mercredi 17 juillet 2013

Les pavés dans la mare de Nicolas Delisle-L'Heureux

On part d’un jeune homme, lequel j’ai pris au départ pour beaucoup plus âgé qu’il ne l’est. Il faut dire qu’au premier chapitre, on le retrouve au bout du monde, dans une suite de chalets du Lac Sauvage, près de Senneterre, à des kilomètres de toute civilisation. Il médite sur sa vie. On apprendra au fil du temps ce qu’il fait dans ce lieu aux allures de cimetière.

Les événements coulent dans ce roman, si l’on accepte de suivre Jakob à la trace. Ce jeune étudiant, en âge de se trouver une gang et des idéaux, trouvera les deux au Café Le Petit Fou où il sera embauché (manière de parler, puisqu’il ne reçoit pas de salaire et la moitié de ses pourboires). Il y trouvera l’amour, l’amitié, l’autorité, car dans un groupe, il y a toujours un leader; ici, Irène. À partir de ce moment-là, il jettera aux orties études et famille.

Le petit groupe ne s’adonne pas qu’à des partys bruyants, ils organisent des actes dénonçant la passivité du peuple, ces victimes consentantes. Ils fomentent des actions anarchiques auxquels Jakob hésitera à prendre part.

Le thème principal est l’engagement. À l’orée de sa vie, ce jeune homme a des choix à faire, seront-ils mus par l’engagement ? On aura l’occasion de le voir se comporter en situation d’amour, avec Manou, personnage fort et intègre, mais aussi au cœur même d’un groupuscule poursuivant l’objectif de transformer la société de fond en comble, en situation familiale alors que son frère lui voue une parfaite dévotion et en situation d’indéfectible amitié, avec Mathieu. Delisle-L’Heureux aborde également l’engagement envers un lieu, les chalets du Lac Sauvage, héritage de deux sœurs écologistes avant leur temps. Une histoire dans l’histoire.

Je n’ose pas vous décrire le caractère de Jakob, mais j’en aurais long à dire. Les drames les plus sordides sont intimement liés à son caractère. Je ne voudrais pas risquer de vous retirer le plaisir de suivre (et d’exécrer parfois) cet antihéros.

J’oserai par contre vous parler du style de Nicolas Delisle-L’Heureux, assuré et enlevant. Pour nous intéresser à autant de sujets, dont un personnage plus ou moins sympathique, il faut un sacré talent. On dirait que ce jeune auteur a écrit toute sa vie et souhaitons qu’il continue de le faire.

J'ai eu l'honneur et le plaisir de lire en duo avec Topinambule !

9 commentaires:

Dominique Blondeau a dit...

nous n,avons absolument pas le même regard sur ce roman, et c'est très comme ça...

Dominique Blondeau a dit...

nous n'avons absolument pas le même regard sur ce roman trop bavard à mon goût...

Dominique Blondeau a dit...

nous n'avons absolument pas le même regard sur ce roman trop bavard à mon goût...

Venise a dit...

Chère Dominique, ce n'est pas la première fois non plus que nous n'avons pas le même regard. De là, l'intérêt à vous lire.

Topinambulle a dit...

Je suis vraiment très heureuse d'avoir pu partager cette lecture en duo avec toi, Venise. C'est toujours un plaisir de voir comment tu arrives à capter les subtilités de l'être humain et de ses relations. Tout comme toi, j'aimerais bien lire un deuxième roman de cet auteur :)

Geneviève a dit...

Je ne connaissais pas du tout. Et j'ai très envie de le lire je dois dire! Je prends note!

Venise a dit...

Topinambulle : Je fais une obsession sur l'être humain et tous ses atours. Il a plus d'un tour dans son sac !

Venise a dit...

Geneviève : Tu as le tour de me faire sentir utile. Te donner le goût de lire un roman me remplit de contentement.

ClaudeL a dit...

Comme souvent, tu me donnes au moins le goût d'aller voir, ce qui est déjà énorme. Ne serait-ce que pour voir si je serais plus Venise ou plus Dominique!