lundi 25 octobre 2010

Éparpillé de Benoit Roberge

Vous filez pour du léger, très léger, pour de la « chick lit » masculine, vous aimez l’humour en général et l’humour caustique en particulier, cette histoire d’un coup de foudre au cœur d’un été montréalais est peut-être pour vous.

Mais il n’était pas pour moi.

Je commence à conclure que moi et l’humour de Benoit Roberge, nous nous accordons moins que plus. Ce qui me permet de l’avancer est ce Cas Roberge, film que j’ai vu au cinéma. J’ai réalisé qu’à la toute fin qu’il s’agissait du même Benoit Roberge, réalisateur, scénariste et maintenant romancier (son premier).

J’ai écouté l’homme en entrevue, je le trouve sympathique, mais un peu brouillon. Éparpillé est à son image. Je ne nie pas avoir savouré quelques unes de ses critiques sociales bien tournées, surtout avant que la foudre transperce son cœur de bord en bord. Le personnage nommé Louis de Gonzague tombe éperdument amoureux d’une serveuse qu’il lui sert un jour son café dans une Croissanterie. Et qui disparait, s’éclipse, ne revient plus jamais travailler à ce Café. Qu’il regrettera d’avoir manqué l’occasion de se faire valoir à ses yeux ! Il lui a cependant laissé un petit message sur papier blanc.

Le fait qu’il passera sa vie à l’imaginer, la rêver, la chercher m’a lassé. Il en met tant et tant sur cette femme (évidemment le propre de la chick lit), que ça en devient pathétique. Son humour rase-mottes ne soulevant plus que de la nostalgie et de l’apitoiement, il devient une victime, et une victime porte moins bien l’humour mordant, vous ne trouvez pas. Peut-être que son esprit drolatiquement spirituel aurait sonné autrement n’aurait été de ce grand coup du destin.

Il ira la chercher dans tous les coins et, même en Europe, sa serveuse londonienne aux lunettes surdimensionnées. Je vous donne une idée de cette apparition de ses rêves :

« Pour se tenir en équilibre et se mouvoir avec fluidité dans l’espace, elle porte des souliers plats du genre petite Chinoise soumise. Aux pieds d’une granola défraîchie, ces mocassins provoqueraient en moi une profonde répulsion, mais elle, elle les porte divinement bien. L’ouverture sur le dessus laisse deviner un pied blanc et tendre au bout duquel fleurit un crescendo d’orteils savoureux et morphologiquement parfaits. Pour la saveur, je sais, j’anticipe effrontément. Mais comme j’aime anticiper, je dirais nougat suisse et miel d’Orient. Les chevilles sont fines. Mais je devrais les qualifier autrement, parce que des chevilles fines, on entend ça tous les jours. C’est commun, des chevilles fines. C’est banal. C’est comme des joues creuses, des nez aquilins et des mentons proéminents. »

Service de presse
- Éparpillé de Benoit Roberge, Éditions Les Malins, 196 p.

15 commentaires:

Karine:) a dit...

Je ne sais pas si c'est pour moi non plus, en fait. L'extrait et l'histoire ne m'accrochent pas plus que ça.

Kikine a dit...

Comme toi, il y a plus de moins que de plus ...
Nous ne devons pas être le public cible

Virginie a dit...

Zut, la biblio vient de me téléphoner pour me dire qu'il est arrivé. L'extrait me rebute et ta critique me donne pas envie. Si c'était pas que j'ai eu un autre livre en même temps (Du bon usage des étoiles), je crois que je n'irais même pas le récupérer...

Jules a dit...

Toi et Kikine venez de me couper les deux bras... je l'ai reçu avec Masse Critique et je dois le lire! Mais bon, j'abandonnerai si c'est aussi indigeste!!!

Lise a dit...

Le paragraphe cité ne me donne pas du tout envie de goûter à ce livre; je dois être trop granola! La pile à lire étant déjà assez haute, j'éviterai donc de m'éparpiller...

:)

anne des ocreries a dit...

Moui ? à lire en attendant son tour chez le dentiste.....? y a des trouvailles, mais j'aimerais voir ça de près......

anne des ocreries a dit...

quant à son film; j'ai même pas envie de le voir. Causer de soi, est-ce que c'est causer de quelque chose ? hein ?

Venise a dit...

Oh là là, vous voilà tous un peu découragé de le lire ! D'un autre côté, je me dis que vos attentes étant plus basses, peut-être serez vous surpris.

Anne : Qui parle d'une lecture en attendant chez le dentiste, oui, tu l'as, c'est un ton un peu magazine, voilà ! C'est tout, sauf un casse-tête.

amicalsupport a dit...

Eh bien moi je vais faire exception, j'ai aimé l'extrait; ce n'est pas que je ne sois pas granola, mais j'ai des goûts de luxe. Il y a quelque chose chez cette fille que j'aurai plaisir à connaître, je le sens

Venise a dit...

Tu serais déçue, Amical Support, car elle reste une vedette invisible.

PG Luneau a dit...

Le gars m'a toujours semblé assez sympathique... mais pour le livre, «on va laisser faire»!

gaétan a dit...

Mon commentaire est décalé puisqu'il n'a pas rapport à ton billet mais bon j'avais envie de te dire que je venais de terminer la lecture de "Monsieur Julot" dont tu avais parlé précédemment et que j'ai bien aimé. Je ferai un effort particulier pour faire circuler le livre dans mon entourage....
Hihi bon matin.

Suzanne a dit...

Pas pour moi non plus. ;-)

Venise a dit...

Gaétan : Je suis contente de l'entendre, l'auteure le sera aussi. Comme c'est une relation par facebook, je la nourris de ces encouragements, précieux, pour un auteur qui travaille en solitaire.

Et je suis doublement contente parce que tu vas continuer à me faire confiance :-)

Venise a dit...

Suzanne : Tu fais le choix de ne pas t'éparpiller.