dimanche 9 août 2015

La parole conteuse : Les Correspondances d'Eastman

Audrey Wilhelmy
N’est-ce pas un joli titre de causerie ? Catherine Leroux (La marche en forêt et Le mur Mitoyen), Simon Boulerice (Plus léger que l'air), et Audrée Wilhelmy (Oss et Les Sangs) l’ont servi avec verve et brio. La très intense animatrice, Sarah Rocheville les a stimulés à se dévoiler, son enthousiasme donnant le ton à ce Café frémissant de vie. D’entrée de jeu, elle les a béni chacun d’un qualificatif : Catherine Leroux : légendaire - Simon Boulerice : feu d’artifice - Audrey Wilhelmy : corsé

Catherine Leroux - songeuse
Animatrice se prépare ...
Simon Boulerice - mode expressif
Commençons par Catherine Leroux, la plus réservée. Remarquez que c’est assez facile de le paraitre à côté des autres ! Née en 1979, elle vient de Rosemère et, attention, je m’adresse à ses nombreux fans, son troisième titre « Madame Victoria » sort en septembre chez Alto. Exclamation de l’animateur « encore un titre inspirant ! ». C’est Mur Mitoyen qui était sous la lorgnette et l’auteure a particulièrement parlé du couple des petites sœurs qui se dépose dans le roman d’une manière ordonnée, calculée, l’auteure utilisant même l'expression d'une manière « mathématique». Ce n’est pas loin de l’obsession. Elle place, déplace, ordonne et exclue l’asymétrie. Elle va jusqu’à ajouter le 7 degrés de séparation entre les humains, ce qui devient un réel casse-tête. Il a également été dit qu’elle ne s’adresse à personne mais à une idée.

Pour Simon B, les héroïnes vertueuses sont sans intérêt, on le croit d’emblée avec sa Javotte (quel prénom laid, s’exclame-t-il !), cette peau de vache (sic) et Anastasie, ces sœurs méchantes, mesquines, à l’âme mal lunée. Je pense qu’il aime faire éprouver des sensations fortes à ses lecteurs, qu’ils n’aient pas besoin de se pincer pour vérifier s’ils sont encore en vie. Ce jeune homme porte une bombe de joie à l’intérieur de lui, toujours prête à exploser. C’est l’impression qu’il me donne et, il faut que je le dise, cela me fascine complètement. Ne serait-ce que parce qu’il dit tout, qu’il ne semble pas connaître la censure. Par exemple, lorsqu’il est monté sur l’estrade, il était excité de réaliser qu’Audrey W. et lui ont une inspiration commune : l'oeuvre de Walt Disney. Il lui lance même « Tu es ma sœur ! ». Malgré son côté givré, il garde les pieds sur la terre ferme au niveau de ses inspirations, par exemple, les lieux de ses romans sont souvent tirés d'où il est né : St-Rémi. 

Toute sage dans sa jolie robe
Audrey Wilhelmy, que je mélangeais avec Pascale Wilhelmy, je m’en confesse (gare, il y a également l’auteure Mylène Wilhelmy) a publié Oss et Les sangs, est née en 1985, a un doctorat en lettres et tient un blogue soutenu et, d’après l'animatrice Sarah Rocheville, se compromettant dans les qualificatifs : elle est dotée d’une écriture furieuse, pleine, généreuse, volontaire et sérieuse. Rien que ça ! Les narratrices dans « Les sangs », ne veulent pas être contrariées, et avec raison. Elles ne doutent pas. La jeune auteure opte pour l’univers du conte, une des raisons est l’absence de contraintes morales et sociales. Oss fut son œuvre de maîtrise et son directeur littéraire fut sans pitié, encourageant les coupures drastiques. Par exemple : tu as de la difficulté à faire parler un personnage, tue-le. Pour cette première œuvre, elle a choisi un endroit clos, circonscrit. « Chaque mot tombe à la bonne place » confirme l’animatrice. Pour Les Sangs, c’est du Barbe Bleue mais l’attention se porte sur les femmes qui désirent être tuées. Pourquoi ? C’est leur journal respectif qui nous le révèle.

Cela lui arrive d'être tranquille
Sarah Rocheville - Intense !
Chacun s’est exprimé sur l’enfance, le thème après tout. Catherine L. a répété une phrase d’Anne Dorval « C’est grave, l’enfance ». Pour Audrey W. enfant, tu suis, tu subis, tu te poses pas de question. Elle avait 4 sœurs et son père les amenait près du fleuve pour donner du répit à sa mère.  Simon B. a fait allusion au désir trop encombrant des ados. Impossible à contenter.

Nicole Fontaine
Catherine Leroux - plein sourire
Bref, une causerie pétillante, sautillante. Catherine Leroux, toute de rouge vêtue, nous a offert son plus sourire lorsque Nicole Fontaine (auteure et conseil d'administration de l'évènement) lui a parlé de Mur Mitoyen choisi pour l’activité « Un livre-un village » qui consiste à ce que tout le village le lise pour ensuite partager ses commentaires. Belle manière de délier les langues et encourager une auteure par l’achat d’une « tonne » de copies !


7 commentaires:

anne des ocreries a dit...

Bé décidément, tu t'en donnes à coeur joie cette année ! Quelle soirée agréable tu as dû avoir, que de livres à lire qui valent la peine !

Claude Lamarche a dit...

Ah que j'aime quand tu (et les Correspondances) nous fait connaître un brin les auteur-e-s plus que les oeuvres.

Venise a dit...

Anne : Je suis arrivé en me liant les bras et en passant vite (avec ma canne) devant le comptoir marchand s'avançant de ses tentacules tentatrices jusqu'à moi... à acheter que deux romans : La déesse des mouches à feu de Geneviève Petterson et Ma vie rouge Kubrick de Simon Roy. Je me suis décernée une médaille d'être aussi raisonnable !

Venise a dit...

Claude : On aime les connaître, n'est-ce pas ? Je ne sais pas, est-ce parce que ça nous rassure de savoir qu'ils sont des êtres humains pareils à nous et qu'ainsi, nous aussi, on peut écrire de belles histoires !

Venise a dit...

Un gros merci, mes amies, de votre assiduité qui me fait chaud au coeur. Je reçois des commentaires par Facebook mais c'est jamais comme sur les "lieux du crime" !

Anne a dit...

Oh la bonne nouvelle, bientôt un nouveau Catherine Leroux !!

Venise a dit...

Anne : Nous sommes plusieurs à l'attendre ! On peut commencer à parler d'une auteure québécoise incontournable.