mercredi 15 juillet 2009

Cinéaste au service de l'auteur

Y croyez-vous ? On se le demandait encore récemment. La conclusion a été que l'on y croit ou non, la machine est en marche et rien ne l'arrêtera. La maison d'édition HMH, dont j'ai des nouvelles par Facebook, est fière d'annoncer qu'elle va bientôt offrir un magasin de vidéos mettant en vedette ses auteurs. Vous savez ces auteurs, ces êtres qui ont quelques fois la personnalité introvertie, solitaire, non grégaire, ils devront se mettre en scène ou user de subterfuges pour vendre leur bouquin.

J'ai commencé à recevoir des courriels m'invitant à aller voir l'auteur, vedette d'une vidéo :

Bonjour, vous qui aimez les livres,
Voici un lien vous permettant de visionner trois extraits du dernier roman de Robert Maltais Le Curé du Mile End, publié chez Québec Amérique.
Deux autres seront disponibles les 15 et 18 juillet. Au nom de Robert Maltais et du cinéaste Plamen Sjarov, merci.

Est-ce concluant quand c'est l'auteur lui-même qui se vend ? est ma question et je vous la pose !

4 commentaires:

Trader a dit...

Je n'ai rien contre le fait qu'un auteur fasse sa promotion de toutes les manières.

C'est son travail, il en fait ce qu'il veut. Et pourquoi pas?

É. a dit...

Mon travail est d'écrire. Si j'avais voulu être vendeur, je n'aurais pas passé tout ce temps à gribouiller tout seul dans mon coin en bobettes parmi les bouteilles vides.

J'ai toujours considéré que quelques mois de «promo» faisaient partie du jeu et je m'y consacre chaque fois avec tout l'entrain et la joie de vivre que je peux gratter au fond de moi, malgré qu'il me semble absurde d'ajouter quelques kilos de blabla à une œuvre qu'on considère complète. Mais je ne peux m'empêcher de constater que les éditeurs ont trouvé une nouvelle façon de presser le citron-gratos des auteurs, ces bonnes poires bénévoles qui font vivre toute une fourmilière de «professionnels» .

L'industrie de la pop a réussi un coup fumant en se débarrassant des musiciens et le monde de l'édition semble en bonne voie de faire de même. On n'arrête pas le progrès. Quelle époque formidable !

Trader a dit...

Qu'est-ce qui n'est pas de l'auto-promotion dans les médias? Qd un écrivain accepte un interview à la radio ou à la télé, n'est-ce pas la même chose quelque part?

Chaque apparition publique d'un artiste peut être ramenée à la seule dimension de l'auto-promotion, que ce soit volontaire ou involontaire.

Ça fait longtemps que ça se fait et ça se fera encore très longtemps.

Lire des extraits devant une caméra numérique, c'est à la portée de n'importe qui. C'est l'enfance de l'art. Je pourrais le faire moi-même. Caméra, trépied, youtube, bingo!

En passant, je me suis inscrit comme bénévole à la magnétothèque. Comme c'est fait sur une base anonyme, c'est la seule exception à l'auto-promotion que je connaisse...

Et je ne suis même pas un écrivain patenté... ;)

Suzanne a dit...

Et pourquoi pas? Du moment où ça permet à l'écrivain de faire connaître son oeuvre et ainsi avoir de plus en plus de lecteurs/lectrices puis que ce genre de promotions soient faites avec parcimonie, je n'y vois aucun mal.