mercredi 16 décembre 2009

"C'est trop littéraire"

Il commence à flotter un air de vacances, écoutez ... écoutez, même dans le silence de ma montagne, je l’entends.

Alors, jasons.

Avant tout, un rappel. Un rappel de textes. Vous aimez vous exprimer par l’écrit et vous aimez Léonard Cohen, je vous rappelle que la date pour remettre vos textes est fin janvier. Les détails donnés dans le billet « Vous aimez Léonard Cohen ». N’hésitez pas, l’équipe Septentrion est clair, ils attendent encore vos textes. L’inspiration vous attend au pied de votre arbre de Noël, ça peut être le cadeau que vous vous faites. Ça fait vacances, avoir du temps pour écrire !

Je m’dis aussi que c’est beau lire, c’est se remplir lire, mais un moment donné, personnellement, j’éprouve le besoin d’évacuer. Alors, j’écris. Cela n’a pas besoin d’être estampillé « excellent », sinon, c’est le blocage. Enfant, nos parents, nous donnaient une feuille blanche et disaient « dessine ! ». L’enfant ne se disait pas, mais voyons, je ne sais pas dessiner ». Écrire, c’est s’exprimer en pouvant effacer sans que l’autre nous voit ! De vive-voix, c’est plus difficile de dire, attention tout le monde, je recommence ma phrase, elle était maladroite !

Ça m’amène à une de mes réflexions cette semaine qui ressemble à une question ; qu’est ce que ça veut dire un texte littéraire et donc, TROP littéraire ! Ceux qui me suivent de près, se souviendront qu’une personne s’est fait refuser un manuscrit sous le prétexte qu’il était trop littéraire. Ça parait insensé à prime abord. Quand je suis perplexe devant des expressions et leur côté péjoratif qui arrive dans notre langue sans crier « attention, j’arrive ! », je vais frapper à la porte du Petit Robert, un monsieur spécialiste de la base et il dit à ce sujet : expression littéraire : opposé à courant, familier, populaire, didactique.

Ça démêle un peu mes cartes. Hier, j’ai commencé à lire un roman en me posant cette question : est-il littéraire ? Ben voyons, Venise, tombes pas dans ce piège ! C’est de la littérature, c’est donc littéraire, non ? On dirait que trop simple. Ce que je voulais me signifier, c’est que l’écriture était familière, avec de l’humour, à la va comme je te parle, ça coulait, c’était amusant, l’histoire avançait. Dernièrement, j’ai dit à une amie, de la littérature légère. D’ailleurs, toute une discussion a suivi, il y aurait un côté péjoratif accolé à « léger ». Mais je reviens au roman « trop littéraire », j’imagine, (remarquez bien, j’ai dit j’imagine), on doit vouloir dire par là ; texte verbeux, lourd, parsemé, comme disaient nos aïeux, de mots à 30¢ placés là pour épater la galerie et, j’ose rajouter, une inertie dans l’action. Voilà mon interprétation du « trop littéraire » ... est-ce la vôtre, ça c’est une toute autre histoire. Le côté péjoratif a le désavantage que chacun y ajoute son interprétation et ça finit par faire un consensus tacite, dont on ne retrouve nulle part des traces (qui aura l’idée un jour de colliger un dictionnaire des mots à sens péjoratif ?)

Mais où je m’en vais avec mes cliques et mes claques moi là ? Je vous assure que je n’ai pas d’endroit précis où me rendre, je réfléchis à verbe haut devant vous, en ne sachant même pas d’ailleurs si c’est littéraire.

La Femme fragment et Le discours sur la tombe de l’idiot, ces deux derniers romans lus, je les ai trouvés très littéraires (pas trop, très), dans le meilleur sens du mot. Mais je me dis qu’un mot qui a son meilleur a sûrement son pire. Donc, trop littéraire, ça existe pour moi. Dans ma tête. En dehors de ma tête, je me demande qu’est-ce que ça a l’air ?

Comme pour vous, par exemple ...

7 commentaires:

ClaudeL a dit...

Trop littéraire pour moi, c'est péjoratif aussi. Veut dire hautement intellectuel. Du genre qu'on ne comprend rien. Du genre compris par des universitaires, maîtrise et plus. Un prix Goncourt, quoique j'en ai lu un ou deux que j'ai compris.
Mais littéraire pour un Français de France n'aura sans doute pas la même signification.
Et le palier d'excellence littéraire n'est plus ce qu'il était non plus.
Si je me souviens bien la trilogie de Marie Laberge n'était pas assez littéraire pour la France, comprendre trop populaire.
Mais il en est de ce terme galvaudé autant de définitions et d'impressions que de jugements envers soi-même. Une étiquette qui ne dit finalement rien.

ClaudeL a dit...

Trop littéraire pour moi, c'est péjoratif aussi. Veut dire hautement intellectuel. Du genre qu'on ne comprend rien. Du genre compris par des universitaires, maîtrise et plus. Un prix Goncourt, quoique j'en ai lu un ou deux que j'ai compris.
Mais littéraire pour un Français de France n'aura sans doute pas la même signification.
Et le palier d'excellence littéraire n'est plus ce qu'il était non plus.
Si je me souviens bien la trilogie de Marie Laberge n'était pas assez littéraire pour la France, comprendre trop populaire.
Mais il en est de ce terme galvaudé autant de définitions et d'impressions que de jugements envers soi-même. Une étiquette qui ne dit finalement rien.

ClaudeL a dit...

oups, doublons, mille excuses.

Maxime a dit...

Trop littéraire, oui pour moi aussi c'est péjoratif, comme à peu près tout qui est "trop" d'ailleurs. Un roman trop littéraire ce serait un roman que je laisserais après quelques pages... faute d'y comprendre quelque chose. Je n'ai pas encore vu de tel roman, toutefois je suis convaincu que cela existe.

Question très intéressante Venise.

SophieV a dit...

C'est trop littéraire quand ça s'écoute s'écrire. Quand c'est plate à lire à voix haute. Ou à côté de la vérité, comme on est à côté de la track ou de ses pompes. Comme quand un acteur joue faux.

Évidemment, si ça pète plus haut que son Q. Mais juste parce que je ne comprends pas, ce n'est pas une raison suffisante à mes yeux. On dit que l'antidote à l'ennui est un excès de curiosité, et qu'il n'existe pas d'antidote à la curiosité.

Marie-Josée a dit...

Un peu comme ceux dont on dit qu'ils s'écoutent parler, je crois qu'un livre est "trop littéraire" quand l'auteur se lit écrire (un peu dans le même sens que Sophie V)... c'est quand l'esthétisme de la forme et la richesse du vocabulaire prennent toute la place au détriment du propos. L'image qui me vient est une belle burqa bleue avec des broderies savantes sous laquelle on peine à reconnaître la femme qui s'y cache. Je veux bien faire travailler mon cerveau, mais si seul l'auteur sait ce qu'il y a sous les couches de vernis, c'est pas la peine de publier. Ceci dit, peut-être quelque chose de trop littéraire pour moi ne le sera pas pour vous... ou vice versa.

Ginette a dit...

Littéraire, trop littéraire. Ces mots n'ont pas fini de faire couler de l'encre.
Ce que j'en comprends c'est qu'il y une littérature littéraire et une littérature populaire.
Saviez-vous que Michel Tremblay était considéré par les universitaires comme un écrivain populaire?
Être un écrivain populaire a son bon côté car ses livres se lisent et se vendent. Ainsi Anne-Marie Sicotte avec les accoucheuses, est-ce littéraire?
Moi, je ne crois pas, pas plus que Marie Laberge avec sa trilogie. Par contre ses premiers romans, je les considère comme littérature littéraire.
Je crois que c'est parce que son écriture est plus soignée. Elle travaille son texte. J'aimais beaucoup cette Marie Laberge.