dimanche 14 octobre 2012

Mayonnaise d'Éric Plamondon

Ah, ce Mayonnaise laissé sur la tablette trop longtemps à attendre que je le commente. J’aurais dû le savoir que ce n’est pas sain de laisser attendre un(e) Mayonnaise. Lu voici environ trois mois, qui m’apparaisse maintenant trois ans, tellement je suis amnésique. Je me souviens d’avoir souri, d’avoir admiré certaines acrobaties humoristiques, apprécié des traits d’esprit finement ciselés, mais de l’histoire, je me souviens si peu que j’ai dû me résoudre à en relire des parties, et même papillonner sur le net.

Ce petit bouquin, volume 2 d'une trilogie,  se présente en 113 brefs chapitres reliés d’une manière volontairement désordonnée sous un sujet qui s’adonne à être l’écrivain américain culte Richard Brautigan. Les libraires s’enchantent de cette trilogie qui rebondit sur l’année tremplin 1984. Pourquoi 1984 ? Parce que le nageur et acteur Johnny Weismuller, le «héros» de Hongrie-Hollywood Express , volume 1, meurt cette année-là, c’est également celle du suicide de l’écrivain Richard Brautigan, le héros de Mayonnaise et l’invention du Macintosh. Éric Plamondon prévoit mettre en scène Steve Jobs dans Pomme S (à paraître).

Vous conviendrez que c’est astucieusement concept.

Quand les libraires s’exclament, je tends l’oreille. Je devrais peut-être commencer à me méfier de moi. Un peu. Premièrement, est-ce que me réjouis autant qu’eux d’un concept, même intelligemment mené ? Non. En plus, je n’ai pas leur culture littéraire, je ne connaissais ce Richard Brautigan ni d’Ève ni d’Adam. Ce qui fait que je n’ai pas tout saisi des liens du destin du personnage Gabriel Rivages mêlé à celui de l’auteur de La pêche à la truite en Amérique. Les balles rebondissent vite entre les deux destins et je n’avais pas le goût de m’informer pour comprendre chaque référence.

Je soupçonne Plamondon d’être un joyeux luron aux traits ludiques qui aime installer des références, certaines fois claires, et d’en rajouter des bidons le plus loufoques possible. « Comment mélanger deux substances qui ne se mélangent pas ? Arrive enfin le moment magique de la mayonnaise. Parfois elle prend, parfois elle ne prend pas ».

Ma lecture m’a laissée une impression d’exercice de style, de défi littéraire que ce serait donné l’auteur. J’ai tenté de me mettre sur le mode, savourer l’esprit de l’auteur le plus possible et essayer de m’amuser, mais cette question ne m’a jamais abandonnée : ai-je compris tout ce qu'il y avait à comprendre ? En fait, et je le réalise tout en vous écrivant, je ne me suis pas abandonnée. Et je dois aimer m’abandonner quand je lis, puisque j’ai aimé plus ou moins.

Même si ma lecture s’est avérée moins palpitante que prévu, je la recommande aux lecteurs qui apprécient les habiles jongleurs qui écrivent un concept, maniant l’humour fin dans un style réfléchi, précis, copieusement arrosé d'humour pince-sans-rire. Facultatif mais appréciable, connaître ou aimer une des trois importantes figures américaines abordées. 

4 commentaires:

anne des ocreries a dit...

Ah aaah ! çui-là, y m'titille ! j'adore ce genre de sac à malices ! :))

Phil a dit...

Salut Venise !
Je vis un peu la même chose que toi avec Mayonnaise : je l'ai lu très vite il y a plusieurs semaines et là je dois faire de gros efforts pour rassembler mes idées sur ce roman.
Un très bon moment de lecture !

Venise a dit...

Anne : C'est une belle manière de le dire; un genre de sac à malices. La grande lectrice que tu es comprend vite de quoi il est question !

Venise a dit...

Phil : Merci de venir réconforter ainsi ma mémoire en lui disant que ça n'arrive pas qu'à elle !