mardi 19 juin 2007

L'Angélus de Louise Portal


Quelle belle journée pour parler de « L'Angélus de mon voisin sonne l'heure de l'amour » ! Une journée où s'invite une langoureuse torpeur si l'on ne veut pas se battre contre plus fort que soi, la chaleur. Une journée où la nature s'impose et où l'on se sent petit parce qu'elle est grande. Parce que cette dernière oeuvre de Louise Portal fraye intimement avec la nature. C'est l'histoire d'un deuil. Rien de bien réjouissant, sommes-nous portés à croire, mais tout dépend comment est abordé ce qui prend inévitablement fin un jour ; un événement, une amitié, une attente, une vie.

Dans cette histoire, c'est de vies humaines dont il est question. L'amitié se porte bien, les joues rougies de plaisir. La nature, comme une chape moelleuse, enveloppe les affligés. La reine nature rend sereine la mélancolie. De belles scènes contemplatives sont décrites sous une plume qui respire. On entend le silence entre les mots de l'auteure, ce qui est un art en soi. Oui, en soi. Pour tout ce que cette écriture a d'intériorité.

Les premiers chapitres laissent de l'espace au temps pour faire son oeuvre de prise de connaissance avec les personnages pour que, plus tard, s'installe à demeure la reconnaissance. Je me suis attaché fortement, parce que progressivement, à ces personnages dominant un enchevêtrement de liens intimes. À commencer par l'apprivoisement du « je » solitaire soufflé par la voix de Louise Portal, ensuite l'amie colorée et le voisin, peintre condamné. Un autre personnage tout en silence et en absence, le bel amour disparu. Quelques personnages plus effacés, un fils mystérieux, un conjoint amer qui sont secondaires seulement pour la générosité de donner de la place aux principaux.

Cette histoire chuchotée par les voies intérieures mijote dans un vase clos. Une expérience d'intimité, de voix chaudes qui parlent à d'autres voix qui écoutent. Des thèmes touchants, l'amour-amitié, les liens tissés par le destin, l'homosexualité, l'état de grâce, l'écriture et la peinture.

Un tableau, des tableaux qui vivent avec bonheur sous nos yeux, si on s'entend que sous l'état bonheur pointe parfois des élans de joie et de tristesse.

4 commentaires:

Carole a dit...

J'ai lu les livres de Louise Portal et j'ai très hâte de lire celui-ci.

Anonyme a dit...

J'aime votre façon de nous vendre un livre. Ici nul besoin de raconter, ce que le livre fait par lui-même. Vous parlez de vos perceptions, de vos émotions, en images poétiques...

amicalsupport a dit...

Encore un livre que je me promets de lire un jour, car l'écriture de Louise Portal c'est de l'enchantement pour moi. Avec elle je redeviens une enfant en train de lire un conte de fée.

Venise a dit...

Amicalsupport : Oh, que cette remarque lui ferait plaisir ! J'aimerais bien qu'elle la lise, il ne faut pas sous-estimer l'effet de ces encouragements. Merci beaucoup de sa part. Vous portez très bien votre nom, vous savez.