mardi 3 septembre 2013

Retour d'outre-mer de Julia Pawlowicz : Québec en septembre

C'est officiellement ma première lecture dans le cadre du deuxième défi passionné "Québec en septembre", défi que se donnent une cinquantaine de participants. Pour moi, le défi consiste essentiellement à ne pas oublier de mentionner mes lectures sur la page Facebook aménagée à cet effet par très dynamique Karine:), celle avec un sourire au bout de son prénom. Autre défi que je me donne, lire plus et commenter plus rapidement afin de me donner un gros chiffre à la fin de mois. Pourquoi pas ? On se stimule comme on veut, comme on peut, et ce qui compte est que notre littérature sorte de certain carcan de préjugés. Et que de nouveaux auteurs émergent à nos yeux, même si eux, ont déjà émergé depuis belle lurette.

Retour d'outre-mer est la Recrue du mois jusqu'au 15 septembre avec quatre opinions assez différentes, merci. Je ne l'avais pas fait apparaitre ici, ce que je fais habituellement, en me basant que les lecteurs diffèrent d'un site à l'autre, comme d'une librairie à l'autre. 


Quand l’émotion intime rejoint l’universel

Lorsqu’un récit commence par « Leur père est mort » et que la suite dégage une odeur de règlement de compte avec le passé, la lectrice en moi tremble; vais-je aimer cet autre roman introspectif à la quête d’identité? Mais rapidement, le style m’a happée et je n’ai plus eu le choix de suivre Maria, passant par son père, son frère, son ex-amoureux, sa mère, pour tenter de se comprendre.

La beauté de ce roman réside d’abord dans le style concentré qui génère continuellement des images fortes. L’auteure part de l’intimité pour aller rejoindre la collectivité. Même si nous n’avons pas été déracinés deux fois comme Maria (Pologne, Algérie pour aboutir à Pointe-aux-Trembles), qui ne s’est pas demandé si l’ailleurs n’était pas la solution au bonheur.

La dualité de Maria est incarnée dans le caractère de son père et celui de sa mère. Son père représente la stabilité, l’enracinement reconnaissant et conscient. Sa mère est l’oiseau volage, en quête d’un jardin plus fleuri, toujours dans le pays qu’elle n’habite pas. Son mal de vivre est sa seule racine. Elle vit à travers sa fille, elle l’aime comme un bien dont on dispose. Le fils, arrivé par surprise, n’est pas le bienvenu mais sera un palliatif pour apaiser l’anxiété de sa sœur.

Ce roman aurait pu prendre des allures dramatiques, le propos n’est pas léger, mais le style décalé de l’auteure nous évite d’aborder la douleur de plein fouet. Est-ce parce que le passé est servi au temps présent, ou parce que Maria se présente par un pronom indéfini (il ou elle), ou la constellation d’effluves poétiques, le cri de la douleur s’entend en sourdine. Cette approche particulière m’a conquise.

7 commentaires:

Denis a dit...

je l'ai lu avec beaucoup de plaisir et je dois penser à le chroniquer ce mois-ci (lu en juin pour un prix littéraire)

yueyin a dit...

Voilà j'ai définitivement envie de le lire maintenant :-)

Venise a dit...

Denis : Je vais suivre ton blogue de lecture de près afin de lire ta chronique.

Venise a dit...

Yueyin : Ça fait plaisir :-)

Karine:) a dit...

Vilaine... il me le faut maintenant. Je l'avais repéré déjà!

JainaXF a dit...

Ce n'est pas trop mon style, mais ton enthousiasme donne envie de prendre des risques ! Pourquoi as si j'ai le temps !

valentyne a dit...

intrigant
Ton billet donne envie (surtout la comparaison entre le père, les racines et la mère oiseau volage ;-)