mercredi 1 décembre 2010

Journée Salon - partie 2

J’avais parlé d’une deuxième partie à Journée Salon , comme je ne laisse jamais tomber, me voici, après La trajectoire et la controverse du Prix Archambault qui se sont faufilés entre ma partie 1 et 2.

Je vous emmène rencontrer nul autre que celui qui, dernièrement, a fait les manchettes au lieu de les commenter, Gil Courtemanche. Quand je l’ai vu arriver au stand Boréal pour ses dédicaces, j’ai presque eu un choc. D’apparence frêle, c’est frappant de contraste à côté de la vigueur de son esprit. De ma lecture de Je ne veux pas mourir seul, j’ai retenu la vulnérabilité de l’homme pendant que lui se disait d’approche froide. Je venais aussi, je l’avoue, vérifier si le degré de froideur était tel qu’annoncé. Je peux maintenant affirmer que oui ! C’est surprenant pourtant, il n'a pas de censure, est direct, il regarde pour vrai, pas de haut, il écoute attentivement, même si j’ai ressenti la bizarre impression qu’il savait déjà ce que j’allais lui dire avant même que je le prononce. Il doit être difficile à surprendre. Il dégage l’aura d'une personne qui a tout vu, tout entendu. C’est peut-être le cas justement. Je l’ai remercié de sa confession sans censure, de l’humilité pour la faire, pour le message porté aux hommes. « Mais les hommes ne lisent pas les romans » me répond-il sans grande émotion. Interloquée, compilant rapidement combien d’hommes avait exprimé l’intention de le lire, je reste pantoise. J’aurais aimé penser lui répondre « Peut-être pas le genre d’hommes qui a besoin de ce message ». Il m’a laissé, comme je les préfère entre toutes, une dédicace personnalisée.

Le prochain écrivain, Jean-François Beauchemin, est une tradition, je ne vois pas de Salon possible sans lui ;-) Heureusement qu’il est productif ! Son petit dernier, Le temps qui m’est donné parle de chaleur familiale, de son père (il a beaucoup parlé de sa mère), de ses cinq frères et sa sœur. C’est un de ces légers, dit-il. Je me retiens à deux mains de ne pas avaler tout rond ces 155 pages. Je le garde comme un dessert.

Je tenais mordicus à lui présenter Marsi qui s’est prêté à mon envie, même s’il était affamé et las. On ne peut pas dire que Marsi jubile dans un Salon, ça l’étourdit. Cette fois, il ne s’est même pas acheté un livre ! J’en revenais pas. Justement, quant à être dans le sujet, j’en profite pour vous dire, c’est un peu délicat, je vais baisser la voix, penchez-vous donc un peu ....J’ai acheté un livre à Marsi, hum hum ... pour Noël, avec dédicace ...oui une belle, mais ... mais, les murs virtuelles, vous comprenez, ont de longues oreilles.

Revenons au Salon, à Marsi, à sa faim. Nous nous sommes résignés à aller à la Cafétéria, on n’aurait pas dû. C’est qu’au lancement de Partie de pêche où nous étions attendus à 5 h, la table débordait de bouffe que personne ne consommait. Je ne sais pas, peut-être que ça ne se fait pas manger lors d’un cocktail, si c’est le cas, on a complètement manqué à l’éthique en prétextant qu’il y en aurait moins pour les sacs verts.

Ah, ce fameux lancement ! Souvenir inoubliable, inattendu, pas du tout mais alors pas du tout ce à quoi je m’attendais. On s’imagine des choses parfois ... la réalité s’arrange pour rabrouer l’imagination, ce qui ne veut pas dire qu’elle déçoit. Seulement, c’est autre chose.

Notre grand ami, Pierre-Greg Luneau nous accompagnait. Il a tout enregistré dans sa tête, il a une mémoire phénoménale pour les détails, les noms, les faits. À la Lucarne à Luneau, il décrit le lancement (c'est sa troisième chronique sur le Salon !), et franchement, ce serait bête de répéter, surtout que je n’en dirai jamais autant que lui. Impossible !

Une fois que vous serez au fait, si ça vous tente, je vous parlerai des émotions sous les faits. C’est ma spécialité, parait-il !

Info générale : 124 500 visiteurs ont rencontré près de 1700 auteurs.
Prix du grand public Salon du livre de Montréal/La Presse dans la catégorie fiction : (feu) Michel David pour son roman Un bonheur si fragile et dans la catégorie Essais, Kim Thúy pour Ru. Ils ont reçu chacun une bourse de 2 000 $ et une création de l’artiste verrier Denis Gagnon.

Photo ci-haut : Sylvie Marcoux, directrice du Salon du Saguenay-Lac St-Jean et auteure et Venise ! - - - Photographe : Michel Jean

9 commentaires:

Ginette a dit...

À vous entendre parler de Gil Courtemanche, j'ai des trémolos dans le ventre. Juste à vous lire, je n'aurais jamais osé lui parler. Je l'ai écouté aussi chez Christiane Charette et je le trouvais cinglant.

Peut-être qu'il mourra seul.
Je lis son livre présentement. C'est vrai qu'il est en quelque sorte plus humain dans son livre.
Mais il souffre d'amour.

Dominique Blondeau a dit...

Bizarre que le livre de Kim Thuy soit classé dans les Essais, c'est un récit. J'en parlerai bientôt dans Ma page littéraire.

Ginette a dit...

Moi, aussi j'ai tiqué quand j'ai vu essai.

Venise a dit...

@ Ginette Il est un mystère pour moi, un être paradoxal à souhait. Si je n'avais pas lu ce livre où il se livre, je n'aurais jamais osé être aussi chaleureuse. Je me dis, il n'y a pas de barrière entre un être humain qui a souffert (et souffre encore, j'en ai bien peur) et un autre être humain.

Venise a dit...

Dominique : Je ne l'ai pas souligné, j'étais certaine que quelqu'un le ferait. On dirait un arrangement accommodable.

Venise a dit...

Ah oui, Ginette, j'ai hâte de lire votre commentaire de "Je ne veux pas mourir seul".

PG Luneau a dit...

Coucou! C'est ton verbeux (mais grand!!)ami qui te laisse le bonsoir! Ainsi, tu ne pourrais JAMAIS dire autant de choses que moi!?!?!?! Je suis très sceptique!! Te connaissant, je suis sûr que tu pourrais, et très facilement encore, être aussi bavarde que moi!!
Ceci étant dit, moi, ce que je trouve bizarre, c'est qu'on offre une création de verre à un auteur mort... Même si le mort en question est un homme qui a joué un grand rôle dans ma vie! En effet, je ne crois pas t'avoir jamais parlé du fait que ce Michel David a été mon prof de français en secondaire III. Il était atrocement sévère, exigeant et même baveux à notre égard... mais ça a été le meilleur prof que je n'ai jamais eu! Il a été, j'en suis sûr, une figure marquante pour tous ses élèves, et j'ai été très heureux de son grand succès populaire des dernières années.

Venise a dit...

Pierre-Greg : Je n'ai pas réalisé sur le coup que c'était effectivement un peu loufoque pour la pièce de verrerie. Mais en y pensant bien, si on lui remet 2,000 $ qu'il n'utilisera pas lui-même, il en sera de même pour la pièce. Il a probablement femme et enfants, ton ex-prof !

Je suis étonnée en effet que tu ne m'aies jamais raconté qu'il a été ton prof et professeur sévère en plus. J'espère au moins que tu as lu au moins un roman de lui !!!

anne des ocreries a dit...

Ah, j'aurais aimé être à ta remorque, Venise, et tout voir aussi !