange d'amour.

N.B. : Comme la fête de Noël est une date qui expire en 24 heures, cette tague s'évanouiera d'elle-même le 26 à minuit et une.

dimanche 13 décembre 2009

7 confidences dont un mensonge

Je me suis fait taguée par Blue qui, elle, s’était fait taguée par Anne. Blue continue de répandre le virus, en taguant Maxime. La tague, c’est contagieux et celle qui court est amusante : Déclarer un mensonge parmi 7 confidences et bien sûr tout le monde s’amuse à détecter le mensonge.


7 Confidences et 1 mensonge :

  • Je rêve (en dormant) souvent que je cherche un endroit pour dormir.
  • Depuis quelques années, je collectionne les signets
  • J’aimerais expérimenter une séance d’hypnotisme pour me faire passer mon goût du sucre.
  • Ma mère me surnommait « Sauterelle »
  • Je déteste manipuler de la terre.
  • Je ne peux porter de parfum floral, j’y suis allergique.
  • J’ai les cendres d’un étranger chez moi.

Je tague mes Pigeons chéris : Marsi, (quitte à lui prêter La Babillarde ! P.G. Luneau. J’y rajoute Claudel, Pierre H. Charron, Suzanne, Andrée Poulin et Étolane. En espérant qu’ils attrapent ce virus sympathique ... à moins qu’ils soient vaccinés !

jeudi 20 août 2009

De retour ...

... avec bien entendu plus d’agates (dont deux ont été transformées en boucles d’oreille pour moi), des rencontres en veux-tu en v’là, de l’air de mer plein le poumon, de la morue fraîche et de la crevette jusqu’à dire, "plutôt une galvaude s’il vous plaît". Grisée d’horizons bleutés, de rivières, de chutes et de barachois. De casse-croûte, de vent, d’accent chantant. Et de photos.
Mais ici, c’est un carnet littéraire, alors je vais vous parler de mes lectures de plage. J’ai eu de la misère à me brancher autant qu’un cormoran à l’aile cassée essayant de plonger le bec pour se refiler un poisson dans l’estomac. C’est que j’avais avec moi plusieurs livres, peut-être trop. La vue était si belle, l’appareil photo si tentant, il m'aurait fallu des auteures aguerries ou bien en adéquation avec mon humeur poreuse à l’environnement de terre, de mer, de sable, de roche, de lichen. Tout un défi qu’elles ne savaient même qu’elles auraient à relever (j’ai réalisé que je n’avais apporté que des auteurs féminins !).
J’ai commencé par Les années de Annie Ernaux, cette Française encensée par la critique et qui a fait perdre la tête à la blogoboule. J'ai accosté à la page 43, concluant que c’était bon et extrêmement bien écrit même si je n’ai jamais traversé la page jusqu’à elle. Elle nous renvoie dans le passé, le sien je crois bien, avec plein d’images, de judicieuses et savoureuses réflexions. Je vais la reprendre n’ayez crainte, je vais lui laisser le dernier mot. Je me suis ensuite rabattue sur Marie-Claire Blais que je me devais de connaître avant que la honte me fasse changer de couleur. J’ai lu Le jour est noir. Déjà que c’est une auteure sombre, si elle opte en plus pour le noir, on fonce dans du noir foncé. Quand sur une plage, les orteils recroquevillées dans le sable, le corps tiédi par un vent doux qui tourne ta page, tu te sèches l’âme jusqu’à broyer du gris, tu conclus que ce n’est pas une lecture de vacances mais tu continues quand même parce que même si tu ne voulais pas changer de couleur, tu en changes, et tu t’entêtes puisque de toutes manières, l’abandon te grisonnerait le teint. Et tu finis laborieusement ce bouquin mince pourtant. Et tu réalises qu’il a été écrit avant Une saison dans la vie d’Emmanuel et tu entends M.-C.. Blais répondre pendant les Correspondances d’Eastman : « J’étais jeune alors, je suis moins noire maintenant ». Et tu trouves une vingtaine de critiques signées par des journalistes qui défilent après le point final et tu es terriblement surprise de réaliser qu’en 1962 les critiques savaient encore ce que ce mot veut dire. Et toi, tu l’as bel et bien terminé, tu auras donc le droit de le critiquer mais plus important encore ; tu t’es mérité de commencer un autre livre qui sera « L’enfant du Che » de Louise Desjardins. Il est temps que tu la rencontres elle aussi. Tu l'auras fermé à la page 67 en sachant déjà que ce n’est pas une lecture de vacances mais comme tu n’es plus en vacances, tu lui laisseras sous peu elle aussi avoir le dernier mot.

* * *
À toutes les minutes où j’ai déposé mon livre, je décapsulais l’objectif pour capturer un moment dans ma boite noire qui les avalait, me les renvoyant dans l’instant plus aisément que le meilleur Polaroïd de mon enfance (vous vous rappelez que c’est nouveau pour moi un appareil numérique).

Normalement, c’est au Pigeonographe que je devrais faire défiler ces clichés mais le site est encore en exploration et je ne sais pas combien je peux lui en refiler sans faire éclater la mise en forme préprogrammée. Alors, je ne prends pas de chance, mon webmestre est loin de tout ordinateur présentement.

* * *
Pas facile d'installer des photos ! Elles se glissent partout n'importe comment, sans ordre ni logique. Et qui plus est, certaines belles, blogger prend un malin plaisir à les rendre floues, alors je les ai éliminées. Bah ... ça donne une petite idée quand même. Je vais aussi en installer au Pigeonographe, sans trop m'emporter. Par exemple, ma chronique qui parle de ma jasette avec la marmotte, eh bien, je vais y rajouter cette fameuse photogénique marmotte. Bon, je m'en vais peser sur le piton, voir si blogger me fait l'honneur de toutes les prendre (elles sont lourdes je crois).

vendredi 12 juin 2009

Gare à la pellicule !

Ça y est, me voici. Une histoire d’écran, à commencer par le tournage À l'origine d'un cri de Robin Aubert (Saints-Martyrs-des-Damnés) et pour finir, je perds mon écran le soir. Eh oui, fiston étant avec nous, il réquisitionne mon ordinateur pour des raisons professionnelles.

Mercredi, j’étais à St-Urbain (en Montérégie près de la frontière) pour le deuxième long métrage de Robin Aubert, réalisateur et comédien (Les Invincibles : le père toffe et absent qui inquiétait P.A. et bientôt dans De père en flic). Si on y va par le cliché, cet homme est hors normes, n’a pas le physique de l’emploi, ni même le comportement typique d’un réalisateur. Il est tout en respect, discrétion, douceur, tout en sachant parfaitement ce qu’il veut. Depuis la quinzaine d’années que je fais de la figuration, c’est une de ces fois où j’ai été le plus admirative et impressionnée de l’ambiance d’un plateau.

Nous avions à faire deux scènes d’endeuillés dans une Église et j’ai eu la chance d’être parmi la vingtaine de comédiens qui étaient de la première, ayant été pointé par R.A pour figurer en « matante ». Un réalisateur très pointilleux qui choisit ses figurants principaux au doigt et à l’œil. Il a si peu la tête de l’emploi, qu’il s’est promené dans notre quartier général (un gymnase d’école) essayant de repérer sur place les « mononcles » qui transporteraient un cercueil. Après son départ, quand je l’ai identifié auprès des autres, les gens restaient incrédules. Il avait passé complètement inaperçu ! Il est arrivé la même chose à Marc stationné devant l’Église, regardant défiler les vedettes (et il y en a toute une brochette dans cette production !), il m’a décrit un homme petit, aspect un peu bum, quel rôle jouait-il ...

J’ai donc eu l’honneur d’assister de près à ce beau spectacle d’ambiance de travail recueilli et patient. C’était délicat techniquement puisqu’une grue déambulait dans l’allée centrale du lieu Saint. Elle servait à promener la caméra qui prenait les scènes de haut et qu’est-ce qu’on voit de haut ... des têtes et des épaules. Les costumières, armées d’un rouleau collant partaient à la chasse de la pellicule pour retirer cette neige indésirable sur les habits noirs. Incroyable le pouvoir grossissant d’une pellicule capable de capturer une pluie de pellicules !

Cent sept figurants, plus la soixantaine de l’équipe comprenant techniciens + comédiens, ça fait bien du monde à messe ! J’ai été bouche bée devant la disposition d’esprit de chacun plaçant sa ferveur au service de Robin Aubert. Ça se voyait que chaque assistant, dont le troisième qui s’occupait de nous, prenait à cœur de répondre à la méticulosité du réalisateur, comme si c’était la sienne. Une ambiance, c’est difficile à rendre en mots, en actions un peu plus, je vous donne donc l’exemple de fin de journée où la masse noire des figurants arrive, joyeusement, sur le parvis de l’Église. Après nous avoir servi un sandwiche au thon (oui, oui, toujours la bouffe) pour tromper l’attente et la faim, on ouvre enfin les portes de l’Église. Sur ce nombre, une grosse majorité sortait d’une attente de sept heures, ça aiguise la patience et malgré cela, aussitôt installée, un silence religieux s’est installé. Pas un mot pendant au moins une heure. Impressionnée, l’équipe technique s’est mise à échanger les infos indispensables au travail à voix basse. Encore là, du jamais vu pour moi. Le comédien, Patrick Hivon (le fils à papa qui prend possession de Rumeurs) a pu reprendre son texte, au message assez lourd, dans un environnement favorisant pleinement la concentration.

Je vous laisse sur une anecdote savoureuse. Imaginez-vous une vingtaine de « mononcles » et « matantes » plantés debout dans un stationnement d’Église en attente d’un signe pour entrer, signe qui ne vient toujours pas après une vingtaine de minutes. Notre charmant troisième assistant essaie de nous distraire, il pense nous raconter une histoire d’enfance avec sa grand-mère, et arrive par derrière lui, Michel Barrette (rôle principal) comme si le mot « histoire » l’avait attiré jusque là. Il entreprend de nous raconter une anecdote personnelle « un dos barré en vacances aux États, un scanner magnétique qu’il a passé et où il a pensé mourir » ... quant à moi, c’est de rire que j’ai pensé mourir ! Cet homme est un conteur hors pair attiré par le monde sans prétention sachant très bien que c’est son public, et qu’on l’aime.

Pour ceux qui les connaissent, font aussi partie de la distribution (pour ne nommer que ceux-là) : Nicole Leblanc, Jean Lapointe, Charlotte Laurier, Bénédicte Décary, Johanne-Marie Tremblay ... et plus.

lundi 25 mai 2009

Figurante d'ambiance

Voici ma journée, je vous l’offre sur un plateau ... de tournage. À ceux à qui ça tente. Aujourd’hui, et jeudi j’y retourne, j’étais à Montréal dans un lieu de prière sur St-Denis converti, le temps d’un tournage, en quartier général. Cette fois, l’administration (portables, cellulaires, paperasse), coin coiffure/maquillage, les comédiens et les figurants d’ambiance (le nom officiel !) dans la même pièce. Disons que les sept figurants que nous étions avions intérêt à nous faire discrets. Les conditions varient d’une figuration à l’autre. Comme pour un voyage, l’on part avec sa valise sans connaître le , le comment et le avec qui. Plutôt une aventure, puisqu’en plus, on ne connaît pas l’heure exacte à laquelle prend fin le voyage.

Avant de plonger dans cette journée, voici ce sommaire :
Télésérie québécoise « Ni plus ni moi » jouera à Série Plus, six épisodes d’une heure.
Comédiens principaux aujourd’hui : Emmanuel Bilodeau, Edith Cochrane
Lieu du tournage, tout à côté du quartier général (parfois l’on doit se déplacer en minibus) : Snack-Bar d’un quartier ouvrier. Figurants : clients du snack-bar accentuant l’ambiance de pauvreté de la classe ouvrière.

À l’arrivée, aussitôt le bonjour et le formulaire rempli, je me dirige vers la costumière et ensemble on fouille la valise. La demande que l’on m’avait faite au téléphone la veille: trois ensembles de vêtements, couleurs ternes avec de l’usure. Seulement deux de mes ensembles ont été approuvés, s’y trouvait un vert trop éclatant (voyez un vert sapin !).

Après, l’attente. Essayer de lire malgré le fort bruit ambiant, c’est très exigeant, ce qui fait qu’on se retrouve souvent à bavarder. De toutes manières, j’étais en compagnie de deux danseurs professionnels et leur conversation était passionnante. De temps en temps, la troisième assistante arrive dans le local, nous pointe du doigt « toi, viens ! ». La première fois, je n’ai pas eu le temps de mettre le pied dans le casse-croute, on m’a congédiée. Ils conversent à travers leurs oreillettes et micros et en résultent de nombreux changements. Et le cafouillis propre à la méthode du fur et à mesure. La deuxième fois, j’ai réussi à mettre le pied mais quelques minutes seulement puisque, après discussion de vive-voix et devant moi, on préfère me garder pour personnifier la femme du couple qui entre à la dernière scène.

Remarquez, le paragraphe ci-dessus équivaut à 4-5 heures d’attente. Si vous y rajoutez le dîner où les figurants apportent leur lunch ou vont manger au resto (un vrai !) sans encore avoir été utile, ça impressionne. Mais vers 16 h 00, cette fois semble la bonne, par contre on hésite sur le choix de mon partenaire. Quatre hommes ayant été surexposés, il n’en reste plus de mon âge. La responsable en pointe un et tâte le terrain pour connaître son âge et fièrement il proclame : 80 ans jeudi ! Estomaquée, elle réplique, je vous en donnais 65. Ne me les donnez pas, je les ais déjà !
Vif d’esprit en plus.

Après une heure sur le plateau à épier un autre couple « Emmanuel B. et Edith C. se donner la réplique dans le fond de la cuisine du casse-croute, nous faisons la scène qui consiste à nous diriger vers les tabourets et s’asseoir au comptoir. Point. À quelques reprises d’accord, mais point. Ensuite, retour au quartier général mais pas pour longtemps. On a besoin de passants sur le trottoir faisant l'arrière-plan humain d’Émmanuel Bilodeau. Qui n’a pas déjà été un passant dans sa vie ? La seule différence est qu’il faut respecter les signaux, courir pour revenir à sa position de départ et entendre le « moteur ... action » à travers les coups de klaxons et le trafic de 5 h. Nous avons exécuté allègrement nos allers-retours pendant une demi-heure, une dame en faisait elle aussi, bénévolement (elle attendait quelqu’un !), et nous trouvait bien comiques de faire semblant.

C’est vrai que c’est comique "faire semblant", surtout d’une manière aussi sérieuse, et coûteuse.

Jeudi, avec cette même équipe, le tournage sera de soir-nuit et cette fois, le plateau sera dehors. Pour faire quoi, comment, où, qui, et avec qui ? Je le saurais la veille, en autant qu’il y ait un lendemain puisque s’il pleut, le voyage est annulé ... même si la valise est prête.

Quand je vous dis, l’aventure ! Du "faire semblant" et de l’aventure. De l’enfance à la manière adulte.

* * *
N.B. : Même si figurante d'ambiance, je n'ai pas l'impression d'arriver à vous rendre l'ambiance qui règne sur ces plateaux ...
Article de Hugo Dumas qui en dévoile long sur la série.

mardi 30 décembre 2008

Parle-moi de Gaston Miron

Je suis complètement gaga des 12 hommes rapaillés de Gaston Miron, le tout récent album où 12 chaudes voix d’hommes encensent 12 poèmes. Complètement subjuguée par cette œuvre, la poésie m’en semble encore plus exaltée, si c’est possible, et je l’écoute au minimum deux fois par jour. Et toutes les autres fois que je ne l’écoute pas, c’est parce que je me retiens !

Faut dire qu’en plus qu'il ne fût pas n’importe quel poète, ce ne sont pas n’importe quelles voix : Michel Rivard, Daniel Lavoie, Plume, Jim Corcoran, Yann Perreau, Vincent Vallières, Richard Séguin, Martin Léon, Michel Faubert, Louis-Jean Cormier, Gilles Bélanger, Pierre Flynn.

Tout mon engouement pour ses mots me porte à vouloir m’intéresser à Gaston Miron, à qui il a été. Non pas que je ne le connaissais pas - qui ne le connaît par de réputation ! - mais ça n’implique pas nécessairement de reconnaître celui qui a été de tous les combats ; sociaux, littéraires, politiques. « Il affiche tout son être sur la place publique » comme disait de lui, Jacques Brault, poète.

On appelait Miron, le poète militant (ça se perd ce genre de poète, il me semble qu’on en retrouve peu maintenant) et sa plus grande ferveur allait pour une défense virulente du français. Aujourd’hui, j’ai eu le plaisir de regarder une entrevue où il nous donne, à sa manière colorée, presque théâtrale, jamais emportée mais si fougueuse, un plaidoyer pour la défense du français au Québec. C’est tout à fait réjouissant comme entrevue, le sourire est garanti, le rire parfois, l’attendrissement certain. Et l’aboutissant : son propos est encore, malheureusement, d’actualité.

« Qu’on dise joual, oual ou cheval, peu importe, pourvu qu’on ne dise pas horse » Entendez-le de sa bouche, je vous le dis, ça vaut la peine ! (gros merci à Sandy Gordon et Mistral de m’avoir indiqué le chemin jusqu'à cette entrevue fascinante).

Et si ça vous dit d’avaler de ses mots comme une goulée de tendreté, ne vous gênez, tant qu’il y en a pour 10, il y en a pour 100, tant qu’il y en a pour 1000, y en a pour 10,000 …

Parle-moi (sur le CD, chantée par Gilles Bélanger)

parle-moi parle-moi de toi parle-moi de nous
j’ai le dos large je t’emporterai dans mes bras
j’ai compris beaucoup de choses dans cette époque
les visages et les chagrins dans l’éloignement
la peur et l’angoisse et les périls de l’esprit
je te parlerai de nous de moi des camarades
et tu m’emporteras comblée dans le don de toi

jusque dans le bas-côté des choses
dans l’ombre la plus perdue à la frange
dans l’ordinaire rumeur de nos pas à pas
lorsque je rage butor de mauvaise foi
lorsque ton silence me cravache farouche
dans de grandes lévitations de bonheur
et dans quelques grandes déchirures

ainsi sommes-nous un couple
toi s’échappant de moi
moi s’échappant de toi
pour à nouveau nous confondre d’attirance
ainsi nous sommes ce couple ininterrompu
tour à tour désassemblé et réuni à jamais

Gaston Miron extrait de L’amour et le militant tiré de L’homme rapaillé

mercredi 17 décembre 2008

J'habite le village global

Nul n’est prophète en son village, excepté Fred Pellerin. Et on ne fera pas la Babine là-dessus. Quant à moi, j’ai réalisé que je me tiens loin du compte. J’ai reçu « Le Trait d’Union » fascicule publié par la Municipalité d’Eastman et un titre a tout de suite attiré mon attention :

À Eastman, on célèbre le livre toute l’année.

"Lors de la dernière enquête de la Statistique du Québec (1999) portant sur les habitudes de lectures des Québécois, deux régions seulement enregistraient des gains au niveau du lectorat : l’Estrie et la Montérégie.

Avec plus de 500 abonnés à la bibliothèque d’Eastman, Eastman n’est pas en reste. En 2008, les bénévoles de la bibliothèque ont enregistré plus de 5000 prêts de documents. Plus de 7000 ouvrages sont soigneusement répertoriés et la collection ne cesse de s’enrichir grâce aux dons des citoyens et aux acquisitions que le budget permet pour cette activité essentielle à la qualité de vie du village.

De nombreuses activités sont également proposées à la population : cercle de lecture, ateliers et cercle d’écriture, rencontres d’écrivains, causeries littéraires, animation pour la Journée mondiale du livre, vente de livres usagé, sentier des lettres, concours de la plus belle lettre des écoliers, sans oublier la grande fête des lettres des Correspondances d’Eastman, qui aura lieu du 6 au 9 août 2009.

Et suivait un avant-goût de 4 causerie ou conférence : Femmes et société dans les romans (12 février) - L'amitié avec le professeur de théologie Patrick Snyder inspirée de son livre : L'Amitié revisitée : de Platon au village global (26 février) - Écrire et lire en Amérique (19 mars) - Le roman des grands oubliés (16 avril)".
L’article m’a fait plaisir, le village du livre ! Ça fait ne pas regretter de l’avoir choisi. Mais j’avoue que de ne pas y lire de mention du Passe-Mot m’a fait un petit pincement. Pas douloureux, juste achalant. Il me semble qu’il manque quelque chose. Et puis, part la roulette de la réflexion : l’internet, on dirait que ce n’est pas fait pour rejoindre les proches. Y être le moindrement populaire ne veut en rien dire que tu seras connu de ton village. Le net, c’est pour rejoindre le lointain, le village global. Ce qui explique probablement que je sois moins porté à parler des activités de mon village, sachant que je suis peu suivi, peu lu par mon environnement immédiat. Ais-je tort ? Fred Pellerin, ce lutin endimanché, me clamerait un gros oui et rajouterai que c’est à moi de me faire connaître par l’oral. Qu'il a raison ! Je lui donne raison. J’aime l’oral aussi. Que les mots sautillent et s’éparpillent dans de bonnes ou boudeuses babines me plaît autant que lorsqu’ils s’allongent sur des lignes droites, toujours droites maintenant que nous n’utilisons plus le manuscrit qui les faisait danser.

Je l’ai dit, il n’est pas question que je fasse la Babine … puisque je m’en vais voir le film (enfin !) ce soir. Et peut-être vais-je y apercevoir une laitière, une étrangement emmitouflée, qui déambule dans ce village de circonstance, tirant sur sa charrette de pintes de lait s’entrechoquant dans une neige de sel. Parce que, oui, la neige dans Babine, c’est du sel. Techniquement, économiquement, y paraît que c’était préférable. Dans un village de féérie, on croit ce que l’on nous dit.

Et quand je pense que tout à l’heure nous allons assaisonner notre neige de sel pour descendre notre côte jusqu’à notre village pas global pour deux sous. Et que je l'aime donc quand même ! Je vous en prie, chers Eastmontois, chères Eastmontoises, si vous êtes à lire ces lignes, levez-vous bien droit et annoncez-moi bien fort votre présence, que je puisse me confondre en excuses.

Il y a de ces jours où l'on aimerait se tromper.

lundi 8 décembre 2008

Ainsi tournent les moulins à paroles

Je vous retourne au Salon parce que hier, je ne vous ai pas tout dit. Je n’étais pas à court de mots, mais à court de souffle. Samedi et dimanche, on entrait donc dans l’Église St-Édouard de Eastman comme dans un moulin. Un moulin à paroles !

Dans un village, à force de les croiser, on connaît des visages. Cela peut devenir troublant, dans un Salon où tout à coup, ces visages deviennent des êtres humains à part entière avec le corps et la gestuelle qui va avec. Tu te dis, il me semble que j’ai déjà vu ce visage, mais où ? Et si la personne s’adresse à toi comme à une vieille connaissance, alors là, tu es faite ! Le trouble gonfle dans ta poitrine et tu dois absolument tout faire pour que ne pas trahir ce gonflement. Tu ajustes le ton, en prend un de « entre connaissances » tout en te sentant perdre connaissance par en-dedans. Feeling vécu quelques fois hier alors vous comprenez pourquoi j’arrive fatiguée !

Bon, le quotidien maintenant. La plupart du temps, je guettais d’un œil l’achalandage et de l’autre, je tentais de m’intéresser au roman « Les déliaisons » de Martin Robitaille. Tout le monde connaît le principe du « soit qu’il y ait personne ou soit qu’il y ait attroupement. Une personne achète, l’autre achète. Une personne n’achète pas, personne n’achète ». Le principal de l’art de la vente consiste donc à savoir gérer efficacement, et lucrativement, ce trafic. J’ai constaté à quelques reprises que j’ai à parfaire cet art. Mais je me console rapidement par un « Que ferais-je sur la terre si je n’avais pas tout à parfaire ?! »

Le Salon a bien commencé, je venais à peine d’installer la marchandise essayant qu’elle ait l’air de sourire à la clientèle, d’une manière détachée, quand un homme âgé approche d’un pas décidé et demande haut et fort : C’est la table de Marc Simard ? » (en me voyant, il avait toutes les raisons d’en douter !). Oui, répondis-je d’un ton se voulant aussi ferme mais camouflant cette interrogation galopante : est-ce que Marc, mon chum, mon camouflé Marc serait maintenant connu pour ne pas dire reconnu ? « Où sont les cartes ? demande-t-il. Quelles cartes ? Marc n’a pas fait de cartes cette année. Eh bien, dit-il un peu de mauvaise humeur, à l’entrée, il y a le mot « cartes » à côté de son nom ! Ah ?
Ah (soupir)... mon chum serait encore un homme camouflé.

Qu’est-ce que l’on fait dans un Salon d’Art quand il y a peu de clients et qu’on se lasse de s’obliger à lire ? On se promène devant les tables des autres, on jette des œillades discrètes surtout à celles garnies de bijoux quand on aime les bijoux, et parfois, comme une abeille devant quelques fleurs affriolantes, on finit par butiner. Il y avait là trois talles de fleurs. J’en ai rapidement élue une, me faisant accroire que la raison étant que les profits iraient à une cause humanitaire. Je suis généreuse, ou crédule, choisissez. Je n’éprouvais cependant aucun coup de cœur. Mais l’amour est aveugle, vous allez comprendre pourquoi. En fin de journée dimanche, je retourne à ma talle de fleurs mais cette fois accompagnée de mon monarque Marc, l’encourageant à voler jusqu’à cette bonne œuvre. Et tout à coup, je LE vois. Ce pendentif aux verres chatoyants, de cette élégance joyeuse, non flamboyante, qui me va droit au cou. On s’informe de ses origines, il est en verreries de Murano. Les verres Murano … fabriqués à Venise !

Alors, à Venise il sera, et le 25 décembre se déballera.

J’ai manqué d’albums pour enfants, comme toujours d’ailleurs, et que j’aie manqué de calendriers, ça, tout le monde le sait. Mais quand en ai-je manqué, là, est une toute autre question. J’attendais une couple de calendriers apportés des mains propres de l’artiste quand le maire et la mairesse se sont présentés devant ma table. Hum … hum… pourriez-vous revenir plus tard ? , cela ne se demande pas à un maire et à une mairesse, nous avons donc bavardé. C’était très intéressant et ils sont partis avec un signet « Le Passe-Mot » … On vend ce que l’on a, n’est-ce pas ?

À d’autres moments, c’est surprenant. Une dame âgée, que je sais faire partie du Club de lecture de Eastman, approche et nous bavardons de quoi vous pensez ? On découvre que nous partageons la même récente lecture « Le travail de l’huître » de Jean Barbe. Je brûle de savoir si elle a aimé, elle commence ainsi « Au début, j’étais déçue, le personnage devient invisible, si on ne le voit pas, déclare-t-elle un peu indignée, comment vais-je m’y intéresser ? Et puis, j’ai persisté dans ma lecture et finalement j’ai beaucoup aimé ». Elle ne m’a pas vraiment expliqué pourquoi mais j’ai compris. Pour ceux qui ne comprennent pas, pourquoi j'ai compris, passez par ici.

Bon, ça y est, mon blabla sur les Salons se termine ici, j’ai une urgence, terminer Les déliaisons pour commencer « Le bon usage des étoiles ». Et je ne peux même pas compter sur une attente en ligne pour lire parce que ça me surprendrait qu’il y ait foule aux urnes !

Parce qu’en plus de geler sous la botte, ça gèle dans la tête.