mercredi 5 décembre 2012

Le Passe-Mot prend position

L’encre coule à flot, comme le sang dans nos veines. Philippe Beha, illustrateur jeunesse de 150 œuvres et Blaise Renaud, propriétaire de 28 librairies (Renaud-Bray) en font couler ces jours-ci. À la 35e édition du Salon du livre de Montréal, Philippe Beha, prenant la parole en recevant le Prix Marcel-Couture, a déploré le manque d’espace accordé à la littérature jeunesse québécoise, mentionnant l’exemple d’une librairie Renaud-Bray. Blaise Renaud était dans l’assistance. Cela aurait pu être une anecdote, c’est devenu une cause, car monsieur Renaud ne l’a pas pris. Cette observation lui a retiré le goût de faire une place de choix aux œuvres de Philippe Beha dans sa (longue) chaîne de librairies.

Le but que je poursuis en le mentionnant n’est pas de repartir le débat. Si vous désirez en savoir plus (et combien je vous comprends de le vouloir !), l'encre a coulé : Le magazine Actualitte, les journalistes Daniel Lemay et Chantal Guy de La Presse, Marc Cassivi également, l’écrivain, Claude Champagne et l’écrivaine, Marie-Christine Bernard. Pour ne nommer que ceux-là. Mon but est de prendre position. J’ai régulièrement fait savoir que je prône les achats dans les librairies indépendantes, celles-là qui oeuvrent par passion de la lecture, du livre et des lecteurs. Et ceci sans insinuer qu’il n’y ait aucun bon libraire hors des librairies indépendantes.

Aujourd’hui, par un geste, je prends position pour ces librairies indépendantes qui me sont chères. Le Passe-Mot s’affilie avec le portail des librairies indépendantes du Québec : Rue des libraires sur la Toile depuis août 2011. S’est présenté une correspondance que je ne pouvais ignorer. Au moment où la chaîne Renaud-Bray réagissait d’une manière qu'on peut traiter de tout, sauf celle d’une entreprise éprise du livre et de ses auteurs québécois, je découvrais la possibilité d'une affiliation entre Le Passe-Mot et Rue des libraires. Cette offre d’affiliation date de peu de jours, elle a été annoncée le 23 novembre. Pour moi, c'est une continuité puisque depuis plus d’un an, je faisais converger les liens des livres vers la Rue des libraires. Vous vous êtes donc probablement déjà promené sur cette rue. Mais se promener ne veut pas toujours dire s’y arrêter !

Je vais tenter de résumer, et les plus curieux iront fouiner en profondeur sur ce site. La coopérative sans but lucratif des librairies indépendantes a été fondée en 2007, elle rassemble 92 librairies. C’est d’ailleurs grâce à eux que nous disposons gratuitement du magazine bimestriel que je chéris (pas capable d’en jeter un !) Le Libraire. Et, finalement, a vu le jour en août 2011, Rue des Libraires, ce site transactionnel des Librairies indépendantes.

Maintenant, comment se présente ce système d’affiliation entre eux et moi et qu’est-ce que ça changera au Passe-Mot ? À la fin de mes recensements, vous trouverez un bouton avec la couverture du livre qui vous mènera sur la Rue des Libraires. Et ce livre, vous pourrez l’acheter, les pieds dans vos pantoufles ! Pour ma part, je recevrai un pourcentage, on pourrait dire un genre de récompense pour mon bénévolat.

Pas plus fous que les autres, puisque plusieurs sites font des liens similaires vers Amazon ! Par ce bouton, je vous rappellerai à cette possibilité que vous avez de soutenir l’économie locale. Quand on y pense bien, est-ce que les gens d’Amazon s’intéressent réellement à la culture québécoise ? Ils vendraient des mitaines de four que ça serait le même service !

J’en profite pour dire qu’à chaque achat sur Rue des libraires, vous favorisez une des librairies indépendantes participantes, laquelle recevra une part de la vente. Il vous sera suggéré les trois le plus près de votre domicile. Vous avez l’option de cueillir votre achat en cette librairie ou le recevoir par la poste.

J’ai toujours à cœur de poursuivre le Passe-Mot, premièrement parce que j’y trouve du plaisir et, qu’en plus, bonus (!), je suis appréciée et on me le fait savoir. Le milieu l’exprime de diverses façons : éditeurs, attachés de presse, auteurs, libraires et, bien sûr, les plus importants de la chaîne, les lecteurs. Les visiteurs au Passe-Mot augmentent considérablement, je suis donc stimulée à soutenir mes efforts de promotion via Google +, Facebook, Twitter, prendre part à des défis littéraires, ou la fréquentation des blogues littéraires. Plus je suis lue, plus il y a de chance que les auteurs soient lus ! 

Remarque : Si vous voulez voir de quoi à l’air le bouton avant que je l’installe, le site Sophielit est déjà affilié à Rue des Libraires. Ce sera une occasion de découvrir un site qui déborde de consciencieux recensements de livres jeunesse, adolescence comprise et même ciblée. Sophie a d'ailleurs mené une entrevue captivante avec Dominique Lemieux, directeur général des Librairies indépendantes du Québec.

22 commentaires:

anne des ocreries a dit...

Quelle riche idée, cette Rue des Libraires !
Et quelle vilaine réaction que celle de ce "vendeux de livres" qui ne voit que des "produits" là où je vois, moi, tant d'autres choses....Tu as raison de prendre position : dans la vie, il faut savoir choisir son camp.

j'attends le bouton !

PG Luneau a dit...

Super idée, en effet, et beau geste d'appui à ce regroupement si cher à nos coeurs!! C'est même étonnant que tu n'y aies pas pensé avant!! ;^)

ClaudeL a dit...

Bravo. Très bien résumé ou plutôt très bien détaillé.
Le mouvement commence à prendre de l'ampleur. J'espère que les librairies indépendantes sentiront le vent souffler.

Julie GravelR a dit...

Salut Venise! Mais c'est super, ça, cette affiliation.
Je ne sais pas si je ferai la même chose, ne critiquant que très rarement des livres (contrairement à toi qui en fait une vocation, à notre grand bonheur!).
En tout cas, merci pour l'info.
Bonne soirée!!!

Venise a dit...

Oui, oui, le bouton, Anne ! Moi aussi, je l'attends ! C'est technique et moi et la technique. Mais je vais passer au travers, promis !

Venise a dit...

Pierre-Greg : Je ne pouvais pas y penser avant ! Cette affiliation est sur pied depuis le 23 novembre 2012. Quelques jours avant peut-être oui.

Et depuis l'existence de Rue des Libraires, août 2011, je fais les liens vers leur site.

Venise a dit...

La conjoncture est bonne, ClaudeL, la conjoncture est bonne !

Venise a dit...

Julie Gravel-Richard : Eh oui, une info à faire circuler ! C'est juste de la bonne nouvelle.

Valérie a dit...

Mais c'est une excellente nouvelle! Bravo, bravo. Tu me facilites la vie... Clic, clic et clic! :)

Suzanne a dit...

Bonne nouvelle que celle-là (Affiliation)
Je lis «Le libraire» et comme toi je les garde tous. Je parcours aussi le site internet et par celui-ci, j'ai pris le lien de «Rue des libraires» que je consulte depuis.

Sylvie a dit...

Clap ! Clap ! Clap !
J'applaudis avec enthousiasme. Voilà un beau coup de pouce à la dite conjoncture. Tu as toute mon admiration. :))

Venise a dit...

Valérie : Toujours aussi encourageante ! Merci.

Venise a dit...

Suzanne : On finit tout de même par être ensevelies de revues. Heureusement, elle a un peu diminué de format. En déménageant, j'ai failli m'en défaire et puis, le bras de fer de ma conscience m'en a empêchée ;-)

Venise a dit...

Sylvie : Je veux bien prendre ton admiration parce que tu me l'offres de bon coeur mais j'avoue que je ne sais pas trop quoi en faire ! Et pourtant, ça m'arrive de l'offrir à d'autres, comme à toi par exemple !, et me demande toujours pourquoi les personnes semblent un peu embêtées de recevoir cette émotion. Je crois qu'il va falloir que je continue mon auto-analyse! Quoiqu'il en soit, merci à toi !

Réjean a dit...

Ah, chère Venise, si j'appuie sur le bouton, allez-vous apparaître dans mon salon ?
;-)

Venise a dit...

Réjean : Quand vous allez voir le "bouton", vous n'allez pas douté une seconde que c'est un livre qui va apparaître dans votre salon !

Depuis que j'ai vu ce que ça donne. Je les installe rétroactivement, je l'ai fait pour mes 20 derniers recensements (je les ferai tous !), je n'appelle plus cela un bouton. C'est une fiche. Le bouton existe, mais on ne se doute pas de sa fonction, alors j'ai choisi la fiche et là, messieurs dames, on ne doute surtout pas !

Grand-Langue a dit...

Par paresse, j'avoue que j'achetais régulièrement chez Renaud Bray même si cette trop grosse entreprise m'agaçait. Ils décident de ce qui se vendra ou non.

Ainsi, à partir de maintenant, je ne ferai affaire qu'avec des libraires indépendants, désormais je le ferai systématiquement.

De plus j'irai voir cette rue des libraires. Je n'y suis pas allé. is rarement les liens proposés. Quand je visite un site (comme le vôtre) c'est pour vous lire, pas pour être redirigé quelque part mais pour une fois, je ferai exception.

Longue vie à votre blogue que j'apprécie beaucoup.

Grand-Langue

Marsi Phobos a dit...

J'accepte, chère épouse, de partager un de vos boutons avec la terre entière mais ce sera le seul !!! Je vous appuie donc dans votre initiative !

Venise a dit...

Grand-Langue : C'est tentant de dire que vous vous servez de votre grand langue pour dire des mots agréables à entendre !

C'est réconfortant d'apprendre que le message que l'on voulait transmettre a été bien reçu. Merci pour votre grande oreille :-)

Maxime a dit...

Comme j'ai hâte d'enfin pouvoir utiliser ce site à Montréal! Et peut-être même pouvoir aller chercher mes livres au Port de tête. ^^

Ginette a dit...

Et bien moi, quand je vais chez Renaud-bray acheter un livre ce n'est pas par paresse.
D'abord, je n'achète pas souvent de livres, je suis abonnée à la bibliothèque.
Si j'achète c'est pour donner.Pas dans deux semaines, là.
Avant d'aller chez Renaud-Bray, je vais dans les librairies indépendantes dans mon coin. Mais souvent ces librairies n'ont pas le livre que je cherche.
Alors qu'est-ce que je fais, je vais chez Renaud-Bray. C.Q.F.D.

Venise a dit...

Chère Ginette,

Si vous essayez Rue des libraires, vous seriez peut-être agréablement surprise. Par exemple, j'avais plusieurs titres, et ma librairie indépendante ne les avait pas, mais comme Rue des Libraires représente 92 librairies, il y a toutes les chances que eux l'aient et ils l'envoient rapidement à la librairie indépendante la plus près de chez vous. C'est ce que j'ai fait très récemment et j'ai eu tous les livres que je voulais en quelques jours.