dimanche 28 novembre 2010

La trajectoire de Stéphane Libertad

J’aime les histoires tirées du vécu, je ne les cherche pas, elles viennent à moi. Celle-ci, j’étais curieuse. J’aime le regard des autres sur le Québec, j’aime le titre, La Trajectoire, j’aime la collection Hamac et en plus j’aime leur nouveau look. J’étais donc grande ouverte.

L’écriture est d’une grande simplicité, je n’ai rien contre, c’est reposant, en autant que l’on ait quelque chose à me raconter. J’ai attendu, patiente, je pourrais quasiment dire indulgente, quelques dizaines de pages, que je sois tirée par un fil qui m’accroche. Pour aller de l’avant. Parce que si on revient à l’essence même de la lecture, il faut être motivé pour suivre la trajectoire d’une autre personne que soi.

On suit ce Français qui a un fils avec une Québécoise, celle-ci ayant jusqu’alors vécu en France, en 2006, c’est à son tour de s’exiler. Il arrive donc au Québec tandis qu’il aurait de beaucoup préféré l’Espagne, et sa chaleur et son soleil.

Il a beaucoup à dire sur son quotidien de travailleur (il est écrivain), de mari, de père, de gendre. J’ai bien dit son quotidien, vous savez ce que nous vivons tous et qui est assez souvent ordinaire et que parfois, même nos amis écoutent distraitement, tellement les quotidiens se ressemblent d’une personne à l’autre ? C’est un art de rendre intéressant un quotidien, l’art du conteur. J’oserai conclure que monsieur Libertad ne l’a pas encore suffisamment développé. J’ai été jusqu’à m’imaginer que l’écrivain s’est offert un journal de bord tout d’abord pour lui.
Ça manquait de feu et de flamme. Ou de cette fibre impudique nécessaire pour rendre la confidence émouvante ou à tout le moins croustillante.

Pour être tout à fait juste, ce n’est pas que linéaire, des pointes d’humour, ou d’humeur, donnent des soubresauts au récit, mais elles n’ont pas réussi à me garder alerte. Et je me suis sincèrement demandé pourquoi. Je ne peux que tenter cette réponse ; ses observations sur nos mœurs me seraient apparues banales, ses sautes d’humeur trop communes.

J’ai toutefois senti que lorsque l’homme est allumé, ça passe. À la naissance de son fils, qu’il veille à cause d’un problème de santé, le père se donne corps et âme. J’ai trouvé ces passages plus attractifs. L'auteur a réussi à me sortir de ma torpeur pour l’accompagner. La passion et l’intensité suintaient des lignes.

Peut-être qu’au bout du compte l’auteur a trop misé sur l’intérêt que susciterait nécessairement sa vision de nos mœurs et coutumes, ne soignant pas assez la manière de nous séduire.

5 commentaires:

Virginie a dit...

Je n'ai pas aimé vraiment non plus, je trouvais que c'était très Français chiant et j'avais juste le goût de le brasser pour qu'il fasse de quoi de sa vie hihi

Venise a dit...

Moi aussi, Virginie, j'ai éprouvé le goût de le brasser pour le sortir de cette torpeur qui transparaissait dans ses lignes !

anne des ocreries a dit...

Bin moi, du coup, j'ai envie d'y mettre le nez juste pour voir à quel point c'est Français chiant,(☺), pis de traverser après pour fournir mon propre point de vue !!!! tant qu'à faire ! :)

Venise a dit...

Il est évident, Anne, que je préfèrerais ta trajectoire. Question d'affinité.

nicolas a dit...

Je ne veux pas vous convaincre, mais Libertad est un écrivain à suivre, qui donne beaucoup, voir tout, et continuera malgré vos impressions à donner beaucoup...