vendredi 19 août 2011

Humble hommage à Gil Courtemanche

Monsieur Gil Courtemanche vient de tirer sa révérence dans la nuit de jeudi à vendredi (19 août). C’est sa maison d’édition Boréal qui vient d'en faire une annonce dans un communiqué assez sobre. Il était rongé par un cancer, ce qu'il nous a raconté d'une manière cru et bouleversante dans son dernier opus « Je ne veux pas mourir seul ».

Monsieur Courtemanche, vous ne mourez pas seul, tant de personnes vous accompagnent par la pensée en cette heure où chacun y va d’un hommage, dont le mien.

Je vous ai peu connu, et en tant qu’écrivain sur vos derniers milles seulement, mais j’ai reçu tel un cadeau le dénuement de « Je ne veux pas mourir seul ». J’ai frissonné devant vos mots qui n’avaient plus rien à perdre, qui laissaient naviguer votre égo à la dérive sans essayer de le rattraper. La lucidité est une lame tranchante, et vous ne vous êtes pas ménagé. Ce récit intime vous rend très humain à mes yeux, malgré votre approche froide, comme une mince carapace pas très difficile à percer, après la lecture de ce testament littéraire.

Vous êtes un homme qui m’est apparu si amoureux de l’intelligence, au détriment peut-être de laisser battre le tambour de votre cœur assez fort pour ne plus entendre la maîtresse raison. Si je me permets de l’avancer, c’est en me basant sur cette entrevue exceptionnelle avec Christiane Charrette, où celle-ci tremble d’émotion devant la crudité de vos propos, sans l’ombre d’une petite indulgence vis-à-vis votre personne et ses erreurs de parcours. Surtout en ce qui concerne l’amour de votre vie, une femme tendrement aimée et sincèrement regrettée.

Être comme vous et poser continuellement ce regard pénétrant sur les choses et les gens, j’aurais eu du mérite à rire et à sourire. Dégagé maintenant de votre implacable intelligence, regardez-vous tendrement. Je vous souris, souriez-moi, souriez-nous, vous ne mourrez pas seul.

25 commentaires:

Sylvie a dit...

Ton billet vient me chercher pas mal creux, Venise. Tu es une humble mais grande humaniste.

Anonyme a dit...

Venise , tu es tellement touchante dans cet écrit.. Oufff quel bel hommage à M. Courtemanche . Bravo.. Il ne meurt pas seul .... Moi personnellement je ne le conaissais pas ..

Lyse Goyette a dit...

Oups , j'ai oublié de mettre mon nom alors anonyme est moi Lyse Goyette... Excusez mon erreur je ne suis pas habituée ....

Réjean a dit...

On perd aussi un grand journaliste et pamphlétaire.

Ginette a dit...

Je n'étais pas au courant. J'en ai la chair de poule. J'adorais cet écrivain.

Ginette a dit...

Je ne pourrai plus lire sa chronique dans Le Devoir.

Venise a dit...

@Sylvie : Ça doit être parce qu'il me traverse de bord en bord.

Venise a dit...

Lyse : Je peux dire que dès ton premier commentaire, je t'ai reconnue :-). Merci.

Venise a dit...

@ Réjean : Bonjour !
Oui, justement. C'est un regard que l'on perd, un regard critique et sans compromission.

Venise a dit...

Ginette : Il ne reste qu'un geste à poser pour lui donner vie, le relire. Et le relire.

Yvan a dit...

Je me souviendrai du journaliste
qui dérangeait.
RIP.

anne des ocreries a dit...

ça fait quelque chose, quelqu'un comme ça qui part.

C'est un très, très beau billet, Venise, j'en ai la gorge serrée.

ClaudeL a dit...

Tu as tellement le tour de parler des personnes, de trouver des mots qui ne font pas clichés ni formules, tu trouves quelque chose d'intelligent et d'émouvant à dire sur chacun, décédé ou vivant. Que tu connaisses un peu ou beaucoup. Tu ne blesses ni ne choques, tu respectes, tu aimes, on le sent.

Andrée P. a dit...

Merci Venise pour ce beau texte, si senti. Moi, ce que j'admirais beaucoup chez Gil Courtemanche, le chroniqueur et auteur, c'était son empathie, doublé d'une formidable capacité d'indignation. C'est rare aujourd'hui, dans les médias...

Venise a dit...

Yvan : Les personnes qui dérangent nous marquent et font notre histoire.

Venise a dit...

Anne : Ceux qui ne courbent pas l'échine nous font regarder vers le haut.

Venise a dit...

ClaudeL : Tu as le tour aussi ! Tu as réussi à m'émouvoir :-)

Venise a dit...

Andrée : J'apprécie le courage de sa franchise. Parce que ça exige du courage la franchise. Surtout maintenant qu'il y a un langage uniforme et peu direct.

PG Luneau a dit...

J'ai justement pensé à toi, et à ton attachement pour l'homme et son dernier livre, en apprenant la nouvelle! Qu'il trouve maintenant la paix à laquelle il a droit.

Suzan a dit...

Je suis émue et sans voix.

Danielle Voisard a dit...

un petit mot en passant... Chère Venise,

Ton billet sur Gil Courtemanche me touche; j'ai lu son roman 'un dimanche à la piscine à Kigali' et j'ai adoré son écriture l'espace dans lequel il nous transporte.

J'ai été émue quand j'ai appris son décès et ton billet me pousse à lire ce livre, qui seulement par le titre, témoigne sans doute du souhait le plus profond de chaque être humain... qu'on se le cache ou non...

à tout bientôt !
Danielle V.

Arsenul a dit...

Très beau billet chère Venise. J'Adore M. Courtemanche, j'Achetais le Devoir tous les samedi pour lire sa chronique et savoir quoi penser sur le monde qui nous entoure. Son livre sur le Rwanda était aussi bon sinon meilleur que son dernier mais je préfère personnellement celui du milieu une belle mort. Je crois qu'il détient dans mon coeur le titre du roman ayant la meilleure finale. Je me répète les dernières phrases de ce roman à l'occasion et j'ai encore des frissons. Je crois malheureusement, que la seule façon de ne pas mourir seul pour lui est d'être à côté de celle qu'il a tant aimé. Son départ en est que plus triste.

Venise a dit...

PG Luneau : Oui, la paix, et je rajoute l'amour.

Venise a dit...

Danielle : Sans aucune hésitation, je te recommande ce livre "Je ne veux pas mourir seul". Si on a aimé l'homme, il faut le lire, puisque c'est le message qu'il désirait laisser.

Mon exemplaire est dédicacé et pendant ce moment unique auquel je tenais beaucoup, on a échangé quelques mots. Je lui disais souhaiter que les hommes particulièrement entendent la teneur principale de son message. Il a conclu par une dédicace qui en gros disait souhaiter que les hommes le lisent.

Tu me fais plaisir en laissant un mot ici :-)

Venise a dit...

Dany : Ça devient un incontournable pour moi de lire "Une belle mort", tu me titilles trop la curiosité avec cette fin.

Je viens de faire une recherche sur Une belle mort et je réalise enfin que ce roman a été adapté au cinéma par Léa Pool. Je vais lire le roman avant de voir le film cependant.