jeudi 21 octobre 2010

Il y était une fois les blogueurs

Samedi, le 9 octobre, j’ai vécu une grosse soirée. Ce genre de moment qui rallie la vie virtuelle, dans laquelle je passe énormément de temps, avec la réelle.

Cette soirée est venue du désir de Sandra Gordon à son premier roman, Les Corpuscules de Krause, d’un lancement sans prétention et flafla, juste du réchauffement de cœurs. Cette Sandra, avec son blogue La Cour à Scrap, s’est attiré plusieurs adeptes virtuels. Dont, moi. Dans son espace, qui m’intimidait au début, je stationne régulièrement mon imagination, il y règne cette liberté d’expression qui sonne comme une invitation.

Ce lancement a trainé dans son sillage deux événements; la rencontre d’une vingtaine de blogueurs autour d’helenablue, grande blogueuse devant l’éternel, venue expressément de Lille en France pour y assister (!!!), suivi de près par la prestation musicale de Masatak (L’homme renversé). Cet happening livre qui unit, réunit, fait la fête, n’aurait pas atteint cette réussite sans un tisseur de liens, Christian Mistral, que j’ai eu, enfin, le plaisir de rencontrer. Il était à peu près temps !

Justement, le plus frappant pour moi fut de rencontrer des personnes dont, pour la grande majorité, j’avais rencontrées dans l’antichambre de leurs mots seulement. En général, c’est la méfiance dans ce genre de « blind party » ; comment faire confiance à des gens camouflés derrière des écrans, le risque est grand de s’y aventurer sans ceinture de fausseté. C’est vrai que tout aurait pu arriver, qu’on se regarde de travers, que des tensions pointent jusqu’à prendre des chocs électriques, et presque pire, que le son sonne faux. Eh bien, désolé de décevoir les plus pessimistes : non, tellement non ! Il régnait dans ce Bar l’Absinthe plus que du respect, c'est l’admiration qui circulait d’une tête à l’autre, et l’association des pseudos avec cette tête qui le porte s’accompagnait de sourires heureux et victorieux « C’est lui ! C’est elle ! ». Même exclamation qu’à la découverte d’un trésor ! Et c'était ça aussi qu'on découvrait, des trésors.

S’aimer déjà avant de se rencontrer, n’est-ce pas un peu magique ? Ça donne toute la valeur aux mots, serviteurs de l’esprit. L’apparence ne précédant pas l’esprit, elle ne fait pas sa loi instantanée parce que conditionnée. J’aime l’idée. Elle me fait penser à la frappante histoire de Cyrano de Bergerac qui a passé à côté de l’amour de sa vie, à ne pas assez faire confiance à ses mots d’esprit.

Ce ne fut pas pour autant une soirée de mots, non justement, il s’en était déjà tellement échangés, et depuis si longtemps, ce fut plutôt une soirée de regards. Une soirée où se voyait de l’assouvissement dans les yeux qui regardent la forme de l’autre pour s’en repaître. Réaliser que les quelques déguisements derrière les écrans en sont des heureux, des imaginatifs, où l’auteur d’un personnage dépasse son personnage. De voir s’articuler les auteurs de blogues, d’entendre leurs échos de voix résonner dans un joyeux brouhaha, m’a nourrie. D’un mouvement lent et concentré, le virtuel rejoignait le réel, et les deux s’unifiaient. S’unifiaient mes deux vies. Je me suis vue et vécue dans un seul morceau cette soirée-là.

Marsi était présent, lui qui navigue peu dans les eaux virtuelles, mais il était loin d’être le seul, je pense au conjoint d’helenablue, au conjoint de Maxime, à la conjointe de Christian Mistral. Ces fidèles compagnes, compagnons, j’ai cru les voir boire à même notre folie effervescente.

Bien entendu, je ne suis pas la première à parler de cette soirée mémorable, plutôt même la dernière ! Si vous êtes curieux de nous surprendre en pays de reconnaissance, de un, Christian a créé un montage avec les photos de Patrick Natier, conjoint d'helenablue qui, bien sûr nous entretient de son expérience québécoise de quatre jours avec verve et émotion. Eh là, là juste avant de mettre en ligne, je découvre un montage à la touche personnelle helenablue, un Carnet de voyage qui prend au coeur, illustre son propos et rejoint le mien.

Et bien évidemment à lire absolument les commentaires de Sandra Gordon par qui tout a commencé ...

Et continue !

* * *
Photos, regardez-y les yeux :
1. Sandra Gordon dédicace sous trois paires de yeux passionnés, ceux de sa soeurette, les miens et ceux de Maxime.
2. Christian Mistral, une tête au-dessus, l'oeil heureux !
3. helenablue, femme si comblée par une poutine, qu'elle s'en ferme les yeux (pour ne pas voir le gras j'imagine) !
4. Ces blogueuses ne s'étaient jamais vues : Mc Doodle et Sandra. Elles se dévorent des yeux.
5. Les yeux du si précieux photographe, Patrick Natier.

30 commentaires:

Beo a dit...

Que c'est bien ce genre de rencontre, quand on n'en fait pas une obligation. Je pense à d'anciennes expériences: non pas d'y être allée, mais plutôt de me faire reprocher de ne pas y aller, quand c'était des partys de danses sans fin....

Bien contente pour toi que ces visages n'ayant pas besoin d'être vus pour être aimés t'aie fait une super soirée!

anne des ocreries a dit...

Que ça a dû être chouette ! le montage de Christian sur les photos de Patrick est formidable, et la vidéo chez Blue, émouvante au possible !
Chez certains, je passe en silence, mais je passe..je m'y balade....
Chez d'autres, je laisse trace. C'est comme je peux. La belle bande de gens qu'on trouve là....je suis heureuse que cette rencontre ait tenu ses promesses.

Venise a dit...

Béo : L'obligation, ça tue. Le désir était là, un soupçon à peine d'appréhension (ça tient les neurones en éveil), et ai-je besoin de dire que ça a dépassé la grandeur de mes attentes ?

À une prochaine, j'aimerais par contre, expérimenter une occasion où l'ambiance est à l'échange de mots.

Venise a dit...

Anne : C'est quelque chose de voir dans les yeux des autres comment ils ont vécu cette soirée. C'est quasiment comme si tu y avais été en bout de piste, en fait, dans mon esprit, tu y étais.

s.gordon a dit...

Quelle soirée, non mais quelle soirée. Heureusement que vous êtes là, car je n'ai aucune photos, nada, niet...

Mais te lire vaut mille images!

Merci Venise.

;)

Suzanne a dit...

Je te cite:
« S’aimer déjà avant de se rencontrer, n’est-ce pas un peu magique ? Ça donne toute la valeur aux mots, serviteurs de l’esprit.»

Comme tu as raison et merci de ce superbe partage.

Éléonore a dit...

C'est touchant comment tu le racontes et si chaleureux.

McDoodle a dit...

Et moi qui louangeais le haggis !
C'est que j'avais le mouton dans la gorge. Oui, merci pour ces photos.

ClaudeL a dit...

J'ai lu, j'ai visionné, j'ai sautillé d'un lien à l'autre. Puis, j'ai arrêté, je me sentais voyeuse, dans une zone qui vous était réservée.
Mais j'ai senti vos émotions, j'ai entendu vos rires. Et pour l'avoir vécu avec d'autres personnes que l'on croit virtuelles tant qu'on ne les a pas rencontrées, je sais que c'est vrai la magie d'aimer avant de se voir.
Très beau billet plein d'émotions.

Julie GravelR a dit...

C'est toujours de belles rencontres! Parfois, on y découvre des amitiés qui s'épanouiront!

Venise a dit...

Sandra, heureusement qu'il y a des tous et toutes qui ont pris des photos. Et je vais te dire une chose, si mes piles n'avaient pas lâcher là, dans l'instant où je touchais mon but d'avoir une dédicace de toi, eh bien, peut-être n'en aurais-je pas autant car P.N. nous a mitraillé !!

Venise a dit...

Suzanne : Que j'aime me faire citer ! On dirait que je suis une autre et étant une autre, je me lis avec d'autres yeux, et puis... et puis ... c'est le fun !

Venise a dit...

Éléonore : Ce n'est pas un billet ordinaire, j'y ai pris le temps. Du vécu en condensé, ça vaut bien trois tomes de n'importe quelle saga !

Venise a dit...

McDoodle : J'ai failli penser que tu as été déçue de ton haggis (je me souviens t'avoir fait répéter minimum 3 fois !). Le mouton dans la gorge... est bonne !

N.B. : Si vous ne comprenez pas notre charabia, c'est normal.

Venise a dit...

ClaudeL : Je suis contente d'apprendre que mon émotion a passé par mes mots et, surtout, qu'elle ramène aux autres le souvenir du plaisir de se voir quand on s'aime déjà.

Venise a dit...

Julie : Des amitiés qui s'épanouiront ? J'sais pas où tu vas chercher ça !

;-)

helenablue a dit...

Oui, te lire vaut mille images, Sandra a raison.
Néanmoins si on peut tout écrire, il y a quelque chose qui m'a frappée, cette évidence. L'amitié se construit entre les individus sans même parfois qu'ils en prennent conscience, et les mots en sont un véhicule, mais au-delà des mots, j'ai bien envie de dire.
J'ai fait ce nombre en milliers de kilomètres pour vous voir, vous sentir, vous serrer dans mes bras, être avec.
Oui, j'ai voulu goûter à cette soirée tout azimut et forcément peu de mot mais tant d'émotions et tant d'impressions, tant de certitudes posées.
Comment dire...
Dans ma tête jamais je n'ai pensé que cela pourrait mal se passer, ça n'était pas dans ma carte du monde, sinon je n'aurais pas sauté ainsi l'Atlantique , au fond c'était écrit, par nous tous autant les uns que les autres.
Je suis pour le coup pas comme Cyranno, je fais confiance au mots , ceux de l'esprit et sans doute plus encore ceux du coeur!! les miens et ceux des autres.
Tu sais, Venise, c'est sans doute pour nous tous une expérience unique, mais vous êtes tous fait du même jus, moi ce qui m'a frappé et jusqu'au fond de mes tripes, c'est que je me sentais au milieu de vous comme chez moi et pourtant à des milliers de kilomètres!
L'amour n'a pas de frontières, n'a pas de notion de distance et c'est toute la puissance de la littérature et de la poésie, elle unit, elle rapproche les êtres d'eux mêmes et des autres aussi!

Je ferme les yeux en mangeant cette poutine non pas un seul instant pour ne pas en voir le gras mais plutôt grassement pour profiter à fond de l'instant qui m'était donné de pouvoir la déguster en votre compagnie, je ferme aussi les yeux quand je fais l'amour, je ferme le yeux uniquement en bonne compagnie!
Et la votre est unique et précieuse pour moi.
Merci pour ce billet.
Et merci d'être là.

helenablue a dit...

Scuze, un problème technique bien indépendant de ma volonté avait publié mon commentaire trois fois, quoique pourquoi pas... j'en ai effacé deux d'où la ponctuation!!

Amitiés.
Hélène.

Karine:) a dit...

J'aime beaucoup ta réflexion sur les rencontres de blogueurs. J'ai développé de belles amitiés, débutées avec "juste des mots"!

amicalsupport a dit...

L'idée de la rencontre de blogueurs je trouvais ça bien pour vous, je l'ai déjà écrit, mais le récit de la façon dont les choses se sont faites je trouve cela super-bien. Il y avait un bon motif à cette rencontre, le lancement, et ça vous a peut-être amené plus de monde, en tous les cas ça a fait que les choses se sont déroulées de façon sérieuse entre vous, et ce devait être extraordinaire. Je n'ai pas regardé les photos encore, ce sera possiblement un motif pour moi pour faire un commentaire supplémentaire.

Venise a dit...

En tout cas, helenablue, il fallait avoir l'énergie et le coeur de le faire ce sprint émotif de quelques jours. Tu nous as prouvé que le désir est une locomotive !

À la prochaine revoyure !

Venise a dit...

Karine : Oui, tu es une de celle qui en fait et en a fait des milliers et des milliers de kilomètres pour rencontrer, voir et revoir des amies "juste pas les mots". Tu es tout un exemple !

Tu peux être certaine qu'un jour ce sera notre tour, à Marsi et à moi, de traverser l'Atlantique pour aller embrasser nos amies.

Venise a dit...

Amicalsupport : C'est juste, le lancement a été la flamme qui a embrasé les charbons ardents du désir de se voir en "vrai".

Les montages de photos valent le coup d'oeil. Tu m'en donneras des nouvelles.

amicalsupport a dit...

J'ai vu le montage, remarquable.

Maxime a dit...

Oh que oui, ce fut une belle soirée! Lors de notre prochaine conversation de portique, j'aimerais bien avoir ces photos! :-D J'adore particulièrement celle de blue dégustant une poutine. ^^

Lise a dit...

Venise,

j'ai attendu un autre billet avant d'écrire mon commentaire car il est bien connu que peu de gens reviennent en arrière.

J'ai eu l'étrange idée un soir d'écrire un mot sur le blogue de Christian Mistral, n'ayant jamais lu ses livres mais aimant sa magnifique écriture sur son blogue, afin de lui demander par quel livre je devais commencer(espérant une suggestion éclairée)si je voulais lire Mistral, et il m'a répondu de commencer par Agaguk, je ne dirai pas en quel termes...

Ai-je besoin d'ajouter que j'ai perdu tout appétit pour ses livres, et pour son blogue. J'aime encore mieux Yves Thériault! Le respect ça fonctionne dans les deux sens il me semble: j'avais été très polie, et me suis fait insulter.

Dans son cas, un lecteur de plus ou de moins, pff! Il en a tellement, so who cares!!!

Et bon, vous êtes libre de supprimer mon commentaire...

Venise a dit...

Je ne supprimerais pas votre commentaire, Lise, car il est respectueusement énoncé. Par contre, j'imagine que cela vous soulage de le dire puisque ce n'est Christian Mistral l'essentiel de ce billet. Je ne comprends pas votre motivation de m'en faire part, ça ne changera rien à ce que vous avez vécu de le dire ici.

Libre à vous, Lise, la seule chose que je peux vous dire est qu'en bout de ligne vous vous privez d'un écrivain hors du commun.

:-)

Lise a dit...

Merci pour l'honnêteté Venise, et je sais que mon billet était un peu hors-sujet. Mais je vais continuer à me priver de cet écrivain hors du commun; il y a tellement de livres à lire...

Et ça m'a fait du bien de l'écrire ce commentaire il est vrai. Ceci dit, ne voulant pas vous nuire, d'une manière ou d'une autre, je me contenterai désormais d'être une lectrice silencieuse.

:-)

Venise a dit...

Lise, si vous voulez vraiment me faire plaisir, ne devenez pas une lectrice silencieuse ! J'adore avoir des commentaires. Et puis, ça me donnerait trop l'impression que vous boudez :-)

Lise a dit...

Venise,

je déteste le boudin, et merci encore!Vraiment!

:-)

Tu (le Vous de distance je n'aime pas) es une belle personne, au propre et au figuré!

Re-sourire...